
Le soleil de la Floride, la fête sur la plage, des jeunes filles en bikini – beaucoup de jeunes filles en bikini – voici un beau petit cocktail pour se réchauffer l’esprit alors qu’on entame une semaine glaciale.
Après 15 ans de cinéma underground (Gummo, Trash Humpers), Harmony Korine fait son entrée dans le mainstream avec fracas, nous déstabilisant d’entrée de jeu avec un casting inespéré. Ainsi, dans le rôle de bad girls lascives, on retrouve deux icônes de Disney Channel, Vanessa Hudgens et la copine de Justin Bieber, Selena Gomez. Dans sa critique positive du film, Xan Brooks du Guardian remarque que «Tween entertainment hasn’t undergone so radical a makeover since Pee-Wee Herman checked into that porno theatre.»
Mais Spring Breakers c’est surtout l’affaire d’un James Franco méconnaissable, dans la peau d’un trafiquant de drogue et d’armes au look pas possible, qui traîne quatre jeunes filles avides de sensations fortes dans son univers de débauche et de crime. Son personnage, nommé Alien, est basé d’après les rappeurs Dangerous et Riff Raff. (Le reste du quatuor féminin est composé de la mannequin Ashley Benson et de la femme du cinéaste, Rachel).

Spring Breakers a eu sa première mondiale au Festival de Venise, en septembre, où il a obtenu un accueil plutôt favorable. Olaf Möller, spécialiste réputé du cinéma d’avant-garde, l’a classé au sommet de son Top 10 dans le dernier numéro de Film Comment (devant Malick, Assayas et Seidl), mais n’a bizarrement pas pris la peine de commenter son choix dans son compte-rendu de quatre pages.
En entrevue à Interview Magazine, Korine affirme qu’il voit son film comme une «tentative de capturer quelque chose qu’il a manqué» dans sa jeunesse. «J’ai grandi à Nashville, mais j’étais un skater, et je faisais du skate durant la semaine de relâche [spring break]. Tout le monde que je connaissais allait à Daytona Beach ou à Redneck Riviera pour baiser et se saouler – vous savez, un rite de passage. Je n’y suis jamais allé. J’imagine que c’est ma façon d’y aller».
Spring Breakers prendra l’affiche le 29 mars aux États-Unis (pas certain pour le Québec). Voici la bande-annonce, avec sous-titres français plutôt suspects; vous remarquerez l’écart de traduction comique à 00:32…
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