Jozef Siroka

Archive du 22 février 2013

Vendredi 22 février 2013 | Mise en ligne à 16h35 | Commenter Commentaires (52)

Le court du week-end : Henry

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Henry, court-métrage de Yan England sur un musicien octogénaire en proie aux affres de la vieillesse, s’inscrit décidément comme un beau complément à Amour de Michael Haneke, alors que les deux oeuvres se retrouvent en compétition ce dimanche au gala des Oscars.

Le jeune réalisateur québécois n’a pas voulu attendre l’aval des institutions pour produire son film; Henry a été entièrement autofinancé et a bénéficié du travail bénévole de ses artisans et acteurs, rendant sa reconnaissance par l’Académie d’autant plus poignante.

Le court d’une vingtaine de minutes se veut un hommage au grand-père maternel de England, qui a décrit la genèse de son projet en entrevue à La Presse la semaine dernière :

«C’est un homme qui a travaillé dans les services secrets anglais pendant la Deuxième Guerre mondiale. Basé en Italie, il y a rencontré ma grand-mère et ils sont tombés amoureux. Il est devenu producteur de cinéma là-bas. Il a tout perdu et a décidé de venir à Montréal pour repartir sa vie à zéro», raconte-t-il.

L’idée d’Henry est née dans un café de Montréal où Yan était avec son grand-père de 92 ans, Maurice, et sa mère. «Il se souvenait toujours de tout avec précision, dit-il à propos de son grand-père. Mais ce jour-là, il s’est retourné et m’a dit: “Est-ce que j’ai été un homme bon”? Ça m’a bouleversé qu’il ne se souvienne plus de son destin exceptionnel à cause de l’alzheimer et de la vieillesse.»

Voici une présentation promo de Yan England, un bonhomme résolument bien sympathique.

Le sujet est lourd, mais son traitement ne l’est pas pour autant. On salue le choix de la part d’England de traduire la confusion et la détérioration psychique de son protagoniste à travers une mise en scène et un montage dynamiques et stylisés, et non seulement à travers du dialogue d’exposition comme on en a malheureusement trop souvent l’habitude dans notre cinéma. La caméra toujours mobile (qui en fait parfois un peu trop) est en constant synchronisme avec les regards et gestes de Gérard Poirier, qui livre ici une performance physique, intelligente et particulièrement émouvante. On apprécie enfin le leitmotiv musical, l’Intermezzo de l’opéra Cavalleria rusticana, qui sonnera familier aux oreilles des fans de Raging Bull

Henry est à voir sur Tou.tv

(De retour mardi)

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