Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 22 juillet 2013 | Mise en ligne à 15h45 | Commenter Commentaires (33)

    Terrence Malick poursuivi par ses investisseurs

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    Un des «plus grands rêves» de Terrence Malick est en voie de se transformer en cauchemar. Les investisseurs de son méga-projet documentaire Voyage of Time, annoncé officiellement il y a plus de deux ans, ont perdu patience et réclament un remboursement complet ainsi qu’une compensation pour les profits perdus.

    La société Seven Seas Partnership a intenté un procès vendredi en Cour fédérale de New York. Elle accuse la maison de production de Malick, Sycamore Pictures LLC, d’avoir «dédié ses énergies sur quatre autres films dans les cinq dernières années» et d’avoir dépensé les 3,3 millions $ octroyés pour Voyage of Time sans fournir de résultats tangibles.

    Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, on apprend qu’un important artisan du film, le vétéran artiste d’effets visuels Michael L. Fink (qui a travaillé sur The Tree of Life), a récemment quitté le bateau en protestant qu’«aucune quantité d’effets spéciaux ne pourrait dissimuler le fait qu’il n’y a pas de film qui existe».

    Ce même Fink avait dit en entrevue en 2009 qu’il travaillait avec Malick sur trois films en parallèle: «Un long métrage en 35 mm, une version plus courte en IMAX, et une autre version plus courte en 35 mm qui n’est pas tout à fait la version IMAX, mais pas la longue non plus». (À l’époque on avait déduit qu’il faisait référence à The Tree of Life, alors que le film était en pré-production).

    D’après la poursuite, le projet Voyage of Time devrait constituer un long métrage d’une durée entre 90 et 150 minutes, ainsi que deux films IMAX de 45 minutes chacun. Les investisseurs allèguent que, à l’approche de la date butoir en 2012, Malick leur avait demandé plus de temps et d’argent. On lui aurait alors réclamé une «garantie sans équivoque» qu’il se «concentre finalement» sur ces tournages. Une condition que le cinéaste à la méthode de travail notoirement intuitive et imprévisible aurait refusée.

    Les avocats de Sycamore Pictures ont réfuté ces accusations, déclarant via un communiqué : «Les revendications de Seven Seas sont sans fondement. Le budget et le calendrier ont été respectés, et tous les fonds ont été utilisés de manière appropriée. En outre, la décision de Seven Seas de déposer cette plainte sous le couvert de l’obscurité et de la rendre publique avant de présenter Sycamore avec une copie du procès lui-même rend compte de la faiblesse des allégations.»

    natchris

    Selon IMDb, Voyage of Time, qui a pour narrateurs Brad Pitt et Emma Thompson, se trouve «en post-production», tout comme deux autres long métrages de fiction de Malick, Knight of Cups, avec notamment Natalie Portman et Christian Bale (photo), et un film sans titre qui se déroule dans le milieu de la scène musicale au Texas, réunissant un casting assez ridicule. J’en parle plus en détail ici.

    Le documentaire tire sa source dans le légendaire projet inabouti Q, qui devait être le troisième long métrage de Malick, et qui portait sur «les origines de la vie sur Terre». La séquence de la création de l’univers dans The Tree of Life en était un héritier, et Voyage of Time se présente comme une extension extrêmement ambitieuse de cette magnifique vignette du film palmé.

    En mai 2011, le Los Angeles Times avait décrit le docu ainsi : «Voyage of Time va se pencher sur les premiers signes de vie, les bactéries, les cellules pionnières, le premier amour, la conscience, l’ascension de l’humanité, la vie, la mort et la fin de l’univers. [...] Le plan d’affaires, abondamment enrichi d’images de méduses, d’embryons de crocodiles, de nébuleuses, d’une fente du canyon de l’Utah, et du satellite de Jupiter, Ganymède, comprend des lettres de témoignage de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Steven Spielberg, qui promet que Voyage of Time sera une combinaison mémorable d’art et de science qui saura autant inspirer qu’éduquer.»

    On garde espoir que ce voyage des plus prometteurs saura un jour aboutir sur grand écran, et non sur les bancs d’une salle d’audience.

