Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 20 août 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (31)

    L’acte de regarder remis en question

    theactofkilling-press

    «Il y a un autre côté à cela qui est plus sombre, et c’est le plaisir de tuer – le plaisir humain. Je pense que Anwar et ses amis ne se sont jamais sentis aussi démesurément puissants que lorsqu’ils prenaient des vies. Je pense que nous sommes à la fois fascinés et effrayés par le mal. Je pense qu’il est important de ne pas refouler notre fascination, mais de marcher dedans les yeux grand ouverts».

    - Joshua Oppenheimer, en entrevue à Berlin

    Dans l’amorce de sa critique de The Act of Killing, le documentaire mondialement célébré sur d’anciens génocidaires indonésiens qui se vantent de leurs actes passés, Anthony Lane du New Yorker avertit le spectateur qu’il y a «beaucoup de bonnes raisons» de le voir, «mais que le plaisir n’en fait pas partie».

    Je répondrai que, bien au contraire, le désir de renouer avec le plaisir ressenti devant une oeuvre aussi puissante et intelligente est la principale raison qui m’a poussé à revoir le film – que j’avais déjà vu fin mars, dans le cadre de Docville – à l’occasion de sa récente sortie à Montréal (version régulière à l’Excentris, director’s cut au Parc). Il faut cependant s’entendre sur la notion de «plaisir».

    Je comprends évidemment très bien ce que Lane, d’une part, veut dire. The Act of Killing est en quelque sorte le Shoah pour la nouvelle génération de cinéphiles, un gros plan dévastateur sur une tragédie humaine innommable. On ressort ébranlé de la séance, les plus sensibles parmi nous hantés par l’épreuve pour les années à venir. (À propos, une longue et savante discussion entre Oppenheimer et le merveilleux critique J. Hoberman sur le docu épique de Claude Lanzmann, à lire ici).

    À l’abattement moral que provoquent ces oeuvres se rajoute cependant une dimension esthétique des plus stimulantes. Un cinéaste de talent va parvenir à illustrer bellement une laide réalité, tandis qu’un tâcheron, même lorsque abordant un sujet optimiste, risquera de pondre un objet moche. Cette dynamique paradoxale, cette tension constante entre le beau et le laid, constitue un phénomène intrinsèque dans la plupart des grandes oeuvres d’art.

    À titre d’exemple, que retrouve-t-on, essentiellement, dans mes films préférés à vie? Des trahisons, des mensonges, de la souffrance, de l’hypocrisie, de la vengeance, de la paranoïa, des guerres, du sang, et beaucoup de morts prématurées. Pourtant, à travers le regard de prodiges comme Coppola, Tarkovski, Malick, Herzog ou Kieslowski, ces facteurs humains accablants sont sublimés en expériences cinématographiques absolument jouissives. Est-ce à dire que derrière chaque cinéphile passionné se cache un psychopathe?

    ActOfKilling1

    Certains rétorqueront que le plaisir engendré par les films violents est légitime tant qu’on demeure dans le domaine de la fiction, mais que de jouir d’un documentaire présentant un sujet grave serait bien plus douteux d’un point de vue éthique. Dans The Act of Killing, on passe près de deux heures en compagnie de bourreaux sanguinaires et sans scrupule. Le protagoniste, Anwar Congo, qui aurait fait pas moins de 1000 victimes, est un être humain méprisable, certes, mais il est aussi un personnage de cinéma fascinant, coloré, même drôle parfois, pour qui on s’étonne de ressentir de l’empathie, surtout vers la fin, lorsqu’il semble faire acte de contrition.

    Dans The Act of Killing, le réalisateur place le spectateur dans la position très inconfortable de complice d’individus génocidaires, un processus d’identification qu’il accomplit en faisant un portrait à hauteur d’homme, mais aussi, et surtout, en ayant recours à des techniques issues du cinéma de fiction. À travers le montage, la musique, la voix off, et même parfois un travail délibéré de mise en scène, il parvient à une esthétisation de la réalité qui nous encourage à considérer son documentaire comme une oeuvre de fiction, nous permettant ainsi de nous libérer plus facilement de nos barrières éthiques. Il remet en question l’acte-même de regarder du cinéma: ressentir du plaisir dans une salle sombre n’a jamais été aussi culpabilisant, mais également, et c’est là qu’on entre en eaux troubles, libérateur.

    La vérité profonde relative à la condition humaine, semble affirmer le réalisateur, se dévoile non pas en documentant factuellement ses participants, mais en sondant leur imagination. Oppenheimer explique en partie sa démarche dans un entretien avec Film Comment : «Eh bien, je pense que le film est une oeuvre qui tente de démontrer comment nous, les êtres humains, créons notre monde en racontant des histoires et comment, de manière cruciale, nous utilisons ces histoires pour justifier nos actions et surtout pour échapper à nos vérités les plus amères et douloureuses.»

