Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 21 mai 2013 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (63)

    François Ozon, la prostitution, et le puritanisme américain

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    Que serait le Festival de Cannes sans un bon vieux scandale? Un scandale salace en particulier – le premier du genre date sans doute de 1954, alors que Robert Mitchum se dandinait sur la plage avec une actrice italienne en désir d’attention à moitié nue sur la plage (elle fut renvoyée du festival et s’enleva la vie peu de temps après). Cette année, c’est au tour de François Ozon de provoquer les esprits avec une déclaration controversée, à propos des moeurs sexuelles féminines, dans le cadre de la promotion de son 14e long métrage, Jeune et Jolie, présenté en sélection officielle.

    Le prolifique cinéaste français (Huit femmes, Swimming Pool), qui se réclame d’un certain cinéma de genre intello chabrolien, s’est entretenu lundi avec une journaliste du Hollywood Reporter. Le question-réponse prend une tournure conflictuelle vers le milieu de la discussion, une rare cassure avec la forme généralement proprette de ce type d’exercice mené par une publication de l’industrie.

    Q : Les hommes et les femmes semblent avoir différentes réactions au film [qui raconte un an dans la vie d'une ado de 17 ans qui choisit de se prostituer].

    R : Je pense que les femmes comprennent mieux le film que les hommes. Je pense que les hommes ont peur parce c’est comme : «Oh mon Dieu! Tout ça se trouve dans la tête d’une femme?». Mais je pense que les femmes peuvent vraiment se lier avec cette fille parce que beaucoup de femmes fantasment de se prostituer. Ce qui ne veut pas dire qu’elles le font, mais être payé pour une relation sexuelle est quelque chose de patent dans la sexualité féminine.

    Q : Pourquoi pensez-vous que c’est un désir? Je ne crois vraiment pas que ce soit le cas.

    R : Je crois que c’est le cas parce que la sexualité est complexe. Je pense que d’être un objet dans la sexualité est quelque chose de très évident vous savez, d’être désiré, d’être utilisé. C’est le genre de passivité que les femmes recherchent. C’est pourquoi la scène avec Charlotte Rampling est très importante, parce qu’elle dit que la prostitution est un fantasme qu’elle a toujours eu mais qu’elle n’a jamais eu le courage d’accomplir. Elle était trop gênée.

    Q : Comment en êtes vous venu à cette conclusion qu’il s’agit d’un thème dans la sexualité féminine?

    R : C’est la réalité. Vous parlez avec plusieurs femmes, vous parlez avec des psys, tout le monde le sait. Bon, peut-être pas les Américains!

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    Sentant le dérapage arriver à grande vitesse, la journaliste a sagement choisi de changer de sujet avec la question suivante, mais on peut deviner que ces deux-là ne deviendront pas amis Facebook de sitôt… Ozon a peut-être voulu faire dans la provoc, briser publiquement un tabou, confronter les Américains à leur puritanisme hypocrite, mais j’ai bien peur qu’il a plutôt gonflé le stéréotype du franchouillard arrogant, pervers et phallocrate.

    Ses propos ont vite fait grincer des dents certaines féministes, comme le rapporte ce post de Libération, avec une petite pointe d’humour bienvenue en amont :

    L’ambassade des États-Unis ne s’est pas encore offusquée de ces propos, en revanche les déclarations de François Ozon ont fait réagir Laurence Rossignol, l’une des quatre porte-parole du PS, sur Twitter : «Toutes des putes – au moins dans leur tête. Mr Ozon, pourriez vous assumer vos fantasmes et ne pas nous les attribuer?» Les Femen ont, elles, décidé de remettre «la palme d’or du connard 2013 à François Ozon». Au moins le réalisateur ne repartira pas de Cannes les mains vides.


