Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 28 mai 2013 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (33)

    Nouvelle série «Critiques d’ici» : Kevin Jagernauth

    Photo : Bernard Brault, La Presse

    Photo : Bernard Brault, La Presse

    Comme son titre l’indique, la série «Critiques d’ici» propose des entrevues avec des critiques et/ou blogueurs de cinéma au Québec. Cette première entrée diffère cependant des autres à venir tant par la forme que par le fond. D’abord, elle a été rédigée avec un style journalistique plus «classique» que mes posts habituels, étant donné qu’il s’agissait d’un projet initialement prévu pour le journal. Ensuite, si le sujet est un résident de la Belle Province, son public consiste principalement de lecteurs américains, britanniques et australiens. La série devrait se renouveler mensuellement.

    LE GUIDE CINÉMA À L’ÈRE NUMÉRIQUE

    Réussir à gagner sa vie en ne parlant que de cinéma, tout en jouissant d’une indépendance quasi-absolue: voici une proposition idéale pour la majorité des cinéphiles, mais qui tient presque exclusivement de l’utopie. Pas pour Kevin Jagernauth, cependant, qui a réussi exceptionnellement à conjuguer sa passion pour le septième art avec sa carrière professionnelle.

    Ce natif de l’Ontario, qui s’est installé à Montréal il y a une dizaine d’années, est depuis 2009 le rédacteur en chef du blogue The Playlist, un site web spécialisé dans l’industrie du cinéma qui figure parmi les plus populaires et respectés du genre sur la toile.

    «Je suis mon propre patron, a dit Jagernauth. J’écris ce que je veux écrire, j’assigne des tâches à d’autres rédacteurs, je n’ai pas vraiment de comptes à rendre à personne, tout relève de ma responsabilité». Consacrant en moyenne 50 heures par semaine à son travail, le jeune homme de 33 ans a sous sa gouverne une douzaine de collaborateurs, la plupart résidant aux États-Unis.

    L’aventure The Playlist a débuté en 2000, sous la forme d’un magazine électronique musical. En 2007, le site s’est converti en un blogue traitant de bandes originales de films, et était hébergé par Blogger, la fameuse plateforme en ligne gratuite. Jagernauth, ancien membre du groupe math rock Weights & Measures (qui comprenait notamment Jeremy Gara, l’actuel batteur d’Arcade Fire) et pigiste de longue date, s’est joint à l’équipe l’année d’après.

    Durant cette période, l’identité de The Playlist a pris une nouvelle tangente, préconisant une couverture plus large de l’actualité cinématographique. Le travail des blogueurs a vite capté l’attention de IndieWire, un important quotidien en ligne dans la communauté du cinéma indépendant, qui a intégré le site dans son organisation, lui assurant une visibilité nettement plus accrue et, non la moindre des choses, une sécurité financière.

    Accent sur l’opinion

    La page d’accueil de The Playlist emprunte le format classique des blogues, c’est-à-dire une série d’entrées présentées de façon antéchronologique, chacune accompagnées d’une image ou d’un photomontage. Les sujets abordés sont très variés et éclectiques, et regroupés nommément dans cinq catégories : «Prix», «Articles de fond», «Nouvelles», «Entrevues» et «Critiques».

    La valeur ajoutée de The Playlist, qui lui permet de se distinguer des publications traditionnelles comme Variety ou The Hollywood Reporter, se mesure par la ribambelle d’hyperliens contenue dans chacune des quelque 30 entrées quotidiennes, l’inclusion fréquente de documents audio et vidéo, un ton coloré et parfois humoristique et, surtout, l’importance accordée au point de vue éditorial, qui déteint, à divers degrés, sur la totalité de l’information publiée.

    «Les gens nous lisent parce qu’on essaie de donner le plus de contexte possible, affirme Kevin Jagernauth. Nous essayons d’être détaillés, de ne pas répéter la même histoire, d’y greffer notre opinion. Si un acteur se joint à un film, quels sont les autres projets qu’il a choisis, qu’est-ce que ça fera à sa carrière? J’essaie d’écrire pour quelqu’un qui ne sait pas qui est cette personne. Parce que c’est très facile, quand on le fait tous les jours, de juste assumer que tout le monde sait les mêmes choses que soi.»

