Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 25 novembre 2013 | Mise en ligne à 16h15 | Commenter Commentaires (19)

    Nymphomaniac : en terrain inconnu…

    nymphomaniac-poster

    Fini les apéritifs, c’est au tour de l’entrée, et elle s’avère particulièrement relevée. La bande-annonce de Nymphomaniac, mise en ligne vendredi, est tellement provocante que YouTube a décidé de la retirer au cours du week-end «car elle ne respectait pas les règles concernant la nudité et le contenu à caractère sexuel». Le fameux site d’hébergement de vidéos avait réservé le même sort pour le cinquième et dernier «apéritif» du drame érotique de Lars Von Trier, qui n’a cependant pas décontenancé le Hollywood Reporter, qui l’a diffusé au début du mois.

    Ce qui frappe en voyant pour une première fois ce défilement rapide d’images salaces, dont certaines carrément pornographiques, c’est que même après toute l’information qu’on a emmagasinée sur le film d’auteur le plus médiatisé de la dernière année, rien ne pouvait nous préparer pour ce choc. C’est extrêmement intrigant, mais aussi un peu intimidant (la musique de Rammstein y est d’ailleurs sûrement pour quelque chose). D’accord, le sexe explicite, même au cinéma, ce n’est rien de révolutionnaire. Mais filtré à travers le regard toujours déstabilisant du mauvais garçon danois, qui a mis son va-tout dans ce projet qui s’annonce comme le film-somme de sa carrière, j’ai bien l’impression qu’on s’avance en terrain inconnu.

    nymphomaniac-trailer

    Et on parle ici d’un bref aperçu de deux minutes d’une oeuvre de 5h30… Quoiqu’il y a de bonnes chances que vous verrez d’abord une version de 4h, scindée en deux. En effet, le final cut de Nymphomaniac ne sera pas distribué en salle. Mais il existe bel et bien, et pourrait se matérialiser un jour dans «un grand Festival ou dans une édition DVD ou Blu-ray», assurait mardi à Allociné le producteur Peter Aalbæk Jensen.

    Ce dernier, qui a collaboré avec LVT depuis Europa (1991), a déclaré il y a deux semaines que, pour la première fois de sa carrière, Lars von Trier n’aura pas droit de regard sur le montage final d’un de ses films. Une décision purement mercantile, comme l’explique Jensen au Hollywood Reporter :

    La version courte est contre la volonté de Lars, mais il l’accepte parce qu’il comprend les mécanismes du marché. Vous ne pouvez pas faire un film de plus de 60 millions de couronnes (11 millions de dollars) qui soit aussi long. Cinq heures et demie, c’est tellement extrême, et cela réduit si radicalement sa valeur commerciale, que les investisseurs auraient senti qu’ils avaient acheté un chat dans un sac.

    Nymphomaniac sera présenté dans un premier temps aux membres de la presse internationale à Copengague, le 4 décembre. Sa première mondiale aura lieu au Danemark trois semaines plus tard, le jour de Noël. En France, la première partie du film sera distribuée en salle le 1er janvier 2014, et la seconde, le 29 janvier. Toujours pas de dates pour l’Amérique du Nord mais, comme le dit si bien l’affiche, coming soon

    À lire aussi :

    > LVT de retour à Cannes?
    > Nymphomaniac : de la porno numérique
    > Nymphomaniac, le «chef-d’œuvre» de Lars Von Trier


    • …avec la musique de Rammstein en toute fin. Wow que c’est hard!

    • bof Rammstein… c’est tellement monotone. Pour ce qui est de LVT, je devrais peut-être commencer par quelques uns de ses plus vieux films. Mais ce n’est pas un cinéaste qui m’intéresse particulièrement présentement.

    • J’attends le prochain Von Trier comme j’attends le prochain Lynch: avec impatience et confiance. Par contre, je dois dire que l’affiche (très laide) et la bande-annonce (très n’importe quoi) me laissent froid.

      Ce n’est pas à proprement parler l’affiche du film, plus un assemblage de quelques uns de ses «character posters», tendance assez suspecte des dernières années qu’on associe aux grosses productions hollywoodiennes. Il faut donc y déceler une certaine effronterie assumée dans la stratégie marketing. De plus, les affiches individuelles – il y en a 14 – de par leur cadrage (on coupe à la taille) illustrent le procédé innovateur des scènes pornographiques, à savoir un personnage scindé en deux : la vedette en haut et l’acteur/actrice porno en bas… -js

    • ”D’accord, le sexe explicite, même au cinéma, ce n’est rien de révolutionnaire.”

      J’aimerais bien connaitre les recommandations de films ”choquants/porn” au courant des années?

      Celui qui m’a le plus déstabilisé c’est Pink Flamingos de John Water mais je crois qu’il y a eu pas mal de tentatives ”erotic/porn” mais dans un cadre de film dit sérieux ?