    De la porno numérique

    Pour demeurer dans la thématique du scandale cannois et de la sexualité inconfortable, je propose de passer du côté de Nymphomaniac, le projet très attendu et potentiellement explosif de Lars Von Trier, qui se penche sur «la vie érotique d’une femme depuis l’âge de zéro jusqu’à 50 ans». Le mauvais garçon danois, banni de la Croisette en 2011 en raison de son infâme tirade pro-Hitler, est en train d’apporter les touches finales à son diptyque, qui aura sa première mondiale dans son pays natal aux alentours de Noël.

    nymphomaniac-posterThe Hollywood Reporter (encore) a croisé lundi une de ses productrices, Louise Vesth, qui a révélé des détails intéressants sur la conception du film. Grand cas a été fait au cours de la dernière année autour des scènes de sexe «totales» qui seraient interprétées par des vedettes, notamment Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgard, Shia LaBeouf et Uma Thurman. Ce ne sera finalement pas tout à fait le cas. Vesth a dit que la technologie jouera un rôle inédit dans les ébats à l’écran :

    «Nous avons filmé les acteurs qui prétendent avoir du sexe et ensuite nous avons eu recours à des doublures, qui avaient réellement du sexe, et en post-production nous avons superposé numériquement les deux. Donc, au-dessus de la taille ce sera la vedette, et en-dessous de la taille ce seront les doublures».

    La productrice, qui a commencé à collaborer avec LVT à partir de Manderlay (2005), a affirmé que le réalisateur allait utiliser des éléments graphiques expérimentaux dans ses deux films, comme la double exposition et l’imposition de mots et de symboles par-dessus l’action dans le cadre de sa narration. Un acheteur qui a vu des séquences préliminaires a dit de cette technique qu’elle était «révolutionnaire… comme rien que j’ai jamais vu».

    Louise Vesth espère que LVT va briser le silence public qu’il s’est imposé depuis le scandale à Cannes. «Lars a tout mis là-dedans. Ça parle de religion, de Dieu, de philosophie. Il y a tant de chose à dire sur ce film. J’espère qu’il change d’avis et commence à donner des entrevues de nouveau». Elle n’est pas la seule.

    À lire aussi :

    > Nymphomaniac, le «chef-d’œuvre» de Lars Von Trier
    > Shia LaBeouf chez Lars Von Trier


    • Dommage que Nelly Arcan ne soit plus de ce monde, j’aimerais bien avoir on avis sur ce sujet.

      Pour ma part, j’ai l’impression que son fantasme est beaucoup plus masculin que féminin. Ou que les femmes qui pensent à cela le font pour d’autres raisons mais que ce n’est pas un fantasme.

      Pour la femme ? Il y a les deux images aussi qui viennent influencer celle de la Sainte-Vierge versus celle de la prostituée.

    • Ce film me fait étrangement penser à une version renouvelée de Belle de Jour de Bunuel.

      P.S. : Êtes-vous présentement à Cannes?

      Ah non, je suis bien au sec dans mon salon sur le Plateau! Cannes ce sera dans une autre vie… -js

    • Une chose est sûre, Ozon ne se verra jamais attribuer de doctorat honoris causa en sociologie, en anthropologie ou en sexologie. Comme quoi on peut être un épais ET un très bon artiste.

    • Lisez Putain, vous aurez l’avis de Nelly Arcan sur le sujet.

      Mais le sujet du post c’est pourquoi aux USA, un bout de sein entrevu une fraction de seconde au show du superbowl est-il plus dangereux que la prolifération des armes à feu?

      Voir aussi le post précédent sur le film d’Abel Ferrara.

      hylnur, bon point sur Belle de jour.

    • @pezz

      Je suis assez surpris de la goujaterie du cinéaste. Son oeuvre me laisse des sentiments plutôt mitigés, mais il m’avait toujours semblé un type réfléchi et posé en entrevue, pas trop du genre à faire dans la provocation ou les scandales de bas étages. Au-delà de son comportement rustre, notons néanmoins que les théories freudiennes assimilent effectivement le viol comme étant un fantasme féminin assez commun.

    • L’art de se faire de la publicité gratuitement selon François Ozon…

      Mais j’y pense… ce n’est pas lui qui est mort dans un accident d’avion avec la regrettée Marie-Soleil Tougas?

    • C’est drôle la politique du PS qui dit à Ozon d’assumer ses fantasmes alors qu’il est gay.

    • @johnnythewolf

      À moins que votre sens de l’ironie m’échappe, je pense que vous cherchez plutôt Jean-Claude Lauzon.

