Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 15 avril 2013 | Mise en ligne à 19h15 | Commenter Commentaires (43)

    Les effets spéciaux sont-ils toujours… spéciaux?

    Jurassic Park

    Les effets spéciaux vous impressionnent-ils toujours? Ou, plutôt, vous n’y prêtez plus trop attention, tant ils sont devenus omniprésents? Imaginez un peu : toutes ces ressources financières et créatives, ces centaines d’heures caféinées à bûcher sur un logiciel dernier cri pour transposer à l’écran des images et des actions hors de ce monde; tout ça pour provoquer, au mieux, un «Pas si pire» de la part d’un spectateur qui, une fois rentré chez lui, s’extasie infiniment plus devant une vidéo de chat qui joue au piano…

    L’effet engendré par la technologie cinématographique a atteint un degré de saturation. C’est le constat de Dennis Muren, directeur de la Création chez Industrial Light & Magic, et une légende dans le domaine des effets visuels au CV intimidant : Star Wars, Close Encounters of the Third Kind, E.T., Jurassic Parc et Hulk, entre autres. «Dans un sens, je crois que les effets spéciaux ne sont plus spéciaux», a-t-il déclaré en entrevue à Hollywood.com.

    Pour Murren, l’industrie doit trouver un moyen de renouveler son approche afin de ramener la magie en salle. Il compare la situation actuelle à la période à la fin des années 1980, quand on cherchait à se débarrasser de la vieille «boîte à outils» et à épouser une nouvelle technologie. Quand on essayait de retrouver l’impact qu’ont eus Star Wars ou 2001 : A Space Odyssey à leurs époques respectives.

    Une étape innovatrice cruciale a été la scène de morphing dans Willow, technique conçue par Murren qu’il a perfectionnée dans Terminator II qui, deux décennies plus tard, n’a pas pris un pli.

    Aussi impressionnant fut-il, le morphing cinématographique original a vite «fait son temps», selon Murren. «Après trois ou quatre ans, il a perdu de son lustre. On le voyait de mois en moins, ce qui est très bien pour moi!». Les effets spéciaux doivent être en mode de constante réinvention, sinon on risque de blaser le public.

    Les images de synthèse dominent l’industrie des effets spéciaux depuis environ 25 ans. Pour Murren, plusieurs cinéastes ont fait l’erreur de grossir cette «boîte à outils» au lieu de la repenser. Ce qui amène à parfois faire des choix aussi coûteux que superflus. «N’ayez pas une armée de 20 000 centaures, ou autre, si l’histoire est meilleure avec sept centaures. Ils ont perdu la perspective, en faisant les choses de plus en plus grosses, moins personnelles».

    Pour Murren, l’espoir réside dans une savante combinaison d’anciennes techniques, à savoir les effets spéciaux physiques, qui seraient intégrées à l’imagerie par ordinateur. Un bon exemple récent est Looper, film de science-fiction avec Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt, mettant en scène des véhicules et décors futuristes construits à l’aide de matériaux tangibles. L’illusion a beaucoup bénéficié de ce poids, permettant du coup de solidifier l’implication du spectateur.

    murren

    Pour en savoir plus sur ILM, mythique société d’effets spéciaux fondée par George Lucas en 1975, voici la première partie du documentaire fait pour la télé Industrial Light & Magic: Creating the Impossible (2010). Dennis Muren, qu’on voit ci-dessus mesurer la lumière du Death Star avec un posemètre, apparait à 04:15.

    > Pour voir les 5 autres parties, consulter cette playlist.


    • Justement, je regardais dernièrement le film Lot in Sodom et, à la fin [25 min 33 http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=6QOyH8DyME0#t=1533s], j’ai été soufflé par la beauté d’un trucage simple, mais efficace : ville miniature sur laquelle tombe un liquide (essence?) enflammé. 1933 et, en prenant en compte l’arc dramatique, autant sinon plus de force que certains effets CGI!

    • Comme écrivait l’infâme George “Maddox” Ouzounian dans sa vitriolique critique de Revenge of the Sith :

      “Even after pointing out these serious problems with the plot, Star Wars nerds will still try to get you to admit one thing: “you have to admit that the special effects were good, right?”

      NEWS FLASH: Episode III had no special effects.

