Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 3 décembre 2012 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (101)

    Quentin Tarantino : «Death Proof doit être mon pire film»

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    Quentin Tarantino pense déjà à son héritage. Le fameux cinéaste, qui aura 50 ans l’année prochaine, a déclaré lors d’une table ronde des réalisateurs organisée par le Hollywood Reporter qu’il ne compte pas réaliser de films durant sa vieillesse. Il veut éviter de faire l’erreur de grands comme William Wyler ou Billy Wilder, qui ont connu une baisse de régime dans les dernières années de leur vie.

    «Pour moi, cela a tout à voir avec ma filmographie, et je veux prendre la sortie avec une filmographie formidable. Death Proof (2007) doit être le pire film que j’ai jamais fait. Et pour un film gauche, ce n’était pas si mal, d’accord? – donc s’il s’agissait là de mon pire effort, je suis correct. Mais je crois qu’un seul de ces films qui ne sont pas en phase avec le public, ces films de vieille bite molle, peuvent vous coûter trois bons films, en ce qui concerne votre classement», a-t-il dit.

    En entrevue à Playboy à la mi-novembre, Tarantino a dit vouloir s’arrêter à 10 films. C’est-à-dire qu’il lui en resterait deux autres à réaliser (à moins qu’on ne compte son diptyque Kill Bill comme une seule oeuvre). Il aimerait poursuivre sa carrière comme romancier, ou écrire «des critiques de films sous-textuelles». Il a déjà jeté les bases d’analyses approfondies de cinéastes tels Sergio Corbucci (le réalisateur du Django original) ou Don Siegel (Invasion of the Body Snatchers, Dirty Harry).

    Tarantino est découragé par la technologie numérique. «C’est de la télévision en public, c’est ce que je pense. Je suis [dans ce métier] pour la pellicule». Tant qu’à faire de la «télé» en salle, il préfèrerait carrément travailler pour le petit écran, pour HBO. Une série télévisée lui permettrait de s’abandonner à l’écriture d’un très long scénario, comme il en a l’habitude, et de ne pas souffrir de se voir forcé d’en couper des bouts, comme ça a été le cas pour tous ses long métrages, sauf Kill Bill.

    Voici la vidéo intégrale de la table ronde, avec également Ang Lee, Ben Affleck, David O. Russell, Gus Van Sant et Tom Hooper, réalisateur oscarisé pour The King’s Speech, qui nous arrive cette année avec le très attendu épique musical Les Misérables, qui prendra l’affiche à Noël. La transcription à lire ici.

    Autre film très attendu le 25 décembre : Django Unchained, bien sûr! Tarantino a révélé que la durée de son «southern» sera de 2h45, et non de 141 minutes, comme l’indique IMDb. Voici la plus récente bande-annonce, qui a été mise en ligne la semaine dernière. L’originale est ici.

    AJOUT : Premières réactions sur Twitter de la part des professionnels qui ont assisté au premier visionnement de presse. Le buzz est très positif pour le moment.

    P.S.: Mignonne anecdote sur le front tarantinien, le site Letters of Note a mis la main sur une lettre manuscrite que le cinéaste a écrite à une de ses admiratrices de 13 ans, à l’époque From Dusk Till Dawn.


    • Est-ce moi ou Tarantino fait du surplace? Il va faire des hommages jusqu’à son 10e film et arrêter?

    • ”Death Proof doit être le pire film que j’ai jamais fait. Et pour un film gauche, ce n’était pas si mal, d’accord? – donc s’il s’agissait là de mon pire effort, je suis correct.”

      Au moins on est d’accord là dessus: Death Proof était médiocre.

      Maintenant, j’espère que tu sais pourquoi, Quentin ? C’est pour la même raison que tu ”es correct”: c’est un film que t’a fait juste pour toi, juste pour ton propre plaisir. Une petite branlette au fond d’une toilette.

      Maintenant que tu sais que tu ne peux pas faire le coup Travolta avec une cascadeuse et que pitcher un char 200 pieds dans les airs ça ne fait pas nécessairement un bon film…arrête de niaiser s.v.p.