    • @ johnnythewolf

      Notons que lui-aussi n’était pas réputé pour avoir la langue dans sa poche.
      http://www.youtube.com/watch?v=t4wKQ-Ojyyo

    • François Ozone. Ozone! (prononcé à l’italienne)

    • @ hylnur

      Effectivement. Et j’avoue ça que je suis mitigé par rapport à ça, car j’adore utiliser l’angle oedipien pour analyser les films que je vois. Mais j’appartiens à la gauche radicale, alors mon fond anarchiste et féministe ne peut accepter de cautionner de telles sottises…

    • @ hlynur

      Jean-Claude Lauzon, voilà! Il me semblait aussi que le nom du défunt réalisateur se terminait par “ozon”.

      @ unholy_ghost

      Peut-être que François Ozon est un hétérosexuel dans le placard. XD

    • Ozon à une idée intéressante à développer. C’est tabou et dérangeant mais il a un bon filon.

      Pour le projet de LVT et bien c’est dommage que les scènes ne de sexe ne soient pas pour vrai. Pas que j’en ai quelque chose à cirer mais c’était ça qui donnait l’intérêt au projet. Que des vedettes aient des vrais scènes de sexe.

    • Lars Von Trier aurait fait une “infâme tirade pro-Hitler”, écrivez-vous. Ce n’est pas être “pro-Hitler” de dire qu’on comprend un peu l’homme… Ce n’est pas non plus être “pro-Hitler” que d’être critique vis-à-vis Israël.

      C’est devenu un cliché facile de dire que Van Trier s’est déclaré nazi.

      Il me semble plutôt qu’il s’est emmêlé dans des propos délicats et qu’il a voulu conclure par une boutade. On peut s’en faire une idée ici :

      http://www.youtube.com/watch?v=LayW8aq4GLw

      Quand je dis tirade pro-Hitler, je rapporte en fait le sentiment général que LVT a provoqué à l’époque… (j’aurais dû le mettre entre guillemets). Perso, j’y vois de l’humour noir et une réaction excessive de la part des organisateurs, qui doivent regretter aujourd’hui son expulsion… -js

    • Lars von Trier a fait de l’ironie. Point. L’année d’avant il a fait un film féministe (Antichrit) et il s’est fait traité de misogyne. Il a tout simplement dit, oui oui, c’est ça, je suis nazi. Y’en a marre de tous ses critiques politiquement correct sans un once d’humour.

    • Ouais, c’est assez débile comment les gens disent qu’Antichrist est misogyne. La dernière scène montre clairement que pour lui, Charlotte Gainsbourg s’est fait sacrifier sur l’autel du fanatisme.

    • Résumons: le type se fait traiter de misogyne, alors qu’il fait un film féministe. Il réplique ironiquement en disant qu’il est le plus grand cinéaste du monde. L’année suivante, au lieu de parler de son film magnifique, les mêmes critiques bornés ne lui parlent pas de son film magnifique mais ils essaient de le coincer avec une question sur Hitler. Il dit qu’il comprend Hitler. Traduction: je sais ce que cela veut dire d’être universellement détesté. On le traite donc de nazi et il réplique: oui, vous avez raison, je suis nazi. Comment certains critiques ramènent l’art au niveau des porcs.

    • Et évidemment, reconnaître le travail d’Albert Speer revient à cautionner l’Holocauste…

    • Sur Ozon, deux choses. Premièrement, c’est con de généraliser en essentialisant la femme: toutes les femmes fantasment sur la prostitution. C’est aussi con que de dire que tous les hommes sont des violeurs en puissance. Après, il est clair que la prostitution est un fantasme partagé par beaucoup de femmes. Comme beaucoup d’hommes rêvent d’être un mac. Suffit de voir la musique qui marche… Après, ce qu’un puritain a de la misère à admettre, c’est qu’un fantasme n’est qu’un fantasme, il est innocent à la base et que l’art fait du fantasme son arme de prédilection. Toute personne saine d’esprit fait la différence entre un fantasme et le passage à l’acte.

    • Sur Nymphomaniac : C’est le concept de “stun cock”. Voir la saison 2 de Californication.

      Sur le puritanisme américain : Un feuilleton comme Bold & Beautiful montre tout le monde d’une famille qui a des enfents ou des mariages avec tous et chacun tant que ce n’est pas trop incestueux, mais n’en parlez pas en vrai!

      @ghost: avec un “i” svp.