      They’re not “special effects” anymore when they’re found in EVERY SCENE. Lucas has done the seemingly impossible: he has made something that was once so unique that people called it “special” by name, and turned it into something so ordinary that nobody raises an eyebrow during a scene where a guy is having a sword fight on the back of a giant beast.”

    • Quand tout est possible, plus rien n’apparaît “spécial”.

      L’image de synthèse rapproche le cinéma traditionnel, captation du réel, du cinéma d’animation: plutôt que de partir du réel, on part de rien, d’un écran vert où l’on peut construire tout ce que l’on veut. Le problème, c’est qu’on ne retient rien des leçons essentielles de l’animation et on ne cherche que l’illusion, le photo-réalisme, le “faire passer pour vrai”. Alors que l’animation, au contraire, travaille dans l’abstraction, la texture, le mouvement, les formes, l’espace, etc. Même les films de Pixar, qu’on pourrait dire aux prétentions photoréalistes, font un travail textural extraordinaire, propre à l’animation (la fourrure de Monster Inc., les poubelles répugnantes de Toy Story 3). Mais quand on l’intègre au cinéma traditionnel, l’image de synthèse est lisse au possible, sans vie, sans texture.

      Bref, le cinéma ne sait plus où il en est, à mi-chemin entre la captation du réel et le cinéma d’animation, sans savoir de quel côté se diriger. Les meilleures utilisations actuelles du CGI sont celles qui réfléchissent l’illusion. Take Shelter demeure mon préféré: l’image de synthèse (les nuages orageux) pour traduire la psyché paranoïaque du personnage, elle introduit un doute dans l’image analogique, on ne sait plus ce qui est vrai ou faux, comme le personnage ne sait plus s’il est visionnaire ou cinglé. C’est l’un des meilleurs effets spéciaux récents.

    • Quand les effets spéciaux sont aux service de l’histoire c’est déjà pas mal.

      Aussi, le temps est passé ou on allait voir Ice Age, Antz ou Roger Rabbit pour les images de synthèse.

      Avatar était une connerie de plusieurs millions de dollars.

      Investir dans une histoire et un scenario ce n’est pas payant. J’en suis même venu à penser que c’est contre-rentable un film qui suscite la réflexion ou qui fait appel à un minimum de références. J’ai de la misère à croire qu’on accouche de navets avec autant d’argent sans que ce ne soit intentionnel.

      On a le cinema qu’on mérite comme consommateurs, globalement j’entends.

      Il y a heureusement quelques exceptions: Histoire de Pi… :)

      J’oubliais, je ne me prononce même pas à propos du 3D…. zzzzzzzzzzzzzzz
      Franchement, je rigole quand des visionnaires (Peter Gabriel, Cameron…) disent que c’est l’avenir. Ils ont probablement raison mais il faudra alors décider de vraiment utiliser la boîte à outil comme un instrument et pas comme une fin en soi.

      Un scénario SVP !

    • La toute première photo de ce post nous rappelle qu’on recule en avançant

    • cinematographe a raison sur le cinéma d’animation. Les exemples les plus brillants pour moi sont dans l’animation traditionnelle.

      L’antidote aux effets spéciaux qui sont pu spéciaux, ca reste de changer de cinéma. 9 film sur 10 que je regarde ne contient pas un once de C.G. Je mentionne spécifiquement le C.G. des autres formes d’effets, parce que c’est spécifiquement avec l’arrivée du C.G. qu’on a commis le plus grand crime dans le domaine de la photographie, qui est de se convaincre collectivement que tous les décors et paysages naturels pouvaient dorénavant être générés par ordinateur. Le syndrôme de la plante en plastique dans son salon.

    • “N’ayez pas une armée de 20 000 centaures, ou autre, si l’histoire est meilleure avec sept centaures”

      J’ai senti ce “syndrôme des 20 000 centaures” la première fois que j’ai vu la B.A. de Troy. Un plan rapproché, un navire. La caméra recule lentement, dévoilant dans un suspense 2, 4, 8 navires. A chaque seconde, on fait x2. Soudain, alors que les centaines de navires envahissent tout l’écran, on a cette désagréable sensation de déjà vu… de déjà vu en dupliquant des objets dans photoshop. La scène qui se voulait majestueuse tombait à plat. Méchant turn off.

    • Je me faisais la même réflection hier en essayant de ne pas m’endormir devant THE HOBBIT. On dirait qu’un orc, c’est pas assez, il en faut douze mille. Pourtant, il n’y a qu’un Gollum et c’est ce qui fonctionne le mieux dans cette série.