    Le rédacteur en chef est néanmoins conscient que cette approche très personnelle peut constituer un couteau à double tranchant. «Nous avons bien sûr notre opinion, mais nous ne laissons jamais cela interférer avec notre reportage. Si vous avez une opinion, mais que vous vous trompez sur les faits, ça devient obsolète».

    Ce que j’aime du contenu de The Playlist est l’accent placé sur l’humour (post exemplaire ici), qui évite autant que possible le cynisme amer, du genre : Hollywood c’est toute de la marde, c’est essentiellement une machine à faire le plus possible d’argent, etc.

    «Des fois on le pense, mais on le garde à l’extérieur des articles. Parce qu’avec cette attitude, comme on peut le voir sur certains blogs, c’est ennuyeux. Si vous pensez ça des films, n’écrivez pas dessus. Il y a tant de choses vexantes à propos de l’industrie, ça peut être les Oscars, Battleship, le truc le plus stupide jamais créé… C’est plus plaisant d’en rire que de se fâcher.»

    L’ancien et le nouveau

    L’avènement et la popularité sans cesse grandissante des blogues cinéma a engendré de la suspicion, voire de l’hostilité, chez certains représentants de la vieille garde. Le critique en chef de Time Magazine, Richard Schickel, a déclaré 2009 : «Ce que je vois dans l’écriture filmique sur internet, ce sont des gens d’une ignorance sans pareil à propos du [cinéma] qui s’expriment sur le cinéma».

    Ce type de dénigrement n’est pas du genre à décontenancer Jagernauth, qui ne voit pas tant une rivalité entre les publications papier et numériques, mais plutôt une forme de complémentarité.

    «Je ne me considère pas comme un journaliste, dit-il. Un journaliste est à l’extérieur en train de rapporter la nouvelle. Je suis davantage un agrégateur. Ce que les gens obtiennent lorsqu’ils visitent notre site est une sorte de vue d’ensemble rationnalisée de ce qui s’est produit dans l’industrie au cours d’une journée, ou d’une semaine.

    «Ceci étant dit, il fut un temps où les quotidiens et les blogues étaient très séparés, et maintenant ils sont en train de se fusionner. Le Los Angeles Times a désormais un excellent blogue qui s’appelle Hero Complex [site spécialisé en cinéma fantastique et de science-fiction]. Les deux mondes sont en train de se rejoindre».

    De retour mardi prochain.


    • Voilà qui répondra à nos interrogations de dimanche dernier!

    • Belle idée de série!

    • Excellente idée, en effet, qui devrait jeter une belle lumière sur les enjeux actuels et à venir de la critique et de la cinéphilie.

    • Belle initiative, oui. J’espère que vous parlerez de mon critique queb préféré: Rafc.

    • C’est très flatteur, surtout venant de toi ghost. Merci. Mais pour prendre place dans cette belle et nécessaire série que nous annonce Jozef, il faudrait me faire moins éthéré et plus régulier, et aussi sortir de ce pseudo pseudo. Cela dit, devant un blogue vivant comme celui-ci, on est aussi forcés de prendre en considération certains pseudonymes; signature qui permet à une autre critique, avec les tares et les libertés qu’elle entraîne, de s’exprimer en parallèle aux critiques officiels ou établis.

    • C’est justement ces effluves éthérées, parfois musquées, sous formes de haïkus ou de fragments, qui m’enchantent qui sort du précarré de la sempiternelle critique sujet amené-posé-divisé.

      HS: selon Pitchfork, parmi les 20 meilleurs documentaires musicaux disponibles sur le Web, il y en a deux de l’ONF: http://pitchfork.com/features/articles/9134-music-documentaries/

    • Je seconde également : belle initiative!

      H.S. J’ai vu The Girlfriend Experience de Soderbergh. Je comprends mieux pourquoi il doit alterner entre ses films plus conventionnels et ses films indie/expérimentaux car ce n’est certainement pas avec TGE qu’il va cartonner… un des rares films que j’ai failli ne pas terminer; pire que Cosmopolis je crois (je dois admettre que mes attentes étaient nulles envers TGE, alors qu’elles étaient assez élevées envers Cosmopolis et ce malgré la critique acerbe de Ghost… qui avait finalement raison!).

      Je n’ai rien aimé : acteurs, forme, scénario, intrigue. À part l’audace du sujet, le reste est au mieux quelconque, au pire d’une platitude monumentale!