      Je ne connais pas cet épisode de Californication, mais il a surement été inspiré par cette scène de Orgasmo… – js

    • On peut pas généraliser ce genre d’énoncé comme s’il disait “Toutes les femmes (ou les vraies femmes) ont ce genre de fantasmes”, c’est vraiment que statistiquement c’est quand même assez fréquent chez les femmes qu’elles ont ce genre de fantasmes.

      C’est pas pour rien non plus que 50 Shades of Grey est un bestseller…

    • Un bon féministe comme le Lars Von Trier d’Antichrist répondrait à Ozon – et à la journaliste aussi – que si la femme a des fantasmes de prostitution et de soumission, c’est qu’ils sont en fait le résultat intégré d’un conditionnement historique généré par des milliers d’années de patriarcat et de discours masculiniste sur le devoir de soumission des femmes.

      L’image de la putain serait en somme une construction masculine projetée sur la femme. Ozon ne semble pas réfléchir aussi loin que LVT l’a fait dans antichrist et son propos ressemble plus à de la projection (c’est lui parle de psy…). On pourrait même dire qu’il contribue à maintenir cette trajectoire que j’évoque plus haut.

      Ce qui est misogyne dans son propos, ce n’est pas de dire que les femmes ont des fantasmes de soumission et de prostitution, c’est de laisser croire que c’est inné chez elles et d’ignorer le rôle de la hiérarchie socio-sexuée dans cette dimension de la sexualité féminine.

    • “R : C’est la réalité. Vous parlez avec plusieurs femmes, vous parlez avec des psys, tout le monde le sait.”

      Encore un autre qui prétend connaître la sexualité féminine et qui fonde ses certitudes sur ses aventures personnelles, quelques potins et des “psy” anonymes. Peut-être la passivité féminine est-elle un de ses fantasmes personnel…

      Quant aux femmes qui se prostituent, elles ne le font sans doute pas parce qu’elles ont le “fantasme” d’être payée pour du sexe mais bien surtout pour l’argent (sauf lorsqu’elles le font sous la contrainte).

    • @ kurtz

      Voilà. Je n’aurais pas mieux dit.

    • “Quant aux femmes qui se prostituent, elles ne le font sans doute pas parce qu’elles ont le “fantasme” d’être payée pour du sexe mais bien surtout pour l’argent (sauf lorsqu’elles le font sous la contrainte).”

      Vous fondez ça sur des aventures personnelles, sur des potins ou sur des psys anonymes?

    • @Jozef: Bon je viens de me rendre compte que j’avais oublié le t à la fin de stunt…

      Pour l’épisode, c’est “Coke Dick & First Kick” (S02E06)

      En effet, un stun cock ça ferait pas mal plus de dommages ;) -js

    • “mais c’était ça qui donnait l’intérêt au projet. Que des vedettes aient des vrais scènes de sexe.”@_renaud : Vraiment? En quoi cela rendrait-il le projet intéressant? Il se fait plein de films où des “vedettes” ont de vraies scènes de sexe, et ça s’appelle le cinéma porno. Et c’est très laid, à mon humble avis.

    • “c’est qu’ils sont en fait le résultat intégré d’un conditionnement historique généré par des milliers d’années de patriarcat et de discours masculiniste sur le devoir de soumission des femmes. L’image de la putain serait en somme une construction masculine projetée sur la femme”

      Le Patriarcat c’est un concept aussi essentialisé que la Femme ou le Féminisme. Cela n’existe pas le Patriarcat, il n’y a que des discours et des actes de domination infiniment variables historiquement et culturellement.

      La prostitution, une construction masculine? La plupart des discours patriarcaux sont autant généré par des femmes que des hommes. Les excisions sont le plus souvent fait par des femmes. J’ai entendu plus de femmes que d’hommes dirent d’une autre femme qui a une vie sexuelle diverse qu’elle est une pute. Vous me direz qu’elles ont intégré la domination masculine. À part le fait que cela construit la femme comme un être sans volonté, c’est dire que la domination n’est pas le fait des individus, et donc que les hommes ne sont pas plus coupables de la chose, aussi victimes de cet état de fait (ce que je crois personnellement, la vie est plus riche quand nous sommes égaux et différents).

    • H.S.

      Ouf, Le Figaro (Jean-Luc Wachthausen) n’est pas tendre à l’endroit de Only God Forgives : http://www.twitter.com/MathieuSavoie

      “Beaucoup de bruit pour rien: Only god forgives du Danois Nicolas Winding Refn est une baudruche jouée par un Ryan Gosling vide et cul cul”

    • Procosom, Figaro ce sont les pires critiques du monde.