    Pour Anwar Congo et sa bande, les films de genre hollywoodiens sont inséparables de leur propre réalité ; «Je me sentais comme un gangster qui sort de l’écran», dit Anwar en se remémorant ses sorties au cinéma au milieu des années 1960, à l’époque des purges. The Act of Killing pousse la mise en abyme jusqu’à sa coclusion logique : les génocidaires participent à un film dans lequel ils rejouent leurs actions violentes du passé, devenant du coup les «héros» de leur propre fiction. Étonnamment, ce n’est que lorsque la caméra est braquée sur lui, qu’Anwar finit par prendre conscience de la gravité des gestes qu’il a commis.

    Lors de la mémorable scène finale – que Oppenheimer voulait initialement supprimer, avant de se faire avertir par son producteur exécutif Werner Herzog que «sa vie ne vaudrait rien s’il la coupait», et que l’autre producteur exécutif, Errol Morris, considère comme «une des choses les plus puissantes qu’il a jamais vues» – on voit Anwar se rendre sur la terrasse d’une boutique de sacoches, lieux où se sont déroulées auparavant la plupart de ses tueries. Il est soudainement pris d’une très forte nausée, tente de contenir son haut-le-coeur dos à la caméra; il est physiquement en train d’expier ses péchés. La scène dure et dure, le malaise est à son paroxysme, et puis on se demande: est-il en train de jouer pour la caméra? Plus tard, une question encore plus fondamentale surgit: est-il vraiment nécessaire de le savoir?

    ***

    Herzog et Morris, les plus importants apôtres de l’esthétisation de la forme documentaire des dernières décennies, racontent à Vice comment ils ont parainné le projet d’Oppenheimer, livrant au passage une analyse du film fort captivante.

    À lire aussi :

    > The Act of Killing : héros génocidaires, héros de cinéma


    • Très beau sujet, très bien amené. Que je trouve déstabilisant parce que ça va chercher une part d’ombre à l’intérieur de nous. Il y a quelques années, un journaliste avait été dans l’ancienne Yougoslavie, le pays déchiré par une guerre civile et un génocide. Il avait demandé à une dame relativement âgée de tenter d’expliquer ce qui s’était passé. En d’autres mot, pourquoi? La dame lui avait répondu que cette violence se trouvait en chacun de nous. Rien que ça. Pas de discours, de concepts élaborés, de slogans appris par coeur régurgités comme pour se disculper. Cela dit, désolé. Pas de lien pour soutenir, j’y vais de mémoire. Cette violence gratuite, volontaire, ce goût du sang, est possiblement à la base de ce qui s’est déroulé au Rwanda. Manipulation des masses, création de bouc-émissaire ethniques tant qu’on voudra, le moteur de la tuerie reste quand même l’être humain. Ces ethnocides traversent l’histoire de l’humanité avec une rare régularité.
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      Certains avancent que la Shoah a atteint une effarente efficacité dans la tuerie systématique parce que les « fonctionnaires » continuaient de « fonctionner » comme avant. Conduire un train, estamper un formulaire, bingo! Et la déshumanisation d’une race « démoniaque » a fait le reste. Il a été rapporté que certains décideurs nazis dans les camps de concentration éprouvaient plus de compassion pour leur animal de compagnie que pour les milliers de gens qu’ils envoyaient à la mort quotidiennement.
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      J’ai vu des films de fictions comme : C’est arrivé près de chez vous de Remy Belvaux , La jeune fille et la mort de Polanski, L’expérience de Olivier Hirschbiegel. Je ne crois pas que le documentaire apporte plus de réponses que la fiction dans ce genre de thèmes. Reste la fascination et la montée d’adrénaline que procurent ces films.
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      Tout ça pour dire que je n’irai pas voir The act of killing. Malgré ses qualités esthétiques et artistiques, le thème du film, la traversée du miroir, la transgression ultime (tuer) a cessé de me fasciner. C’est peut-être à cause de l’auteur Luis Sepulveda, qui écrit avec grâce et décrit avec acuité la dignité du survivant.

      Quoiqu’il en soit, en aberrations de tout genre, l’actualité n’est jamais en manque de sujets.

    • Dans le genre régime totalitaire et boubou macoute sans pitié, je suggère aux amateurs de bd (et aux autres) la lecture d’une courte série de deux livres signés Carlos Trillo au scénario et Domingo Mandrafina au dessin : La grande arnaque (Tome I), l’Iguane (T.II).

      Amérique du Sud, dictature, climat de peur, suspicion, violences, impunité, non-sens. Une fable qui fait rire jaune.

    • Y a pas à dire, ça l’air d’un incroyable piège à ours ce film!