    À lire aussi :

    > To the Wonder : danser son amour dans le pré
    > Terrence Malick a tourné sa propre «nuit américaine»
    > The Tree of Life : entre extase et désespoir
    > The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion


    • Malick se prend pour Dieu.

      (…)

      «Quelle est la différence entre Dieu et un réalisateur? Réponse : Dieu ne se prend pas pour un réalisateur.» Une fameuse boutade qui s’applique à pas mal tous les cinéastes, les médiocres comme les plus divins d’entre eux. Malick fait définitivement partie de la seconde catégorie. -js

    • Je croyais que c’était : Aucune. Les deux ont besoin de financement pour exister.

      (ceci dit, j’adore Malick. Ca me fait plaisir de participer à son financement)

      Pas mal la version alternative! – js

    • Excellent snooze!

    • Malick a soutiré de l’argent à la Paramount une bonne partie de sa vie en prétextant qu’il travaillait sur Q. Ce qu’il a peut-être fait, mais le film n’a jamais vu le jour!

      Je comprends qu’avec cet antécédent, certains producteurs pourraient avoir peur de ne jamais voir le fruit de leur investissement.

      De plus, j’ai quand même l’impression qu’avec les informations que nous avons… il n’y a effectivement pas de film! Ce qui est plutôt décevant pour tous cinéphiles qui se respectent! ;)

    • Malick c’est un bizarre

    • Je n’ai rien contre Malick qui est clairement un réalisateur inspiré et doué, mais en même temps ses films me laissent souvent sur mon appétit quoique auréolés et palmés!

      Il n’est pas dans mes habitudes de citer un blogueur, mais dans ce cas précis, cela exprime clairement ce que je pense des films de Malick.

      Unholy_Ghost disait dans le billet “Le péché originel américain, vu par un noir britannique” alors que la discussion a dévié sur Shame de McQueen (http://blogues.lapresse.ca/moncinema/siroka/2013/07/16/le-peche-originel-americain-vu-par-un-noir-britannique/) :

      “[...] Voilà un film déplaisant car tout en lui est calibré pour imposer l’idée qu’il est un chef-d’oeuvre, d’où l’unanimité. Ce forçage est présent à tous les niveaux: la lumière travaillée, la “performance incontournable” du comédien, le sujet [...]“.

      Prenons Tree of Life : casting incroyable, sujet universel, touchant et un brin ésotérique, photographie à la fois naturelle/sobre et distinguée/précise/grandiose, rythme digne de la croisette cannoise, etc.

      Alors qu’il est plus « facile » d’écarter un Nicolas Winding Refn ou un David Cronenberg pour la violence crédible (et « gratuite » diront certains) de leurs films; un Michael Moore pour son populisme; ou un Kar Wai Wong et un Apichatpong Weerasethakul pour leur cinéma [trop] contemplatif (et leur nom difficile à prononcer!), Malick (et ses films) semble toujours être à la fois parfaitement distingué/ésotérique/grandiose pour épater, mais suffisamment commun/accessible/identifiable/universel pour attiser la sympathie de tous.

      Bref, pour moi, Tree of Life est [beaucoup plus que Shame] l’exemple parfait du film que toute critique et tout cinéphile accompli, amateur ou en devenir se doit d’acclamer sous peine d’excommunication de la guilde cinéphile!

      Si Malick est aussi précieux et atypique en personne (et au niveau de la gestion) que le sont ses films, je peux comprendre que des partenaires/commanditaires s’impatientent…

    • @procosom.com Tellement pas d’accord avec vous! Le cinéma de Terrence Malick divise les critiques et le public. C’est souvent l’amour fou ou la haine intense.

      De plus, les films de Malick sont tellement «ouverts». Rien de commun avec le cinéma d’Hollywood digne pour les Oscars. Oui, il esthétise tout, il est en recherche constante de la beauté, de la bonté et de la vérité, mais il s’auto-questionne sur sa propre démarche. Jamais Malick dira ce que je vous montre c’est la beauté, la vérité ou la bonté.

      Cet ambiguïté entre le questionnement et la réponse en agace plusieurs et ceux-ci n’y voit souvent que prétention, pseudo-spiritualité ou que de belles images.

      Plusieurs tombent dans le piège, ce fut particulièrement le cas avec tout dernier To the Wonder…

    • Après les films “So bad its good” de Ed Wood, voici les “So good its bad” de Malick.

