Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 27 mai 2013 | Mise en ligne à 13h45 | Commenter Commentaires (70)

    La citation du jour

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    Je tiens à remercier tous ceux qui se sont montrés étonnés, choqués, écœurés que Kechiche n’ait pas eu un mot pour moi à la réception de cette Palme. Je ne doute pas qu’il avait de bonnes raisons de ne pas le faire, tout comme il en avait certainement de ne pas me rendre visible sur le tapis rouge à Cannes alors que j’avais traversé la France pour me joindre à eux, de ne pas me recevoir – même une heure – sur le tournage du film, de n’avoir délégué personne pour me tenir informée du déroulement de la prod’ entre juin 2012 et avril 2013, ou pour n’avoir jamais répondu à mes messages depuis 2011. Mais à ceux qui ont vivement réagi, je tiens à dire que je n’en garde pas d’amertume. Il ne l’a pas déclaré devant les caméras, mais le soir de la projection officielle de Cannes il y avait quelques témoins pour l’entendre me dire “Merci, c’est toi le point de départ” en me serrant la main très fort.

    - Julie Maroh, l’auteure du roman graphique Le bleu est une couleur chaude qui a inspiré le nouveau lauréat de la Palme d’or, a attendu aujourd’hui pour mettre cartes sur table. À lire sur son blog.

    Ce qui expliquerait peut-être pourquoi Kechiche a choisi de ne pas garder le titre lyrique de l’oeuvre originale, et a opté pour le plus fonctionnel La Vie d’Adèle

    Et tant qu’à faire dans les hypothèses, le fait de ne pas avoir inclus de générique de fin serait-il un moyen pour le cinéaste de rajouter l’insulte à l’injure commise envers son équipe technique?


    • Une râleuse. Des films étaient en compétition et le film de Kechiche a gagné. Il n’a remercié personne à ce que je sache. Il a parlé d’autres choses.

    • Pardon, dans le bout de vidéo ci-dessus, il a remercié certaines personnes, mais il a aussi dit qu’il était lent…

    • C’est une citation incroyablement faux-cul (elle dit ne pas avoir d’amertume alors qu’il n’y a que ça). Comme le reste du texte sur le blogue, d’une consternante bêtise. Je comprends Kechiche d’avoir coupé les ponts. Un film est un film et c’est deux langages complètement différents, même si le scénario et le dialogue est le même (ce n’est que le matériau de départ). Est-ce que Godard a remercié Moravia pour son livre quand il est monté sur le stage? Sinistre et revanchard.

    • Il n’y a pas de générique car le film n’était pas terminé, c’est une version pour Cannes. Il va bien sûr remercier son équipe dans le générique.

      La polémique sur le tournage du film vient de la négo sur la Convention collective française. Si un autre film français avait gagné, on aurait sorti d’autres histoires.

    • Ouais, les génériques absents, c’est assez standard pour Cannes.

      Mais je vous trouve dûr avec l’auteure, elle ne fait que répondre à son lectorat scandalisé et puis du côté de l’adaptation, ça me semble assez clair:

      “Quoi qu’il en soit je ne vois pas le film comme une trahison. La notion de trahison dans le cadre de l’adaptation d’une œuvre est à revoir, selon moi. Car j’ai perdu le contrôle sur mon livre dès l’instant où je l’ai donné à lire. C’est un objet destiné à être manipulé, ressenti, interprété. Kechiche est passé par le même processus que tout autre lecteur, chacun y a pénétré et s’y est identifié de manière unique. En tant qu’auteure je perds totalement le contrôle sur cela, et il ne me serait jamais venu à l’idée d’attendre de Kechiche d’aller dans une direction ou une autre avec ce film, parce qu’il s’est approprié – humainement, émotionnellement – un récit qui ne m’appartient déjà plus dès l’instant où il figure dans les rayons d’une librairie.”

    • Ouais, elle dit ça mais la ligne d’après, elle déplore que les actrices ne soient pas lesbiennes, qu’elles ne font pas l’amour comme des lesbiennes (comme si les lesbiennes ne faisaient l’amour que d’une seule façon, comme si une jeune fille qui fait l’amour la première fois avec une femme connaît les soi-disant gestes lesbiens, comme si les acteurs hétéros faisaient forcément l’amour comme les hétéros). Elle dit que Kechiche est libre, mais n’arrête pas de dire que c’est son histoire, etc, etc. Une chose et son contraire: faux-cul.