      @ Jozef

      Je n’ai pas encore vu le film (cette semaine, si mon travail me le permet). Vous avez une préférence entre les deux versions? Le director’s cut, c’est quand même quarante minutes de plus…

      J’ai vu les deux, mais je crois que la version courte est meilleure. -js

    • Merci, c’est ce que je vais voir.

    • En chacun de nous sommeille la possibilité de construire ou de détruire. [...] la traversée du miroir, la transgression ultime (tuer) a cessé de me fasciner. Je lis à travers les mots de cette simple phrase que depuis, vous vous privez d’un plaisir intime acceptable. Comme un combat perpétuel entre le bien et le mal vous jonglez avec l’ambivalence. Le cinéma peut donner des leçons de toutes sortes: prendre conscience que la réalité est souvent amère et qu’elle va parfois bien au-delà de la fiction.

      Personnellement je considère que The Act of Killing n’est pas de l’ART. Si certains le prétendent ainsi, ils ont tort même pour le côté esthétique. C’est plutôt une propagande grotesque afin de démontrer que le mal peut se glorifier ou se justifier peu importe les circonstances, ce que je désapprouve tout à fait.

      Avez-vous vu le film avant de faire une aussi grave accusation, et par le fait même de dénigrer du revers de la main tous ses admirateurs? -js

    • J’ai vu le director’s cut la semaine passée, et j’en suis encore tout ému. Il y a quelque chose de superbement effrayant à voir ces tueurs en série psychopathes qui marchent dans la rue, rient, boivent et… nous ressemblent tellement !?! Même si le film se déroule en Indonésie, ces hommes sont des Guy’s Next Door, le film ne cherche pas à effacer leur crimes, à les humaniser, mais ils nous renvoient un mirroir dérangeant de nous-même et de notre monde. La distanciation est très difficile, et ces bourreaux savent ce qu’ils ont fait, mais les mécanismes de défenses de l’être humain sont incroyables et ils parviennent à laisser de côté. Contrairement à ma croyance antérieure, je ne crois pas que des films de fictions comme le Massacre de Katyń ou Le Pianiste peuvent rendre l’horreur des assassinats comme peut le démontrer ce film.

      @ Atchoum : Je respecte votre choix, mais on a affaire à une oeuvre infiniment plus puissante (et malaisante) que Irréversible, C’est arrivé près de chez vous (que j’avais trouvé assez ridicule) ou L’experience.

      Si le film La Trahison du Parti communiste a été obligatoire à regarder pour les enfants indonésiens, il voudrait peut-être la peine que ce film le soit pour le cegep-université au Québec. Simplement pour réellement comprendre que l’être humain est capable du pire, et s’ouvrir sur le monde (et ses atrocités).

    • Et bien honnetement, c’est une oeuvre viscérale, toute en émotion. C’est un raccourci facile, mais ne jugez pas si vous n’avez pas vu ce film… svp l’échange va ainsi mener un peu plus quelque part…

      Ahahaha “démontrer que le mal peut se glorifier ou se justifier peu importe les circonstances” Damn il y a vraiment quelqu’un qui peut sortir de la salle en se disant cela ? Ridicule. Il n’y a rien de “facile” dans ce film

    • J’avoue que je suis étonné Jozef que vous privilégiiez la version courte. Moi qui m’enlignait, mû par une sorte de vieux réflexe de cinéphile, vers le director’s cut… Si ce n’est pas trop abuser, pouvez-vous expliquer brièvement votre prédilection? Est-ce à dire que les ajouts d’Oppenheimer (comme le souligne winslow: 40 minutes!) n’apportent que peu ou pas grand-chose à son propos?

      J’ai vu les deux versions à 4 mois d’intervalle, donc je ne me rappelle pas exactement des scènes manquantes, mais il me semble qu’elles étaient périphériques à la thèse générale du film; des suppléments fort valables, mais pas essentiels. Le seul élément que j’ai regretté dans la version régulière, est qu’on a omis de parler du film de propagande que les génocidaires regardaient enfant, à l’école, à chaque année, des sorte de série Z dans lesquels les communistes étaient dépeints comme rien de moins s que des zombies à abattre. Ça rajoutait à l’idée du cinéma comme entité fondatrice (et corruptrice) de leur identité. -js

    • Merci Jozef pour la réponse. Je vais aussi opter pour l’Ex-Centris je crois et ce, même si c’est pour passer à côté de ce “film de propagande que les génocidaires regardaient enfant, à l’école (!!!), à chaque année (!!!), des sortes de séries Z dans lesquels les communistes étaient dépeints comme rien de moins que des zombies à abattre (!!!)”. Et l’autre qui vient nous dire que le film d’Oppenheimer est une “propagande grotesque afin de démontrer que le mal peut se glorifier ou se justifier peu importe les circonstances”. Me semble, oui…

    • « Le seul élément que j’ai regretté dans la version régulière, est qu’on a omis de parler du film de propagande que les génocidaires regardaient enfant, à l’école, à chaque année, des sorte de série Z dans lesquels les communistes étaient dépeints comme rien de moins s que des zombies à abattre. Ça rajoutait à l’idée du cinéma comme entité fondatrice (et corruptrice) de leur identité. -js »
      ….
      ..
      Comme idée fondatrice de leur identité. Je pense à Leni Riefenstahl, quand le génie créatif se mèle à la propagande…

      Et à la propagande, Josef Goebbels a peut-être fondé les bases du marketing moderne. Maître de la manipulation de masse, Goebbels a dicté il y a 70-80 ans des vérités encore très actuelles. Voici quelques citations. En anglais, malheureusement.

