Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 19 août 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (8)

    Interlude musical : Be My Baby

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    Ce mois d’août marque les 50 ans de la sortie du tube des Ronettes Be My Baby, morceau emblématique du wall of sound du mythique – et aujourd’hui écroué – producteur Phil Spector, auquel le New York Times a consacré un beau papier cette semaine.

    La chanson a mémorablement été utilisée pour illustrer le générique de début de Mean Streets, film-phare de Martin Scorsese qui célébrera en octobre ses 40 ans. Une confluence de musique et d’images qui résulte en une des séquences d’ouverture les plus électrisantes jamais vues sur grand écran.

    (De grâce, montez le son le plus que vous pouvez)

    Be My Baby a refait une apparition cinématographique remarquée une quinzaine d’années plus tard, dans un film au registre passablement différent de celui de Scorsese, et qui allait se convertir en une des bandes originales de film les plus populaires de tous les temps : Dirty Dancing.

    Ci-dessous, une anecdote intéressante de la part de Phil Spector, issue d’un docu de 2009, sur l’utilisation non autorisée de Be My Baby dans Mean Streets. «Who’s this guy Skizi?», se rappelle avoir pensé le producteur la première fois qu’il a vu le film. Il continue en disant qu’il s’est retenu par bonté d’âme d’intenter une poursuite relative aux droits de la chanson, et qu’il a par son inaction volontaire carrément sauvé la carrière de Scorsese. (À noter qu’à l’époque Spector n’était pas étranger à la culture du Nouvel Hollywood, ayant fait une apparition dans l’épilogue de Easy Rider, quatre ans plus tôt).


    • Dirty Dancing possède en effet une des meilleures trames sonores du cinéma populaire, aux côtés des Rocky, Top Gun/Days of Thunder, et nombreux opus de Tarantino.

    • Comme dans Californication : “I’m shitting genius right now!”

      C’est pas mal ce qu’il pense de lui-même le monsieur…

      Du point de vue musical, il n’a pas tort! -js

    • Oui, le générique de Mean Streets est génial. Dans le même film, Scorsese va aussi faire une superbe utilisation de Jumpin’ Jack Flash des Stones (introduction de Johnny Boy/De Niro dans le bar, éclairage écarlate, travelling au ralenti sur Keitel). Je mets le lien pour le plaisir :

      https://www.youtube.com/watch?v=WZ7UwnfQ2nA

    • Et puis, pour ceux que ça intéresse, un très bon article sur l’utilisation du rock chez Scorsese:

      http://flavorwire.com/216346/gangsters-mixtape-the-rock-roll-cinema-of-martin-scorsese

    • Scorcese, Lynch et Tarantino, les 3 réalisateurs américains qui ont le mieux intégré la musique pop à leurs films?

      @Josef et mendell
      Spector a aussi offert sa petite contribution à la séparation des Beatles. Paul l’a accusé d’avoir saboté, avec le soutien de Lennon, sa chanson “The long and winding road” afin de détruire sa crédibilité musicale… Mais bon, c’est tout de même devenu un autre #1 pour les Beatles.

    • J’aime beaucoup comment Scorsese utilise Gimme Shelter des Stones dans Goodfellas et Casino. Le rock chez lui n’est jamais là pour faire seulement cool comme parfois chez Tarantino mais pour viscéralement impliquer le corps à l’esprit. Je m’interroge sur la magnifique ouverture de Casino ou on refuse le rock en préférant le Saint-Mathieu de Bach; n’y serait-il question que d’esprit?

      Sinon, The Weight tourné en studio contient parmi les plus beaux mouvements d’appareil scorsesiens.

    • Je rajouterais aux exemples du génie musical de Scorsese ce terrifiant plan fixe sur De Niro dans Goodfellas au son de Sunshine of Your Love de Cream : le regard de De Niro qui voyage subtilement entre le bar à sa droite et la caméra en face (l’endroit où l’on suppose que se positionne Morrie), doublé de la façon dont il fume tranquillement sa clope, le tout appuyé par le riff de Clapton (et le plan qui dure, qui dure…) nous font parfaitement comprendre quel malheureux sort sera réservé au pauvre Morrie.

    • Merci Jozef pour avoir inclus le lien dans le texte.

      Ayant décrit ce plan de mémoire, je constate que j’ai fait deux erreurs : d’une part, j’ai cru le plan fixe : il ne l’est pas, Scorsese faisant un léger close-up sur De Niro; et, d’autre part, plus important, j’ai toujours cru que le regard de De Niro vers sa droite était dirigé hors champs, vers (je supposais) Henry/Liotta ou Tommy/Pesci (plus probable : c’est lui le tueur). Or, je réalise (seulement aujourd’hui, après des dizaines de visionnements!) que, dans les premières secondes, Pesci est bien dans le plan, de dos. Mon cerveau avait toujours ignoré ce détail, incapable d’y voir autre chose que De Niro (faut dire qu’il est assez magnétique : quel regard tout-de-même!).

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