Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 12 avril 2013 | Mise en ligne à 21h30 | Commenter Commentaires (44)

    Le court du week-end : Mai en décembre (Godard en Abitibi)

    Mai-en-Decembre_XL

    Produit en 2000 par l’ONF dans le cadre de la série Libres courts, Mai en décembre (Godard en Abitibi) revient sur un curieux et méconnu épisode de l’histoire du cinéma : la visite il y a 45 ans d’un cinéaste mondialement renommé dans une région semi-désertique du Québec. Jean-Luc Godard, alors à l’apogée de sa popularité, saisi de ferveur révolutionnaire, est allé à Rouyn-Noranda afin d’y mener une expérience aux contours plutôt flous. Selon un témoignage, il comptait jeter les bases d’un film de fiction qui devait s’intituler Vidéo guerrier, projet qui n’a manifestement jamais abouti…

    Le court de Julie Perron n’est pas très remarquable d’un point de vue esthétique, avec sa méthode «têtes parlantes» rappelant les reportages télé. Cependant, c’est à travers sa valeur informative que réside son principal intérêt, et il est de taille.

    Le synopsis :

    Ce court métrage documentaire raconte le passage du cinéaste Jean-Luc Godard à Rouyn-Noranda, en décembre 1968. Quelques mois plus tôt, en mai 1968, la France est secouée par des manifestations populaires et une poignée de cinéastes en colère interrompt le Festival de Cannes. Au Québec, la montée du nationalisme conduit à des affrontements au cours des festivités du 24 juin. C’est dans ce contexte que l’on organise « Les dix jours du cinéma politique » au Cinéma Verdi, à Montréal, qui accueille Jean-Luc Godard, auréolé du succès de ses films À bout de souffle (1959) et Pierrot le fou (1965). Loin de s’en tenir à des rencontres avec ses admirateurs, le cinéaste caresse un projet. Accompagné d’une équipe de cinéastes français et canadiens, il ira à Rouyn-Noranda, où la télévision lui donne carte blanche, et y fera la révolution…

    À lire aussi :

    > Mai 68 et autres chinoiseries
    > Jean-Luc Godard en 3D, et avec un chien parlant…
    > Le court du week-end : Meeting Woody Allen


    • Très intéressant!

    • Niiiiiiiiiiiice!

    • Godard est passé au Québec et j’l'ai raté???

    • De 45 ans….

    • la faute à mes parents

    • Toujours la faute des autres, prenez vos responsabilités eturgeon…

    • Ça me fait penser à Ali qui va en Abitibi, lui aussi mal digéré et plus ou moins compris. J’ai un peu honte en voyant cela…

    • En ce sens, le titre est vraiment bien choisi dans le décalage qu’il exprime.

    • ..Merci. Je ne savais pas que Godard avait fait ce voyage. Il y a quelques éléments que je retiens, probablement parce qu’ils sont toujours d’actualité.

      Par exemple, cette affirmation de Louise Bédard à 21:40 que «si des événements ne sont pas sus par d’autres dans la collectivité, ces événements là n’existent pas et n’amènent pas de changement». C’est encore vrai aujourd’hui d’où toute espèce de manifestation, (blocage de routes, casserolage, défilés de nudistes, etc.) pour attirer l’attention et gagner le droit «d’exister».

      Il y avait aussi cette réflexion de Godard dans le texte qu’il a envoyé en réaction à la «volée de bois vert» que le journal du coin lui avait servi. Là, il dénonçait le déficit d’accès à la «parole publique» imposé par les possesseurs des outils de communication. C’est moins vrai aujourd’hui à cause de l’émergence des médias dits «sociaux» mais même là sévit un climat assez particulier qui fait que ça n’est pas tout le monde qui peut prétendre à un véritable libre accès. Sans doute cela est-il dû aux squatters tonitruants qui, trop souvent monopolisent l’instrument et l’utilisent à mauvais escient.

      Quant aux médias dits «traditionnels ou mainstream», ils n’ont pas beaucoup changé en ce sens qu’ils se réservent toujours le droit de choisir à qui ils ouvriront leurs portes, peu importe la valeur que les porteurs d’une cause accordent à leur démarche. Cela peut dépendre de facteurs comme la disponibilité des ressources, l’orientation idéologique du média, les choix éditoriaux et probablement quelques autres facteurs plus ou moins avoués ou avouables.