    • C’est pas de l’autobio son histoire? C’est certain qu’elle va être tiraillé et on sent que ça la travaille. Pour le militantisme lesbien, ben, c’est pas mon domaine…

      Pour la petite histoire, Godard avait dit du Mépris que c’était un bon roman de gare! Je sais pas comment Moravia l’avait pris celle-là…

    • @winslow: je suppose qu’elle aurait aimé que ce soit comme dans South Park…

      “D-Yikes!” épisode 6, saison 11
      https://www.youtube.com/watch?v=yQBiyRSbeFQ

    • @unholy_ghost

      Assez d’accord avec vous sur le fond. Mais Le bleu est une couleur chaude, c’est tellement un beau titre. Si j’avais été à la place de Kechiche, je l’aurais préféré à défaut d’opter pour le quelconque La vie d’Adèle…

    • hlynur d’accord avec vous au sujet du titre!

    • pourquoi octobre? Un si long délai.

    • @hlynur

      La vie d’Adèle = la vie d’Abdel

    • Pourquoi le titre en anglais est-il une traduction fidèle du titre original du roman graphique?

    • http://www.imdb.com/title/tt2278871/

    • *assez fidèle

    • “comme si une jeune fille qui fait l’amour la première fois avec une femme connaît les soi-disant gestes lesbiens”

      Kevin Smith s’est aussi fait lancer des pierres par des lesbiennes suite à son Chasing Amy. Si vous ne l’avez pas vu, ne lui tournez pas le dos sous prétexte que c’est du Kevin Smith. C’est une des meilleures comédies sentimentales jamais faite.

    • http://www.juliemaroh.com/

      J’ai pris le temps de lire son texte sur son accueil. Beaucoup moins acide.

    • @ unholy_ghost

      La vie d’Adèle = l’avis d’Abdel

    • Adèle K.

    • Je crois qu’il faut, à l’instar de eturgeon, prendre le temps de lire le texte de Julie Maroh en entier.

      Elle n’est absolument pas fâchée contre Kéchiche. La majorité de son texte porte sur le fait d’être l’auteure d’une bande dessinée dont l’adaptation a donné lieu à une Palme d’Or. Julie Maroh est une jeune auteure, Bleu est une couleur chaude est sa première bande dessinée, et voilà qu’elle est adaptée par Kéchiche (dont elle admire le travail et qui n’est pas le dernier des manchots) ET l’adaptation obtient la palme d’or. C’est assez remarquable et elle trouve le tout plutôt formidable et semble très contente.

      Elle remercie les gens qui lui ont écrit pour lui dire qu’ils trouvaient déplorables que le réalisateur ne l’ai pas remerciée lors de sa Palme, mais précise qu’elle n’a aucune amertume envers lui, qu’en gros elle s’en fout pas mal. Elle a l’air d’avoir énormément aimé le film, elle trouve juste la scène de sexe dont tous les journalistes parlent de manière dithyrambique, complètement nulle. Elle précise que ce n’est pas un jugement de cinéphile, mais une perception personnelle, en tant que lesbienne. Pas réaliste selon elle. Et elle précise bien, selon elle (elle aimerait bien avoir l’écho d’autres femmes, et d’autres lesbiennes). Voilà. On va pas en faire un plat.

      Les journalistes devraient parfois lire le texte en entier pour remettre leurs citations en contexte.

    • La partie où elle parle de cul dans son texte est intéressante. Je ne pense pas que ce soit une affaire d’hétéro VS homosexuel. C’est plutôt une affaire d’homme VS femme.

      Les femmes ont une sensibilité complètement différente de celle des hommes. Peu importe si le réalisateur est un intellectuel, qu’il est féministe ou même qu’il soit gai, si tu mets une belle femme devant la lentille d’un homme il va la filmer comme un objet de désir.

      C’est pour ça également qu’un film comme Lost In Translation est aussi unique, c’est une vision et une sensibilité féminine (chose qu’on voit malheureusement trop rarement). C’est le seul film de Scarlett où on n’a pas le gout qu’elle se déshabille à chaque scène. Et ça inclus les Avangers.

      La scène du début est assez représentative. On la voit de dos en petite culotte transparente et ce n’est pas sexy. Woody fait la même scène et c’est un film 16 ans et plus. En fait c’est simple, si Woody (ou n’importe quel homme) avait tourné Lost In Translation ça aurait été Scarlett super sexy et Bill Murray qui tente d’entrer dans ses petites culottes.