    • Critique acerbe de Cosmopolis par ghost? Je ne crois pas. Ciné, ghost et moi avons vu dans celui-ci le même grand film d’exception.

    • Au contraire, Cosmopolis est le grand film pour cerner l’époque.

    • Cosmopolis est un film rébarbatif à première vue, mais saisissant de vérité sur la transformation des rapports humains. La 2e écoute m’avait renversé.

    • Il faut faire un programme double de «films de limousines» avec Cosmopolis et Holy Motors.

      Deux des meilleurs films de l’année passée.

      Un où la caméra regarde l’intérieur de la voiture et l’autre l’extérieur.

      On parle ici de point de vue, et les 2 sont très pertinents et assumés.

      C’est le champ-contrechamp de notre époque…

    • Pas mieux.

    • Enfin Villeneuve fait un petit film de genre.

    • Je viens de réaliser [en lisant l'article de Joze] que Sasha Grey, l’actrice qui jouait le rôle principal dans TGE, jouait en fait son 1er rôle straight. Sans être méchant, disons que son aura et son talent étaient faibles, ce qui n’a pas aidé à apprécier le film. Quelques scènes [de symbolique] intéressantes, mais dans l’ensemble, les acteurs non-pro et les dialogues improvisés (et toutes ces foutues scènes dans l’avion avec une sono merdique et aucun sous-titres!) ont selon moi coulé l’expérience.

      Concernant Cosmopolis, désolé Ghost, j’étais resté sur l’impression que vous aviez détesté; je me trompe probablement avec un autre intervenant. Ceci dit, je n’ai vraiment pas aimé.

      Je viens de me procurer Holy Motors; on verra s’il saura me séduire davantage que Cosmopolis… et parlant de ce dernier, je lui donnerai prochainement une seconde chance de me séduire (mais il part de loin!).

    • Holy Motors, renversant.

    • “Ceci dit, je n’ai vraiment pas aimé.”

      On ne peut pas toujours avoir raison…

    • Wow, je viens tout juste de terminer mon 3e visionnement de Children of Men; ce film est bouleversant, brillant, magistral. Clairement un des chefs-d’œuvre de la dernière décennie!

      L’univers dystopique d’un Total-Recall croisé à ceux d’un Mad Max et The Road, avec les scènes d’action d’un Black Hawk Down et la sensibilité d’un Blindness, d’un Gattaca et d’un In Darkness. Une réalisation émouvante et déstabilisante de Alfonso Cuarón.

      Clive Owen est bouleversant tout comme Michael Caine et Clare-Hope Ashitey.

      Époustouflant tous simplement! Comme l’a mentionné dusk dans un autre article, j’attends avec impatience la sortie de Gravity

      Question quiz : quelle langue parle Marichka (Oana Pellea, la réfugiée de Bexhill)?

    • Ou étais-ce plutôt kurtz? Je ne me souviens plus…

    • Pas moi non plus. Pas vu encore.

    • Trouvé sur imdb :

      «The woman who gives them the room, Marichka, is speaking Romanian. When Sid comes to take them she says “Nu va duceti cu ei. Stati aici” It translates to “Do not go with them, stay here!” »

      J’abonde dans votre sens, Children of Men est un des meilleurs films de la décennie 2000.
      Et que dire des choix musicaux!

    • @ Goupil

      Effectivement, la trame sonore est excellente!

      J’ai travaillé en Roumanie pendant un peu plus de 3 années et j’ai appris le Roumain (de base latine soi dit en passant, très près du français, du latin et de l’italien); lorsque j’ai regardé Children of Men la première fois, j’ai été surpris de remarquer que je comprenais 90% de ce que Marichka disait, surtout qu’elle jouait le rôle d’une tsigane (c.-à-d. gitane ou romanichelle) et maîtrisait très bien le personnage et l’accent. Ces situations sont particulières au cinéma car on n’est pas censé comprendre ce que la réfugiée raconte (l’absence de sous-titres est éloquente), mais on est privilégié car on saisit la scène sous une autre perspective.

