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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 24 septembre 2013 | Mise en ligne à 22h00 | Commenter Commentaires (6)

    Poursuite contre Voyage of Time : la réplique de Malick

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    Deux mois après avoir été la cible d’une poursuite par la société de production britannique Seven Seas Partnership (SSPL), le coin de Terrence Malick a répliqué lundi avec le dépôt d’une demande reconventionnelle en cour fédérale de New York. Les avocats du cinéaste américain allèguent que la compagnie de financement est coupable de bris de contrat, et non le contraire, comme le clame cette dernière.

    Rappelons que SSPL accuse la maison de production de Malick, Sycamore Pictures LLC, d’avoir «dédié ses énergies sur quatre autres films dans les cinq dernières années» et d’avoir dépensé les 3,3 millions $ octroyés pour son documentaire «épique» Voyage of Time sans fournir de résultats tangibles. Ce à quoi l’équipe légale du réalisateur de Tree of Life a répondu que :

    [Le financier] a concocté l’histoire de sa plainte et a émis des réclamations montées de toutes pièces comme prétexte pour le fait qu’il est soit à court de, ou n’a jamais eu, les fonds nécessaires pour respecter ses obligations de financement en vertu de l’accord, ou a autrement décidé de ne pas poursuivre le financement de VOT en violation de ses obligations contractuelles.

    Les avocats de Malick affirment par ailleurs que SSPL «tient en otage» le documentaire, projet sur lequel leur client «a travaillé pendant la majeure partie de sa vie professionnelle». Ils réclament la finalisation de l’accord entre les deux parties, ou le retour des droits d’auteur de Voyage of Time, ainsi que le retour des matériaux de production que détiennent SSPL.

    D’après la poursuite initiale, Voyage of Time devait constituer un long métrage d’une durée entre 90 et 150 minutes, ainsi que deux films IMAX de 45 minutes chacun. Les investisseurs allèguent que, à l’approche de la date butoir en 2012, Malick leur avait demandé plus de temps et d’argent. On lui aurait alors réclamé une «garantie sans équivoque» qu’il se «concentre finalement» sur ces tournages. Une condition que le cinéaste à la méthode de travail notoirement intuitive et imprévisible aurait refusée.

    Mais il semblerait que ce n’est pas que Malick qui s’est montré hésitant dans cette affaire, tant est qu’on croit la version du plaignant. Selon une lettre d’entente datant de 2010, résumée par Deadline, SSPL a accepté de verser 9,3 millions $ à la production mais, deux ans plus tard, n’avait fourni que le tiers de la somme promise, tout en exigeant que Malick s’engage «exclusivement» sur la réalisation du film, faisant fi de leur propre entente stipulant que le travail du cinéaste sur le docu était «non-exclusif».

    Comme le disent si bien nos voisins du sud, j’ai bien peur que it’s going to get worse before it gets better

    Selon IMDb, Voyage of Time, qui a pour narrateurs Brad Pitt et Emma Thompson, se trouve «en post-production», tout comme deux autres long métrages de fiction de Malick: Knight of Cups, avec notamment Natalie Portman, Christian Bale et Cate Blanchett, et un film sans titre qui se déroule dans le milieu de la scène musicale au Texas, réunissant un casting assez ridicule, comprenant les trois acteurs susmentionnés, en plus de Ryan Gosling, Michael Fassbender, Val Kilmer, Benicio Del Toro et Rooney Mara. J’en parle plus en détail ici.

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    Pour revenir à notre documentaire, il tire sa source dans le mythique projet inabouti Q, qui devait être le troisième long métrage de Malick, et qui portait sur «les origines de la vie sur Terre». La séquence de la création de l’univers dans The Tree of Life en était un héritier, et Voyage of Time se présente comme une extension extrêmement ambitieuse de cette magnifique vignette du film palmé.

    En mai 2011, le Los Angeles Times avait décrit le docu ainsi: «Voyage of Time va se pencher sur les premiers signes de vie, les bactéries, les cellules pionnières, le premier amour, la conscience, l’ascension de l’humanité, la vie, la mort et la fin de l’univers. [...] Le plan d’affaires, abondamment enrichi d’images de méduses, d’embryons de crocodiles, de nébuleuses, d’une fente du canyon de l’Utah, et du satellite de Jupiter, Ganymède, comprend des lettres de témoignage de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Steven Spielberg, qui promet que Voyage of Time sera une combinaison mémorable d’art et de science qui saura autant inspirer qu’éduquer.»

    Une autre genre de réplique…

    Les Malick haters vont se délecter avec cette invective pas mal baveuse merci du légendaire William Friedkin (The French Connection, The Exorcist) à l’endroit du mal aimé To the Wonder.

    À lire aussi :

    > To the Wonder : danser son amour dans le pré
    > Terrence Malick a tourné sa propre «nuit américaine»
    > The Tree of Life : entre extase et désespoir
    > The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion


    • Qui a dit que la philosophie ne pouvait pas être payante (ou coûteuse) ?
      Peu importe la chicane, s’ils voulaient du rendement (et perdre la face, pour ma part), fallait demander à Bernard-Henri Lévy de faire un autre Le jour et la nuit. Ils en auraient eu pour leur argent (moi aussi d’ailleurs, puisque je n’y serais pas allé).

    • Friedkin m’a récemment convaincu d’aller voir Prisoners en twittant qu’il s’agissait d’un film aussi terrifiant que Psycho et Seven.

      Disons qu’il a perdu le restant de crédibilité qu’il avait à mes yeux lorsque je suis sorti du cinéma au bout de 2h30 de clichés et de passe-passe scénaristiques complètement débiles.

    • Ce qui m’intéresse c’est de la voir “Voyage of Time”.

      Comme on n’a failli jamais voir “Citizen Kane” qui est maintenant considéré comme le plus grand film.

      Mais il y a aussi “Le Diable” de Clouzot qui n’a jamais abouti.

      Juste pour ça, je suis pour Malick et qu’il le finisse son film!

    • @bimboom

      Je pense que le titre que vous cherchez est plutôt L’ENFER de Clouzot.

    • @hlymur

      Merci. C’est ça L’ENFER. J’ai vu un documentaire dernièrement fascinant sur le tournage de ce film inachevé.

    • HS

      Vu Jubal, 1956, par Delmer Daves; récente sortie chez Criterion. Peut-être le western le plus plastiquement parfait des années 50! Des clair-obscurs absorbants et dramatiques, des panoramas immensément psychologiques pour une relecture d’Othello où la Desdémone est une canadienne-française immigrée! Une splendeur.

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