      Mis à part la fameuse série Emmanuelle et d’autres trucs vraiment heavy comme Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pasolini (pas vu encore d’ailleurs, ça vaut la peine?) qu’est-ce qu’il y a comme tentative réussie d’incorporer la pornographie dans le cinéma ?

    • ”Vous ne pouvez pas faire un film de plus de 60 millions de couronnes (11 millions de dollars) qui soit aussi long. Cinq heures et demie, c’est tellement extrême, et cela réduit si radicalement sa valeur commerciale, que les investisseurs auraient senti qu’ils avaient acheté un chat dans un sac.”

      Pourquoi alors ne pas avoir packagé et vendu comme série télé (ou mini-série) ? HBO aurait été preneur, non ? Ou Showtime.
      :-)

    • est-ce moi ou est-ce que Stellan a plutot l’air de quelqu’un dont l’alimentation est déficiente en fibres sur son affiche?

    • Guy, je dirais plus que Stellan est accompagné de quelqu’un jouissant d’une alimentation très riche en saucisse.

    • j’ai tellement été marqué par la bande annonce que j’ai rêver à Jamie Bell, Charlotte et les autres dans un film moderne sexuelle mais avec des éléments de la Rome antique. Et jamais j’avais rêver à cause d’une bande annonce! Grande première !

    • @jon8

      Allez louer Shortbus de John Cameron Mitchell pour la porno intégrée au ciné. Sinon, il y a aussi Baise-moi, The Brown Bunny ou 9 songs. Sinon, il y a du sexe dans les Idiots (genre dans un plan) et au début du Antichrist de notre bon vieux LVT.

    • @jon8
      “J’aimerais bien connaitre les recommandations de films ”choquants/porn” au courant des années?”

      Selon ce critère, In the Realm of Sense (1976) de Nagisa Oshima est le film à voir.

    • @jon8

      In the Realm of Sense est peut-être le seul film braiment réussi à intégrer du sexe explicite. Shortbus c’est rigolo, mais sans plus. La Vie d’Adèle, c’est très bien, mais moins qu’on le dit (et bon on parle de 10 min. de sexe au fond). Pola X aussi, il y avait une belle scène. Mais là on est dans les trucs plus socialement acceptable disons. Dans le plus trash, il y a Bruce LaBruce (Hustler White, c’était pas mal drôle).

      En tout cas, il y a assez de précédents au film de LVT (jusque dans ses propres films) pour trouver cela bien puéril cette insistance sur la porno. Ça fait pas mal plus gamin imature que mauvais garçon cette affaire.

    • A ajouter à la liste pour Jon8 même si le film n’est pas très réussi, on peut parler du film français Q.

      11 millions de budget, c’est vraiment impressionnant quand on pense aux énormes budgets de nombreux navets.

    • @ jozef

      Merci des précisions sur l’affiche. Ce n’est tout de même pas très beau! Et toute cette machine promo sent la provoc et c’est agaçant, puisque c’est le reproche qu’on fait à LVT depuis toujours.

    • ”pour trouver cela bien puéril cette insistance sur la porno. Ça fait pas mal plus gamin imature que mauvais garçon cette affaire.”

      Ah?
      Pour ma part, je pense c’est un tabou à dépasser. Si bien intégré dans un environnement cinéma (ou plutôt audiovisuel, at large) ce sera un plus. Utiliser la porno pour l’effet-choc, c’est triste. Mais utiliser la porno parce que c’est un élément à part entière dans la vie humaine, c’est intéressant. En fait, je pense que la porno ne devrait jamais être l’élément central. C’est l’effet de loupe qui corrompt la chose.

    • *le sexe est un élément à part entière dans la vie humaine, aurais-je dû dire. La pornographie peut l’être aussi mais c’est une autre histoire!

    • Encore ces histoires de “baiser pour vrai” dans un film! Je ne vois pas l’intérêt. Ce sont des acteurs, alors est-ce qu’ils feront semblant pour vrai ou feront pour vrai en faisant semblant d’en avoir envie? Il faut tracer une ligne un moment donné, et la mienne est là.

    • Quand on évoque le passage de la porno au film de fiction d’auteur, c’est encore au Pornographe (2001) de Bertrand Bonello que je pense.
      Il y a aussi Turkish Delight, contemporain d’In the Realm of Senses; et… Blow Job de Warhol!

      Sinon, ce n’est pas une question de vrai ou pas vrai; mais plutôt une question de montrer ou pas montrer, comme ceci ou comme cela.

      Et ce qui est le plus intrigant dans le film de LVT, n’est-ce pas la durée?

    • La bande ne me donne pas trop envie de le mater.

      00-)

      Charlotte Gainsbourg est quoi dans ce film? Une super actrice qui joue?

      Et l’affiche, quoi en dire? Est-ce une affiche?…

      Melancholia restera pour moi l’une des plus œuvre cinématographique, mais là, wtf!??

    • Pour le riducule, il y a toujours Major Boobage dans sa version originale (Heavy Metal)…

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