      J’imagine que c’est un peu la même chose pour La Vie d’Adèle. Les hommes sont très simplistes quand ils parlent de sexe ou de femme.

    • “On la voit de dos en petite culotte transparente et ce n’est pas sexy”

      Tu es une fille?

    • Renaud, c’est incroyablement réducteur.

    • Dadaboom, c’est vous qui ne savez pas lire: elle est amère mais elle dit qu’elle s’en fout; elle dit qu’elle a laissé libre Kechiche mais elle conteste ses choix; une chose et son contraire. Bref, elle est en maudit mais ne veut pas trop cracher dans la soupe.

    • “Les femmes ont une sensibilité complètement différente de celle des hommes. Peu importe si le réalisateur est un intellectuel, qu’il est féministe ou même qu’il soit gai, si tu mets une belle femme devant la lentille d’un homme il va la filmer comme un objet de désir. ”

      Et il est où le problème? Est-ce qu’une femme, lesbienne en l’occurrence, ne filme pas avec désir. Tous les cinéastes mâles ne font que déshabiller leur actrice du regard? Est-ce vraiment un mal?

      Il ne faut pas confondre féminisme et puritanisme.

    • Je ne suis pas une fille et non, la scène de dos en petite culotte transparente n’est pas sexy. Scarlett est magnifique mais ce n’est pas sexy. C’est une fille qui regarde une autre fille.

      Et ta réaction prouve mon point. Oh tu as de la culture ghost. Et tu peux intellectualiser des concepts mais ta réaction est la même que le gars de la construction qui va siffler une fille qui passe sur la rue.

    • Je ne dis pas que c’est un problème, je dis que c’est comme ça.

    • Renaud, je te répondrai par un article de Bonnaud sur la polémique d’Ozon:

      “Le problème est qu’il n’a pas pris les précautions oratoires d’usage. Il a parlé de son film, de son personnage, de fantasmes, mais pas du sujet de société “prostitution lycéenne” – dont il se fout, c’est son droit. On allait lui tomber dessus, il a préféré arrêter les frais. Ozon est un cinéaste intelligent dans une époque désespérément stupide, gavée de moraline et qui se paie d’envolées moralisatrices, obscène et puritaine à la fois. Ozon badinait, provoquait gentiment, s’amusait au lieu de prendre un air grave et concerné. Erreur. Ça rigole pas trop, ces temps-ci.”

    • “Et tu peux intellectualiser des concepts mais ta réaction est la même que le gars de la construction qui va siffler une fille qui passe sur la rue.”

      J’espère bien… Tu as déjà été dans un bar de lesbiennes? Ça mate le cul des filles, ça fait des blagues salaces, j’en ai même vues se battre pour une troisième. Le désir est consubstantiel à l’être humain et ce n’est pas une question de sexe. C’est plutôt une contrainte du patriarcat que de dire que les filles ne désirent pas. Notre triste époque est soit politiquement correcte et puritaine, soit porno. Seul le désir, les fantasmes, sont mal.

    • Je suis heureux de partager quelque chose avec mon frère du prolétariat…

    • “C’est une fille qui regarde une autre fille. ”

      Et donc elle ne la désire pas? N’importe quoi?

    • “C’est le seul film de Scarlett où on n’a pas le gout qu’elle se déshabille à chaque scène.”

      !!!

    • Non, elle ne la désire pas.

      Et bien sur que ne sont pas des règles absolus, il y a des femmes perverses et des lesbiennes qui se matent et tout ca. Je croyais ne pas avoir besoin de pâmer sur la nuance dans cet espace mais on dirait bien que non, il faut tout expliquer sinon ca accroche sur les détails.

    • Ce que j’aime bien c’est quand des gars, à force de prendre des cachets de moraline, se mettent à faire du déni. Lost in translation ça sent le girl crush à tous les plans.

    • “Lost in translation ça sent le girl crush à tous les plans.”

      Dans les premiers plans du film. Ensuite ca devient vraiment autre chose. Autant pour le personnage de Murray que pour le spectateur. On s’associe à sa détresse existentielle. _renaud a raison en fait.

    • “C’est le seul film de Scarlett où on n’a pas le gout qu’elle se déshabille à chaque scène.”

      totalement d’accord avec ca.

      pis scoop :)

    • Ben oui, le propos du film c’est qu’ils ne coucheront pas ensemble par différence d’âge et, surtout, par mélancolie, mais la tension est là, heureusement, sinon ce serait un film assez sinistre.

