
Bien plus inquiétant est son partenaire, un jeune agent barbu de la CIA qui maîtrise parfaitement l’art de passer aisément de la torture à l’amabilité, une fois que la victime est brisée (lui allumant une cigarette, et échangeant des blagues). Il y a quelques chose de profondément dérangeant quand, plus tard, il se transforme de tortionnaire en jeans à un bureaucrate de Washington bien habillé. Il est question de normalisation à son plus pur et à son plus efficace.
Il y a un certain malaise, davantage à propos des sensibilités blessées qu’à propos de l’éthique, mais la job doit être faite. Cette reconnaissance de la sensibilité blessée du tortionnaire en tant que (principal) coût humain de la torture assure que le film ne s’apparente pas à de la médiocre propagande de droite: la complexité psychologue est dépeinte afin que les progressistes (liberals) puissent apprécier le film sans se sentir coupables.
- Le philosophe slovène Slavoj Žižek qui dénonce la «normalisation de la torture» dans Zero Dark Thirty, dans un bref essai publié dans le Guardian.
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> Zero Dark Thirty : combattre le mal par le mal
> Slavoj Žižek: professeur pervers

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zaclock
1 février 2013
11h05
Hors-sujet: vous m’aviez demandé l’an dernier de vous tenir au courant quand le Cinéma de Parc présenterait les courts nommés aux Oscars. C’est maintenant!
cinematographe
1 février 2013
11h06
“la complexité psychologue est dépeinte afin que les progressistes (liberals) puissent apprécier le film sans se sentir coupables.”
C’est pas mal ce qu’on peut dire de tout le film: laisser suffisamment de place à l’ambiguïté à des endroits épars, ce que les créateurs appellent “neutralité” (comment présenter exclusivement l’action des USA en escamotant complètement le contexte politique peut être considérer comme un point de vue neutre?), stratégie cachant plutôt mal la vacuité morale, totalement irresponsable, de l’ensemble. Dégueulasse.
eturgeon
1 février 2013
11h57
“Il y a quelques chose de profondément dérangeant quand, plus tard, il se transforme de tortionnaire en jeans à un bureaucrate de Washington bien habillé. Il est question de normalisation à son plus pur et à son plus efficace.”
C’est drôle, j’ai moi aussi remarqué cet effet, mais je ne l’ai pas interprété de la même façon. Ca m’a plus rappelé l’effet d’un Hitler en pijama (la chute, 2004): le bourreau est un homme comme les autres! Je ne suis pas sûr que dans le cerveau du spectateur cela produit l’effet insidieux qu’on laisse entendre ici.
procosom.com
1 février 2013
14h48
Je n’ai toujours pas vu le film, mais j’adore l’analyse de M. Žižek qui pourrait s’appliquer à plusieurs sauces et recettes Hollywoodiennes.