    • ..De toute façon, qu’il s’agisse de Von Trier, d’Ozon ou de n’importe quelle personnalité qui fait du vent dans les overalls, il y a plein de clones de Maurice Duplessis qui se réveillent pour lui dire: «Toé, tais toé».

      Je ne suis pas compétent en psychologie féminine ou masculine mais je sais une chose: Avoir une opinion qui ne va pas dans le sens du jour, c’est risqué.

      Petite question en terminant: «S’agissant de la prostitution, d’où donc est venue cette définition qui dit que c’est «le plus vieux métier du monde»? Quelqu’un a une idée?

    • @jeanfrançoiscouture

      Les chimpanzés se prostituent. C’est qu’ils sont en fait le résultat intégré d’un conditionnement historique généré par des millions d’années de chimpanzéarcat et de discours bonobistes…

    • @ jeanfrancoiscouture

      Y’a une différence entre avoir une opinion qui ne va pas dans le sens du jour (genre je sais pas moi : Argo est le meilleur film des 10 dernières années) et émettre un commentaire qui ne se base sur rien, mais qui a le potentiel d’influencer violemment et de manière destructrice des milliers (sinon des millions) de personnes.

      J’espère que vous êtes capables de faire la nuance.

    • @lineni

      A la base c’est pour ça qu’on parlait du film, on avait annoncé un truc porno de LVT avec des vedettes mainstreams.

      C’est ça qui était intéressant, c’était audacieux. C’est un pas en avant pour la dépurinatisation du cinéma (et en même temps celle du monde). Quelque chose qui aurait fait avancer le cinéma en tant que forme d’art. On a déjà vue des vedettes maintreams faire des trucs assez osés mais dans ce cas-ci on parle de A-listers de Hollywood, la grosse affaire.

      Finalement on apprend que ce n’est pas vraiment ça et qu’on a décidé d’y aller plus mollo. C’est un peu décevant. C’est comme si Hollywood n’était pas encore prêt à se rendre aussi loin au nom de l’art. Parce que c’était avant tout le truc de LVT, de l’art, pas du sexe.

      Comme je l’ai dit dans mon premier message, j’en ai rien à cirer du sexe en tant que tel dans le film.

    • @unholy_ghost

      “Après, il est clair que la prostitution est un fantasme partagé par beaucoup de femmes”

      Vous fondez ça sur des aventures personnelles, sur des potins ou sur des psys anonymes? :-)

    • @renaud: et vous avez pensé à leur conjoint(e)s? Ils ne sont peut-être pas tous en union libre…

      @ghost: J’ai bien ri!

      @jeanfrançoiscouture: Aucune idée. Le plus drôle c’est lorsqu’on nous explique que la femme le fesait pour la protection ou la nourriture par exemple. Ceci implique donc que les métiers de chasseurs, cueilleurs, pêcheurs et garde du corps(!) existaient donc déjà…

    • Je pense que la phrase est symbolique: le prostitution est le plus vieux métier du monde, parce que tout métier est prostitution depuis toujours. C’est-à-dire que nous faisons tout plus ou moins quelque chose que nous n’aimons pas faire contre de l’argent. D’ailleurs, toutes les femmes qui se prostituent par “choix” disent que c’est mieux qu’être caissière dans un supermarché (ça doit vraiment être terrible être caissière dans un supermarché).

    • @angel_eyes

      “Vous fondez ça sur des aventures personnelles, sur des potins ou sur des psys anonymes? :-)”

      Les trois mon capitaine… ;-)

    • nous faison tous*

    • @Kurtz

      “Un bon féministe comme le Lars Von Trier d’Antichrist répondrait à Ozon – et à la journaliste aussi – que si la femme a des fantasmes de prostitution et de soumission, c’est qu’ils sont en fait le résultat intégré d’un conditionnement historique généré par des milliers d’années de patriarcat et de discours masculiniste sur le devoir de soumission des femmes.”

      J’allais justement suggérer le même Biais “méthodologique” dans l’argumentaire d’Ozon, mais vous m’avez devancé en plus de l’avoir énoncé de manière parfaitement claire!