    • Un girl crush peut-être, sauf qu’il n’y a rien de sexuel ou sensuel. Il n’y a pas de désir latent. Le regard de Sophia Coppola sur Scarlett c’est celui d’une grande sœur sur sa petite sœur.

      Un homme ne peut pas avoir ce regard sur Scarlett. Et c’est ce qui rend le film particulier. Le fait également qu’on a une perspective réaliste du personnage féminin par rapport au personnage masculin.

      Le propos du film ce n’est pas qu’ils ne coucheront pas encore ensemble. Encore une fois, vision très masculine de la chose. On résume le film en ramenant ça à une histoire de couchette. On voit Scarlett et on pense automatiquement a ca.

      Son personnage considère la possibilité de coucher avec Bill Murray pendant un moment mais ce n’est pas sa pensée centrale. Loin de la. Si ça avait été un homme derrière la caméra c’est certains que ça aurait été ça.

      Ça aurait été le gars qui brule de désir pour Scarlett et son personnage n’aurait été qu’accessoire. L’aguicheuse et l’objet de désir.

    • Si ça vous chante de réduire tout à votre vision réductrice du désir masculin-féminin où il n’y a que des généralités, soit.

    • Généralités que vous confirmez dans vos réponses.

    • “On voit Scarlett et on pense automatiquement a ca.”

      _renaud, à force d’insister sur Scarlett, sa petite culotte et le désir “automatique” que tout homme devrait éprouver face à elle, c’est surtout votre propre désir que vous mettez en relief.

      Dans Lost in Translation, on ne pense pas à une histoire de cul parce que c’est Scarlett, mais tout simplement parce que ça raconte la rencontre entre un homme et une femme dans un pays étranger. Peu importe les acteurs, l’habitude de voir au cinéma des histoires d’amour consommé, et le contexte de la rencontre de ses personnages nous font penser à la possibilité de la coucherie (et comme ghost dit, la tension est bien présente dans le film, il repose d’ailleurs largement sur elle). Ça n’a rien à voir avec Scarlett, le sexe de la réalisatrice, ou celui du spectateur(rice)

    • @cinematographe

      Évidemment que je trouve Scarlett désirable. C’est évident également qu’il y a une tension sexuelle entre les personnages (sinon le film ne marcherait pas) sauf que le film n’est pas à propos de ça.

      Pour l’habitude de voir des histoires d’amour consommé au cinéma dans ce genre de contexte et bien justement, les films sont à peu près toujours réalisés par des hommes. Ce genre d’histoire se termine toujours en histoire de couchette quand c’est un gars au commande. C’est toujours cette perspective qui est abordée. Dans ce cas-ci non, et je pense vraiment que c’est parce que c’est une femme derrière la caméra. Lost In Translation et un film qui possède une réelle sensibilité féminine (dans le bons sens du terme).

      Et bien sur ce n’est pas tous les hommes qui ne pensent qu’a ca et toutes les femmes qui ont cette sensibilité (ca va pour les généralités). Exemple, Kathryn Bigelow est très masculine dans sa manière de filmer (dans le mauvais sens du terme) et Ang Lee est très féminin (dans le bon sens du terme).

    • Renaud, soit on pense la généralité comme vous, soit on prouve la généralité. Circularité parfaite de l’argument.

      Rappelons seulement que le film est filmé et éclairé par un homme. Comment a-t-il pu filmé le pauvre?

      “Et bien sur que ne sont pas des règles absolus, il y a des femmes perverses et des lesbiennes qui se matent et tout ca”.

      Tout est là. Une femme qui désire est “perverse”. Les hommes qui désirent sont “simplistes”. Le moralisme puritain de notre époque dans toute sa splendeur.

      On comprend mieux pourquoi aucun film québécois depuis Gilles Carle n’a réussi à filmer une femme.

      L’égalité ce n’est pas que les hommes se la coupent. L’égalité c’est de réaliser que les femmes aussi désirent et que les hommes peuvent aussi retirer un plaisir narcissique à se voir considéré comme un objet.

    • @_renaud

      En fait, ce que vous dites, si je comprends bien, c’est que si c’était un homme qui avait réalisé Lost In Translation, les deux personnages auraient probablement finis dans le lit? Vraiment?

