Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 7 novembre 2013 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (18)

    Critiques d’ici : Sylvain Lavallée

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    En septembre 2012, je rapportais avec chagrin que Sylvain Lavallée abandonnait son blogue hébergé par Séquences, après nous avoir choyé pendant quelque trois ans avec des analyses savantes et fouillées, aux titres parfois intimidants, tels Films obscurantistes ou philistinisme?, Sur l’illusion perdue de la profondeur ou À la frontière de la marginalité, le lieu chez Denis Côté.

    Mais la retraite ne fut que de courte durée pour ce critique dans la jeune trentaine qui, à peine trois semaines après son départ du magazine spécialisé, a repris du service en ressuscitant sa plateforme web des premiers jours, Du Cinématographe, qui est également parsemée de billets à l’allure sévère : Badiou, éthique, et quelques considérations d’actu…, Proust et Deleuze sur les vérités de l’art, Didi-Huberman, sur regarder une image et, mon préféré, De Voltaire à Transformers.

    Vous aurez possiblement compris que de l’appellation de son blogue se dégage une triple connotation: à savoir, la fameuse invention des frères Lumière, qui ramène à l’origine du cinéma; l’essai Notes sur le cinématographe, le célébré recueil d’aphorismes publié par Robert Bresson; et, plus près de chez nous, l’avatar d’un des collaborateurs les plus estimés de mon propre blogue.

    L’entrevue, qui s’est déroulée chez moi, en compagnie de quelques bonnes bouteilles de vin, a pris un air plus informel que lors des exercices passés (à consulter dans la colonne de droite). Il en résulte une sorte de pot-pourri verbal, ou plutôt un buffet dans lequel chacun peut piger à sa guise les propos et idées qui les allument le plus. On a commencé la discussion en revenant sur Jack Reacher, que je m’étais étonné à autant aimer, mais qui avait plutôt déçu Sylvain (et cinématographe). Et ça a pris cette tournure :

    RÉINVENTION D’UNE STAR

    À la fin des années 1990, on dirait qu’il a eu un coup de génie, il s’est mis à jouer avec des bons réalisateurs. Sa carrière est assez claire pour Tom Cruise. Dans ses premiers films, il jouait toujours le téméraire séducteur, irresponsable, mais compétent; je suis fou mais je vais faire ma job comme il faut pareil. À partir de Eyes Wide Shut, on dirait qu’il remet tout ça en question. C’est le gars qui essaie d’avoir des fantasmes mais qui n’est pas capable. À chaque fois qu’il essaie de tromper sa femme, il essaie de faire de l’adultère, et à chaque fois il y a La Mort qui arrive: «Non c’est pas bon». Tom Cruise est un sex symbol? Non. Tu ne peux pas fantasmer sur Tom Cruise. Il se remet en question. Il renverse son image même dans War of the Worlds, c’est un père irresponsable, et puis tout le film lui apprend à être responsable. Au début il est comme son personnage de Top Gun, et puis tout le film lui dit : Non, ça marche pas, regarde tes enfants, il vont à la guerre à cause de toi. Finalement Tom Cruise est obligé de se remettre en question. Il y a un cheminement, il est conscient des rôles qu’il fait. Dans Rock of Ages, c’était juste après son divorce avec Katie Holmes… le film est vraiment merdique, mais il y a une scène où il joue une espèce de fou hurluberlu, une rock star super connue, et il a un comportement hyper excentrique, et des croyances débiles. Il joue vraiment avec son image de scientologue fou qui saute sur un divan, il nous la met en pleine face, il nous présente par l’absurde la version qu’on a de lui, et dit : «Crissez moi patience, j’ai envie de vivre ma tristesse en paix». Juste après il joue Jack Reacher, un gars qui est caché, qu’il veut pas qu’on connaisse. C’est la même chose dans Oblivion, il commence encore une fois comme son personnage de Top Gun, qui est téméraire dans son vaisseau spatial – il découvre finalement qu’il n’est pas lui-même, qu’il est juste un clone.

    DE LA CRÉATION À LA CRITIQUE – LE CINÉMA AUTREMENT

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    J’ai fait un an de scénarisation à l’UQAM; au cégep j’ai fait art et lettres, profil cinéma, à Édouard-Montpetit; et des études cinématographiques à l’UdM, une majeure. Dans le temps, je voulais faire du cinéma, je ne voulais vraiment pas écrire, ça ne m’intéressait pas du tout. Et puis c’est en faisant du plateau de tournage que j’ai décidé que ce n’était pas ma place. J’ai réalisé un film dans le cadre de l’UdM, d’une dizaine de de minutes. Ça ne s’était pas si mal passé que ça, mais mettons que de leader une équipe, travailler avec les acteurs, tout ça… je me suis rendu compte que ce n’est pas ça que je devais faire. J’ai continué deux-trois ans avec des amis à faire des plateaux, je les aidais, je faisais de la caméra sur un documentaire, mais pendant tout ce temps-là j’ai jamais pensé à écrire.

