Jozef Siroka

Archive, janvier 2013

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La bande-annonce du septième long métrage de Denis Côté (Les états nordiques, Curling) est apparue aujourd’hui sur le web. Les amateurs du cinéaste québécois sont conviés une fois de plus à la rencontre de personnages curieux et hors normes qui embrassent un milieu relativement isolé, que ce soit par un désir de fuite ou de découverte de soi, souvent les deux en même temps.

Vic et Flo ont vu un ours c’est l’histoire de Victoria (Pierrette Robitaille) et de Florence (Romane Bohringer), deux femmes au tempérament différent qui ont partagé plus de dix ans d’intimité en prison. À leur sortie, elles se rejoignent dans une cabane à sucre en forêt. Elles y recevront la visite de Guillaume (Marc-André Grondin), un agent de libération qui observe leur réinsertion sociale.

En entrevue à La Presse en août dernier, Grondin a affirmé que Vic et Flo ont vu un ours s’annonce comme «le plus mainstream» des films de Côté. Il s’agit également de sa production la plus faste, avec un budget de 2,2 millions $.

À ce sujet, le réalisateur de 39 ans a presque ressenti un malaise. «C’est suffisant. Avec plus, je ne me sentirais pas bien. Je tourne en pleine forêt. Alors, quand je vois surgir un traiteur avec un immense plateau de fruits pour l’équipe, je trouve ça bizarre!», a-t-il dit à La Presse.

Vic et Flo auront peut-être même la chance de voir un Ours d’or, puisque le film est inscrit en compétition officielle au Festival de Berlin (7 au 17 février), où il aura sa première mondiale, et se mesurera à des poids lourds comme Bille August, Jafar Panahi, Hong Sang-soo, Ulrich Seidl, Bruno Dumont ou Steven Soderbergh.

Un des cinéastes québécois – sinon LE cinéaste québécois – les plus acclamés à l’international ces dernières années, Côté s’est même permis de dire non au Festival de Cannes, qui l’avait sélectionné pour la Quinzaine, au profit de la Berlinale…

Vic+Flo ont vu un ours – Trailer from La maison de prod on Vimeo.

(Photo : Marco Campanozzi, La Presse)

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Mercredi 30 janvier 2013 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (9)

Siskel et Ebert à la défense de Return of the Jedi

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Une incursion dans les archives médiatico-culturelles peut parfois s’avérer des plus rafraîchissantes. C’est le cas d’un segment diffusé par Nightline il y a 30 ans à propos de Return of the Jedi, qu’a mis en lumière cette semaine le site io9.

Le célèbre animateur Ted Koppel a invité le duo de Gene Siskel et Roger Ebert à croiser le fer avec John Simon, critique du magazine conservateur National Review, et caricature vivante de l’élitiste suffisant. Pour ce dernier, l’ultime épisode de la trilogie originale de Star Wars est «déshumanisant», n’est pas destiné pour la «mentalité des adultes» et «abrutit» et «brutalise» les enfants…

La riposte de Siskel et Ebert est exquise, et nous rappelle à quel point ces deux-là avaient un sens de l’argumentaire aiguisé. On se sent presque mal pour M. Simon, quoique… La discussion aborde également le sujet délicat de la valeur absolue d’une oeuvre, à savoir si un film de divertissement, aussi bien fait soit-il, mérite le même type d’accolade qu’un film de qualité aux aspirations plus «artistiques».

J’ai par ailleurs eu un petit coup de chagrin en regardant cet extrait; une émission en prime time, diffusée sur un réseau généraliste (ABC), qui présente une discussion sur le cinéma non pas sous un angle économique ou promotionnel, comme il se fait presque exclusivement aujourd’hui, mais qui à l’audace de discourir sur son objet premier: le film lui-même!

À lire aussi :

> Woody Allen c. William Buckley, et la nostalgie du débat politique civilisé

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Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (35)

Cinéma et jeux vidéo, une question de transmédiation

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Régulièrement va-t-on retrouver dans une critique négative l’argument péjoratif : Le film ressemble trop à un jeu vidéo. À l’inverse, une analyse positive d’un jeu vidéo va vanter ses qualités cinématographiques.

Il s’agit là d’une dichotomie trop simpliste selon Matthias Stork, étudiant de niveau maîtrise en cinéma à UCLA. Pour lui, films et jeux vidéo vivent depuis quelque trois décennies une «alliance créative» leur permettant de redécouvrir et de renouveler leurs conventions dans un «ensemble stimulant de synergie transmédiatique en constante évolution».

Son essai Transmedia Synergies – Remediating Films and Video Games vise à analyser «l’interdépendance esthétique» entre les deux médias à l’ère du numérique, en relevant les similitudes dans leurs aspects visuels, leurs structures narratives ou leurs dimensions économiques. La première partie examine l’influence du cinéma dans les jeux vidéo, tandis que la seconde (peut-être plus intéressante pour les cinéphiles) fait le contraire.

Même en étant un gamer très novice, j’ai remarqué cette transmédiation à quelques reprises, notamment dans mon analyse de The Raid : Redemption. À travers son discours très académique, et ses nombreux exemples pertinents, Stork m’a permis de mieux saisir et de mieux apprécier l’impact de cette symbiose artistique.

> Sur le même sujet, Nouvelles Vues propose l’essai Au-delà de l’envie cinématographique» : le complexe transmédiatique d’Assassin’s Creed

> Matthias Stork s’est fait connaître il y a deux ans grâce à sa théorie du «Cinéma du chaos», essai-vidéo que vous pouvez consulter ici (avec l’ajout de la 3e partie, qui n’était pas disponible au moment que j’ai fait mon post).

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