    • Il y a une différence entre trouver Scarlett désirable (je suis bien d’accord), et ne parler d’elle qu’à partir de sa petite culotte ou du fait qu’on ne pense qu’à coucher avec elle quand on là voit. C’est surtout votre vocabulaire que je remettais en question, _renaud; vous rabaissez Scarlett à un objet sexuel bien plus qu’une caméra ne pourrait le faire. Et je ne sais pas c’est quoi le mauvais sens du terme “féminin”.

    • @ghost

      Vous êtes assez malhonnête, je n’ai pas dit qu’une femme qui désire est perverse.

      Et Gilles Carle était un pervers notable. Un très bon exemple de réalisateur pour qui la femme est rarement plus qu’un objet de désir.

    • “Et Gilles Carle était un pervers notable.”

      Pfff!

    • Pas seulement pervers, phallo également.

    • Il y a des exceptions chez les perverses et les lesbiennes mateuses (donc perverses, si je vous suis bien), c’est ce que vous dites.

      C’est vrai que Micheline Lanctôt, Carole Laure et Chloé Sainte-Marie ne furent que des objets aliénés.

      Moraline, moraline.

    • Si c’est le cas, il faudrait vraiment être phallocrate, car c’est à peu près le seul cinéma vivant à s’être fait ici.

    • Moralisme et art font rarement bon ménage.

    • C’est drôle parce que les trois actrices de Carles sont soit devenues de bonnes cinéastes, soit une grande chanteuse. Et pour en avoir rencontré deux sur trois, probablement les femmes les plus libres, organisatrices, volontaires et forte en gueule que j’ai rencontrées dans ma vie. Pas mal pour un phallocrate.

    • ‘Il y a des exceptions chez les perverses et les lesbiennes mateuses (donc perverses, si je vous suis bien), c’est ce que vous dites.’

      Encore une fois, malhonnêteté. Déformation de propos.

      ‘Moralisme et art font rarement bon ménage.’

      Rien à voir. Le niveau de moralité d’une œuvre n’a rien à voir avec sa qualité. Une œuvre immorale n’est pas intrinsèquement meilleure qu’une œuvre morale (et l’inverse est vrai).

    • Bien vu. Le problème c’est que le degré de moralité ne regarde que vous. Les grandes oeuvres sont souvent par-delà le bien et le mal, et c’est sans intérêts de leur décerner vos certificats de bienpensance. Le Viol d’une jeune fille douce: phallo ou anti-phallo? Vertigo: misogyne ou anti-misogyne? Il y a un éthique du regard et c’est tout.

    • Je vous dis que dans un bar de lesbiennes il y a les mêmes comportements que vous considérez comme étant de l’homme et que les femmes désirent tout autant et vous me répondez: “Et bien sur que ne sont pas des règles absolus, il y a des femmes perverses et des lesbiennes qui se matent et tout ca.”

      La règle: les femmes ne désirent pas. Exceptions: femmes perverses et lesbiennes (qui matent, il doit y avoir des bonnes lesbiennes qui ne matent pas).

      J’ai manqué quelque chose?

    • Renaud, à Québec, il y a une boutique de bobettes avec de jeunes hommes en caleçon, style Abercrombie et Fish, qui s’exposent dans la vitrine. Toutes les femmes de 17 à 77 ans s’arrêtent, s’émoustillent, les prennent en photo, sourient et blaguent comme si elles étaient au 281. Je n’en ai pas vu une choquée et trouvant la chose non désirable. Les jeunes hommes ne sont pas le moins du monde choquée d’être regardé comme des objets. Tout au plus peut-on dire que c’est de mauvais goût. C’est exactement, au niveau du désir, comme si des jeunes femmes étaient dans la vitrine, la seule différence c’est que plusieurs hommes auraient honte de trouver les filles jolies et les filles seraient stigmatisées.

    • @ghost

      Pourquoi est-ce que vous me dites toutes ces évidences? Je sais déjà tout ça. Dans mon message initial j’ai parlé de manière générale parce que je n’avais pas le gout de tomber dans la nuance et perdre mon temps à tout expliquer mais je vois bien c’était une erreur.

    • Parce que l’art, cher ami, ce sont les nuances. Coppola a représenté Scarlett d’une façon différente, mais ce n’est pas parce qu’elle ne désire pas ou que c’est un regard de Femme, mais bien parce que c’est un auteure. D’ailleurs, avant son film, Scarlett n’était pas la bombshell de l’époque, mais une jolie blonde un peu gauche, et c’est justement Lost in translation qui l’a transformée en cette icône de la femme sexy et intelligente (la Marilyn de l’époque, mais la pauvre Norma Jean s’est enfermée dans les rôles de délicieuses idiotes, ce qui n’est le cas de Scarlett).