    • ”Tant qu’à faire de la télé, il préfèrerait carrément travailler pour le petit écran, pour HBO. Une série télévisée lui permettrait de s’abandonner à l’écriture d’un très long scénario, comme il en a l’habitude, et de ne pas souffrir de se voir forcé d’en couper des bouts, comme ça a été le cas pour tous ses long métrages, sauf Kill Bill.”

      Oh oui, oh oui. Lâche-toi lousse et fait un Lynch de toi-même :-)

    • Death Proof est surement le film pour lequel Tarantino a mis le moins d’effort mais c’est un film qui se regarde quand même assez bien.

      Pour le reste et bien ses propos sont intéressants. Ce n’est pas surprenant d’apprendre qu’il pense à faire de la télé. On regarde son IB et ça donne l’impression d’un gars qui a plus le gout d’écrire des dialogues et des scénarios que de faire des images.

      Pas que c’est un film faible visuellement sauf que c’est tellement verbeux. On voit qu’il adore jouer avec les mots. Et c’est certains qu’il s’éclaterait dans un truc style Breaking Bad. Ce serait totalement son style.

    • Je n’ai pas été un fan de Death Proof non plus. Pour moi, Planet Terror de Rodriguez était davantage dans l’esprit de Grindhouse.

      Et je n’aime pas la nouvelle bande-annonce de Django Unchained non plus. Trop de bang-bang et pas assez de bla-bla. Ça ne fait pas assez “Tarantinesque”. Le premier trailer était bien meilleur.

    • ”Pas que c’est un film faible visuellement sauf que c’est tellement verbeux. On voit qu’il adore jouer avec les mots.”

      Il s’égare parfois, à ce niveau là.

      Certains dialogues dans Death Proof (combiné au casting féminin douteux) faisaient pitié à entendre. J’ai vécu le même malaise lors de la très (trop) longue scène de la taverne dans Inglorious. Le gars doit apprendre à mettre le bouchon et passer la tranche au montage avant de traverser chez HBO..

      La scène de la taverne, ma préférée du film… Déjà trois commentaires dans ce post, et assez de venin pour terrasser une armée entière de Crazy 88. C’est vraiment personnel pour vous je constate… -js

    • Je peux m’abstenir complètement, Jozef, y a qu’à demander.

      On jase, c’est tout. Mais force est de constater que vous méprisez le cinéaste, avec ces tutoiements, et ce ton condescendant. Mais il n’est pas question d’abstention ici. Expliquez votre haine envers QT. -js

    • Jon8, je vous trouve votre ton un peu condescendant envers Tarantino. On ne parle pas d’un réalisateur d’un ou deux film moyens ou d’une “pute” à studios.

      L’oeuvre de Tarantino est assez respectable merci et je doute que vous lui diriez tout ça net frette sec comme ça s’il était votre prof de cinéma un jour.

      Je veux bien croire que Death Proof était moyen, mais parlant de mettre le bouchon à un moment donné…

      De mon côté, je trouve que le pire défaut de ses films est de s’accrocher au COOL à tout prix. Mais en même temps c’est ce qu’on aime aussi alors ;-)

    • On aura beau m’accuser de faire dans la nostalgie, la tangente baroque qu’a prise Tarantino ne fait pas mon bonheur. Je préfère de loin la sobriété beaucoup plus subtile de ses premiers essais que le virage méta qu’il a entamé depuis Kill Bill.

      En fait, le cinéma de Tarantino a toujours été très méta, mais je préférais de loin quand l’intertextualité de ses oeuvres étaient canalisées par des voies plus souterraines, plus nuancées.
      Aujourd’hui, c’est un exutoire qui n’arrive même à la cheville de ses trois premiers films.

    • La taverne, c’est un morceau d’anthologie! La construction de la scène, pour la lente montée du suspens jusqu’à l’explosion finale, c’est hyper-contrôlé, une vraie leçon de montage et de mise en scène (comme on en voit jamais à la télévision d’ailleurs). Et les dialogues sont pleins de sous-entendus, en plus d’y avoir la meilleure blague du film (King Kong l’esclavagiste).

      Death Proof, c’est son moins bon, mais c’est quand même très bien.

    • Il n’y a rien dans Inglorious Basterds sauf la scène de la taverne.

    • Ça fait 2 fois que je réécoute (très partiellement) Inglorious et c’est pour la scène de la ferme française exclusivement. Suspense et tension à couper au couteau. Du grand art.

