
Ce mois de février marque les vingt ans de la sortie en salle de Groundhog Day (1993), qu’on peut aisément qualifier comme une des meilleures comédies américaines de l’histoire.
Le quatrième long métarge de Harold Ramis (Caddyshack, Vacation) a obtenu un bel accueil public et critique à l’époque, pour ensuite gagner en respectabilité avec le temps. Comme si chaque nouvelle révision du film, à l’image de son héros qui réévalue sa vie au gré de jours successifs et identiques, permettait de mieux voir et d’apprécier la beauté qui s’y dissimule.
Roger Ebert, qui avait accordé 3 étoiles à Groundhog Day dans sa critique originale, s’est repris en 2005 dans sa rubrique Great Movies, y allant de cette introduction éloquente :
Groundhog Day est un film qui trouve sa note et son intention de manière si précise que son génie n’est pas immédiatement apparent. Il se déploie si inéluctablement, est si divertissant, si fluide, qu’on se doit de prendre un recul et de se gifler avant de voir à quel point c’est bon.
J’ai vu le film la dernière fois il y a au moins dix ans, mais mes souvenirs demeurent intacts. La structure répétitive de la trame narrative y étant sûrement pour quelque chose. Mais l’élément central ayant marqué les esprits est la nature du météorologue cynique et blasé Phil Connors, interprété avec maestria par Bill Murray, qui balance ici humour et gravité avec une subtilité d’une précision remarquable, trop rarement accomplie dans le genre de la comédie.
Malgré sa rudesse, du moins dans la première moitié du récit, on compatit avec Phil: il a un emploi bien en dessous de ses capacités et ambitions, n’a pour ainsi dire aucune relation personnelle substantielle, doit couvrir un événement folklorique qu’il méprise, le temps est gris et froid; on peut comprendre le bonhomme de ne pas être dans la meilleure des dispositions.
Le fameux concept central du film – le terme «jour de la marmotte» s’est frayé une place de choix dans le lexique universel – accentue d’autant plus l’identification au personnage. Phil vit certes un phénomène surnaturel mais, surtout, il s’impose à nos yeux comme un guide suprême à travers l’univers fabriqué d’un film. Il est la fois protagoniste et metteur en scène de sa propre réalité, chose qui lui autorise une liberté d’action et de pensée à laquelle le spectateur est complètement dépendant. (Liberté paradoxale cependant : dans le contexte d’opportunités infinies qui nous sont présentées, elle peut faire rêver mais, étant donné qu’elle est encapsulée dans un espace-temps aussi restreint, elle peut aussi rendre très anxieux).
Un bel exemple de cette relation interactive privilégiée, si on veut, se produit lors des rencontres entre Phil et son ancien camarade de classe/vendeur d’assurances exaspérant; probablement le coup de poing le plus jouissif jamais asséné sur grand écran :
> À l’occasion de ce 20 anniversaire, le blog Vulture a recensé vingt pensées à propos de Groundhog Day.
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