    • Il est évident que lorsque Murray couche avec la chanteuse, Scarlett est jalouse. S’il n’y a pas de tension, je ne sais pas ce que c’est (mais je suis un homme, il est vrai).

    • Bon renaud, tout phallocrate que je suis, on ne va pas se fâcher pour ça, je vous aime bien vous savez (mais je ne vous considère pas comme un objet, hein, faut pas croire)…

    • Quelqu’un me disait l’autre jour que si Bunuel a pris deux actrices dans Cet obscur objet, c’est qu’il essentialisait toutes les femmes dans une Femme. Je lui ai répondu: es-tu vraiment sûr qu’il ne dit pas le contraire: chaque femme est multiple?

    • @ Ghost

      D’accord pour Micheline et Chloé mais Carole Laure, une bonne cinéaste? Ni Ebert, ni vous j’en ai bien peur, réussirait à me convaincre. (Je considère quasiment LES FILS DE MARIE comme le pire film de l’histoire du cinéma…).

    • @ghost

      Je ne veux pas me fâcher non plus, je vous aime bien également. Je toujours prêt à faire un débat et faire challenger mes théories (souvent boiteuses) mais dans ce cas-ci ce qui m’agace c’est de me faire challenger sur ma définition de qu’est-ce qu’une femme alors qu’en réalité ce n’est pas ça le point. Quand je parlais des ‘femmes’ (ou des hommes) je parlais des femmes au sens général accepté et convenu.

      Par contre l’argument de dire que Sophia Coppola l’a présentée de cette manière parce qu’elle est auteure ça fait du sens. J’aimerais trouver un autre exemple au cinéma pour appuyer mes dires il n’y en pas beaucoup.

      L’autre exemple d’auteure – réalisatrice qui me vient en tête c’est Lena Dunham (Girls). Et je trouve également que c’est très féminin comme série. Contrairement disons Weeds. Weeds a été créé par une femme mais réalisé par des hommes. Evidemment ils ont fait du personnage principal un sex-symbol. Anyway, je ne veux pas m’éterniser la-dessus.

    • “D’accord pour Micheline et Chloé mais Carole Laure, une bonne cinéaste?”

      Joker. En tous les cas, ses disques sont magnifiques.

    • Pour poursuivre, il faudrait aller voir le désir mimétique chez René Girard; on comprend bien Bunuel ensuite, et peut-être aussi quelque chose de Scarlett…

    • _renaud, les Cahiers, la lecture préférée de Lussier, avaient fait un spécial Cinéma des femmes l’an passé. Lecture roborative. Je ne nie pas qu’il n’y a pas un formatage du regard masculin au cinéma, mais je trouve justement que les grands cinéastes déjoue ce formatage, ce qui ne veut pas dire qu’il nie leur désir. Les choses sont très compliquées, car chaque symbole peut être retourné.

      Je lisais l’autre jour que des féministes proposaient l’idée que, contrairement à la doxa de certaines féministes – le féminisme est multiple, heureusement – qui construisent le phallus comme un poignard dur qui ne peut que transformer toute pénétration en viol (construction subjectivement intégrée) -, voient le pénis comme quelque chose de doux, délicat, fragile, petit… qu’il faut envelopper, entourer, manipuler (notamment par des exercices des muscles internes), etc. Tout symbole peut être retourné…

    • ET si vous voulez challanger vos théories, je vous conseille Vagit-prop d’Annie Le Brun.

      “Sans doute l’état femelle d’un être est moins labile que l’état d’un corps : ce n’est qu’une différence de degré. Cette femme qui m’attire n’est pas moins un homme que l’eau n’est glace.” Georges Bataille

    • Je ne connaissais pas Annie Lebrun mais selon ce que j’ai pu saisir en survolant les grandes lignes de sa pensée j’aurais tendance à être plutôt d’accord avec elle.

    • Le désir c’est plus subtil. Pas obligatoire de penser à cela automatiquement.

      Voilà une scène où l’on introduit le désir :

      http://www.youtube.com/watch?v=dqV8LJl1Pqk

      Ah les jambes de Fanny Ardant…

    • C’est Bill Murray que Sofia désire… ;) Pas certain, du tout.

      http://www.youtube.com/watch?v=oRzKHu_UXm8

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