    • Forrest Gump. Orgie d’effets spéciaux qui passent totalement inaperçus.

    • Je sens que certains n’aimeront pas les zombies-fourmis de World War Z.

      J’ai vu An American Werewolf in London, l’original, il n’y a pas si longtemps et j’ai été impressionnée par le fait que malgré toutes les images de synthèse que j’ai vu au cinéma, la transformation en loup-garou en stop motion tenait encore la route.

      Je crois que certaines personne ne sont juste pas fait pour les films à effets spéciaux. Je connais quelqu’un qui n’a pas aimé Tigre et Dragon car ça ne se peut pas des humain qui marche sur les cimes des arbres LOL.

    • Blade Runner parait mieux que certains films actuels. Les mutants de Total Recall étaient réussis, juste assez dégoutants.

      @Winslow: Si vous parlez de la scène dans la grotte, ce sont des goblins ;) et oui, ils sont toujours en masse, c’est le principe dans leur cas. J’aurais plutôt mentionné le combat des géants de pierres, qui était à la fois majestueux et totalement froid, morne et lassant.

    • Je pensais effectivement à la scène de la grotte (qui fait très TEMPLE OF DOOM en passant) et je n’avais pas fait la différence, merci. Mais ça pourrait s’appliquer à la bataille initiale entre les nains et les orcs.

      Le plus drôle dans tout ça, c’est que les scènes spectaculaires (bataille de montagnes, course poursuite dans la grotte, oiseaux géants) deviennent ordinaires, parce que d’emblée on se dit que ce n’est que du CGI. Alors que pendant la scène du repas au début du film, une scène banale à laquelle on croit sans effort, je me disais “mon dieu qu’ils ont dû se casser les burnes à filmer ces personnages de trois grandeurs différentes qui font simplement interagire ensemble!”

    • @ colissupect

      Je me surprends de vous voir, dans une ligne, sourire pour Life of Pi, et dans la suivante, critiquer la 3D, Life of Pi étant un film en 3D. Selon moi, Life of Pi s’insère assurément négativement dans la présente discussion: un film dont on a tué la force narrative en misant sur les effets visuels (un terme plus adéquat de nos jours qu’”effets spéciaux”). (Pas de spoilers à venir) La finale du film, qui normalement devrait avoir une immense puissance philosophique et spirituelle, tombe complètement à plat justement parce qu’on a quasiment évacué tout l’aspect réflexif et spirituel pour le visuel pendant les deux premières heures.

      Si les effets visuels demeuraient un outil pour appuyer la narration ou le récit plutôt que de les remplacer, l’état des effets spéciaux, et du cinéma par le fait même, se porterait bien mieux.

    • Pour moi, ce “technoréalisme” est une dérive, une fuite en avant. Plus on voudra rendre réel le magique, moins il sera magique…

      Pendant ce temps, Disney vient de congédier 150 de ses principaux dessinateurs. (le Devoir de ce matin)

      Souhaitons que ces nouveaux chômeurs se mettent à travailler pour les cinéastes indépendants!

    • Ma copine et moi nous faisions la réflexion l’autre jour que l’on préfère encore, et de loin, même si ce n’est pas toujours réaliste, des effets spéciaux réalisés à partir de matières tangibles. Il n’y a rien qui ne me fait plus décrocher d’un film que d’avoir le sentiment que des images ont été rajoutées au montage. Le dernier film à avoir véritablement réussi le coup est probablement Jurassic Park. Même Avatar on n’y croyait pas.

    • Le dernier fil que j’ai vu qui m’a fait décrocher à force d’effets spéciaux est The great and Powerfull Oz. C’est bien beau les mondes imaginaires sortis tout droit des ordinateurs, mais quand on plaque les acteurs sur un fond irréel, qu’à cause d’invraisamblaces dans l’éclairage, on les voit quasiment découpés dans l’image… ça ne fonctionne pas. Les tonnes d’effets spéciaux passent mieux en bande-annonce… pendant la durée complète du film, ça finit par lever le coeur.

    • Ce qui est spécial, c’est une scène de 247 secondes tournée sans coupure, comme dans Children of Men. C’est un discours emblématique comme “I drink your milkshake” ou “You can’t handle the truth”. C’est une scène presque intolérable comme la scène entre le père et le fils dans Happiness.

