Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 16 janvier 2013 | Mise en ligne à 23h00 | Commenter Commentaires (5)

    Mud : Jeff Nichols sur les traces de Mark Twain…

    Matthew-McConaughey-Mud

    Troisième long métrage de Jeff Nichols, jeune prodige américain de 33 ans, Mud a eu sa première mondiale au dernier Festival de Cannes. De tous les films nord-américains sélectionnés en compétition officielle, il est celui qui a obtenu les réactions les plus favorables de la part de la critique, même s’il est reparti bredouille.

    Les deux précédentes oeuvres de Nichols sont Take Shelter (2011), sorte de thriller psycho-eschatologique qui a remporté trois prix à Cannes, et Shotgun Stories (2007), puissant drame familial au rythme langoureux, et au ton mélancolique, présentant un portrait naturaliste de la culture et de la nature du sud profond des États-Unis.

    On retrouve trois points en commun dans ses deux premiers films: l’acteur Michael Shannon, le milieu rural et une fin lugubre. Les deux premiers se retrouvent également dans Mud (quoique Shannon y occupe un rôle moins central), mais pas le dernier. Selon un article publié dans le Los Angeles Times en mai dernier, Nichols nous a concocté son film le plus accessible à date, un véritable «crowd pleaser».

    le-film-du-jour-mud-de-jeff-nichols,M87414

    Situé sur les rives du Mississippi (mais tourné en Arkansas), le récit se penche sur deux jeunes ados à la vie familiale trouble qui font la rencontre de Mud (Matthew McConaughey), un homme mystérieux qui a commis un crime dans l’espoir de gagner le coeur d’une certaine Juniper (Reese Witherspoon), qui a toujours refusé ses avances.

    Mud est décrit selon le Times comme un hommage à The Goonies, à Stand By Me et surtout au roman Huckleberry Fynn de Mark Twain. L’article note également des parallèles avec l’oeuvre de Terrence Malick, pas seulement dans le propos et le style, mais également au niveau de la production. En effet, la productrice de longue date du fameux cinéaste, Sarah Green, produit le film, et on retrouve au casting Tye Sheridan, un des fils dans The Tree of Life, et Sam Shepard, le riche fermier dans Days of Heaven.

    En conférence de presse à Cannes, Nichols a été saisi d’un moment d’émotion en parlant de son Sud natal, qu’il affectionne particulièrement. «Ces lieux et ces gens ont un accent et une culture tellement particuliers, et ils se font rapidement homogénéiser. Je voulais capturer le portrait instantané d’un endroit qui ne restera pas là pour toujours».

    Mud aura sa première nord-américaine samedi au Festival de Sundance. Aucune date de
    sortie n’a pour l’instant été annoncée.

    Voici les bandes-annonces des deux films précédents de Nichols, à voir absolument!


    • Mon petit frère me parlait justement de Take Shelter il y a 2 semaines. Il disait tout simplement que ceux qui trouvaient la fin vraiment frappante/imaginative/ingénieuse n’avaient surement pas lu beaucoup de nouvelles fantastiques (pas Lord of the Rings, mais bien le genre de Poe/Maupassant/Gauthier) de leur vie…

    • En parlant de Mark Twain, pour ceux qui veulent contribuer au «kickstarter» du projet de Val Bruce Wayne Kilmer sur l’écrivain : http://www.twaineddyfilm.com/
      Paraitrait-il qu’il a même vendu son ranch pour financer son film. C’est dire qu’il y croit…

    • Un de mes films les plus attendus de l’année (il me semble par contre que les critiques cannoises étaient plutôt mitigées).

      Si je me souviens bien, Malick avait aussi suggéré Jessica Chastain à Nichols pour Take Shelter, par le biais de sa productrice. Il est le père spirituel de tout ce mouvement du Southern Gothic (David Gordon Green serait le vrai papa, mais il s’est pas mal éloigné de ses origines maintenant)

    • Un réalisateur québécois pourrait sans peine avoir le même type d’émotion cannoise que Nichols.

    • Denis Côté a préféré Berlin à la Quinzaine de Cannes pour Vic et Flo. Certains parallèles pourraient être faits entre son cinéma et ceux des Southern Gothic. Nordique et territoriale, l’œuvre de Côté contient aussi une violence mais voilée, couverte de neige ou enfouie dans les bois. Lui aussi tente d’exprimer une culture dont un des mouvements fondamentaux est celui du refuge, dans la mémoire ou l’homogénéisation.

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