    C’est un de mes amis qui était à Séquences qui a fini par me dire – il m’a harcelé assez souvent, Dominic, il était avec moi à l’Université de Montréal, «Viens écrire, viens écrire». On jasait souvent de cinéma ensemble. Mais je n’avais pas beaucoup de désir d’écriture, je voulais vraiment faire de la création. Finalement, j’ai commencé mon blogue Du cinématographe avant d’écrire pour Séquences. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé, mais j’avais envie d’écrire sur le cinéma, à moment donné ça m’a pris. J’ai compris qu’il fallait que je me lance dans le cinéma autrement.

    Quand j’ai commencé le blogue j’étais plus plogué sur l’actualité que je ne le suis maintenant. Je lisais beaucoup les blogues américains, ton site, et à moment donné j’étais plus plongé dans mes lectures – les grands classiques de la critique cinématographique, plus européens. Mon orientation d’écriture a tout le temps été divisée américain/européen. C’est quand même assez récent que j’ai commencé à m’intéresser à ce qui s’écrivait en Europe, pas en Europe maintenant – Les Cahiers, par exemple, je ne les lis pas du tout – mais vraiment la base, dans le temps de Godard, Rohmer. Mais je lis moins sur le cinéma que je ne le faisais avant.

    J’aime beaucoup ça écrire, je le fais à chaque jour maintenant. Je ne pourrais plus ne pas écrire, que ce soit sur le cinéma, ou sur autre chose. C’est pour ça que j’ai arrêté Séquences aussi. À un moment donné, quand je publiais un texte dont j’étais pas content parce que j’ai pas eu le temps que je voulais pour le retravailler, ça commençais à me taper sur les nerfs. Pour moi c’est vraiment important l’écriture, le style, le phrasé, et quand je me relisais et je voyais que ma syntaxe était tout croche ça me faisait chier…

    C’est plus facile pour moi d’écrire un long texte plus court, que d’écrire un texte court. Je la vois tout le temps la longueur, «Ah 3000 mots c’est trop, je devrais en faire 1000, je devrais en faire 2000». Mais quand j’écris ça sort comme un flot, si on veut. Pour moi c’était plus facile d’écrire un texte de 3000 mots que d’en écrire un de 1000 mots. Maintenant que je suis sorti de Séquences j’essaie de me raccourcir, parce que je peux prendre le temps de les retravailler, et d’aller plus à l’essentiel. Mais il y a une forme de rébellion aussi contre le format web, qui est plus court. Et aussi, dans la culture anglophone, des longs textes c’est plus fréquent que dans la francophone. Les blogues américains c’est parfois vraiment long, plus que ce que je fais. Quelqu’un comme FILM CRIT HULK, il fait des fleuves.

    PREMIER TEXTE, PREMIÈRES AMOURS

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    Un texte sur Tarkovski. C’était une projection du Miroir que j’ai vu à la Cinémathèque. Je connaissais déjà Tarkovski à ce moment-là, mais je voyais ce film pour la première fois, et ça m’a jeté sur le cul. C’est une des expériences qui m’a le plus bouleversé et qui m’a fait le plus aimer le cinéma. C’est la première fois que j’ai pleuré au cinéma juste à cause d’une image et pas à cause d’un personnage auquel je me suis attaché. C’était juste au début du film, c’est le travelling dans la maison qui se termine sur la fenêtre, il y a le feu à l’horizon… D’autres séquences aussi dans le film; la madame dans l’eau, qui me fait toujours penser aux films japonais d’horreur, mais vingt ans avant la lettre.

    À peu près comme tout le monde, j’imagine, de notre génération, qui écoutait TVA et TQS le soir à huit heures et demie, mes premières amours cinématographiques c’était Schwarzenegger, Stallone, Bruce Willis. C’était pas ben ben plus que ça le cinéma. À moment donné, j’ai eu la curiosité de savoir pourquoi certains films étaient cotés 1 dans le TV Hebdo. J’étais obsédé par le TV Hebdo. Il y a une époque que je connaissais toutes les cotes de Mediafilm. Tu me donnais un titre et je te disais la cote. Je faisais un concours à l’université, le monde me shootait des films…

    Après c’était le catalogue de la Boîte Noire. Je spottais tous les films qui étaient en gris [cotés 1 et 2]. Je pense que 2001 est le premier film coté 1 que j’ai vu, puis Manhattan de Woody Allen. Je devais avoir 16 ans. Après avoir vu 2001 j’étais intrigué, j’avais rien compris, mais j’avais quand même aimé ça. Et je voulais voir Orange mécanique, puis le gars au club vidéo ne m’a pas laissé le louer parce que j’avais pas 18 ans. Je m’étais obstiné avec lui parce que c’était marqué «non coté» sur la boîte, et puis j’ai réussi à partir avec. J’étais tout content. Tout a commencé par Kubrick.