      “If you tell a lie big enough and keep repeating it, people will eventually come to believe it. The lie can be maintained only for such time as the State can shield the people from the political, economic and/or military consequences of the lie. It thus becomes vitally important for the State to use all of its powers to repress dissent, for the truth is the mortal enemy of the lie, and thus by extension, the truth is the greatest enemy of the State.”

      « The most brilliant propagandist technique will yield no success unless one fundamental principle is borne in mind constantly – it must confine itself to a few points and repeat them over and over”

      “Intellectual activity is a danger to the building of character”

      “Faith moves mountains, but only knowledge moves them to the right place”

      “Think of the press as a great keyboard on which the government can play.”

      Pour une manipulation de masse efficace, il semble qu’il soit possible, sinon facile, pour une nation de développer tant des psychopathes que des ingénieurs ou des fonctionnaires!

      En ce sens, dans le cas d’un génocide, The act of killing ne serait que le dernier maillon de la chaine à observer. Fascinant, certes, mais ça ressemble à un os qu’on donne à ronger à la plèbe.

      http://thinkexist.com/quotation/-if_you_tell_a_lie_big_enough_and_keep_repeating/345877.html

      J’ai beaucoup, beaucoup de misère, avec les gens qui portent un jugement sur un film sans l’avoir vu. L’aspect historique de Act of Killing est d’ailleurs sa caractéristique la moins développée, ce n’est pas l’objectif du film, loin de là. -js

    • À l’instar de Atchoum, je ne suis pas certain de vouloir voir ce film qui, paradoxalement, semble fascinant.

      J’ai également vu La jeune fille et la mort (Death and the Maiden) de Polanski et L’expérience de Olivier Hirschbiegel.

      L’Expérience (tourné 100% de manière chronologique soit dit en passant) fut fort intéressant pour ressentir et “vivre” l’effet pathologique d’entraînement, du pouvoir lié aux fonctions et à l,environnement, etc. mais c’est dans La Jeune fille et la mort qu’on peut réellement ressentir et visualiser la capacité du tortionnaire à se distancer de son propre passé pour vivre “normalement”. Weaver et Kingsley y sont magistraux!

      Fascinant quand même des gens qui se prétendent cinéphiles mais qui refusent d’aller voir un des films les plus célébrés des dernières années. -js

    • @ Jozef

      1) Je ne me prétends pas cinéphile; j’adore l’analyse, l’argumentation et surtout j’adore la musique (d’où ma fascination pour les trames sonores!) et le cinéma et j’en “consomme” le plus possible et d’horizons/thèmes/provenance/style aussi variés que possibles, mais je ne crois pas avoir les connaissances techniques et historiques du cinéma pour me considérer cinéphile

      2) Je n’ai pas écris que je refusais ou que j’étais contre l’idée d’aller voir ce film; j’ai simplement dit que je ne suis pas certain d’aller le voir pour différentes raisons que je n’ai pas élaborées par craintes qu’elles soient répétitives et/ou non-pertinentes, mais maintenant que vous élaborez sur la question, les voici :

      a) Je n’ai jamais été un fan des documentaires; j’apprends à les apprécier, mais je préfère de loin la fiction
      b) Malgré l’évidente (je me fis ici aux critiques) qualité esthétique du film, le sujet va au-delà de la simple explication historique (quasi-absente comme vous l’avez mentionné), sociologique et psychologique des incidents; le réalisateur SEMBLE “banaliser” ou “rendre plus humaine” une réalité et une violence de manière déstabilisante, nommément en portant à l’écran des tortionnaires et génocidaires bien réels; j’avoue avoir un malaise avec ce concept bien que politiquement et sociologiquement parlant, sa démarche soit géniale!
      c) Je n’ai pas d’amis ou de membres de la famille qui aiment le cinéma de répertoire et les documentaires; pourtant, ce sont spécifiquement de ces films qu’il est intéressant de parler après un visionnement. Ça n’incite donc pas à en voir davantage.
      d) Entre mon emploi à temps plein et mes 2 entreprises, je manque de temps pour aller au cinéma tout simplement
      e) Le film ne restera probablement pas longtemps à l’affiche car très niché, donc je risque de rater l’occasion d’aller le voir au cinéma et ce même si je me décide à aller le voir.

