
Une incursion dans les archives médiatico-culturelles peut parfois s’avérer des plus rafraîchissantes. C’est le cas d’un segment diffusé par Nightline il y a 30 ans à propos de Return of the Jedi, qu’a mis en lumière cette semaine le site io9.
Le célèbre animateur Ted Koppel a invité le duo de Gene Siskel et Roger Ebert à croiser le fer avec John Simon, critique du magazine conservateur National Review, et caricature vivante de l’élitiste suffisant. Pour ce dernier, l’ultime épisode de la trilogie originale de Star Wars est «déshumanisant», n’est pas destiné pour la «mentalité des adultes» et «abrutit» et «brutalise» les enfants…
La riposte de Siskel et Ebert est exquise, et nous rappelle à quel point ces deux-là avaient un sens de l’argumentaire aiguisé. On se sent presque mal pour M. Simon, quoique… La discussion aborde également le sujet délicat de la valeur absolue d’une oeuvre, à savoir si un film de divertissement, aussi bien fait soit-il, mérite le même type d’accolade qu’un film de qualité aux aspirations plus «artistiques».
J’ai par ailleurs eu un petit coup de chagrin en regardant cet extrait; une émission en prime time, diffusée sur un réseau généraliste (ABC), qui présente une discussion sur le cinéma non pas sous un angle économique ou promotionnel, comme il se fait presque exclusivement aujourd’hui, mais qui à l’audace de discourir sur son objet premier: le film lui-même!
À lire aussi :
> Woody Allen c. William Buckley, et la nostalgie du débat politique civilisé

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_renaud
30 janvier 2013
14h39
Intéressant.
Pour la question des émissions prime time et bien je trouve que votre blog constitue une alternative très satisfaisante à ce type d’émission.
Peter_Anton_Marian
30 janvier 2013
15h13
L’époque ou Entertainment Tonight faisait des reportages sur les films. Difficile à imaginer aujourd’hui!
procosom.com
30 janvier 2013
17h45
Quelle belle affiche quand même… une des meilleures trilogies de l’Histoire du cinéma!
bimboom
30 janvier 2013
17h56
“…l’audace de discourir sur son objet premier: le film lui-même!”
Justement, hier, il y avait une rencontre à huis-clos sur notre cinéma avec Côté, Macerola et autres.
Sûrement pas de “nos affaires”.
cfaucher
30 janvier 2013
18h53
J’ai l’impression que Jozef s’attarde davantage à l’image de John Simon, qui passe très mal à la télé, et très peu à ses arguments. C’est aussi quelque peu injuste de l’opposer à Siskel et Ebert, deux bêtes de télés populistes bien rôdés.
Je ne suis pas un “hater” de Star Wars, mais la faible valeur “nutritive” de ces films est si diluée dans des aspects mercantiles et mécaniques que je crois que l’appréciation du film de Simon est, ma foi, fort digne de considération.
eturgeon
30 janvier 2013
19h47
Ebert est toujours très articulé, et sa réflexion sur les effets spéciaux et l’artificiel est à côté du sujet. Simon pointait le manque de substance, même s’il se tire dans le pied ensuite en mentionnant Disney.
eturgeon
30 janvier 2013
19h50
et au sujet des “caricatures vivantes de l’élitiste suffisant”, Buckley dans Buckley vs Chombsky:
http://www.youtube.com/watch?v=ZGMW85UHozo&list=PL899398E3C3D47FB0
Justement, Buckley était le patron de M. Simon, c’est lui qui a fondé la National Review. Vous regarderez aussi mon lien Buckley c. Woody Allen. -js
eturgeon
30 janvier 2013
21h50
Oh! oui je l’avais vu. Je n’avais pas réalisé que c’était le même.
fz600
31 janvier 2013
17h36
@cfaucher
mon opinion s’apparente à la vôtre.
je suis de la génération IV-V-VI, j’ai encore mes figurines et mon superbe millennium falcon, mais j’abonde dans le même sens que ceux qui notent un paradigm shift sociétaire à cette même époque. pour poursuivre dans la lancée nutritionnelle, j’ai l’impression qu’avec star wars ”garbage became good”.