      ** SPOILER ** Dans le film, il n’est pas clair au début que Marichka est une alliée, pas plus que Sid d’ailleurs. Sauf que Sid parle anglais et Marichka parle le Rom “roumanisé”. Alors que Sid laisse d’abord une mauvaise impression pour se révéler un allié, le fait qu’il parle anglais semble nous rassurer d’une certaine manière une fois qu’il a révélé sa nature apparemment “bonne” ou du moins neutre (il pétera les plombs plus tard); build-up fort intéressant de ce personnage. Je m’attendais au contraire de Marichka : qu’elle ait l’air neutre ou plutôt alliée, mais trahisse les protagonistes par la suite (car les Rom sont la plupart du temps très mal perçus en Europe occidentale; bien que le film soit en quelque sorte une contre-utopie des politiques d’immigration et du racisme des gouvernements anglo-saxons, le film étant anglais, les dés semblaient pipés pour elle!).

      Toutefois, alors que son non-verbal traduisait une nonchalance doublée d’un potentiel instinct de fourberie, son dialogue trahissait plutôt une nonchalance néanmoins bienveillante. Bref, la perception du spectateur durant les premières scènes montrant Marichka s’avère fort différente du fait qu’il comprenne ou non le Roumain! À nouveau, le traitement et l’évolution du personnage est brillant. D’ailleurs, la révélation de l”‘Humanité” des personnages dans ce film est très bien réussie tout comme l’est la révélation de leur dessin machiavélique : tout en subtilité et dans l’ambiguïté. On navigue dans la grisaille; rien n’est blanc ou noir ce qui laisse la chance à une panoplie de personnages de type anti-héros de s’exprimer.

      Vraiment un de mes préférés des années 2000!

    • Ouffff, je viens de voir Holy Motors : Renversant est le mot… mais j’ignore toujours 10 heures après son visionnement si j’ai adoré ou si j’ai détesté…

      Une oeuvre atypique et déstabilisante, ça c’est certain… et j’ajouterais très nichée car 95% des spectateurs seraient viscéralement rebutés par une direction, une intrigue, carrément un univers aussi inextricables et abstrait que tordus! Je vais laisser le temps passer un peu, histoire de laisser le tout décanter, avant de verbaliser mon appréciation…

    • “Renversant est le mot… mais j’ignore toujours 10 heures après son visionnement si j’ai adoré ou si j’ai détesté…”

      Une oeuvre qui nous fait ça ne peut pas être mauvaise.

    • En effet Ghost, mais c’est un format et un univers tellement atypique et “Ionescain” pour le cinéma; il semble plus facile de “lâcher prise” au théâtre qu’au cinéma pour l’absurde et le métaphorique in absentia!

      De tous les films que j’ai visionnés depuis 10 ans, c’est celui pour lequel j’aurais le plus aimé avoir les commentaires et entrevues du scénariste et réalisateur sur le DVD… et paradoxalement un des seuls qui ne les offraient pas!

      Quelqu’un a des liens à suggérer pour mieux saisir la démarche artistique derrière Holy Motors?

    • Pour Holy Motors, il est préférable de bien connaître Carax pour tout saisir, et le contexte de production du film, c’est-à-dire qu’il s’agit du seul film qu’il a pu tourné en treize ans, après plusieurs projets avortés pour cause de non-financement, et la production a commencé peu après le suicide de sa conjointe (ce dont témoigne surtout la partie avec Kylie Minogue). Il faut le voir comme un film par défaut, le seul qu’il a pu tourné, un film qui ne devrait pas être, et qui se retourne constamment contre lui-même (les doubles qui s’entretuent), jusque contre sa matière même, le numérique que Carax a été obligé d’adopter mais qu’il déteste.

      De sketch en sketch, Carax se demande comment il peut encore exister, lui cinéaste a qui on ne donne pas le droit de s’exprimer, et lui cinéaste qui croit à une forme de cinéma de plus en plus rare face aux nouvelles donnes du cinéma contemporain (l’image de synthèse, le corps abandonné, désintérêt envers l’acteur et le réel, etc.), c’est-à-dire un cinéma portant une vision du monde, fondée sur une croyance en une image révélatrice du réel.

      Dans tous ses sketchs, Carax, au travers de son personnage de M. Oscar, interprété par son alter ego de toujours, Denis Lavant, essaie divers rôles, il passe de rencontre en rencontre, change de style, jongle avec plusieurs genres, essaie donc de trouver sa place dans ce cinéma qu’il dénonce, mais jamais rien n’aboutit, tout reste en suspens, ce sont des rencontres superficielles, qui n’aboutissent jamais sur ce que Carax recherche, ou qui s’enfonce dans des souvenirs de relations passées qui ne peuvent plus se concrétiser (il reprend la course de Mauvais Sang devant un écran numérique plutôt qu’un décor construit et cette fois l’acteur tombe, ne peut plus faire la scène, comme si le cinéma de Carax ne pouvait plus exister aujourd’hui).