      Pour le reste, toute discussion sur Tarantino finira inévitablement par des confrontations sur ce qui est bon et ce qui ne l’est pas dans sa filmographie. Le pire pour un sera le chef d’oeuvre pour l’autre et vice versa. Et, comme on le voit ici même, la même chose peut se répéter pour les scènes d’un de ses films.

      Je retiens surtout de ses commentaires behind-the-scene-DVD et de son souhait de prise de retraite à 10 films que la peur #1 de Tarantino est de perdre de sa *coolitude* avec le temps qui passe.

    • @jon8

      Il a pas tort. Autrement, le gâtisme finirait par lui faire inéluctablement de l’oeil.

    • NUANCE PITIÉ ! Si je crois que la scène de la taverne de IB est un pur délice à voir et revoir, (trop long ? C’est justement la montée qui est savoureuse), la totalité du film n’est pas à jeter aux oubliettes non plus. Il réussit à aller chercher le meilleur d’acteur parfois très ordinaires (ex: Pitt, à son meilleur seulement lorsqu’il cabotine) Ses nombreuses pastiches et références sont savoureuses, juste la scène d’ouverture à la The Good, the Bad and the Ugly vaut le détour.

      Pour ceux qui croient que Tarantino devrait commencer à trouver son propre style au lieu d’emprunter à gauche et à droite, il me semble plutôt qu’il fait partie des réalisateurs (tel Spielberg, Bay, Fincher, Trier) ayant leur emprunte cinématographique . Je commence un film et je saisis très rapidement qu’il s’agit d’un film de Tarantino. Ok ça peut également avoir ses défauts, mais ça montre un réalisateur qui s’implique artistiquement et émotivement dans ses oeuvres.

      Et si vous me dites que Harold P. Warren et Bernard Launois sont aussi des réalisateur impliqués émotivement, vous êtes de mauvaise foi ;)

    • Je vois mal comment on peut reprocher à un artiste de vouloir laisser une oeuvre de qualité sans trop de fausses notes et de s’arrêter avant de décliner.

      Quoi de plus déprimant qu’un vieux boxeur qui refuse la retraite et se fait donner une volée à 38 ans…

      Et ce n’est pas comme si QT n’avait jamais pris de risques dans sa carrière avant. Est-ce que c’est mieux de faire comme Ridley Scott ou Scorsese?

    • @Kurtz

      ”Jon8, je vous trouve votre ton un peu condescendant envers Tarantino. On ne parle pas d’un réalisateur d’un ou deux film moyens ou d’une “pute” à studios.
      L’oeuvre de Tarantino est assez respectable merci et je doute que vous lui diriez tout ça net frette sec comme ça s’il était votre prof de cinéma un jour.”

      Petit rappel: le titre de ce billet est:
      Quentin Tarantino : «Death Proof doit être mon pire film»

      Le gars s’auto-critique. C’est un blogue. La porte, les fenêtres et le toit sont ouverts pour une discussion de type ”J’aime ceci, j’aime pas cela de lui”, am i right or not? Tsé, un moment donné… Y a qui/quoi à ‘protéger’ là dedans, au juste?

      Bon, ensuite disons tout de suite que non seulement j’aime et respecte Tarantino, mais que je considère qu’il a marqué ma génération. Je pense surtout à Pulp Fiction, mais aussi Reservoir et NBK par la bande. En marquant si profondément ma génération, il a aussi hérité d’une responsabilité: celle d’être un (ou LE) cinéaste marquant d’une génération. Therefore, il y a attentes. Et où il y a attentes, il y a déceptions. Je ne suis pas condescendant, je suis sévère. Nuance.
      Je suis sévère parce que le gars a du talent qui lui gicle des oreilles. Je suis sévère parce qu’il a un gros ego, probablement dû aux 14 bazillions de fois où il a dû se faire dire combien il a redéfini le *cool* à l’échelle de la planète, et parce que cette ”responsabilité” peut le corrompre.

