
Ça ne dure que deux minutes, mais il s’agit d’un des courts métrages les plus éprouvants qui soient. Sisyphus (1974), du cinéaste hongrois Marcell Jankovics, s’inscrit à plein volume dans le courant ultra pessimiste, fataliste et abstrait ayant caractérisé le cinéma d’animation d’Europe de l’Est à l’époque du bloc soviétique.
En prévision de la sortie en salle prochaine du magnum opus de Jankovics, The Tragedy of Man, Ariel Esteban Cayer a publié dans Panorama-Cinéma une présentation de l’auteur, avec description analytique d’une demi douzaine de ses oeuvres. Voici un extrait de celle de Sisyphus :
Sans aucun doute l’exemple le plus fréquemment montré de l’animation de Jankovics, Sisyphus réinterprète le fameux poussé du rocher d’une manière purement visuelle et déconstruite. Illustré en simples lignes, Sisyphe lui-même est déconstruit de manière systématique plus son effort s’accroît; les lignes précises de son corps devenant de plus en plus abstraites jusqu’à éclater en toutes directions.

The Tragedy of Man, long métrage d’animation extrêmement ambitieux qui, sous un angle mythologique et philosophique, aborde rien de moins que l’histoire de l’humanité en entier, a pris trois décennies avant de voir le jour.
> Le film aura sa première québécoise jeudi au Centre Phi.
> Pour en savoir plus, je vous suggère ce reportage du New York Times.
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