      Les effets spéciaux sont devenus simplement des “effets”, des “fx”. Ils contribuent à faire d’un film un grand film, comme la couleur ou le son stéréo. Un bon exemple d’effets spéciaux subtils mais très à propos: Forrest Gump serrant la main de Nixon dans un faux clip d’archives, technique empruntée à Zelig de Woody Allen.

    • @zaclock

      Ben moi je l’ai loué en 2D. Je vais probablement aller le voir en 3D par curiosité.

      Il ne faut pas comparer avec le livre à mon avis. Le film est loin d’avoir le même profondeur mais c’est quand même réussi.

    • J’ai été voir Life Of Pi en 3D au cinéma, c’est très réussi. Le film est meilleur que le livre. Il a une plus grande portée. Bien sûr Ang Lee est un grand maitre mais le gros avantage par rapport au livre c’est qu’on n’a pas à se taper toutes les descriptions des objets dans le bateau.

      En fait ce qui était agassant dans le livre ce n’était pas les descriptions en tant que tel mais le fait que c’était difficile de s’imaginer où les objets étaient placés dans l’espace et où le personnage était par rapport au tigre.

    • Dans la série Harry Potter, la différence dans la qualité des effets spéciaux entre le premier et le dernier film est vraiment flagrante, surtout dans les matchs de Quidditch.

      Certains films, pourtant blockbuster, arrivent à faire de très mauvais effets spéciaux, comme Green Latern, je crois. Je me rappelle que Peter Travers, de Rolling Stone, avait dit que les loup-garous de Twilight ressemblaient plus à des chiens qu’à des méchants loup-garous. Haha. Bien sûr, les critiques de Travers sur les Twilight étaient très drôles (et aucunement favorable, évidemment).

      Les bons films avec des effets spéciaux sont ceux dont on oublie qu’ils ont des effets spéciaux, genre Forrest Gump.

    • J’ai vu Looper récemment et compte tenu du type de film, j’étais vraiment déçu de la pauvreté des effets visuels.

      J’ai revu The Fly aussi récemment, et la magie fonctionnait totalement.

    • Récemment, j’ai fait voir 2001 à des enfants (moins de 13 ans) par ailleurs fans de Transformers et tout ce qui est CGI.

      Une semaine plus tard, ils me demandaient encore comment la scène de l’hôtesse de l’espace à l’envers avait été faite ! Pourtant, la destruction de Chicago, c’est oublié à peine vu !

      Pas à dire, l’empreinte du réel sur pellicule, ça se fake juste pas.

    • Pu capable du CGI…. ON regarde les vieux Star Wars et sa passe encore. Les vaisseaux maquettes on l’air pas mal plus réel que ceux des “nouveaux”. Ca ne M’intéresse plus les films en CGI. on n’y croient plus.. J’ai tu rever ou bien il semblait avoir des scenes de CGI dans Pee Wee lors des matchs???

    • L’empreinte du réel, comme dit Boulga, fait en sorte qu’on croit que les choses ont été réellement devant la caméra. Quand c’est fantastique, on se dit que c’est un truc, mais il y a une plus grande fascination: comme dans un tour de magie réel, on se demande comment ça été fait et c’est encore plus plus fascinant. Imaginez un type qui sort un gros lapin de son chapeau: c’est fascinant dans le réel et au cinéma; c’est sans intérêt dans un roman, en BD ou en dessin animé. Bref, j’ajoute que c’est aussi sans intérêt en CGI. Comme le dit Ciné, le cinéma doit retourner vers le réel ou avoir la liberté figurative du dessin animé. Ou alors traité la CGI comme un corps étranger à questionner (Take Shelter, Life of Pi, Hulk).

    • Les effets spéciaux physiques ont toujours un meilleur effet… plus de poids, plus de “réalisme”. On n’a qu’à penser à Yoda, la marionnette vs sa version CG. Je prend la marionnette n’importe quand.

      D’ailleurs, je me suis retapé Star Trek 2: Wrath of Khan en fin de semaine. La scène des bébittes qui entrent dans l’oreille m’a encore donné le frisson! J’ai beau me dire que ce ne sont que des marionnettes, c’était impossible de complètement s’en détacher.