    • À cet époque, Godard me fait penser à Michel Foucault, car il est incroyable dans sa capacité à montrer les micro-pouvoirs qu’on ne voit pas ou plus, comme le fait de se lever, de poser une question au caméraman, etc.

    • Que lève la main ceux qui connaissent relativement bien la filmographie Godard post-68

    • Simplement par curiosité. En ce qui me concerne je crois n’en avoir vu que 4.

    • Je lève la main! J’ai même vu la plupart des Dziga Vertov.

    • Le contraire m’aurait déçu de vous!

      Pour Vertoz, je n’ai même pas encore vu son fameux Man with a movie Camera.

    • Alors, lesquels vos préférés post-68 ?

      et tant qu’à y être, les pré-68?

    • Pré (ordre): Le Mépris, A bout de Souffle, Pierrot le Fou, Week End, Bande à part, Une femme est une femme, Alphaville.

      Post (désordre): Passion, Sauve qui peut la vie, Nouvelle Vague, Hélas pour moi, France tour détour deux enfants, Histoire(s) du cinéma, JLG par JLG. Pas vu le dernier.

    • Mais bon, Godard a fait 104 films, il y en a plusieurs que je n’ai pas vus.

    • Je me demande dans quel mesure, les deux cinéastes qui vont ensuite faire des documentaires sur les mines de l’Abitibi ont été inspirés par l’expérience de Godard. Je parle de Richard Desjardins et Robert Monderie.

    • Pré (ordre): Pierrot le Fou, Bande à part, Week End, A bout de Souffle, Le Mépris.

      pour les post, mes prochains sur ma todo sont Passion et Histoire(s).

    • Le dernier opus de Godard disponible ici en DVD s’appelle «Film socialisme».

      Godard utilise comme métaphore pour nous parler du devenir de l’occident une croisière sur un paquebot de luxe.

      Le film a été tourné sur le Costa Concordia…

      Ça ne s’invente pas, et renforce la pertinence actuelle de Godard : cinéaste, sphinx et oracle!

    • @Kurtz

      Ben oui. JLG est le Pierre le Grand du Québec médiatique, celui qui a pavé la voie à notre entrée dans la Modernité pour nous affranchir de la primitivité en se butant néanmoins chemin faisant à notre arriérisme.

    • Il est plus plausible de dire que Godard en a profité pour saboter le Costa Concordia.

    • @ hlynur

      Vos sarcasmes sentent un peu l’amertume. Qu’on le veuille ou non, le Québec était encore un peu arriéré dans les années 1960, surtout le Québec rural.

      L’actrice qui jouait le rôle de la mère d’Aurore se faisait lancer des pierres et cracher dessus dans la rue, longtemps après la sortie du fameux film. Oui, médiatiquement, nous étions arriérés: même Pierre Harel le souligne dans le film.

      Quand un grand cinéaste se fait planter dans une feuille de choux locale en se faisant traiter “d’Athée”, il faut reconnaître que la conscience culturelle du Québec profond avait des croutes à manger.

      Il n’y a pas de mal à reconnaitre que la culture médiatique et cinématographique québécoise était en retard sur la France ou sur les États-Unis.

      Ce sont les maîtres français et américains qui ont montré la voie à nos cinéastes.

      C’est juste que ça fait un peu mal au coeur de voir que peu de gens ont compris sa démarche et son propos à ce moment.

    • @kurtz

      Oui. Je souscris. Cela dit, je voulais simplement dire que la venue de Godard a coïncidé avec un changement latent davantage qu’elle en fut un catalyseur. Même lorsqu’il est question d’une région aussi localisée que l’Abitibi.

    • D’accord avec vous sur le dernier point. Je suis toujours sceptique quand on me parle de changement socio-culturel généré par un événement précis.

    • @kurtz
      Mais je trouve le commentaire un peu colonisé. C’est-à-dire qu’il me semble que Godard aurait vraisemblablement été confronté à même incompréhension dans les «régions éloignées» de France.

    • oui. ils étaient sûrement “colons” là aussi en 68.

    • Il était confronté à la même incompréhension à Paris… C,est pour ça qu’il est en la Bitt à Tibi.

    • Hé! Ça jase de Godard?