    Dans ma famille ils sont tous en soins infirmiers, ou professeurs ou profs en soins infirmiers. Je ne sais pas d’où ça vient vraiment. J’écris depuis longtemps. Quand j’étais jeune j’écrivais plein d’histoires. J’ai toujours eu un tempérament plus artistique, j’imagine. J’avais écrit un roman à 8 ans, qui est aujourd’hui perdu. Quand je suis allé au cégep j’hésitais entre la littérature et le cinéma, j’ai donc pris le point milieu.

    APPROCHE DISTINCTE

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    J’ai une approche un peu différente de ce qu’on voit d’habitude. C’est pour ça que je continue à écrire. Souvent quand je commence à écrire un texte, je me dis «Tout le monde à dit ça»… Mettons sur Gravity, on va dire que c’est virtuose sur le plan technique, on va parler du sous-texte avec la femme qui a perdu son enfant, qui renaît… bon, tout le monde a dit ça. Si j’ai à écrire sur le film, je vais dire autre chose : je parle de George Clooney, d’une certaine lecture des effets spéciaux… d’apporter quelque chose que j’ai pas vu ailleurs. – Extrait de sa critique :

    disons que son image de star se faisait durement malmener dans Up in the Air (Jason Reitman) et The Descendants (Alexander Payne). Sans la famille il n’y a que le vide nous disaient ces films, alors Clooney, ce célibataire, fier séducteur, facétieux, se faisait fustiger pour avoir préféré vivre sa vie en solitaire. Puis, dans The Ides of March, Clooney se mettait en scène pour s’interroger sur ce qu’était devenu son image de star dans ses deux derniers rôles: que reste-t-il de moi si on m’impose une famille afin d’offrir une image plus «respectable»? Dans ces conditions, puis-je continuer à être moi-même dans le paysage hollywoodien?

    À cette dernière question, Gravity nous répond «oui», en renversant explicitement le film de Reitman: déjà, les titres invitent la comparaison, dans les deux cas nous avons affaire à un Clooney dans les airs. Chez Reitman, l’avion signifiait le célibat, la vie nomade qui, au début du film, semblait parfaitement convenir au personnage. Mais pour Reitman, un célibataire n’a pas le droit au bonheur, alors Clooney se voyait obligé de remettre en cause son mode de vie par un scénario moralisateur le ramenant les deux pieds sur terre, vers une famille qu’il n’a pas. Quand il n’y a personne qui nous attend au sol, que c’est triste la vie! Chez Cuarón, la famille aussi se trouve sur Terre, il y a cette Mme Kowalski (inventée?), mais cette fois Clooney se sacrifie pour sauver Sandra Bullock, abandonnant ainsi sa famille pour aller mourir en solitaire, plus up in the air que jamais. Pas de moralisme ici, Clooney retrouve sa juste place parmi les étoiles.

    WOODY, W. ANDERSON, EASTWOOD, SCORSESE – L’IMPORTANCE DU CONTEXTE

    Quelqu’un comme Woody Allen c’est sûr, c’est un grand cinéaste avec un gros background. Peu importe ce qu’il fait, t’as pas le choix de le mettre en contexte – de toute façon il le fait lui-même. Quand tu regardes ses films, il retravaille des trucs qu’il avait fait avant. Si tu veux dire quelque chose sur son film à lui, t’as pas bien le choix que de revenir sur ce qu’il a fait avant, sinon tu passes à côté du film en général. La plupart des auteurs de cinéma c’est ça qu’il font, ils retravaillent les mêmes idées, les mêmes thèmes éléments…

    Mais c’est rare qu’un réalisateur va vraiment se répéter. C’est pas parce que t’utilises à chaque fois des cadrages symétriques que tu dis exactement la même chose avec tes cadrages symétriques. Moonrise Kingdom c’est pas le même film que The Royal Tenenbaums, même si tu sais que c’est le même gars qui l’a fait, même si tu reconnais ses acteurs, ses techniques… Les auteurs fonctionnent par nuances. Si tu regardes un gars comme Eastwood, de film en film, il ajoute des nuances : OK, il dit la même chose qu’il disait avant, mais pas tout à fait, ça fonctionne plus par nuance que par répétition.

