Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 8 juillet 2013 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (16)

    Une brève histoire du ratio d’aspect

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    Si l’on croit que l’univers est en constante expansion, on pourrait en dire de même pour l’évolution du format d’image cinématographique. Du moins, pour ce qui est de la première moitié de son histoire.

    Depuis son baptême en 1.33:1, le ratio d’aspect des films s’est progressivement élargi, atteignant son apogée avec la proportion gargantuesque de 2.76:1 pour la fameuse scène de la course de chars dans Ben-Hur, en 1959.

    Aujourd’hui, la grande majorité des productions emploient principalement deux ratios d’aspect: le 1.85:1 et le 2.40:1.

    Mais que signifient concrètement ces chiffres? Pourquoi ce besoin d’expansion de la part de l’industrie? Comment la technologie de l’image s’est-elle adaptée et développée?

    Ces questions, et bien d’autres, sont répondues et approfondies dans une leçon de cinéma concise et exhaustive donnée par le site pédagogique Filmmaker IQ, mise en ligne il y a deux semaines.

    > Pour en savoir plus sur l’histoire du ratio d’aspect, Filmmaker IQ propose une transcription de sa leçon vidéo, agrémentée de plusieurs documents visuels.

    > Afin d’évaluer vos nouvelles connaissances, vous pouvez compléter ce quiz en 15 questions.

    > Les techniques de composition selon les divers ratios d’aspect sont décortiquées ici.

    Le «pan and scan», cette grande faucheuse

    Relatif à cette leçon se trouve l’impact du recadrage des films pour les éditions vidéo (un procédé qui a surtout sévi à l’époque des VHS) que nous met en lumière le regretté Sydney Pollack dans ce supllément DVD de son dernier long métrage, The Interpreter :


    • L’une des grandes réussites du DVD, outre l’amélioration de la qualité de l’image et du son et l’apparition des sous-titres, a été le respect du format d’origine des films. Je me souviens encore du choc de voir 2001 (mon premier DVD acheté quelque part en 98) dans ce magnifique widescreen. Un éblouissement total, si bien que j’avais l’impression de voir le film pour la première fois alors que je l’avais déjà vu quelques fois à la télé (quelle vulgarité!). Je me suis mis alors à le regarder sans arrêt, jusqu’à deux fois par jour, juste pour contempler son immense beauté.

    • le pan&scan n’est pas complètement disparue. maintenant ils transforment les 2.35 en 1.78 (le format des télé HD). un bon exemple est le film The Yards. histoire ordinaire, mais photographie magnifique.

      et très souvent, les 1.85 sont reformatté en 1.78, mais la différence ne se voit pas.

    • 1.85 à 1.78, il n’y a que 4% de différence. Impossible à voir, d’autant qu’on regarde rarement les bords de l’image.

      Par contre, de 2:35 à 1.78, on perd le quart de l’image. Assez pour perdre un personnage.

      2001 en 1:33, on perdait 41%. Un massacre à la tronçonneuse.

    • @ghost: il reste quand même des puriste qui crient au meurtre quand le film est recadré, même pour un maigre 4%. en fait, je ne faisais que passer l’information. ca mon cas, ca ne me dérange pas du tout.

      par contre, 2.35 a 1.78, la je commence a me plaindre. je regrette mon achat de The Yards.

    • J’aime beaucoup l’utilisation que fait Woody Allen du cinemascope dans Manhattan, son seul film, à ma connaissance, réalisé dans le format 2.35:1. Allen ne se sert pas seulement de son majestueux format pour magnifier New York et en offrir de magnifiques points de vue (notamment dans sa grandiose ouverture) mais, la plupart du temps, il s’en sert soit pour unir ou pour isoler ses personnages dans l’espace, des personnages qui passent le plus clair de leur temps à se déplacer dans de minuscules appartements où dominent les cloisons, les portes et les meubles. Souvent même, ils se trouvent coincés dans d’étroites ouvertures pendant que l’écran est au trois-quarts rempli d’une cloison blanche. À première vue, le format a donc presque l’air d’un handicap, alors qu’Allen l’utilise au contraire pour révéler le malaise et l’isolement émotionnel de ses personnages (à cet effet, il coupe d’ailleurs souvent bien après que ses personnages soient sortis du cadre, nous laissant “en méditation” devant un motif déserté). En tout cas, c’est une très belle utilisation, je trouve, de ce format en apparence plus propice pour filmer de grandes étendues désertiques comme dans Lawrence Of Arabia ou une valse de satellites dans l’espace ou, comme le dit Fritz Lang, pour filmer les serpents et les enterrements.

    • Et, hermit, The Yards c’est quand même pas mal mieux qu’une histoire ordinaire magnifiquement photographiée. Ça fait un petit bout que je l’ai vu mais, à mon souvenir, c’est assez puissant comme récit.

    • Quel était le ratio de “Napoléon vu par Abel Gance”? Ou est-ce que ça ne compte pas, vu qu’il s’agissait d’images distinctes et juxtaposées?

    • C’était forcément trois fois le format Edison. Donc 4:1.

    • Chaque image avait 1.33:1.

    • Premier Amour (de Guillaume Sylvestre) est en 1.66

    • @jp_martel

      Tous les films étaient alors tournés en 1.33:1. L’innovation d’Abel Gance a été d’emprunter à la peinture le procédé du triptyque en projetant simultanément trois images à la fois complémentaires et indépendantes.

    • Pour Napoléon, la majorité du film était quand même en 1.33:1, les 3 images sont utilisées à certains moments seulement. Et de mémoire, le film était prévu pour des écrans géants.

    • Beau calque de l’anglais ce « ratio d’aspect », mais, comme vos lecteurs l’ont fait naturellement, il vaut probablement mieux privilégier le terme format d’image.

    • Oui, le format de l’image, mais il y a un flou car on se réfère également au 35 mm, 16 mm, etc. quand on parle de format. On dit souvent le format 35 mm a un ratio de 1.33.

    • Très intéressant Jozef. On en prendrait même un peu plus de ces billets “techniques”, qui à mon avis donneront de la profondeur à notre regard sur les oeuvres.

    • Sur le ratio :
      http://www.criterion.com/current/posts/2662-a-tale-of-three-aspect-ratios
      Je croyais que le format horizontal était ce que voyait le caméraman, je suis surpris de constater que non ; l’image est croppée à la projection. Qu’elle est la version la plus près de la vision du réalisateur devient difficile à savoir. Si 2001 est filmé avec ce principe de cropping, ça signifie que l’on voit plus d’image sur la version carrée. Si c’est une lentille anamorphique, il y a perte d’image. Je me souviens d’un major fail à TVA il y a plusieurs années (télé carrée de l’époque) : Pulsion de Di Palma ; une scène de table avec personnage à gauche et à droite, mais sans pan and scan : on voyait la table et des bouts de visage de temps en temps et ça durait un bon bout de temps.

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