    • snooze vraiment, vous êtes fort!

    • Je peux difficilement imaginer des films plus loin de Shame, dans l’esthétique aussi bien que dans les intentions, que ceux de Malick.

    • @procosom
      J’aime bien votre liste de réalisateurs mais il y a tout un intru dans le lot! Nommer Michael Moore dans la même phrase que ces autres réalisateurs est insultant pour le groupe.

      Quant à Tree of life, il a grandement divisé le milieu des cinéphiles, beaucoup plus que Shame.

    • Comprenez-moi bien, je ne dis pas que les films de Malick sont accessibles/universels en ce sens qu’ils sont faciles à interpréter ou même simplement à regarder pour le commun des mortels (plusieurs personnes que je connais auraient du mal à regarder ses films jusqu’au bout!); je dis qu’ils sont “accessibles ” aux cinéphiles amateurs comme les cinéphiles chevronnés/jury [tout en étant grandioses] car traitent souvent (toujours?) de méta-sujets à la grandeur humaine justement sans jamais se mouiller, berçant dans l’ambigüité perpétuelle.

      J’aime l’ambigüité quand elle concerne la genèse ou la fin d’une histoire/intrigue, mais l’ambigüité totale même quant au(x) propos de l’auteur doublée d’une esthétique omniprésente et toute-puissante, cela me fait immédiatement penser : « OK, il veut tellement se distinguer et trouver LA niche qu’il en fait trop! »

      Trop contemplatif? Trop ésotérique? Pas tous ses films, mais Tree of Life, probablement!

      Snooze a écrit : « Cet ambiguïté entre le questionnement et la réponse en agace plusieurs et ceux-ci n’y voit souvent que prétention, pseudo-spiritualité ou que de belles images »

      Je suis en partie d’accord.

      Von Trier a parfaitement intégré le super-ralenti/hyper-esthétique dans les intros de ses derniers films (et quelques autres scènes), et pourtant le propos de ses films (du moins le 1er degré, l’intrigue de base) n’est pas pour autant flou et ésotérique.

      Hunger a un long et superbe plan séquence (avec le Pope), mais « malgré » cette portion contemplative, le propos demeure clair.

      Avec Malick, rien n’est clair…

      Conclusion (je dois travailler un peu quand même!) : Malick fait des films de peintre-impressionniste-preacher et semble consciemment et volontairement – dans un but que lui seul connaît – entretenir le flou ésotérique qui les caractérise.

    • @teamstef

      Je ne comparais pas les réal pour leur talent/portfolio, mais plutôt pour démontrer qu’il est assez facile d’écarter des réal pour une raison ou une autre (violence, populisme, etc.), alors que dans le cas de Malick, son cinéma semble constamment “palmable”.

    • @procosom.com

      “Avec Malick, rien n’est clair…”

      Décidément, là où vous voyez des défauts, je n’y vois quant à moi que des qualités… Et Malick est en effet un très grand cinéaste impressionniste, mais il est bien loin d’être un preacher, ne souhaitant convaincre personne de quelqu’idée que ce soit. L’aspect religieux ou spirituel chez lui ne doit pas tant être assimilé à une conviction qu’à une quête (de la beauté, de la grâce). Comme vous le dites si bien: Avec Malick, rien n’est clair…

    • @procosom.com

      D’accord avec vous pour Von Trier et Malick. Je prends l’exemple d’Antichrist, ou sinon l’ouverture de Melancolia qui est plutôt expérimentale, et le sujet du film n’est pas perdu de vue. Malick de son côté ouvre son film avec un sujet ambitieux, puis comme c’est le cas avec plusieurs films, finit par enchainer avec un montage anecdotique un peu plus décousu. Même si j’aime les films qui ont une fin ouverte, j’aime quand même sentir que le réalisateur a orchestré le dernier acte. On remarque que très souvent ces films ont une vision dans le premier acte et que le réalisateur avait à coeur de placer telle ou telle scène ici et là et de traiter de tel ou tel thème. Mais on sent souvent que le dernier acte a été abandonné aux retailles, et à la salle de montage. Le “on filme pendant 1 an, et on verra dans la salle de montage comment on finit le film”. Un autre exemple de ca est un des meilleurs films de l’an dernier, The master. Anderson est tellement dans l’exploration qu’il tient absolument à ne prendre aucune direction dans le dernier acte. À l’opposé, Von Tier peut brouiller les pistes, mais on sent quand même la direction qu’il a pris. Ceci dit, j’ai aimé Tree of life, comme The master.

