Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 19 février 2013 | Mise en ligne à 20h30 | Commenter Commentaires (6)

    La business des bandes-annonces

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    Avez-vous remarqué qu’il y a de plus en plus de bandes-annonces avant la projection principale au cinéma? Ce n’est pas parce que les exploitants de salles veulent faire plaisir au public qui généralement apprécie ce type d’entrées. C’est plutôt parce qu’ils ont concocté un nouveau moyen pour soutirer de l’argent aux distributeurs : appelons cela une taxe à la promotion.

    Un article du Los Angeles Times publié aujourd’hui nous apprend que les exploitants chargent entre 25 000$ et 100 000$ pour passer une bande-annonce avant un film populaire dans la moitié de leurs salles. Une pratique perçue comme controversée dans l’industrie.

    La plus grande chaîne de cinémas du pays, Regal Entertainment Group, a récemment réduit de deux à un le nombre de bandes-annonces gratuites que pouvaient passer les studios avec leurs propres films.

    «C’est logique pour un opérateur de salles d’avoir une obligation de promouvoir les films, quand on dépense des millions à les faire», a dit un directeur de studio. «Mais il font tout ce qu’ils peuvent pour être payés.»

    Quatre des studios majeurs – 20th Century Fox, Sony Pictures, Universal Pictures et Warner Bros. – ont conclu des marchés marketing valant des millions de dollars avec des chaînes comme Regal et AMC Entertainment. En échange, les studios sont exempts de la règle de une-seule-bande-annonce et obtiennent le meilleur placement possible.

    Les règles régissant la vente de bandes-annonces ne sont pas très claires. Mais une chose est sûre, ces transactions n’étaient pas de nature financière avant 2001, lorsque Sony a payé pour promouvoir sa comédie The Animal devant le blockbuster de Universal, The Mummy Returns. «Cette aberration est bientôt devenue la norme», remarque le LA Times.

    Une fois l’argent entré dans la balance, la logique marchande à tôt fait d’accentuer l’offre, tout en créant une demande artificielle.

    Alors qu’elles ont augmenté en valeur, le nombre total de bandes-annonces montrées avant un film a commencé à monter. Trois ou quatre était la norme il y a une décennie. Regal et AMC en passent maintenant six ou sept avant chaque long métrage.

    «Le nombre de bandes-annonces a absolument explosé», selon Federico Ponce, propriétaire de High Res Hype, une compagnie de graphisme et de design qui a travaillé sur les bandes-annonces de films tels The Avengers et Iron Man. «Quand on a commencé, on travaillait sur une ou deux bandes-annonces à chaque quatre mois. Aujourd’hui on en fait trois ou quatre en même temps.

    La compétition est féroce, et les prix sont élevés, pour passer une bande-annonce devant des films populaires comme The Hobbit. [...] Les exploitants de salle chargent plus pour la bande-annonce finale, avant que le film ne commence, parce qu’«il y a une grosse différence entre le nombre de personnes qui vont voir la première et la dernière».

    Même si l’on approuvait cette nouvelle pratique, il serait difficile de ne pas condamner l’homogénéité de l’art de la bande-annonce. Constatation de plus en plus vive au gré de leur abondance croissante. Elles sont toutes pareilles! Et cette approche n’est pas en voie de changer, malheureusement. Dans une longue entrevue accordée à Vulture, Steven Soderbergh a révélé qu’il s’est essayé à la conception de bandes-annonces, critiquant du même coup leur volume sonore et visuel démesuré :

    Elles sont éreintantes! J’ai monté des bandes-annonces qui ne font pas ça, mais elles passent mal le test. Je signale au studio que faire asseoir des gens dans une pièce et leur montrer cette bande-annnonce ne s’apparente pas à l’expérience en salle, où on en voit six de suite. Je ne veux pas que ma bande-annonce ressemble aux cinq autres. Mais leur réponse est toujours : Regarde les chiffres.

    Si l’art de la bande-annonce vous intéresse, je vous suggère fortement de consulter cette analyse de Vadim Rizov publiée par Press Play, où il décortique la nouvelle tendance des narrations enregistrées par les vedettes des films, et de l’évolution de la voix off depuis la disparition progressive de la «voix de Dieu», aujourd’hui employée comme un outil de distanciation ironique.


    • Les bandes annonces, c’est rendu pratiquement un résumé du film. Souvent, je ne ressens même plus le besoin d’aller le voir.

    • Une autre raison (encore!) de bouder les salles de cinéma. Au moins, à la maison, on n’est pas obligés de se les taper.

      Le bruit inutile, les prix démesurés, les cellulaires, la malbouffe, les lunettes 3D, les jeux d’arcade et l’abus publicitaire (bandes annonces incluses); toutes ces choses ont fait de la salle de cinéma un lieu abrutissant et ont aliéné l’expérience cinématographique.

      Le summum de la décadence sera lorsqu’on paiera pour voir des bandes annonces. En fait, on les paye probablement déjà, puisque leur coût de production est sûrement ajouté dans les prix d’entrée et les droits de location des films…

      Autre mise en abîme des plus pathétiques: il faut souvent regarder une pub sur YouTube avant de pouvoir visionner une bande annonce.

      Christopher Nolan: “It’s an ad in an ad in an ad”

    • Pour faire un bonne b-a, il n’y a qu’à maîtriser le fondu au noir! Et le moment de silence avant une joke, et…

      C’est Denis Côté qui trouvais sa b-a de Vic + Flo trop « hollywoodienne »!? [http://www.youtube.com/watch?v=TmX11-CUeR8]

      J’avais bien apprécié qu’il y ait eu une b-a « hors norme » pour Drive [http://www.youtube.com/watch?v=Pe6eOqheva8] qui s’avéra sans surprise beaucoup plus enlevante que la b-a « normale » [http://www.youtube.com/watch?v=CWX34ShfcsE]. Sans être au sens scout, ç’a été une « bonne action »…!

    • C’est sans compter les jeux interactifs (Cineplex) et les publicités. Je tente de rester à l’extérieur de la salle jusqu’au début du film maintenant. Ce que j’aimerais est de voir l’heure de la projection du film annoncée et non celle du début de tout ce qui vient avant. Je paie pour voir un film, non pas pour être soumis à vingt minutes de publicités.

    • J’aime bien les bandes-annonces ça nous donne une idée des bons (et mauvais) films qui s’en viennent. Toutefois, je déteste quand ils nous passent des publicités, comme si on était devant la télé!

    • Du temps d’antenne, c’est évidemment payant. Perso, je n’ai rien contre la B.A. bien que je me bouche systématiqueemnt les yeux/oreilles dès qu’une BA d’un film qui m’intéresse passe.

      Par contre, la Pub, ça c’est inacceptable quand on paye pour voir un film.

      Quand à la différenciation des B.A., il est difficile de réinventer la roue en 90 secondes. Oui il y aurait moyen de faire différent jusqu’à un certain degré, mais au bout du compte il faut susciter un intérêt en très peu de temps, alors il n’y a pas 46 solutions…

      H.S. J’ai vu la fille du puisatier avant-hier, j’ai bien aimé! Looper m’a laissé quelque peu sur mon appétit par contre. D’abord, (SPOILER) : pourquoi les corps des condamnés doivent-ils être transférés dans le passé pour être trucidés de plomb? L’explication à la base même de la réalité du film (dans le futur, on ne peut pas faire disparaître les corps des victimes) )est très faible… pour le reste, j’ai trouvé ça bien sans plus!

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