    Scorsese, par exemple, de Mean Streets à Casino, on n’est plus tout à fait dans le même monde… Je trouve qu’il filme moins bien qu’avant. Je trouve ça trop artificiel en fait – il a toujours eu un style artificiel, c’est pas nouveau, mais avant il était quand même plus centré sur ses personnages. Il fait encore ça dans Shutter Island, mais c’est tellement gros. On dirait qu’il est extérieur à tout ça. Je comprends ce qu’il fait dans Shutter Island, c’est un film sur l’artificialité, en partie, sur le fait que son personnage est fou… sur l’artificialité du cinéma, par rapport à la mise en scène – on fait une mise en scène pour guérir quelqu’un. C’est super intéressant, mais je regarde ça et, je vois ce qu’il essaie de faire, c’est des bonnes idées, mais je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose de complètement froid là-dedans, qui me laisse complètement indifférent.

    DE L’INTENTION DU RÉALISATEUR

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    On s’en criss un peu. Si tu le vois dans le film, et le film corrobore ce que tu penses, et que t’arrive à le prouver, toujours à partir du film, c’est pas important qu’il l’ait pensé ou pas. De toute façon on ne pourra jamais le savoir. Même si lui le dit en entrevue, «J’y ai pensé, j’y ai pas pensé», pour moi ça veut rien dire. Quand on parle d’un auteur, que ce soit dans le cinéma ou la littérature, l’artiste n’existe pas, ce n’est pas la personne réelle qui a fait les oeuvres, qui a mangé, qui a bu, qui a peiné pour faire son œuvre; ce gars-là on s’en fout, c’est un sujet à potins. L’artiste c’est celui qu’on voit à travers les œuvres, qu’on analyse, c’est à lui qu’on pense, pas nécessairement à la personne en chair et en os. C’est vraiment celui dont on ressent la présence de film en film. C’est Proust qui faisait la différence entre les deux : il y a le moi quotidien et le moi créateur. Les œuvres échappent à l’auteur et sont sujettes à interprétation une fois qu’ils les ont perdues.

    De Palma, c’est un peu comme Lynch, ils ne veulent rien dire. Lynch en entrevue il va délirer, il va esquiver les questions en parlant de ses rêves, et va finir par dire : Fais-en ce que tu veux de mon film, il ne m’appartient plus. De Palma, lui, a l’air hyper conscient de tout ce qu’il fait. C’est trop calculé, c’est trop maîtrisé, il ne peut pas ne pas savoir… Tous ses plans parlent de cinéma – j’ai écouté Dressed to Kill il n’y a pas longtemps: il fait un film sur Hitchcock. Il reprend Vertigo, Rear Window et Psycho, au moins ceux-là, et à chaque fois on dirait qu’il essaie de sortir des motifs cachés d’Hitchcock, de relever la sexualité latente chez Hitchcock qu’il ne pouvait pas exprimer lui-même à son époque, puis il la relève : Regardez, c’est ça que Hitchcock faisait, mais il n’avait pas le droit de montrer. Et il fait un film sur un travesti pendant que lui est en train de travestir son style à travers celui d’Hitchcock. C’est clair qu’il est conscient de ce qu’il fait, même si en entrevue il ne veut pas donner son interprétation, il ne veut pas influer sur le spectateur, parce qu’il se dit que le film n’est plus à lui. Il ne veut pas se montrer maître de ce qu’il ne possède pas.

    PHILOSOPHIE DE L’IMAGE

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    Gilles Deleuze a repris des idées d’Henri Bergson, qui est un philosophe français du début du 20e siècle qui parle de notre monde en terme d’images. Deleuze a classifié certains types d’images qu’on retrouve au cinéma. La grosse innovation de Deleuze c’est de parler de l’image en tant qu’image, et pas comme support à autre chose, si on veut. Il s’attaque à Christian Metz, par exemple, qui est un sémiologue français qui disait qu’un plan dans une séquence c’est comme un mot dans une phrase. Deleuze, lui, s’oppose beaucoup à ça et dit qu’une image c’est une image, c’est un mode d’expression qui est unique, qui n’a rien à voir avec la phrase.

    Il a essayé de trouver comment certains types d’images s’exprimaient à travers certains types de montages, ou certains types d’éclairages. C’est vraiment complexe… On veut des images «justes» ou des images «pleines» qu’on pourrait opposer à des clichés par exemple. Quelqu’un qui prend un fusil et tire, c’est un cliché. Une idée de Deleuze serait : comment filmer un gars qui tire et en faire quelque chose d’autre pour élever cette image-là, pour nous montrer autre chose que ce qu’on voit d’habitude quand on voit un gars prendre un fusil. L’image exprime quelque chose qui ne peut pas être exprimé autrement. Quand on dit qu’un film est une expérience, que c’est difficile de verbaliser ce qu’on ressent, c’est un peu ça que Deleuze essaye de faire : il essaie de montrer comment une image s’exprime par elle-même, sans la réduire à un mot, sans faire ce que la critique fait d’habitude, c’est-à-dire de la psychologie, raconter un récit, etc. Il y a quelque chose de plus dans l’image que juste ça. Si le cinéma est juste un mot dans une phrase, pourquoi pas se contenter d’écrire une phrase?