      J’ai l’impression, et je souhaite avoir tort, que Tarantino est comme ce boxeur, au sommet de son art avec toutes les ceintures, qui souhaite se retirer au sommet de sa gloire parce qu’il a peur de perdre l’acquis. Parce qu’il a peur de l’échec. Death proof c’est ce combat qu’il a gagné, amoché, par décision partagée au 12e round. Il a encore le goût de son propre sang dans sa bouche et il n’a pas aimé.

      On va voir avec Django s’il supporte bien la pression du temps qui passe et de la coolitude de jeunesse qui lui glisse entre les doigts…

    • Cela dit. Au-delà des metteurs en scène qui périclitent avec le temps. Prenons la peine de nous attarder à ceux qui nous ont livrer leurs meilleurs crus seulement après avoir atteint une certaine maturité. Par exemple, Clint Eastwood avec Unforgiven ou Milion Dollar Baby, le dernier des deux ayant été réalisé au crépuscule de sa vie.

      Ce ne sont pas tous les cinéastes qui sont des surdoués qui commencent leur carrière sur les chapeaux de roue. D’autres gagnent avec l’expérience. On peut faire des très bons films sans être atteint du Peter Pan syndrome.

    • J’ai regardé TWIXT de Coppola hier. Je trouve ça formidable que des dinosaures soient encore capables de nous offrir des films aussi rafraîchissants à leur âge vénérable. Plus j’y pense, plus le point de vue de QT ne tient pas la route.

    • Ah mais non, le pire film de Tarantino, c’est Jackie Brown, suivi de près par la moitié d’Inglorious Basterds consacrée aux Basterds justement.

    • Jackie Brown est excellent et probablement le meilleur de Tarantino en terme de technique, de références, de bande sonore qui s’accorde au ton du film, de retenue dans le traitement des personnages, de direction d’acteurs aussi divers et de peaufinement de la technique du récit déstructuré tarantinesque.

      Les gens le sousestiment parce qu’il n’est pas aussi tape-à-l’oeil que les autres et qu’il n’y a pas autant de coups de fusil et de batailles sanglantes.

    • @ kurtz

      Je crois plutôt que les gens n’aiment pas Jackie Brown parce qu’il n’a rien de marquant ou d’extraordinaire par rapport au reste de la filmographie de Tarantino : les personnages sont banals, Pam Grier n’a ni le charisme ni l’étoffe d’un premier rôle, Samuel L. Jackson se contente de répéter son rôle de Jules Winnfield et le scénario est compliqué pour rien.

    • Est-ce que ça veut dire que Tarantino va arrêter de faire des films avant d’avoir appris que parfois il faut couper des scènes, qu’on ne peut toujours tous garder surtout lors de conversations interminables et inutiles?

      On dirait que quand un réalisateur a du succès avec son premier film, il lui suffit d’appliquer la même recette à ses films suivant pour s’assurer d’avoir les critiques et les “cinéphiles” de son bord (ils auront alors peur de donner l’impression de renier leur critique précédente). Les scènes interminables et les conversations inutiles, ça fonctionnait très bien dans Pulp Fiction mais après ça c’est devenu vraiment insupportable. Il faut avoir un orgueil vraiment démesuré pour regarder au complet la partie du bar dans Death Proof et affirmer que c’est bon. Tant qu’à moi, ce n’est pas seulement un des pires films de Tarantino mais aussi un des pires films des années 2000.

      Mais au moins la majorité de ses films se vendent et possèdent plusieurs qualités indéniables. Ce n’est pas comme un autre cas fascinant de réalisateur (prénom Woody je crois) supposément ultra talentueux et qui fait toujours d’excellents films mais qui tombent mystérieusement dans l’oublie le lendemain de leur première.

    • @ kurtz

      Très bon point. J’ai toujours considéré Jackie Brown comme mon Tarantino préféré (avec Pulp Fiction). Je crois que Jackie Brown est injustement sous-évalué (peut-être dû au succès de Pulp Fiction ).

      D’ailleurs, elle est devenue quoi Bridget Fonda ?

      Pour ce qui est de Death Proof, j’ai trouvé la première partie relativement intéressante. Par contre, la deuxième partie suivant la mort de nos héroïnes est horrible.

    • @johnnythewolf

      Pam Grier est le lapin qui fait courir les autres et le spectateur dans ce film. Elle est le fil conducteur, et pas un faire-valoir, ce qui est doublement génial, considérant la référence à la blaxploitation.