      Évidemment, ça demeure ouvert à débat, mais la piste du conditionnement historique et générationnel inconsciemment intégré est imposante… et si les femmes n’avaient de désir sexuel qu’à cause du conditionnement millénaire des hommes?!? :(

      Par contre, l’autre biais possiblement ignoré : les différences sexuelles marquées sur la base de la race. Introduction fort intéressante de 11:05 à 11:15 ce matin à 98,5 sur la sexualité typique de l’homme blanc occidental vs. la sexualité de l’africain noir.

      Peut-être que les femmes blanches occidentales ont en effet subi des millénaires de conditionnement, mais qu’en est-il des femmes noires africaines, des femmes asiatiques, des femmes Est-européennes, etc.? Si le « fantasme féminin » demeure sensiblement le même d’une race et d’une culture à l’autre, je doute que la piste du biais méthodologique basé sur le conditionnement historique puisse alors expliquer le tout… tout spécialement au sein de cultures historiquement matriarcales et jusqu’à tout récemment coupée de l’influence occidentale…

    • @mendell

      En fait les histoires de couples étaient déjà commencées. La copine de Shia Labeouf ne voulait pas qu’il fasse le film au début.

      Et ça également qui ajoute à l’intérêt. De savoir jusqu’où un acteur est prêt a aller pour son art.

    • @ghost

      …”c’est mieux qu’être caissière dans un supermarché (ça doit vraiment être terrible être caissière dans un supermarché)”

      Si je ne m’abuse, ce n’était pas dans Mighty Aphrodite de Woody Allen ça? Ou bien dans Deconstructing Harry? Un des deux en tout cas.

    • @Ghost

      « Vous fondez ça sur des aventures personnelles, sur des potins ou sur des psys anonymes? :-) »

      J’adore!!!

    • J’aime bien la B.A. de Jeune et Jolie; sensuelle, intriguante et efficace!

    • Vrai, Pilac9, ça doit être dans Woody, Harry il me semble. Complètement oublié. Et probablement aussi dans Balzac:

      “Toute les cocottes que Rembaupré rencontra dans son existence mondaine affirmèrent que, ce sort étant préférable à la profession de modiste, elles se trouvaient choyé par la vie, il s’était fait à l’avis suivant lequel cette dernière profession devait être le degré le plus bas de l’existence humaine après ramoneur de puits septiques.”

    • @_renaud: bof. Il peut bien détruire sa vie pour “son art” tant que ça vous fait plaisir alors…

      @procosom: vous oubliez trop vite vos cours de biologie dans le 1è moitié de votre commentaire de 13h08. La seconde partie serait effectivement intéressante à étudier.

    • il me semble que la journaliste aurait du se rendre compte qu’elle se faisait niaiser

    • @ ghost
      Je ne dis pas que la prostitution est une construction masculine. Je dis que l’image de la femme-putain qui doit se soumettre aux désirs de l’homme, ce fantasme donc, est une construction et une conception avant tout masculine de la sexualité, qui se répète dans les autres types de rapports entre les sexes.

      Quant au patriarcat, j’imagine qu’il se manifeste différemment d’une société à l’autre, mais si le patriarcat est un idéaltype et que le matriarcat en est un autre qui représente le contraire, disons que nous évoluons plus dans le bout du spectre qui correspond au patriarcat. Forcément, notre conception des rôles sexuels s’Est construite dans un paradigme de domination masculine.

    • @kurtz: rôles sexuels et sociétés, ce n’est pas la même chose dont vous parlez. Sur le premier sujet, le commentaire de remington (5h57) est drôle mais tout de même pertinent. Sur le second, Le propos de M. Fincher dans Fight Club dit le contraire de votre affirmation.

      Je dis cela pour essayer de montrer que c’est relatif à quoi on prend comme base pour évaluer, mais aussi, qu’il ne faut pas pour autant mélanger ce qui se passe dans la chambre à coucher des gens avec les rapports (autres que sexuels) en société.

    • Si entre 31 et 62% des femmes ont un fantasme de viol, Ozon ne doit pas être si loin en ce qui a trait au fantasme de la prostitution. Et il ne parlait pas de celles qui excercent le métier dans la réalité, il ne parlait que du fantasme mais ça, certaines ne veulent pas en entendre parler.

      Sources:
      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19085605
      http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00224490701808191

    • @ mendell

      Le privé est politique. Le privé est politique. Le privé est politique. Répétez autant de fois que nécessaire.