    Quand j’avais fait mon analyse sur John Carpenter et Christopher Nolan dans Séquences, j’étais en train de relire Deleuze. Je ne l’ai jamais nommé explicitement, mais c’était avec lui en tête. Mais c’est rare que j’utilise Deleuze parce que je ne suis pas assez familier avec lui, il est assez lourd quand même. Pour moi l’autre grand philosophe du cinéma c’est Stanley Cavell, un Américain, prof de philo de Malick. Il parle moins de l’image, plus de l’interaction des personnages entre eux…

    Nolan, il est pire que fonctionnel, il n’est pas capable d’être fonctionnel à mon avis. Ma critique de Nolan c’est que c’est un scénariste qui n’a pas d’images. Il est capable d’écrire un scénario, mais n’est pas capable de le mettre en image. Il y a des bons flashs dans Inception, il y a des bons flashs dans tous ses films, mais c’est des flashs. Pour moi Inception c’est cinq beaux plans qui durent deux secondes chacun. J’avais quand même aimé en le voyant en salle, mais c’est en le revoyant en vidéo que j’ai trouvé ça plate. Il passe une heure et demie à t’expliquer des règles, et à un moment tu te dis : peux-tu les appliquer?

    SPIELBERG, HOMME DE SPECTACLE REPENTANT

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    Spielberg pour moi c’est une relation spéciale. Quand j’étais flo, comme tout le monde je trippais sur Indiana Jones, sur E.T., c’était vraiment un gros amour. Et quand je suis rentré en cinéma au cégep, un de mes profs m’a dit «Spileberg c’est de l’ostie de marde». C’était mon premier prof de cinéma, donc tout ce qu’il me disait c’était la Grande Vérité. Il m’avait convaincu. Et pendant 10 ans je me disais que c’était de la marde… C’est vrai qu’il y a des problèmes shez Spielberg, c’est vrai que c’est mielleux; War Horse c’est insupportable par moments, tellement que ça coule, et il insiste. Ses personnages de femmes sont souvent minables. Même dans ses bons films, comme Minority Report, il te répète la même information huit fois de suite…

    Ceci dit, ce qui est vraiment fascinant chez Spielberg c’est sa réflexion sur le spectacle, et sur l’image. Il réfléchit beaucoup sur l’image. C’est surtout sur ça que j’écris quand je parle de lui. Dans Jurassic Park, il se met en abyme à travers le personnage de Richard Attenborough, et il critique son propre projet, ainsi que tout le cinéma qu’il a fait avant. C’est ça qui est beau chez Spielberg: il est conscient des limites de son cinéma, et il essaie de se rattraper. Indiana Jones, comme film d’action, tu peux pas demander mieux, c’est le summum, mais d’un point de vue éthique, si on veut, c’est crissement irresponsable: On va tuer du monde, et c’est rigolo, on va les mettre comme des nazis, comme ça vous n’allez pas trop y penser. Et à un moment donné, c’est comme s’il s’est rendu compte: «Ben, c’est pas génial». Depuis ce temps-là il essaie de réfléchir à comment il peut faire un spectacle à la Indiana Jones, mais en ayant une dimension éthique responsable. Jurassic Park c’est ça, c’est une critique du spectacle, avec des dinosaures et tout, avec ces personnages qui remettent en question le projet du parc d’attraction, qui est aussi le film de Spielberg dans le fond.

    Il fait ça aussi dans War of the Worlds, avec le personnage irresponsable de Tom Cruise, qui incarne le cinéma des années 1980 de Spielberg. Il regarde ses enfants et se dit qu’il a raté leur éducation. C’est comme s’il disait : Regardez l’influence que j’ai eue sur le cinéma – il a tout de même engendré le blockbuster, qui est effectivement irresponsable à bien des niveaux – je me suis planté, ou vous m’avez mal compris, ou il y a eu des résultats que j’avais pas prévu. Il met tout ça à travers la figure du père irresponsable de Tom Cruise et essaie de le rattraper et de lui dire: Je vais te montrer comment on peut regarder un spectacle. Et c’est ça toute la question de War of the Worlds. Quand il interagit avec sa fille, c’est pour diriger son regard : Est-ce que j’ai le droit de regarder ça? Est-ce que je dois me cacher les yeux? C’est ça que Spielberg fait avec nous, il essaie de nous montrer comment on peut regarder le spectacle pour en voir autre chose que juste la dimension divertissante.