      La preuve que je n’ai toujours pas fait mon choix d’aller voir ou non le film : j’ai lu l’ensemble de votre texte sans lire le paragraphe commençant pas “Lors de la mémorable scène finale – que Oppenheimer voulait initialement supprimer, avant de se faire avertir par son producteur exécutif Werner Herzog que «sa vie ne vaudrait rien s’il la coupait», et que l’autre producteur exécutif, Errol Morris, considère comme «une des choses les plus puissantes qu’il a jamais vues»” car je désire justement me garder un peu de mystère si je décide d’aller le voir.

      Bref, concept fort intéressant à n’en pas douter, mais qui semble à cheval sur la ligne éthique/morale. Personnellement, je n’aurais jamais été capable de côtoyer des tortionnaires/génocidaires pendant tout un tournage…

      Un cinéphile, selon le Larousse, c’est un «amateur de cinéma», pas un professeur. -js

    • Dans ce cas, sans égard au pléonasme, je suis un cinéphile amateur :)

    • « J’ai beaucoup, beaucoup de misère, avec des gens qui portent un jugement sur un film sans l’avoir vu. L’aspect historique du film est d’ailleurs sa caractéristique la moins développée, ce n’est pas l’objectif du film, loin de là. -js »
      .
      À ce compte-là, vous avez raison. Ma passion pour l’histoire l’a emporté sur le sujet. Bien à vous.

      N’hésitez pas à regarder la vidéo à la fin du post, les commentaires de Herzog sur le traitement, ou plutôt le non-traitement, de l’histoire dans ce film sont très pertinents- js

    • Votre collègue Marc Cassivi en a parlé aussi. Sujet fascinant!

      http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/marc-cassivi/201308/10/01-4678799-lenfer-revisite.php

      Ça me rappelle aussi le docu épique de Lanzmann.

      J’ai lu et relu votre chronique aussi et Congo me semble sympathique à première vue. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Comme un bon soldat il répondait sûrement aux ordres.

      Est-ce qu’on est prêts en remettre en cause notre regard envers les traîtres de la patrie? En tout cas on verra bien avec l’affaire “Snowden”!

    • Act of Killing est classé comme documentaire, mais monté comme du cinéma avec personnage principale du nom d’Anwar Congo. D’ailleurs, Josef, vous et M.Cassivi y présentent plus comme un film qu’un documentaire.

      L’aspect histoirique n’est pas l’idée principale , mais plutôt la manière que ces bourreaux se sont pris pour tuer les ”communistes”. En tant que spectateur, Act of killing vaut la peine d’être vu. De l’autre côté, on resorts frustré de voir ces personnes parler de meutres comme de l’humour: Congo avec son ”happy killing”, l’appui du gouvernement et de la télévision nationale actuels, sans oublier le groupe de para-militaires de 3 millions de membres qui prêtent à faire revivre le génocide.

      Face à ce documentaire, comme être humain, il faut regarder la réalité en face. Comme cinéphile, je ne choisis pas mes sujets. Tout peut être abordé. L’important, c’est qui soit beau à voir, même à partir de quelque chose de laid.

      Je me rappelle d’un documentaire que j’aime bien et comme Act of Killing, raconté comme du cinéma: Up The Yantze du montréalais Yung Chang. On suit le parcous d’une jeune et d’un jeune chinois à dans un Chine en changement qui leur offre opportunuité. Contrairement à Act of Killing, on resorts plus joyeux que tendu.

    • Bon pour l’argument de violence, on pourrait dire qu’il s’agit d’un des films les moins violents (graphiquement) que j’ai vu cette année…

      Glorifier ou banaliser ? En finissant ce film, je me sentais plus mal et avec d’avantage de questionnements face à l’acceptation de la violence dans les sociétés (et dans les films) qu’après Funny Games. L’angle apporté est différent en braquant les caméras sur les tortionnaires plutôt que les victimes. L’horreur est la même.

      Et il ne faut pas oublier que ces tueurs sont déjà glorifiés dans leur propre pays, il sont des gansters (des free men !). La prémisse du film est plutôt le making-of d’un film qu’ils ont eux-mêmes commandés pour se mettre en valeur et revivre le “bon vieux temps”

      En fait c’est plutôt le réalisateur, Oppenheimer, qui leur a proposé l’idée de faire un film, mais sinon très juste comme commentaire. -js

    • Je ne vaut pas fort comme cinéphile non plus alors, car je ne suis pas sûr de vouloir voir ce film. La comparaison avec Shoah vaut surtout pour opposer point par point les deux démarches: ne pas montrer, laisser toute la parole aux victimes; spectaculariser le bourreau, son point de vue. Je suis intrigué, mais aussi très très sceptique: tout ça me donne l’impression de réfléchir le cinéma en utilisant l’horreur comme prétexte, en laissant le génocide réel en arrière-plan. Me mettre à nez face à ma culpabilité de spectateur de cinéma à partir d’un tel événement, me semble que c’est pas fort fort comme idée.