      En ce qui a trait au Parc Jurassique, LA scène qui m’a fait sursauter au cinéma, au point où je reculais carrément dans ma chaise, n’était pas le T-Rex en CGI mais celle avec les véloceraptors qui débouchaient entre deux tuyaux vers la fin (avec le bras de Samuel Jackson)… Vraiment, y a rien comme de bonnes marionnettes et une ambiance bien mise en scène!

    • Une chose qu’on mentionne rarement, mais qui compte dans ce qui rend un effet “spécial”, c’est la perspective de la caméra. Le C.G. nous a permi de filmer les dinosaures en plongée avec une caméra qui tourbillonne à volonté autour du prédateur; ca nous a permi de filmer king kong non strictement du point de vue limité et dominé d’un homme, mais avec toute la liberté et le confort d’un oiseau. Et d’un oiseau qui est capable de zoomer vers l’oeil du singe en 1 seconde au besoin. Le spectateur a tout le loisir d’apprécier, d’étudier , de juger. Cette façon de filmer tue en partie pour moi l’effet que le réalisateur essaie de créer. Je préférerais que la caméra se sente plus limitée, et ainsi créer faussement un effet de capturer réellement quelque chose d’impressionnant, avec de la pellicule. Lorsque Lawrence observe Omar Sharif s’approcher lentement à l’horizon, on sent la distance du désert, que même le réalisateur subit. On aimerait zoomer pour voir le visage de Sharif, mais on ne peut pas, faut attendre.

    • tout-a-fait d’accord;
      le Godzilla originale a bien meilleur gout que la version 1998, quand l’illusion n’est plus perceptible, le cerveau s’ajuste est analyse pour comprendre ce qui se passe. comme maintenant nous sommes habitués au CGI, l’illusion est reconnu, mais le comparatif s’installe. le design du monstre ou du vaisseaux, la qualité des particules pour les effets de feu, des cheveux, etc… l’excès d’effet est comme l’excès de pornographie, une manière de tuer le film ou le sexe selon le cas. l’excès devient pervers. l’absence, quand a elle, est un choix et ne dénature pas.

    • @ghost

      Et c’est aussi vrai pour le son. Quarante ans après, le ton et le reverb de Duane Eddy (Rebel Rouser, Peter Gunn theme) intrigue toujours. (note : il a été fait dans une tank à eau chaude vide de 2000 gallons avec un speaker d’un bord et un micro de l’autre).

      Pourtant, rien de plus simple de simuler ça sur un plug-in de type CGI sonore.

    • L’apport le plus important des effets spéciaux est pour les films de superhéros basés sur des comics books.

      C’est vraiment un créneau qui faisait pitié avant l’apparition des CGI.

    • Boulga, bien vu. D’où le fait que les musiciens recherchent les vieux instrus, effets, etc., plutôt que les plug-ins qui les émulent. D’ailleurs, on pourrait dire que la CGI ne reproduit pas le réel, elle l’émule.

    • @eturgeon
      «La toute première photo de ce post nous rappelle qu’on recule en avançant»

      Ce qui nous rappelle aussi que c’est souvent la précarité/nécessité qui est la mère de toutes les inventions.

    • Cela fait 20 ans que j’ai fais le constat… pour les jeux vidéo.

      Au départ, le remplacement des consoldes de jeu (Atari, Nintendo) ont permis la création de nouveau types de jeux et de nouvelles interfaces. Des shooters galactiques, nous sommes passés au RGP, aux 1st/3rdPS, aux simulations de course/sports d’équipe, aux MMO, etc.

      Les nouveaux jeux étaient réellement “nouveaux” et non une simple version améliorée. À partir du mileu des années 90 (SNES et PS1), on a vraiment senti que la création s’essouflait et depuis près de 20 ans, on se contente simplement de publier de nouveaux titres dont les graphiques sont supérieurs à l’ancienne version.

      Je mentirais en disant que je n’éprouve pas plus de plaisir avec les nouveaux opus tels Fifa et GTA que les premières versions… mais ce sont des exceptions! La plupart des jeux me laissent désormais plutôt froid… et je me surprend souvent à rejouer aux classique des années 90 sur émulateurs!

      Le cinéma grand public a suivi la même voie : on refait des classiques avec des effets visuels plus récents, mais les films et les effets ne sont pas meilleurs pour autant.

      Perso, je trouve le CGI glacial, impersonnel et sans texture/grain/vie.