    LES TOP

    Mes films les plus marquants, pas tout à fait mes préférés mais plutôt ceux qui représentent mieux les diverses étapes de ma cinéphilie, dans l’ordre chronologique où je les ai rencontrés – en trichant un peu puisque je n’ai gardé que ceux qui me sont encore précieux aujourd’hui :

    Die Hard, John McTiernan

    2001, Stanley Kubrick

    Manhattan, Woody Allen

    Chungking Express, Wong Kar-Wai

    Mort à Venise, Luchino Visconti

    Days of Heaven, Terrence Malick

    Mauvais Sang, Leos Carax

    Johnny Guitar, Nicholas Ray

    Muriel / Providence, Alain Resnais

    Le Sacrifice, Andreï Tarkovsky

    Et là-bas, quelle heure est-il?, Tsai Ming Liang

    Mulholland Drive, David Lynch

    Tropical Malady, Apichatpong Weerasethakul

    Citizen Kane, Orson Welles (en fait je l’avais déjà vu plus d’une fois, mais je ne l’avais pas vraiment vu avant il y a quatre ans)

    War of the Worlds, Steven Spielberg (même chose, je l’avais vu et apprécié à sa sortie, mais re-découvert et aimé récemment)

    The Awful Truth, Leo McCarey

    Unforgiven / Bridges of Madison County, Clint Eastwood (Unforgiven est mon premier amour eastwoodien, BoMC l’a raffirmé avec force il y a peu, et je n’ai pas envie de choisir entre les deux)

    ***

    Quant à parler de critique, donc d’écriture, mon top plus-que-10 de plumes influentes, que ce soit pour le style et les mots, surtout, mais aussi les idées (encore une fois, plus ou moins dans l’ordre où j’ai découvert ces auteurs)

    - Philip K. Dick/Richard Matheson/J.G Ballard (en fait je pourrais faire un top SF, mais gardons l’essentiel)

    - William Faulkner

    - Charles Bukowski

    - Tom Waits/Nick Cave (je les mets ici surtout pour les textes, l’univers musical, l’imaginaire)

    - Fiodor Dostoïevski/Leon Tolstoï (c’était ma période russophile, je lisais ces deux-là, et d’autres, en même temps que je découvrais au cinéma Tarkovski; disons que ça marque longtemps)

    - Louis-Ferdinand Céline

    - James Joyce

    - Hubert Aquin

    - André Bazin/Serge Daney (sans doute les deux plus belles plumes sur le cinéma)

    - David Foster Wallace (le courant du New Sincerity dont il est l’un des hérauts littéraires est plus essentiel que jamais)

    - Gilles Deleuze/Stanley Cavell (les deux grandes approches philosophiques du cinéma; elles ont peu en commun, mais elles m’ont nourri toutes deux à leur façon, Cavell un peu plus que Deleuze)

    - Marcel Proust (il faut bien dire quelque chose sur Proust : peut-être parce que le choc est encore tout récent – je l’ai lu cet hiver – , il s’agit de l’artiste, et au fond du penseur, duquel je me sens le plus près. Par sa plume, la plus belle de la littérature francophone, il a démêlé en moi bien des choses que j’essayais d’exprimer depuis quelques années, en particulier sur l’art, la subjectivité… Il ne me reste qu’à rester fidèle à ce qu’il m’a fait voir. En somme, ça ne sert à rien de me lire : vaut mieux lire Proust!)

    POUR LIRE SYLVAIN :

    > Le blogue Séquences (inactif)
    > Du Cinématographe
    > Postcards From The Uncanny Valley (blogue cinéma et jeux vidéo, en anglais)


    • Jeune trentaine? J’ai de la misère à le croire. Je l’imaginais toujours comme un quinquagénaire, sinon un quadra bien accoté! Eh bien wow, avoir ce parcours et cette érudition à cet âge, c’est du solide.

      Quoiqu’il en soit, cine (ici, jadis à Séquences, et sur son blogue) est probablement le critique d’ici que je prends le plus de plaisir à lire, avec un certain journaliste et blogueur d’un quotidien qu’on connaît bien, évidemment ;)

    • Le passage qui m’interpelle le plus est “L’IMPORTANCE DU CONTEXTE”, bien que tout le texte soit intéressant.

      Le passage du TV Hebdo fait écho à ma propre enfance/adolescence(je suis au aussi début trentaine d’ailleurs). À bien y penser, je réalise que les cotes du TV Hebdo furent mon premier contact avec la critique de cinéma au sens large. J’ai d’ailleurs été des années à les détester, parce que tous mes films fétiches n’obtenaient jamais guère mieux que des 4.

      Pour passer à Scorsese, je fais le même constat sur la façon de filmer.

      Et comme pour toute lecture d’un texte très personnel sur le cinéma, il faut choisir un titre inspirant à ajouter à la todo list: Le Sacrifice.

      La seule chose qu’il manque, c’est un top de réalisateurs.

    • J’ai rarement souscrit à autant de choses en bloc sur le cinéma que tout ce que je viens de lire.

