Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 20 juin 2013 | Mise en ligne à 16h15 | Commenter Commentaires (8)

    «N’essayez pas de leur plaire, faites-le pour vous-même»

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    Avant même de passer une audition pour le rôle de Tony Soprano, James Gandolfini ne se considérait pas comme un choix judicieux pour interpréter le personnage. «Je croyais qu’ils choisiraient quelqu’un de différent de moi. Vous savez, un mafieux suave, beau mec, davantage un leading man», a-t-il dit lors de son passage à Inside the Actors Studio, en octobre 2004.

    Quand est venu le temps de montrer ce dont il était capable, ça ne regardait pas très bien. En plein milieu de son audition, il a cessé sa lecture, disant qu’il ne la faisait pas bien. Il a demandé de quitter la salle afin de se préparer à nouveau, pour revenir avec un second pitch. Cette décision étonnante, voire courageuse, s’est finalement avérée fructueuse, puisqu’il a été engagé. Et on connaît la suite.

    S’adressant à un groupe d’étudiants en théâtre réunis dans le studio de l’émission emblématique présentée par James Lipton, Gandolfini avait ce conseil à leur fournir : «Les gens veulent vous voir, voir ce que vous pensez, ils veulent, ils veulent quelque chose de vous. N’essayez pas de leur plaire, faites-le pour vous-même».

    Gandolfini sera toujours reconnu comme le anti-héros attachant de The Sopranos, mais il serait réducteur de l’associer seulement à ce rôle, aussi géant soit-il. On parle tout de même d’une cinquantaine de long métrages, dont plusieurs de qualité supérieure, comme True Romance (1993), Get Shorty (1995), Crimson Tide (1995), A Civil Action (1998), The Man Who Wasn’t There (2001), In the Loop (2009), Where the Wild Things Are (2009) et Killing Them Softly (2012). Il a également su rehausser des films moins accomplis grâce à sa présence remarquable (Night Falls on Manhattan, She’s So Lovely, The Last Castle, 8mm, The Mexican).

    On verra Gandolfini deux autres fois sur grand écran. Dans un drame de moeurs de Nicole Holofcener ainsi que dans un projet très prometteur intitulé Animal Rescue, qui a pour synopsis: «La vie d’un homme solitaire qui cherche à oublier son passé criminel se retrouve affectée après qu’il a trouvé un pit-bull abandonné dans une poubelle.» Le film est basé d’après la nouvelle du même nom de Dennis Lehane (Mystic River, Shutter Island) et met en vedette Tom Hardy, Noomi Rapace et Matthias Schoenaerts, qui retrouvera à la réalisation son compatriote belge Michael R. Roskam qui l’a dirigé dans l’acclamé Bullhead (2011).

    > La nécro du New York Times.


    • Beau texte de Glenn Kenny sur son blog:

      http://somecamerunning.typepad.com/some_came_running/2013/06/james-gandolfini-1961-2013.html

      Merci pour le lien, bon flash! – js

    • Il était aussi très bon, pratiquement méconnaissable, dans ZDT.

      Pour faire un lien avec le précédent billet, ses visites chez le psy dans les Soprano (parmi mes scènes préférées) auraient-elles influencé les tourments introspectifs de certains super-héros?

    • C’est vrai qu’il a fait son attaque en niquant une prostituée mineure?

      Si oui, ça me tente vraiment pas de rendre hommage au gars. C’est dommage, c’était un grand acteur.

      Jamais entendu cette information. Ça serait bien de fournir une source crédible avant de répandre des soupçons aussi graves. -js

    • Sans être du calibre de la scène classique entre Walken et Hopper, Gandolfini avait quand même quelques scènes géniales et il livrait le dialogue de façon magistrale, comme celui-ci (désolé pour les sacres mais ce n’est pas moi qui l’a écrit):

      “Now the first time you kill somebody, that’s the hardest. I don’t give a shit if you’re fuckin’ Wyatt Earp or Jack the Ripper. Remember that guy in Texas? The guy up in that fuckin’ tower that killed all them people? I’ll bet you green money that first little black dot he took a bead on, that was the bitch of the bunch. First one is tough, no fuckin’ foolin’. The second one… the second one ain’t no fuckin’ Mardis Gras either, but it’s better than the first one ’cause you still feel the same thing, y’know… except it’s more diluted, y’know it’s… it’s better. I threw up on the first one, you believe that? Then the third one… the third one is easy, you level right off. It’s no problem. Now… shit… now I do it just to watch their fuckin’ expression change. “

    • Je parle de True Romance bien sûr!

    • Les gens vont *toujours* essayer de plaire, c’est un réflexe humain.

    • @ jozef

      Vous avez raison. J’avais lu ça à quelque part quelques minutes après sa mort, mais maintenant que j’y pense, ce devait être un clin d’oeil humoristique à un de ses films. Mea culpa! Vous pouvez retirer le message si nécessaire.

    • J’étais une grande fan des Soprano, qui reposait sur les épaules de Gandolfini. Quel casting! Quelle mise en scène! Ne pourrait-on pas s’inspirer de ce type de mise en scène ici? Je suis incapable de regarder Unité 9, malgré les très bonnes commédiennes qui y jouent, à cause de la très mauvaise interprétation de Guylaine Tremblay, ni non plus 19-2 à cause du très “regardez-moi” Claude Legault. Comme ils disent en anglais: Get over yourself, Claude!

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