      Je dois admettre être très surpris de votre commentaire ciné! Juger un film sans l’avoir vu, désolé, je ne pige pas. Par ailleurs, voir des monuments comme Herzog et Morris crier au génie, ça ne vous réconforte pas le moindrement? -js

    • @ Kobayashi

      Un documentaire est un film. Faire un documentaire, c’est faire du cinéma. Point. C’est (quasiment) le même processus (recherche, scénarisation [si, si], pre-prod, tournage, montage image/sonore). On se pose les mêmes questions qu’en fiction avec en prime, un questionnement éthique un peu plus mis de l’avant dû à la relation au “réel”. D’où le boucan autour du film d’Oppenheimer.

      Pour la comparaison avec SHOAH, je ne sais pas, mais à première vue ça me semble être la complète antithèse. Une comparaison plus judicieuse serait sans doute le S21 de Rithy Panh: même coin de la planète, même sujet (bourreaux, génocide), approche diamétralement opposée (mais situation politique totalement différente aussi, ceci expliquant un peu cela…).

    • Morris et Herzog sont des figures assez controversés dans le monde du documentaire. Leur façon de faire n’attire pas que l’admiration, loin de là. Disons que leur patronage donne le ton et alimente les idées préconçues.

    • Juger un film sans l’avoir vu? Mais je le fais tout le temps! Et souvent ici d’ailleurs…

      Je ne réagis pas au film, mais à ce que je lis sur le film, qui tourne immanquablement sur la question du cinéma et de la relation du spectateur à la violence. La question n’est pas inintéressante, loin de là, mais si le film utilise le génocide indonésien pour l’aborder, ça me semble problématique. À moins, bien sûr, que le film utilise ce discours sur le regard pour nous ramener au réel et nous aider à l’appréhender autrement. Ce qui j’imagine est le cas, mais on insiste moins sur cela que sur notre propre relation de spectateur à ce qui est montré. Et si le point de départ pour cette démarche c’est «Je me sentais comme un gangster qui sort de l’écran», ça me semble un peu court.

      Je me dis intrigué justement parce qu’il y a concert d’éloges, les tiennes Jozef, comme celle des autres. Sinon, je passerais mon tour sans même y penser. (Mais désolé, Herzog et Morris pour moi ne sont pas des monuments, j’apprécie ce qu’ils font, j’aime bien leur films, mais sans passion. Et en général, l’opinion des cinéastes sur le cinéma ça nous en dit plus sur leur propre cinéma qu’autre chose.)

    • Si ce film doit être vu, c’est d’abord en tant qu’êtres humains qui tentons de nous comprendre nous-mêmes, pas en tant que cinéphiles. C’est là que ceux qui expliquent leur choix de ne pas voir le film à cause du sujet du film peuvent difficilement justifier leur choix (bien qu’il existe plusieurs autres raisons pour justifier un refus de voir ce film).

      Davantage qu’un film de fiction, un bon documentaire n’a pas seulement le potentiel de porter un regard sur un sujet spécifique; il réussira aussi à élargir le propos. C’est la puissance de ce film. Quand le cinéaste questionne les effets de la violence au cinéma, le propos ne concerne pas que la violence au cinéma. Il concerne également toute la représentation de la violence dans les médias au sens large. La forensic psychology (désolé, je ne connais pas le nom de ce champ en français) explique de façon récurrente ce phénomène. The Act of Killing est une rare oeuvre qui ose nous imposer cette question.

      De la même façon, bien qu’il ait porté son projet sur l’Indonésie de 1965, Oppenheimer scrute le fonctionnement de tous ces types de régimes génocidaires dans l’Histoire, ou du moins dans le dernier siècle. Voir le traitement glorieux que reçoivent ces “free men” dans leur pays, c’est voir comment auraient été traités les agents de la Gestapo si le IIIe Reich avait gagné la Seconde Guerre mondiale. Voir comment vivraient des miliciens et soldats hutus après le génocide rwandais sans la contre-offensive de Kagame. (Comprendre la raison pour laquelle certaines atrocités commises par des miliciens tutsis lors de ladite contre-offensive sont toujours complètement ignorées ou considérées justifiées encore vingt ans plus tard – Kagame est président du pays, situation semblable à l’Indonésie sur ce point.)