      Je trouve assez unique et intéressante l’approche de Lavallée sur l’acteur, qui devient une sorte d’acteur-discours.

      J’ajouterais Paul Ricoeur à la liste des plumes incontournables, surtout l’Himalaya qu’est Temps et récit.

      Et Faulkner est un des auteurs qui me fait le plus penser au cinéma. Lumière d’août surtout.

    • Comme toujours, vraiment mais vraiment intéressant cette série.

      Allez lire “Notes sur… Introduction” sur son blogue, c’est une belle déclaration d’intention. Un extrait:

      “Ce qu’il faut partager, ce n’est pas l’œuvre morte, devenue objet, mais nos impressions, dans tout ce qu’elles ont de fragiles, d’intimes. Un critique n’a donc rien d’un juge: il tient plutôt de l’enquêteur, du penseur. Un critique ne se pose pas la question de la fonction mais de l’être; il ne possède jamais rien, ni un quelconque savoir, ni une autorité sur une œuvre qu’il saurait juger mieux que d’autre.”

      Sinon, pas de THEY LIVE BY NIGHT dans la liste?

    • Merci pour ce texte très interessant.

      Je ne suis ni Ghost (qui porte très bien son nom maintenant), ni cinématographe mais j’ai beaucoup de difficulté à avaler l’analyse des films selon l’évolution de la carrière d’un acteur comme celle qui sont faites de Cruise et Clooney. Le réalisateur qui utilise le film afin d’y passer un message sur lui-même, tout à fait. Je crois également l’acteur qui est également réalisateur (Woody) qui utilise ce processus afin de réfléchir à sa propre carrière. Mais le simple acteur, à part au niveau qu’il choisira des films pour maintenir une certaine image, est trop loin du processus créatif pour influencer l’orientation du résultat final. L’acteur présente sa performance à partir d’un scénario et des directions du réalisateur. Exemple: Que voulait dire Clooney dans The man who stare at goats? Je ne sais pas mais je trouve ça un peu trop tordu comme analyse. De plus, qui sait si certains des rôles obtenus par Clooney par exemple, n’avaient pas été offert à d’autres acteurs avant? Comment dire que l’acteur véhicule un message? Peut-être lorsqu’ils sont également producteurs (ce qui est souvent le cas avec Cruise) mais encore là…

    • Beau portrait, bien que l’appellation de critique m’apparaisse ici quelque peu limitée en raison de la liberté quasi désinvolte qu’il adopte envers l’actualité. Ceci dit, il est, à mes yeux, un véritable auteur, à l’écriture unique et personnelle, qui m’est devenue indispensable au fil des ans et pas seulement pour ses méditations cinématographiques. J’ai commencé à le lire pour le cinéma, bien entendu, lors de la première mouture de son blogue personnel, l’ai suivi au Séquences, et continue aujourd’hui de le suivre simplement pour lui-même, parce que j’aime son écriture et sa vision du monde. Sa voix m’est très, très précieuse. Je ne saurais dire pleinement tout le bien que j’en pense.

    • Qu’on soit d’accord ou non avec certaines analyses, reste que Du Cinématographe est une des plus belles plumes cinéma au Québec. Un incontournable.

      Moi c’est le texte d’Inglorious Basterds qui m’avait soufflé. (http://ducinematographe.blogspot.ca/2009/09/inglorious-basterds.html) Et bien sûr sa surréelle et lyrique investigation cinématographique.

    • C’est peut-être un peu déplacé mais je ne peux y résister: je veux amender deux passages, des nuances importantes que j’ai omises dans le feu de l’échange. (J’ai un de ces esprits d’escalier qui me fait angoisser sur tout ce que j’aurais dû dire ou pas ou mieux…)

      D’abord, pour de Palma, ou n’importe quel artiste, je sous-estime énormément ci-haut le rôle de l’intuition (ce qui est triste pour quelqu’un qui mentionne Bergson quelques lignes plus loin!) Les films de de Palma ont beau être maîtrisés, ça ne veut pas dire qu’il contrôle tous les éléments de son oeuvre, qu’il a pré-déterminé toutes les interprétations possibles. Il doit sûrement avoir une bonne idée de ce qu’il veut faire, mais il a sûrement aussi mis des trucs en se disant “ça devrait donner quelque chose d’intéressant, mais je ne sais pas vraiment quoi”. L’intuition, en fait, est probablement le principal outil de l’artiste. On ne pense pas toujours à tout, les choses nous échappent. Must We Mean What We Say demandait Stanley Cavell.

