Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 14 janvier 2013 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (18)

    Werner Herzog dans la taïga sibérienne

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    Il y a environ trois ans, Werner Herzog regardait à la télé un documentaire russe de quatre heures se déroulant dans la taïga sibérienne, et s’est exclamé : voici un film que j’aurais pu réaliser. Que j’aurais réaliser!

    Il a ensuite procédé à contacter le cinéaste, un inconnu du nom de Dmitry Vasyukov, et lui a offert une proposition qu’il ne pouvait refuser : ses services à titre de co-réalisateur. Herzog a remonté le film, coupant sa durée de plus de la moitié, et y a inséré sa propre narration.

    Happy People: A Year in the Taiga a entamé fin 2010 une tournée du circuit festivalier, notamment à Telluride, où il a eu sa première nord-américaine, ramassant sur son chemin des critiques dithyrambiques. Si le film prend l’affiche le 25 janvier aux États-Unis, il n’y a malheureusement toujours pas de date de sortie pour le Québec.

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    Dans le fin fond de la nature sauvage de la Sibérie, loin de la civilisation, 300 personnes habitent le petit village de Bakhta, près de la rivière Yeniseï. Il n’y a que deux façons de s’y rendre: par hélicoptère ou par bateau. Il n’y a pas de téléphone, d’eau courante ou de services médicaux. Les locaux, dont les routines quotidiennes ont à peine changé au cours des derniers siècles, y vivent selon leurs propres valeurs et traditions. Happy People se penche sur un trappeur sibérien à travers les quatre saisons de l’année pour raconter l’histoire d’une culture virtuellement épargnée par la modernité.

    Voici la bande-annonce du film retouché par Herzog…

    …et celle de la version originale de quatre heures :

    À lire aussi :

    > Le rêve américain selon Werner Herzog
    > Robert Pattinson chez Werner Herzog
    > Werner Herzog replonge dans un volcan
    > Into the Abyss: méditation poignante

    Demain, ma critique de Zero Dark Thirty.


    • Il n’y a pas à dire, il a l’exercice de style intéressant, Werner.

    • Intéressante approche de la mise en scène cinématographique. Quel cinéaste tout de même que ce Herzog, me suis-je dit précisément ces jours-ci alors que je suis en train de revoir son génial et ambitieux Fitzcarraldo, où même les indigènes péruviens parlent allemand!

    • La petite isba dans la taïga!

      J’ai hâte de comparer les montages des deux.

      J’ai bien aimé les 2 BA, pour des raisons différentes. La voix d’Herzog imprime tout de suite une direction. L’autre est plus contemplative.

      J’ai remarqué que Timur Bekmambetov, réalisateur du dytique Nightwatch/Daywatch, est crédité comme producteur exécutif.

      Tout ça m’a donné envie de revoir Dersu Uzala.

    • Dans la bande-annonce du film retouché par Herzog, le nom de Dmitri Vasyukov n’apparaît qu’en minuscule dans les crédits de la fin.

      Ordinaire.

    • Voilà qui devrait suffire à racheter ses moments d’égarement dans Jack Reacher.

    • Est-ce seulement moi qui a de la difficulté avec ce concept? J’ai écouté les bandes annonces avec et sans le son et je préfère la version muette. Et même, je préfère aussi la version uncut, moins léchée.

      Les images parlent d’elles-mêmes, je trouve, un peu comme dans Baraka, mais plus cru, comme se sujet justement.

      Je ne veux pas porter un jugement sur deux bandes annonces, mais si le reste est à l’avenant, Herzog n’apporte rien d’autre que de l’exposure à ce cinéaste.

    • C’est quoi l’expérience de Herzog? A-t-il passé justement cette année dans la Taiga? Un forme de colonialisme bon teint.

    • astyanax : Les compagnies de production sont des entreprises. Le nom de Herzog vend plus que celui de Vasyukov. Je ne dis pas que je suis d’accord mais je comprend la raison pour laquelle ils le font.

    • @ vene777

      Vous comprenez cette fraude? Pas moi. Contrairement à vous, je ne sacralise pas le Marché et je ne place pas ses lois au-dessus de toute autre considération.

      Quand je lis dans une bande-annonce «un film de Werner Herzog», je comprends que ce dernier l’a écrit et mis en scène, ce qui n’est pas le cas ici. Il s’agit en fait d’une mise en marché parfaitement frauduleuse. Je m’étonne vivement que Herzog ait accepté de jouer le jeu.

    • Le monde du cinéma compte un grand maître de moins: Nagisa Oshima vient de mourir.

    • Je pense que chaque année, il devrait y avoir un marché des films du tiers-monde à Cannes, où les réalisateurs américains et européens pourraient magasiner les meilleurs films des pays pauvres qu’ils pourraient racheter pour des peanuts, remonter, ajouter une voix off de leur cru et présenter un peu partout avec moult profit. C’est mieux que la pratique du remake…

    • RIP Oshima

    • Bon, attendons de voir le film de Herzog. Il a peut-être théoriser dans sa voix off cette vampirisation.

    • kurtz

      15 janvier 2013
      08h00

      tout a fait d’accord.

      en passant, le prix Médicis de 2011 pourrait être interpréter comme la version littéraire de Happy People.

      http://www.babelio.com/livres/Tesson-Dans-les-forets-de-Siberie/281102

    • @ghost

      L’idée était peut-être de démontrer la cruauté du monde en vampirisant l’œuvre de quelqu’un de moins riche et moins connu qui ne pouvait pas lui dire non.

    • Ouais, disons que Herzog est un type brillant, alors je veux bien croire qu’il n’a pas juste pompé le travail de qqn d’autres, comme si ce qqn n’était que l’assistant -réal de la deuxième équipe.

      Dans Paris vu par…, Godard avait écrite une histoire, dirigée des comédiens, et il avait demandé au documentariste Albert Mayles de la tourner de son point de vue comme si c’était un docu en cinéma direct. Le résultat est fascinant.

    • astyanax : Je n’ai pas dis que j’étais d’accord avec leur façon de faire mais je comprend leur raisonnement derrière cette décision.

    • @ vene777

      Désolé de vous avoir mal compris. J’avais cru déceler une sorte d’acceptation résignée derrière votre «je comprend la raison pour laquelle ils le font.»

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