      Son personnage est une pauvre fille qui a une chance de s’en sortir et qui essaie de ne pas perdre pied. Elle ne va pas être une flamboyante Beatrix Kiddo: elle est seulement Jackie Brown.

      Jackson est tout sauf Jules, puisqu’il est retors alors que le Jules de Pulp Fiction est droit, il est lâche alors que Jules est courageux, il est avare alors que Jules se fout de l’argent et il est impulsif alors que Jules est réfléchi. Bref, pas du tout le même jeu ni le même personnage.

      Quand au scénario compliqué, c’est une question de goût. Je dirais plus raffiné que compliqué.

    • @ HansLucas

      Je suis d’accord que Pulp Fiction fait de l’ombre injustement à Jackie Brown

      Dans l’oeuvre de Tarantino, je vois Reservoir Dogs comme un coup de génie au style adolescent (genre premier roman). Puis, Pulp Fiction qui pousse au maximum la recette gagnante du premier, en plus léché, plus pro. Enfin Jackie Brown vient clore le cycle avec une vraie démarche artistique achevée, une retenue et une finesse qui confirment que Tarantino maîtrise bien son sujet. Si c’était une trilogie, ce serait un des rares cas où le 3e film surpasse les deux autres.

    • Il affirme ça seulement pour qu’on lui laisse enfin faire un film de 6hrs. Ils diront “c’est son dernier!”. Moi je serai dans la salle.

    • Vivement Quentin à la TV!

      C’est là que son talent de storyteller pourrait s’épanouir.

    • Remarques personnelles sur Tarantino, que j’admire

      -plus il progresse, plus il s’enfonce dans les références pour les références.
      -La réalisation est moins soignée. Je pèse mes mots: les scénarios sont toujours des régals, mais la mise en scène en tant que tel est moins génial. Par exemple: le long plan séquence de réservoir dogs avec la scène de torture. Je ne retrouve plus ca dans Inglorious Basterds. Kill bill 1 est son dernier coup de génie de mise en scène.
      -Le montage n’est plus au niveau non plus. Je ne sais pas si ca coincide avec le décès de sa collaboratrice. Kill bill 1 était son dernier film dont le montage est parfait. Je ne sais pas par contre qui l’a fait et si sa collaboratrice était encore en vie.

      Sinon, Inglorious regorge des textes jouissifs, et je ne parle même pas de la scène de la ferme, qui pour moi est loin d’être la meilleure du film!

    • Sa collaboratrice était en vie pour tous ses films. Et Inglorious Basterds est, de loin, son film le plus complexe en terme de mise en scène / montage.

      Je seconde Kurtz pour tout ce qu’il a dit sur Jackie Brown.

    • Perso, je trouve que Death Proof est une merveille et son film le plus mystérieux. D’ailleurs, ses deux derniers sont des lettres d’amour folle adressée au cinéma et des réflexions profondes sur sa nature. Des films trop méta? Pas plus que les trois premiers qui sont bourrés à la gueule de références. Mais dans les deux derniers, il dépasse la référence cool (Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Kill Bill) ou la citation amoureuse (Jackie Brown) pour atteindre à la pensée sur son art (le cinéma comme fantôme dans Inglourious B, la pellicule comme preuve du réel dans Death proof).

    • La scène du bar dans Death Proof, j’l'ai trouvé plutôt bonne. Les dialogues sont longs un peu, mais y’a quand même quelque chose qui s’installe petit à petit avec l’arrivé de Stuntman Mike dans le bar et ça crée un espèce de tension.

      C’est la scène avec les 3 ou 4 filles dans le petit restaurant style casse-croute un peu après qui est horriblement longue et qui va nul part.

      Mais tsé, on dira bien ce qu’on voudra de «Death Proof», ça reste un film sans réel prétention, pour amuser le public plus que de l’émerveiller, et au final, le mandat est rempli (par sa scène finale, notamment).

    • Jackie Brown est son meilleur film, bien entendu.

    • @JS
      ”On jase, c’est tout. Mais force est de constater que vous méprisez le cinéaste, avec ces tutoiements, et ce ton condescendant. Mais il n’est pas question d’abstention ici. Expliquez votre haine envers QT.”

