
Bien plus inquiétant est son partenaire, un jeune agent barbu de la CIA qui maîtrise parfaitement l’art de passer aisément de la torture à l’amabilité, une fois que la victime est brisée (lui allumant une cigarette, et échangeant des blagues). Il y a quelques chose de profondément dérangeant quand, plus tard, il se transforme de tortionnaire en jeans à un bureaucrate de Washington bien habillé. Il est question de normalisation à son plus pur et à son plus efficace.
Il y a un certain malaise, davantage à propos des sensibilités blessées qu’à propos de l’éthique, mais la job doit être faite. Cette reconnaissance de la sensibilité blessée du tortionnaire en tant que (principal) coût humain de la torture assure que le film ne s’apparente pas à de la médiocre propagande de droite: la complexité psychologue est dépeinte afin que les progressistes (liberals) puissent apprécier le film sans se sentir coupables.
- Le philosophe slovène Slavoj Žižek qui dénonce la «normalisation de la torture» dans Zero Dark Thirty, dans un bref essai publié dans le Guardian.
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