      Et ensuite, Spielberg qui se “critique”, le mot est un peu fort. Il est plus juste de dire que ses plus récents films nous invitent à voir autrement ses plus anciens. E.T n’est plus le même film depuis A.I. par exemple. C’est ce qui est beau chez les auteurs, les artistes, ce mouvement qui se crée dans l’oeuvre, les liens qui se tissent de films en films et qui nous proposent à chaque fois un nouvel angle pour voir ce que l’on croyait déjà connaître. Donc, Spielberg ne dit pas “Indy je me suis planté” mais plutôt “dans Indy j’ai fait ça comme ça mais maintenant j’irais plus dans cette direction”. Il y a ce danger (dans lequel je tombe souvent) de voir l’oeuvre comme téléologique, comme une progression qui mène vers un “mieux”, alors qu’il faut mettre tous les films au même niveau, sans même penser en termes de films “mineurs” ou “majeurs”. C’est sûr qu’il y a des films meilleurs que d’autres, mais c’est beaucoup plus intéressant de suivre le cours de la pensée d’un auteur, ses développements, ce qui ne saurait se qualifier.

      Et pour répondre rapidement:

      @pezzz

      50!!!

      @eturgeon

      La liste de réal. serait sensiblement la même que les films mentionnés.

      @winslow

      Johnny Guitar a été le vrai choc, et le moment de ma découverte du cinéma classique américain, et en ce sens il a été plus important. Mais oui, They Live By Night, quel chef d’oeuvre!

      Merci pour les commentaires, ça fait plaisir, vraiment.

      Sylvain Lavallée

      (je retourne me cacher…)

    • @ cine

      Hehe, mille pardons! C’est votre écriture, d’une richesse inouïe, qui m’avait orienté vers la piste de la pré-retraite. Faut dire que je suis probablement biaisé, mon propre style (si je puis qualifier ça de “style”) étant plutôt naïf et straightforward. Ce qui, d’ailleurs, trahit probablement ma propre date de naissance ;)

    • Très intéressant!

    • Pour ce qui est de la longueur d’un texte et le format web, j’aime pas le format wordpress ou blogspot.

      Tiens ici plus haut bien que la présentation reste belle, on a l’impression d’un texte trop long avant de lire, d’un pavé… Alors je l’ai mis en format pour imprimer et là même avec une présentation moins belle la lecture est facilitée. Le changement de page fait faire des pauses dans la lecture.

    • Excellent blog que je dévore en ce dimanche matin avec un savoureux café :)

    • Effectivement, l’article idéal pour débuter un dimanche! Bien heureux de faire la découverte d’un érudit blogueur sous un autre angle :)

      H.S. J’ai vu Jeune et Jolie hier soir. Je sais que certains critiques n’ont pas aimé, mais moi je l’ai trouvé très bien le dernier opus d’Ozon. La tension – à la fois sexuelle et familiale – était palpable tout au long du film. Superbe soirée à l’Impérial!

      WWZ (en DVD) par contre, légèrement déçu (et mes attentes n’étaient pas très élevées!). On est loin de Blindness, 28 Days Later, The Road, Children of Men, The Invasion, Contagion…

    • Quel joli commentaire de Pilac9. Quoique critique et auteur vont pour moi de pair; ce qui fait de Lavallée un des rares critiques, dans le sens noble du terme, au Québec. Ce que je ne cesse d’apprécier chez lui, c’est son parti pris pour les lectures personnelles; on sent toujours une réflexion originale qui semble s’être tramé en filigrane d’une écriture, une vraie. Je sens aussi, et c’est pour moi essentiel, un décloisonnement du monde cinématographique dans sa pensée; le billet montre bien que le critique s’influence tout autant de musique et de littérature, que de philosophie et de cinéma… et éventuellement de l’histoire de l’art en général.

      On vous lira encore longtemps Sylvain Lavallée. Merci d’avance pour la suite…

      Et cessons de s’étonner de son jeune âge, nous sommes exactement de la même génération lui et moi, et elle n’est pas si dénuée de sensibilité, de curiosité, d’intérêt et d’intelligence qu’on semble le croire. Étonnons-nous plutôt de l’étonnement que ça suscite.

    • “Et cessons de s’étonner de son jeune âge, nous sommes exactement de la même génération lui et moi, et elle n’est pas si dénuée de sensibilité, de curiosité, d’intérêt et d’intelligence qu’on semble le croire. Étonnons-nous plutôt de l’étonnement que ça suscite.”

      Bien dit rafc!!!

    • @ rafc

      Mon commentaire sur l’âge était maladroit. Ce n’était pas tant un étonnement sur le fait qu’un jeune trentenaire peut être si érudit, mais plutôt que je considère avoir encore d’énormes croûtes à manger pour atteindre ce niveau, même si l’écart d’âge n’est pas si grand. C’était donc plus une exclamation d’admiration que d’étonnement, qui a cependant été mal formulée, j’en conviens.

    • Ce n’est pas très grave pezzz. Vous aurez compris ma réaction emportée et certainement fait sourire Sylvain. Sans froissement.

    • “et certainement fait sourire Sylvain”

      Je confirme!

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