      Bien sûr, Holy Motors est un film, qui repose sur cette croyance en l’image, croyance dont Carax déplore la disparition, alors tout est en paradoxe, c’est un film qui s’étonne d’exister, qui ne comprend pas vraiment pourquoi il est là, par quel miracle il a pu être tourné, et qui tente de trouver sa place, tant bien que mal, en se confrontant au cinéma contemporain. Alors même qu’il annonce la mort du cinéma (la salle vide au début), le film par sa seule présence est la négation de cet argument, puisqu’il est bel et bien du cinéma.

      Ou en quatre mots: c’est beau en crisse.

    • Oui, Ciné a raison procosom, tu devrais te taper tous les oeuvres de Carax, car le dernier récapitule l’ensemble de son cinéma, jusqu’à Merde! (et son personnage en vert et contre tous). Ce n’est pas très long et tu verras les films du plus grand poète de cinéma des trente dernières années. Revois ensuite Holy Motors.

      Le plus beau commentaire est celui qu’a eu Carax quand il a refusé le prix du meilleur film en langue étrangère de la Los Angeles Film Critics Association:

      «Bonjour, je suis Leos Carax, réalisateur de films en langue étrangère. J’ai fait des films en langue étrangère toute ma vie. Des films en langue étrangère sont fabriqués partout à travers le monde à l’exception, bien sûr, des États-Unis.

      «Aux États-Unis, ils ne font que des films en langue non-étrangère. Les films en langue étrangère sont difficiles à faire, car vous devez inventer une langue étrangère au lieu d’utiliser votre langue habituelle.

      «Mais la vérité, c’est que le cinéma est une langue étrangère, une langue créée pour ceux qui ont besoin de voyager de l’autre côté de la vie. Bonne nuit.»

    • La question à 100 piastres: est-ce le film de Carax qui est si “spécial” ou bien le cinéma d’aujourd’hui qui est trop formaté?

    • Merci Ciné pour ce résumé.

      Je suis en train de me retapper toutes le oeuvres des Coen en ce moment (c’est vrai que Miller’s Crossing est très bon, mais The Hudsucker Proxy ne m’a pas plus séduit que la 1ère fois! D’ailleurs, qu’est-il advenu de Gabriel Byrne? Suite à Miller’s Crossing et The Usual Suspects, je croyais que sa carrière allait s’envoler!), mais je compte bien donner une chance aux oeuvres précédentes de Carax histoire de mieux saisir son univers et son parcours.

      Ghost, je n’étais pas au courant de cette décision de refuser le prix; une prise de position et surtout un discours éloquent à la fois par la puissance de son message et sa simplicité. Bravo!!!

      Et pour répondre à la question de 04:55 : je dirais un peu des 2… Je ne connaissais pas Carax avant Holy Motors, mais force est d’admettre qu’il est très spécial… pour le cinéma qui, lui, est depuis toujours très (trop?) formaté!

    • Hudsucker Proxy n’est pas un grand Coen, m’est avis. Mais il y a un des plus grands gags de l’histoire du cinéma: les multiples inventions.

    • Et le fameux cercle du hoopa loop sur la planche à dessins… et du freezbee!

    • C’est de ça dont je parle, mais là tu viens de faire un spoiler…

    • Hudsucker est le plus drôle des Coen après Lebowsky, c’est donc un grand à mon avis. La rapidité des dialogues et l’enchaînement comique est époustouflant, pas le temps de niaiser avant de rire la prochaine réplique. Je pense entre autre à la première défenestration, les bâtons rompu du conseil d’administration sont hilarants. Et le film est assez inventif justement, à plusieurs niveau. Ceux qui aime doivent se tourner vers l’excellent The Big Clock (1948) de John Farrow avec le non moins splendide Ray Milland; pour hommage rendu.

    • Pardon pour le SPOILER de 14:27, d’autant plus que je suis moi-même très sévère envers les “spoliateurs”!

      À ma défense votre honneur, le film a 20 ans… :)

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