      Comme Chantal Guy l’a si bien soulevé dans sa critique pour La Presse, ce film est une démonstration des plus pertinentes des thèses de Hannah Arendt. Quiconque souhaite pousser une réflexion lancée par ce film n’a qu’à lire Arendt, que ce soit quant à la naissance de tels régimes, leur façon de fonctionner, leur façon de raisonner ou leur capacité à mettre en action leurs desseins. Ce film focalise sur le dernier de ces points, mais les autres en sont indissociables et y sont tous abordés d’une façon ou d’une autre.

    • « L’angle apporté est différent en braquant les caméras sur les tortionnaires plutôt que les victimes. L’horreur est la même. »

      Je ne crois pas que l’horreur soit la même à cause de la citation suivante de JS : « pour qui on s’étonne de ressentir de l’empathie, surtout vers la fin, lorsqu’il semble faire acte de contrition »

      Ressentir de l’empathie, c’est être capable de se mettre à la place de. Dans le film, c’est un psychopathe qui compte près de 1 000 victimes à son palmarès. Ressentir de l’empathie pour lui, ça veut dire que ce gars-là est un humain, pas un monstre. En effet, qui s’identifierait à un monstre? C’est pourquoi, à mon humble avis, le sentiment d’horreur est encore plus grand en braquant les caméras sur le tortionnaire.

      Je ne saurai mieux dire! -js

    • Un aphorisme sur le fly : Un film c’est comme une phrase : normalement, il faut l’écouter au complet avant de se prononcer dessus.

    • Maintenant que j’ai vu le film, je peux juger que mon scepticisme était bien fondé, quoique mes commentaires passaient à côté du film.

      Nous sommes au coeur des ténèbres, pas de doute, la banalisation du Mal est terrifiante, c’est évident, mais je m’explique moins pourquoi le film participe pleinement à l’entreprise de ses bourreaux, à continuer de réécrire l’Histoire avec eux, jusqu’à se servir des victimes pour amener la catharsis de leur bourreau (contrition réelle ou non, on s’en fout dans le contexte, et c’est aussi un problème), jusqu’à les réduire au fond à un vulgaire crachat.

      Sous prétexte de comprendre les mécanismes qui ont permis à des bourreaux d’être glorifiés, ou plutôt de reproduire ces mécanismes par sa propre esthétique qui utilise le même mélange ambigu de sincérité et de falsification, le film ne fait que pousser encore plus loin les victimes dans l’oubli.

      Une dernière formulation du même reproche: pour tuer, mieux vaut ne pas penser à ses victimes comme des hommes, voilà un peu ce que nous dit ce film. Les victimes sont absentes du film comme elles le sont de l’histoire indonésienne et de l’âme de leurs bourreaux. Elles n’existent que sous forme de statistiques, des chiffres clamés pour se vanter. La possible contrition, d’ailleurs, ne vient pas de ce que Congo est confronté à l’Autre; au contraire, il est seulement devant sa propre mise en scène de sa propre version des faits. Présenter le bourreau comme humain en continuant de nier à la victime son humanité, il me semble que l’art peut faire mieux.

      On ne fait pas du beau avec du laid ici (on est loin est en crisse d’Elephant par exemple, ou de S21 pour un sujet similaire, ou même des films d’Herzog et de Morris), on montre plutôt le laid dans toute sa splendeur.

      Il reste qu’il y a beaucoup de choses à réfléchir dans ce film, et il y a quelques moments révélateurs (en général, quand le film déraille de son projet et que quelqu’un se met à poser des questions, le réal ou les hommes entre eux) à côté des plus répugnants (je m’explique pas la scène de racket avec gros plans complaisants ou les reconstitutions avec femmes et enfants non-consentants, traumatisés). Mais pour le grand film, on repassera.

    • @cinematographe : Merci pour votre point de vue.

      J’ai peine à saisir le reproche fait aux cinéphiles qui refusent de le voir. N’est-il pas sain qu’il y ait des gens qui modulent leurs choix de divertissements en fonction de leur conscience, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un film à haute valeur artistique? Si le film mettait en scène des assassins du kkk ou des officiers nazis acceptant de reproduire leurs crimes, on comprendrait mieux les réticences, mais puisqu’il se passe à l’autre bout du monde, la pilule semble très bien passer. Sans avoir à voir le film, on peut néanmoins en apprendre un peu plus sur la condition humaine en suivant les discussions qui s’ensuivent. Est-ce aussi ça, remettre en question l’acte de regarder?

    • @scories

      Merci!

      Je ne vous suis pas ici, la deuxième partie de votre phrase: “N’est-il pas sain qu’il y ait des gens qui modulent leurs choix de divertissements en fonction de leur conscience, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un film à haute valeur artistique?”