      Je comprend mieux la confusion que mon premier commentaire a généré. Mais, non, je ne méprise pas du tout ce cinéaste, bien au contraire, comme j’explique dans mon post plus haut qui est pogné dans les limbes de la modération.

      À noter que ma perception de Quentin Tarantino s’est bâtie, au départ, après avoir lu sur sa vie:

      http://en.wikipedia.org/wiki/Quentin_Tarantino

      Mais aussi, et surtout, en visionnant le behind the scenes du DVD de Death Proof. Un des meilleurs bonus DVD que j’ai vu jusqu’à maintenant. On comprend mieux l’homme, l’éternel ado cinéphile, derrière le gros nom qu’est devenu Tarantino.

    • À propos du ”palmarès Tarantino”, si on regarde froidement les chiffres sur Metacritic (user + meta) et sur IMDB, on se retrouve avec Pulp Fiction comme l’indétrônable chef d’oeuvre, puis ensuite ça se dispute le reste du podium entre Reservoir Dogs, Kill Bill vol. 1 ou vol. 2.

      Mais, bien entendu, on est libre de frapper du poing sur la table et d’y aller complètement à contre-courant en affirmant que le podium est constitué de Jacky, Death proof et Basterdz. Ce qui, dans certains univers parallèle, fait beaucoup de sens.

    • @hlynur

      ”Il a pas tort. Autrement, le gâtisme finirait par lui faire inéluctablement de l’oeil.”

      QT a 49 ans… Ce n’est pas un athlète de calibre mondial, c’est un cinéaste!
      À 49 ans, pour certains métiers demandant des qualités intellectuelles/humaines, c’est considéré comme trop jeune (politique).

      Si à 49 ans tu es ”fini” comme cinéaste, ça va pas ben! Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de règle ou de lien précis concernant l’âge/qualité. Tu peux avoir un cinéaste qui excelle lorsque plus vieux et l’inverse également.

      Non, le vrai problème de Tarantino c’est qu’il est victime de lui-même. De son ego d’abord mais aussi de son produit, qui est fondamentalement basé sur le Coolness et le référenciel. L’ennui, c’est que verser dans l’auto-référenciel alors que ton style est déjà dans le référenciel coolish, ça peut devenir un brin redondant voire même pathétique. Et je suis sûr qu’il le sait très bien.

      Anyway, s’il prend sa retraite trop tôt, il reviendra en courant. Et c’est là qu’il pourrait se casser la gueule solide.

    • à vrai dire, je trouve que Death proof est davantage “impeccable” que Kill bill 2, et Inglorious basterd. C’est un vrai défi de réalisation, les dialogues sont top (au moins meilleur que ceux de Kill bill 2). Mon problème avec Kill bill 2, c’est 1) le ton: y a des fausses notes 2) les dialogues: le monologue de superman est une diahrée verbale. Le monologue du serpent ne mérite pas l’attention que le film lui accorde. Côté réalisation, Tarantino se lâche lousse. Mais est-ce vraiment excellent? Le film enchaine les hommages, et parfois c’est bien, mais jamais je suis époustoufflé. Tarantino rend ses meilleurs hommages lorsqu’il réinvente la scène, et qu’elle s’intègre bien dans le contexte du film. Par exemple, la scène de la danse de bande à part. Coup de génie.

    • @ Kurtz

      “Pam Grier est le lapin qui fait courir les autres et le spectateur dans ce film. Elle est le fil conducteur, et pas un faire-valoir, ce qui est doublement génial, considérant la référence à la blaxploitation.”

      Jackie Brown n’en reste pas moins insipide pour du Tarantino, lui qui nous a habitué à des personnages plus grands que nature. Pas étonnant que les gens n’ont pas aimé un personnage de pauvre fille sans ambition ni éclat qui ne fait pas grand-chose de tout le film à part de faire ce qu’on lui dit de faire (ou de faire semblant).

      “Bref, pas du tout le même jeu ni le même personnage.”

      Pas le même personnage, mais tout à fait le même jeu. Samuel L. Jackson n’est déjà pas un acteur bénéficiant d’un grand registre, dans Jackie Brown il se contente de jouer son habituel rôle d’homme noir fâché. La seule différence, c’est qu’ici, c’est le méchant et il est censé être inquiétant.

