Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 11 mars 2013 | Mise en ligne à 21h30 | Commenter Commentaires (23)

    L’art du Steadicam

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    Introduit dans l’industrie du cinéma au milieu des années 1970, le Steadicam est un système composé d’un harnais corporel est d’un bras mécanique qui permet de stabiliser la prise de vues lorsque l’opérateur est en mouvement. Outil pratiquement omniprésent sur les plateaux de tournage aujourd’hui, il permet aux cinéastes une grande liberté dans la mécanique de la mise en scène, nourrissant régulièrement leur appétit pour des plans-séquences virtuoses.

    Le site Refocused Media a mis en ligne la semaine dernière une vidéo-hommage d’une dizaine de minutes célébrant l’art du Steadicam. La quarantaine d’extraits ont été choisis d’après le Top 50 du site spécialisé SteadiShots, qui a couronné le plan du restaurant dans Kill Bill: Vol. 1. On retrouve également quelques extraits de séries télé (ER, The X Files, The West Wing); la qualité de la technique est aussi primordiale, sinon plus, que la valeur artistique de l’image dans ce cas-ci.

    Le premier plan Steadicam a été réalisé pendant le tournage de Bound for Glory (1976) de Hal Ashby, magnifique (et méconnu) biopic sur le chanteur folk Woody Guthrie. L’opérateur lors de cette scène était nul autre que l’inventeur du Steadicam, Garrett Brown, qui allait également inventer le Skycam, le Divecam et le MobyCam. Dans un témoignage publié sur SteadiShots, Brown rappelle que, avant de tourner le plan, il était tellement nerveux que ses mains «tremblaient violemment». L’opérateur principal du film le calma cependant en notant que la caméra, elle, demeurait immobile…

    En 1976, Brown se rendit sur les tournages de Rocky (on le voit sur la photo qui coiffe ce post, en compagnie de Sylvester Stallone, pour la fameuse scène de la montée des marches), de Marathon Man et de The Shining, qui avait déjà entamé sa production, et qui demeure encore aujourd’hui un exemple de choix pour mettre en valeur les prouesses du Steadicam. En 1977, Brown remporta un Oscar spécial louant l’«accomplissement technique» de son invention, qui allait transformer le cinéma à jamais.

    > Pour en savoir plus sur le Steadicam, je vous recommande cette série d’entrevues vidéo que Garrett Brown a accordée à Sydney en 2011.


    • La Haine. Quasi intégralement tourné en mode steadicam. Si je ne m’abuse.
      Malheureusement, la qualité de la filmographie de M. Kassovitz n’a jamais eu grand chose de steady par après.

    • Un bel hommage à la puissance du cinéma que ce montage d’extraits…

    • Il n’y avait pas également une longue scène de steadicam dans Children of men?

    • Très intéressant comme article M. Siroka! En tant que néophyte dans le grand domaine du cinéma, j’adore en apprendre davantage via ce genre de billet. Merci.

    • Content de voir que le montage inclut la scène du restaurant du film avec Tony Jaa, The Protector. Film plutôt mauvais, mais cette scène est tout simplement mémorable et d’un dynamisme rarement vu.

    • Le début de Goodfellas y est une très belle exemple aussi….repris par PTA dans Boogie night.

    • Malick a été un des premiers à utiliser la steadycam (en fait, c’était une version d’un compétiteur, la Panaglide) lors du tournage de DAYS OF HEAVEN en 76 mais le film sorti en 78.

      Je pense que mon utilisation favorite du procédé reste le HALLOWEEN de Carpenter. La steadycam = la vision du mal!

    • Et dans Mulholland Drive c’est l’inverse. La steadycam = la vue qui anticipe le mal qu’elle approche.

    • @PatBer Dans Children of Men il y un de très longs plan-séquence mais ils sont tous tourné à la caméra épaule!!

    • Eh, les amis, attention à la graphie: Steadicam et non steadycam.

      Sinon, parlant de Steadicam à gogo, j’ai vu À la merveille de Malick. Film qui donne beaucoup à penser, mais qui n’est vraiment pas aimable avec son spectateur. Le cinéaste de Badlands ressassent ses clichés: couchers de soleil, mains qui se frôlent et s’étirent vers le ciel, eau et herbes hautes, etc. Ceux qui n’ont pas aimé Tree of Life vont vraiment détester. Les autres vont le trouver intéressant ou rester perplexes. En tous les cas, le film m’a beaucoup agacé, puis vraiment ému. C’est la représentation la plus angoissante de la banlieue américaine jamais vue. L’analyse du désamour d’un couple est subtile, déprimante, puis, sans crier gare, nous sommes en pleine épiphanie, l’état de grâce. Tout le film semble basé sur l’idée de répétition, ce qui peut devenir soûlant, mais comme c’est le thème du film, il serait vain de lui reprocher. Les critiques français n’ont pas aimé car le film semble un sermon sur Dieu, la religion. Or, ce n’est pas du tout le sujet. Dieu, c’est l’autre, le voisin, la nature, la personne qu’on aime. Le film est plutôt nietzschéen: il suffit d’être-là, de vivre intensément le présent, et d’être dans l’acceptation, autant du bien que du mal.