    • Le Malick le plus réussi : Badlands

    • Lorsque le Palm d’or a été décerné à Tree of Life, autant de monde l’ont applaudi que hué.

      Malick serait aussi un professeur de philosophie dans la vie. Cours de philosophie aux cégeps = Zzzzzz. Philo + 7e art = Zzzzz pour plusieurs, chef d’oeuvre pour d’autres.

    • procosom a raison de soulever la question sur ce “calibrage pour avoir l’air d’un chef d’oeuvre”. Que le résultat soit réussi ou non, la question est pertinente.

    • Comme eturgeon le mentionne, AntiChrist et Melancolia ont un aspect visuel/contemplatif/hyper-esthétique très fort (tout comme Tree of Life), mais un propos/intrigue/fil conducteur clair (à nouveau, du moins au 1er degré). C’est véritablement à ce niveau que je questionne/critique le style de Malick.

      Si j’ai à choisir entre Von Trier et Malick, le choix est facile (quoique tous les films de Malick que j’ai vus m’ont plus à un certain degré, je me dois de le préciser).

      Votre méthode quasi scientifique d’aborder le cinéma me laisse très perplexe. Le propos/intrigue du film de LVT est «clair» comparé à celui de Malick? Ah bon? Et ça le rend définitivement «meilleur». Ah bon encore…. -js

    • “Calibrage pour avoir l’air d’un chef d’oeuvre”, voilà exactement la formulation qui résume mon humble critique de Malick!

    • Selon IMDb, Voyage of Time, qui a pour narrateurs Brad Pitt et Emma Thompson, se trouve «en post-production»

      Selon le même site, le film est en “pre-production” et il est prévu pour 2014.

      La mention a été changée depuis 24h, c’est intéressant… -js

    • @Jozef

      Pas nécessairement meilleurs, disons qu’ils sont simplement plus près de ce que je recherche dans les oeuvres cinématographiques. C’est très personnel et j’en suis parfaitement conscient.

      Quant à la clarté, oui, je crois que le fil conducteur des films de Von Trier est souvent plus évident que celui des films de Malick même si le format est parfois encore plus atypique chez Von Trier.

      Par contre, je crois que ma véritable question est : Malick calibre-t-il ses films pour les rendre palmables?

      Sous-question : Si oui, pourquoi a-t-il des problèmes avec les financiers/producteurs?

      «Malick calibre-t-il ses films pour les rendre palmables?» C’est une non-question. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il y a un auteur majeur pour qui les prix signifient moins. -js

    • En fait, procosom, le cinéma de Malick est beaucoup plus près de la poésie que du roman, cherchant moins une quelconque cohérence narrative, disons, qu’à saisir la vertigineuse fugacité du monde de la vie. Peut-être vous apparaissent-ils plus abstraits et hermétiques, mais je dois bien avouer que, pour moi, un film comme Tree Of Life (pour parler de lui) est parfaitement lisible, tout simplement parce que Malick ne nous demande qu’à nous abandonner, à vivre le film un peu comme s’il s’agissait de sentir la douceur du vent sur notre peau, par exemple. Bien sûr, il y a chez lui une dimension philosophique mais, sur ce point, je ne me sens pas en mesure de discuter et, de toute façon, Malick n’exige pas de nous d’être particulièrement savant pour saisir son œuvre. Quant à savoir s’il calibre ses films pour être palmés, je ne vois sincèrement pas de quoi vous voulez parler.

    • “le cinéma de Malick est beaucoup plus près de la poésie que du roman, cherchant moins une quelconque cohérence narrative, disons, qu’à saisir la vertigineuse fugacité du monde de la vie.”

      Ça résume assez bien Malick (et pourquoi je préfère d’autres réal/films avec une cohérence narrative plus ferme).