      @ un peu tout le monde

      Le problème avec votre approche du fantasme de la prostitution, c’est que vous l’érigez en donnée positiviste, immuable, mathématique, comme si c’était une prémisse de laquelle on peut ériger des analyses sexologiques ou sociologiques.

      Or, ledit fantasme n’est pas une prémisse, mais bien une finalité. Conséquence de siècles (sinon de millénaires) de structures patriarcales, basées sur la volonté de voir disparaître la féminité et l’élément subversif qu’elle apporte (Badiou a donné une excellente conférence à ce sujet).

      Personne ici ne tente de nier que certaines femmes ont des fantasmes de prostitution. C’est de présenter cette donnée comme une variable ahistorique qui est une erreur. Qui est l’erreur d’Ozon, et de tant d’autres ici.

    • J’ajouterais que d’ériger le fantasme de la prostitution comme variable positive est un geste d’une violence inouïe.

    • @teamstef

      C’est ça le problème avec les endroits comme Cannes. Ce n’est pas le genre d’endroit pour faire dans la nuance et l’ironie. C’est bourré de journalistes qui n’attendent que ce genre déclaration pour enflammer twitter et avoir de l’attention.

      J’imagine qu’Ozon était conscient de ca et qu’il savait qu’il allait lui-même avoir de l’attention mais pas autant que ça.

    • @ pezzz

      Je comprends votre démarche intellectuelle, j’ai eu le même réflexe.

      Mais plus de 50% des femmes qui ont le même fantasme, peut-être n’y a-t-il pas de grand complot après tout… et si gigantesque et millénaire complot machiste il y a en Occident, qu’en est-il des femmes/races/cultures ailleurs dans le monde, au sein de sociétés basées sur un modèle peut-être moins patriarcal, voire matriarcal…

    • @ procosom.com

      Le patriarcat s’incarne principalement à travers 2 structures : l’État et le capitalisme. Ainsi, il n’y a aucun endroit sur la planète qui n’est pas construit sur des fondations patriarcales, à l’exception peut-être de certaines tribus aborigènes vivant complètement à l’écart de la société et n’ayant jamais développé de socialisation avec les sociétés dites “modernes”. Et je parierais que le phénomène de la prostitution n’existe pas chez eux.

    • @pezzz

      Certaines personnes vous diraient que l’État et le capitalisme ne font qu’un (sans négliger le fait que le capitalisme est une invention assez récente, à moins que vous incluiez l’accumulation primitive du capital qui l’a précédé), mais que la 2e structure est la famille ou la tribue selon l’époque et la région étudiée…

      Par ailleurs, je crois personnellement que l’étude des moeurs sexuelles des peuples/cultures pourrait nous en apprendre beaucoup sur la société et leur système étatique, peut-être même plus que l’étude des sociétés et leur système étatique pourrait nous en apprendre sur les moeurs sexuelles (et la prostitution) de ces peuples/cultures…

    • @ Pezzz
      Vraiment n’importe quoi vos histoires de construction masculiniste. La vérité est qu’il existe tout simplement des différences biologiques entre les hommes et les femmes. Le jour où les femmes ne voudront plus être prises et les hommes ne voudront plus prendre, l’humanité aura un sacré problème.

    • @ mendell

      Justement, je ne pense pas que Fincher a raison sur ce point. Pas du tout même.

    • @pezzz: Selon votre raisonnement, les fantasmes homosexuels auraient dû être annéantis par des siècles et des siècles de contrôle religieux sur les sociétés. Or, on ne peut pas affirmer que ce fut le cas.

      Sinon, je comprends très bien votre opinion sur le positivisme d’une chause qui ne l’est absolument pas (sauf quelques rares exceptions je suppose). Victor Hugo le décrit mieux que quiconque en parlant de la descente aux enfers de Fantine. Je trouve le passage une fois chez moi et je l’ajoute.

    • zzzzzzz…

    • L’évolution des fantasmes est liée à l’évolution de l’intelligence.

      Le niveau de raffinement de l’intelligence est proportionnel au niveau de perversion des fantasmes.

    • @ mendell

      Excellent point!

      @ _renaud

      Touché!

    • voilà le chapitre: http://www.intratext.com/IXT/FRA1623/_P1E.HTM

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