    • Premières réactions fort positives sur Twitter, après le visionnemnet de presse de Django Unchained aux USA.

    • “Mais, bien entendu, on est libre de frapper du poing sur la table et d’y aller complètement à contre-courant en affirmant que le podium est constitué de Jacky, Death proof et Basterdz. Ce qui, dans certains univers parallèle, fait beaucoup de sens.”

      Des trois, Jackie est le seul qui a les qualités pour aspirer au thrône. Un film parfait. Mais quand on a bousculé le cinéma comme l’a fait pulp fiction, ca a pas le choix que Jackie sera oublié, et d’abord défendu par les critiques qui vont nécessairement le surestimer (Sight & sound), en faisant l’erreur d’essayer de lui donner de la place et de l’attention en discréditant ou en diminuant les “chef d’oeuvres évidents”. Perso, je suis incapable d’opposer mes 4 films préférés de Tarantino.

    • “Jackie Brown n’en reste pas moins insipide pour du Tarantino,”

      le mot insipide est ironiquement assez mal choisi.

    • Sinon pour revenir au vrai sujet du thread, l’héritage de QT, je peux facilement comprendre sa vision à long terme. Il n’a jamais voulu pointer Coppola pour des raisons qu’on connait, mais c’est évident que pour lui ce géant des années 70 n’est plus que l’ombre miniature de lui-même. Y a 10 ans, je lisais déjà sur le fait qu’il faisait la queue pour réaliser des commandes d’hollywood. Pour un réalisateur qui a fait 4 chef d’oeuvres et qui devrait être consacré trésor national du cinéma américain, ca me faisait mal au coeur.

      Tant mieux s’il continue à tourner des films en 2012 et qu’il réussit à faire quelque chose de bien avec Twixt.

    • «Premières réactions fort positives sur Twitter, après le visionnement de presse de Django Unchained aux USA.»

      Certes. Mais aucune mention au palmarès du New York Critics Circle.
      Un baromètre qui ne veut rien dire. J’en conviens.
      Mais malgré cela, ce film ne m’emballe réellement pas.
      Allez savoir pourquoi.

    • “À propos du ”palmarès Tarantino”, si on regarde froidement les chiffres sur Metacritic (user + meta) et sur IMDB, on se retrouve avec Pulp Fiction comme l’indétrônable chef d’oeuvre, puis ensuite ça se dispute le reste du podium entre Reservoir Dogs, Kill Bill vol. 1 ou vol. 2.”

      Le fait que beaucoup de monde aient tort ne prouve pas qu’ils aient raison.

    • D’accord avec unholy_ghost et kurtz. Jackie Brown est de loin son meilleur film. Pulp Fiction, certes, pour l’impact qu’il a eu sur le cinéma américain à une époque particulièrement charnière. Cela dit, l’approche de fanboy pré-pubère, la suresthétisation complaisante de la violence, l’obsession de la vengeance comme seul moteur narratif, très peu pour moi. Inglorious Basterds, du reste, est une sous-daube qui mérite le mépris de tous. Ce révisionnisme racoleur et simplet, cette façon de spectaculariser un conflit historique tout en évitant soigneusement d’en éviter les véritables enjeux, cette évacuation pour trop commode de toute implication morale, les tics de mise en scène surannés, tout dans ce film invite au mépris. Son plus grand talent est sans contredit d’avoir convaincu la critique qu’il était un génie.

    • @strovonsky

      IB est un bon film ne serait-ce que pour les dialogues, les personnages et le jeu des acteurs. Le simple fait d’écrire un film où les personnages utilisent leurs langues maternelles est déjà exceptionnel. Non seulement Tarantino a réussi ce tour de force mais en plus il s’est amusé avec les subtilités des langues, les accents etc. Les différences de langues jouent un role, ce n’est pas seulement un caprice d’auteur. Ca amène vraiment quelque chose de plus au film.

      C’est un film qui a beaucoup d’humour également. Exemple, la scène où Brad Pitt se fait passer pour un Italien est très drôle. Ca fait penser a du Molière. Du Molière sur l’ecstasy mais quand même, c’est un peu l’esprit.