      Si the Act of Killing avait une haute valeur artistique, je serais le premier à dire comme Jozef qu’il est étrange de s’abstenir de le voir. Pour moi, l’art permet de transcender ses matériaux, de nous élever au-dessus de la “réalité” pour nous en offrir un nouveau point de vue, ce qui en retour nous permet, une fois revenu les pieds sur terre, d’aborder cette “réalité” autrement. Je ne vois pas cela dans le film d’Oppenheimer, et c’est le fond de mon reproche: le film reproduit le point de vue des bourreaux, leur imagination, sans plus, sans les questionner, sans les penser à sa manière, en considérant que le simple acte de montrer est suffisant. Eh ben, non, faut pas juste montrer, il faut aussi penser, ouvrir sa subjectivité de créateur si l’on veut.

      Toute oeuvre d’art, à mon sens, remet en question l’acte de regarder, sinon il n’y a pas d’art, pas de confrontation à plus grand que soi, rien pour nous forcer à penser dans une direction nouvelle. En ce sens, Act of Killing ne remet pas en question notre regard puisqu’il repose sur une logique circulaire: les bourreaux devenus célèbres se décrivent comme des gangsters de cinéma, alors on leur offre la chance de se représenter en gangster et de poursuivre leur célébrité en les faisant participer au film qu’ils se faisaient dans leur tête en commettant leurs atrocités. Qu’est-ce que nous apprenons, qu’est-ce que nous pouvons penser? Rien, sinon que ces bourreaux se pensent comme des gangsters de cinéma, ce qui était le point de départ du film. Évidemment, il y a une part de confrontation quand même, puisque je ne connais pas de telles personnes, mais au bout du compte je n’en sais pas plus que si on m’avait dit “voilà un homme qui a tué 1000 personnes parce qu’il se faisait son cinéma”, ce que le film nous démontre scène après scène.

      Bref, je trouve qu’il est très sain de ne pas vouloir voir the Act of Killing parce que je n’y vois point d’art. S’il y en avait, mes mots, ou ceux de n’importe qui, ne suffiraient pas. Il faudrait vous y engager vous-mêmes. Jozef, et bien d’autres, y voient de l’art, ce qui peut tout à fait être vrai pour eux mais pas pour moi (et ce n’est pas une question d’avoir “raison” ou “tort”, mais à tout à voir à notre expérience du film), alors ils s’étonnent que l’on refuse de se confronter à cette oeuvre qui leur a tant apporté.

      Bref, il est sain de choisir selon notre conscience, mais l’art étant de nature a profondément bouleverser celle-ci, vaut mieux ne pas le laisser filer. (D’ailleurs, question art, Twixt c’est vraiment bouleversant.)

    • @cinematographe : Je ne saurais porter de jugement quant à la nature artistique du film car je ne l’ai pas vu ni n’ai l’intention de le voir. J’ai simplement accordé le bénéfice du doute à W. Herzog et cie. Peut-être avais-je tort…

      Bénéfice du doute à Herzog ET à l’écrasante majorité de critiques compétents, sauf ciné – exception notable tout de même – qui crient au génie! -js

    • @Jozef : Effectivement, Herzog prétend qu’il s’agit-là du film le plus surréaliste qu’on peut s’attendre à voir au cours des 30-50 prochaines années. Qui vivra verra…
      En ce qui me concerne je ne suis pas allé voir ce film pour des raisons autres que des considérations artistiques. Je ne crois pas être le seul d’ailleurs. J’ose croire que ça ne nous enlève pas forcément notre statut de cinéphile (que je qualifierais de dilettante dans mon cas).

    • Ouais, ben je ne suis pas le seul quand même. En Europe, les avis sont tout autres.

      Cahiers du cinéma: on s’indigne.
      Les inrocks, pas très positif non plus: http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/the-act-of-killing-lacte-de-tuer/
      Critikat, on descend: http://www.critikat.com/The-Act-of-Killing.html
      Libération idem: http://next.liberation.fr/cinema/2013/04/09/bourreaux-decor_894904

      Les Américains, pour parler d’images, d’éthique, quant à moi, ne sont pas fort fort. Ils ont tendance à regarder les films de manière trop fonctionnelle (ZD30 serait un autre bon exemple).

    • Je ne sais pas pourquoi les nord-américains aimons découvrir nos semblables au moyen de récits horrifiques. D’un point de vue inter-personnel, une relation saine me semble-t-il, ne devrait pas passer par la pitié et/ou le dégoût mais par une sorte de respect mutuel. Au plan culturel c’est idem; découvrir une civilisation à partir de ses crimes, ses horreurs et ses bourreaux est malsain pour l’un et avilissant pour l’autre.

      La découverte d’une culture devrait-elle pas nous permettre d’accéder à une expérience profondément humaine? D’où vient cette obsession de vouloir chercher l’inhumain un peu partout? Est-ce parce que les horreurs des grandes guerres ont dénaturé notre idée de ce que devrait être une expérience humaine authentique?

      Pour reprendre contact avec l’Indonésie, je préfère toujours me taper un bon disque de gamelan. :)

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