      Pré: Le mépris . 2 ou 3 choses . Vivre sa vie . A bout de souffle . Week End . Pierrot le fou . Le petit soldat. (c’est difficile car je les aime quasiment tous)

      Post: Nouvelle vague . Histoire(s) du cinéma . Je vous salue Sarajevo . Numéro deux . Prénom Carmen . Passion . Tout va bien . Hélas pour moi . JLG / jlg (c’est difficile car je les aime tous!)

      J’ai vu que la moitié des Dziga Vertov (68-72) et que NUMÉRO DEUX de la période télé-Miéville (74-78) mais j’ai vu tout le reste (de long-métrage).

      Post ou pré, c’est génial.

      @ eturgeon

      Avant de vous lancer dans le HISTOIRE(S), essayez ceci, ça donne le ton.

      Sur YouTube – JE VOUS SALUE SARAJEVO
      http://www.youtube.com/watch?v=xlTF8_obWq8

      Sur VIMEO – DE L’ORIGINE DU XXIe SIÈCLE
      http://vimeo.com/19332340

    • Pourquoi je n’arrive pas à lire la vidéo? Ni sur le site de l’ONF d’ailleurs alors que j’y ai déjà regardé des documents ??

    • @winslow

      Merci!

    • @winslow

      En écoutant SARAJEVO, ca m’a rappelé les brefs extraits que j’avais vu de Histoire(s). Mettons que, il faut rester captif…

      Godard, le jongleur d’abstractions

    • Ouais, Godard post 68, spécialement depuis les années 80, c’est extrêmement dense. Le truc, c’est d’accepter de ne pas tout comprendre à chaque instant. Ça semble être un cinéma très cérébral, mais c’est surtout très poétique. Et pas dénudé d’humour!

    • Cela fait longtemps que je rêve de revoir l’interview jouissif de Julie Shneider avec Gainsbourg lors de sa venue en Abitibi pour un de ses films, dans le contexte du festival de Rouyn-Noranda je crois. Savez-vous si télé Quatre Saison a garde cet extrait ?

    • Coeurdelionne, vous pouvez l’entendre ici: http://www.youtube.com/watch?v=PZboYf1NQck

    • Chasse au Godard d’Abbittibbi d’Éric Morin devrait être sur les écrans sous peu, qui reprend cet épisode de ‘68 à Rouyn.

    • Je m’attends au pire, Rafc.

    • Je m’attends à rien, ce n’est pas le genre d’idée qui me séduit au cinéma, mais qui sait; et l’Abitibi enneigée est un des mythèmes premiers de notre cinématographie.

    • Enneigé, je sais pas. L’Abitibi l’été, avec des fleurs partout et surtout pas de roches et d’arbre à enlever, oui c’est notre premier mythe.

    • @unholy_ghost unholy_ghost, merci, vous êtes un pro!

    • Ce n’est qu’un extrait, et le visuel était aussi cocasse.

    • @unholy_ghost Je reviens de Youtube. Wouais, sans la bine à Gainsbarre, c’est à moitié intéressant. Mais bon, c’est mieux que rien. Merci encore.

    • @Jozef

      H.S. J’ai revu Heat hier soir (Blu-ray) et en effet, c’est vraiment meilleur que le souvenir que j’en avais gardé (il y a 17 ans déjà!). Solide casting & intrigue, dialogues et scènes – autant dramatiques que de suspense/action – très cohérents et captivants (c’est incroyable le nombre de scènes où la tension nous tient en haleine!), visuel/photographie et trame sonore (Passengers/Eno) enivrants, mais surtout le rythme et les concepts de détachement/solitude parfaitement exploités.

      Superbe croisement entre Carlito’s Way et Collateral; probablement le meilleur de Mann (quoi que j’ai adoré Collateral aussi!)

      N.B. Le vol de banque avec les Colt Commando me fait tellement penser aux missions qui dérapent parfois dans Grand Theft Auto IV!!!

    • @procosom

      Je vous recommande le film de hong-kong ORGANIZED CRIME AND THE TRIAD BUREAU de Kirk Wong. Sorti un an avant HEAT, les similarités (et diférences) avec le film de Mann sont … intéressantes!

      http://www.devildead.com/forum/viewtopic.php?f=3&t=22923

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