      Et comme plusieurs l’ont dit, les 1er Star Wars sont de très loins supérieurs aux plus récents. À cause de l’Histoire évidemment, mais aussi à cause des effets visuels…

    • Très bon débat à avoir, M. Siroka.

      Je ne crois pas que les effets spéciaux ont atteint leur “point de saturation”, dans la mesure où ils seront utilisés pour servir et développer un style visuel. Les possibilités sont, par définition, sans limites.

      Prenez par exemple un film comme Sin City ou The Fountain. Les effets spéciaux n’y servent pas à “imiter” quelque chose de réel. Les effets spéciaux réussis, c’est Robin William qui court dans le monde de Vincent Van Gogh. C’est Viggo Mortensen dans un désert de désolation dans The Road.

      Ce n’est pas Die Hard 5 ou GI Joe. La différence est subtile mais elle est claire. Comme par exemple, comparez la scène d’entrée de Saving Private Ryan avec BattleShip. Les effets spéciaux n’y ont pas la même fonction.

      Je ne crois pas au “point de saturation”.

    • Autre exemple de bonne utilisation des effets spéciaux récemment : District 9.

    • Plus que spéciaux, les effets du cinéma se doivent d’être surnaturels.

      J’ai revu les deux premiers films de Lucas et c’est encore étonnant. La bande son d’American graffiti pourrait s’entendre chez Godard; c’est bizarre, de l’impressionnisme d’entrelacs, du tressage sonore. Walter Murch.

    • La tornade de Wizard of Oz, 1939 (hallucinant, même en 2013) :

      http://www.youtube.com/watch?v=5YLW2MeZCks

    • @snooze

      Le plus hallucinant, c’est que The Fountain a du CG, mais pas tant que ca. Un article qui decrit le projet:

      http://www.awn.com/articles/production/ithe-fountaini-vfx-petri-dish

      En fait, il faut que les effect speciaux soit 100% intégré, ce qui est rarement le cas avec le CG. Et pour donner vie au tout , il faut que ca s’aggrémente à la cohésion du film, un peu comme District 9, au lieu de faire comme par exemple Oz ou Star Wars Episode Shit et être un showroom pour les compagnies d’animation.

      @eturgeon 9 films sur 10 sans effet spéciaux? Vous sous-estimez l’utilisation de ceux-ci en post-production pour retoucher certains aspects des films. Imaginez un peu Photoshop pour des publications…

    • Et j’ai ré-écouté mon film d’horreur préféré la semaine dernière: The Thing. Toujours aussi colossal, et les effet de 1982 sont toujours aussi solide. Tellement mieux que le prequel par ordinateur…

    • @dusk

      Vous auriez raison, mais je retenais une information importante: 9 films sur 10 que je regarde depuis 3 ans sont plus vieux que les années 90. Je n’ai pas calculé la médiane, mais selon moi elle est autour de 1975.

      Mais vous avez raison sur le fond quand même, si on se tourne vers le cinéma d’auteur, on a des retouches: Lars von Trier, Noe, etc. Remarquez qu’ici j’applaudis.

    • voici justement les 10 derniers films que j’ai vu :)

      pepe le moko (1937)
      fog of war (2003)
      hara kiri (2011)
      princess mononoke (1997)
      death proof (2007)
      the big heat (1953)
      sous le soleil de satan (1987)
      état de siège (1972)
      Heathers (1988)
      et dieu créa la femme (1956)
      les diaboliques (1955)

    • C’est en effet pas très CGI….

    • J’ai l’impression que l’élément qui explique le mieux pourquoi le publique cible des block busters sont devenus très “bof” devant les effets CGI stéroidés ce sont les jeux vidéos.

      Quelqu’un qui passe 20 heures semaines sur Skyrim, Assassin Creed ou Mass Effect ne sera pas ou peu impressionné par un film comme GI Joe ou Battle Los Angeles. Ils sont blasés du CGI depuis longtemps.

    • Ca fait longtemps que ce blogue a été mis en ligne, mais je tiens a faire une précision.

      Le terme ‘effet ’spéciaux est très peu utilisé dans le milieu de nos jours. C’est plutôt ‘effet visuel’ qui est utilisé. Il y a la une grande nuance.

      Je crois même que la catégorie des effets aux oscars est appelé ‘visual effects’. Mais ca serait a vérifier.

      On aime tous taper sur hollywood pour plusieurs raisons, mais cette fois-ci c’est le public qui se trompe.

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