    • Les films de Malick, en particulier à partir de Tree of Life, n’ont rien d’une esthétique de festival consensuelle. Au contraire, ils semblent fait pour irriter le festivalier moyen qui grince des dents juste à entendre le mot Dieu. La philosophie n’est pas bienvenu au cinéma quand elle se fait aussi grandiloquente, encore moins la religion.

      L’ambiguïté est souvent une question de perception: Tree of Life, pour moi, n’est pas ambigu. Il y a des questions ouvertes, mais elles me parlent justement parce qu’elles sont ouvertes. Dans Shame, laisser ouvert à l’interprétation le passé exact des personnages est une manière de plaire au spectateur qui aime à dire qu’il “aime le cinéma lui laissant de la place pour penser”. Or, il n’y a rien à penser dans ce trou narratif, puisque cela ne change rien au film, ni à son propos. Voilà une ambiguïté calculée pour plaire (sur ce je suis d’accord avec ghost dans l’autre post, mais il y a d’autre chose à penser dans ce film). Malick pose des questions; que peut-il y a voir d’ambigu dans une question? C’est la réponse qui l’est.

    • En fait, je ne crois pas que la question est d’accuser les intentions du réalisateur. Je crois qu’il faut en fait questionner le sens critique du spectateur: lorsque le film est calibré de telle façon, est-ce que le film devient alors trop facilement chef-d’oeuvrable ? Qu’en fait, même si le réalisateur avait volontairement bourré son film de défauts, on serait quand même plus enclin à le mettre sur un piedestal qu’un autre film? Posons-nous la question: après avoir visionné 1h de Tree of life, est-ce que Malick aurait été capable de gâcher son film si ce dernier avait été repris par un assistant sans vision? Est-ce qu’en fait, une fois dégrossi, le film aurait pu prendre la direction d’un film raté, ou est-ce qu’en fait peu importe ses choix le film aurait été excellent?

    • Formulons ca encore autrement par rapport à un film que je viens de voir : est-ce que “4.44 the last day on earth” est un film réussi? Pour moi la bonne façon d’approcher cette question est de se demander : en fonction de ce que le réalisateur a voulu explorer dans son film, thèmes, psychologie, etc, aurait-il pu faire mieux? Est-ce qu’il a habillement exploité son sujet, avec les outils de son média? Mon point est que le piège est de célébrer le sujet, non son exploitation. Je pose la question sans spécifier ma propose conclusion (et non, vous ne pouvez pas la déduire).

    • procosom ne dit pas que Malick ne donne pas de réponse. Ce n’est pas la question. C’est à un autre niveau. C’est plus de l’ordre du : qu’est-ce qui t’as motivé à placé cette scène là où tu l’as placé, à ce moment là. Le feeling du film collage qui peut paraitre brouillon 8 fois sur 10.

    • Personnellement je trouve que le meilleur de Malick (et de loin) c’est Thin Red Line. C’est Malick qui esthétise et qui parle à travers ses images. C’est également Malick qui philosophe et qui tente de toucher à l’infini mais il demeure les deux pieds sur terre.

      C’est ça qui fonctionne vraiment avec Thin Red Line. On entre dans des bulles poétiques et philosophiques mais on revient toujours à la réalité froide de la guerre.

      Dans Tree Of Life on ne sort jamais vraiment de cette bulle. Par contre c’est un film très personnel. Malick c’est un poète un peu farouche mais il s’ouvre vraiment dans Tree Of Life. C’est rare de voir un réalisateur se placer dans une telle position du vulnérabilité.

      J’ai même l’impression que toutes ces images de créations du monde ne sont que des artifices pour donner une impression de recul par rapport au film. Un moyen pour se protéger.

    • Les propos/intrigues des films de Michael Bay et Roland Emerich sont toujours très clairs!

    • Faut que je revois thin red line. À l’époque je connaissais pas Malick du tout.

    • @teamstef

      Est bonne! :)

      Moi aussi, ça fait trop longtemps que je n’ai pas vu Thin Red Line, faut que je le revoie…

    • En effet, de croire que Terrence Malick fait des films pour être primé dans les festivals, c’est mal connaitre le personnage!

      Ça me rappel une critique de François Truffaut sur les films épiques de David Lean. Ce premier trouvait justement que les films de Lean étaient intentionnellement calibrés pour les Oscars.

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