    • C’est noté Gauste.

      Et alors, le Price tower, fait-il partie des merveille du film?

      Intriguant ce côté nietzchéen.

    • Ouais, difficile de parler de steadicam sans penser à Malick. J’avais déjà furieusement envie de voir, d’aimer TO THE WONDER (c’est mon côté Mère Teresa…), voilà qui me réjouit. Et il y a au moins une française qui a aimé le film:

      http://www.chronicart.com/#!Article/Entree/Categorie/cinema/Id/a_la_merveille-12477.sls

    • Les français bouffent du curé, ils ne pouvaient donc aimer le film, alors que ce n’est pas un grand film indiscutable comme le précédent. Mais le “dieu” dans le film, c’est le même que celui du Nouveau monde, c’est l’âme en toutes choses.

    • Rafc, je crois que oui, mais comme, à ma grande honte, je ne connaissais pas ce FLW, je n’ai pas remarqué. Ils sont effectivement souvent dans un gratte-ciel rétro-moderne.

    • Je ne connais que Carey Price Tower…

    • @Stef27 Merci de la précision!

    • @ghost

      Je n’ai pas encore regardé ‘À la merveille’ mais est-ce qu’il n’y aurait pas un effet de saturation avec ce film?

      Malick ce n’est pas Woody Allen. Ce n’est pas un gars pour faire un film par année. Un Malick c’est toujours une grosse bouchée à avaler. Revenir avec un film tout de suite après Three Of Life (qui était probablement son plus dense) ce n’était peut-être pas la meilleure idée.

      Et les français sont divisés sur Cloud Atlas. 5 étoiles pour les Inrocks et 2 pour les Cahiers. J’aurais tendance à pencher du côté des Inrocks.

    • Renaud, en fait j’ai l’impression que À la merveille est un addenda à Tree of life. Il y a d’ailleurs des images de celui-ci.

    • Je vais voir Cloud Atlas pour en avoir le coeur net. J’en reparle.

    • Je viens de voir Cloud Atlas, et comme qui dirait, y’a du pour et du contre.

    • Disons que ce n’est pas le pire de l’année où un gâchis à la Battlefield Earth

    • Bien hâte de voir “To the Wonder”

    • Le gars des Inrocks qui dit que Cloud Atlas vaut 5 étoiles a quand même dit du bien de Hunger Games qui est une profonde daube. D’ailleurs, Cloud Atlas est souvent aussi kitsch, et même plus, mais il y a quelques fulgurances plastiques. En gros, ce sont six films en un qui se croisent à des époques différentes comme La Belle histoire de Lelouch (avec à la clé la même croyance gnangnan sur les coïncidences). On peut facilement voir la référence de chacun (film historique à la Bounty, comédie anglaise, un James Ivory gay, polar parano seventies, Mad Max/La Guerre du feu, Blade Runner) mais aucun ne dépasse, même de loin, l’original (plastiquement, l’épisode néo-Séoul est un maigre resucé du film de Scott). L’entrelacement des histoires est complexe, mais c’est exactement la même chose que le dernier Batman: on passe d’une histoire à l’autre comme dans un kadélioscope – ce qui nous fait oublier que l’on est moyennement intéressé par chacune – dont le liant est assuré par une musique mur à mur qui devient rapidement insupportable. Qu’est-ce que ça raconte? La même chose que Matrix et V pour Vendetta. Il y a de belles choses et on peut dire que la fin de l’épisode néo-Séoul relève les enjeux (non, je ne vais pas spoiler). Bien sûr, une quinzaine d’acteurs jouent une quarantaine de rôles, mais c’est souvent agaçant de voir Tom Hanks grimé comme un kéké, et à part de dire que ça renforce le côté hasards ésotériques et que c’est une référence à Lana, je ne vois pas l’intérêt. L’ensemble ressemble à une bonne télésérie qui se regarde sans déplaisir. Comme dans les téléséries, il n’y a presque aucune singularité de la mise en scène, parfaitement passe-partout. D’ailleurs, on ne peut même pas discerner la différence entre les Wachowski et ce tâcheron de Tykwer.

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