    • Jackie Brown est le seul film de Tarantino basé sur un roman.
      c’est peut-être pour cela que je ne ressent pas son délire, comme s’il devait rester respectueux a certains égards.
      il contrôle mieux, il est plus délicat, mais il n’y a pas cette fraicheur que l’on retrouvait dans reservoir dogs (mon préféré) ni les coudés franches de scénaristes de Pulp. (revoir la scène de danse)

    • “Jackie Brown”, vu pour la première fois il y a quelques mois — qui sait pourquoi j’avais toujours passé outre –, j’en suis vraiment resté bouche-bée: excellent de long en large, au scénario diaboliquement habile.

    • Bizarre. Moi, son film sur la montée du féminisme (death proof) est mon préféré. Ex-aequo avec Pulp Fiction. Depuis, que des films sur la vengeance.

    • Moi j’aimais bien Tarentino quand il faisait des films pour faire des films, pas juste pour faire du Tarentino…
      Il est devenu même si jeune, une caricature de lui-même. Il me fait penser à un Jack Nicholson qui s’est contenté de refaire les mêmes grimaces et les mêmes pitreries pendant ses dix dernières années à l’écran.
      L’explication vient de sa bouche même: il ne veut pas rien faire qui pourrait “faire baisser sa cote au palmarès”!!! Oufff; il s’aime un peu beaucoup le monsieur. A legend in his own mind. Ça doit être à cause de ce narcissisme galopant qu’il a cessé de faire de bons films depuis un bon bout de temps. À moins d’une bien hypothétique reprise de contact avec la réalité, il ne réussira jamais à égaler ses premiers films, Jackie Brown, Reservoir Dogs et Pulp Fiction. Même ce petit bijou de True Romance qu’il avait scénarisé, et où son génie pointait déjà la bout du nez… avant que son égo ne le détruise.

      @ kurtz: tant que Scott et Scorcese vont faire des films, je vais aller les voir; ils font des films par amour du septième art, pas de leur propre légende, eux!

    • “Ce révisionnisme racoleur et simplet, cette façon de spectaculariser un conflit historique tout en évitant soigneusement d’en éviter les véritables enjeux, cette évacuation pour trop commode de toute implication morale, les tics de mise en scène surannés, tout dans ce film invite au mépris. Son plus grand talent est sans contredit d’avoir convaincu la critique qu’il était un génie.”

      N’importe quoi! Même Claude Lanzman n’a rien trouvé à redire sur le film, c’est dire. Je comprends qu’on ne peut spectaculariser la Shoah, mais un conflit, vraiment? Combien de films passent ainsi à la trappe? Révisionniste, ensuite! On parle de fiction qui se veut clairement non réaliste. Changer le cours de l’histoire est une technique romanesque conventionnelle (Philip Roth a fait la même chose). Tarantino ne cache rien, ne prend personne par surprise. Après, de se drapper dans la morale à chaque fois, il y en a marre de ce réflexe qui annihile la liberté de création.

    • strovonsky n’a visiblement pas compris que IB est une uchronie… Ceci dit, Jackie Brown est de loin le meilleur film de Tarantino.

    • Death Proof est le film de QT que je préfère. Vers la fin, il atteint un niveau d’abstraction assez magnifique où tout n’est plus que frénésie, mouvement et couleur. À côté, le reste de l’oeuvre apparaît parfois un peu lourd et potache.

    • Death proof était vraiment mauvais, ça on le sait. Le but était de faire des films de série B, celui de Rodriguez, au niveau de la violence et le sien, au niveau du jeux et des dialogues dignes des films qui passent les avant-midis de fin de semaine…

      Contrairement à certains, j’aime bien Tarantino, sans plus alors que pour d’autres, c’est l’amour fou ou la haine.

    • “Même Claude Lanzman n’a rien trouvé à redire sur le film, c’est dire.”

      Vraiment? Ça c’est surprenant. Faut dire que le film n’a pas grand-chose à voir avec la Shoah, outre la scène d’ouverture.

    • Il a même aimé le film.

    • @jon8

      “Ce qui, dans certains univers parallèle, fait beaucoup de sens.”

      Ce qui est bien avec toi Jonou c’est que tu crois que les idées reçues du plus petit commun dénominateur sont la Réalité et que tout ce qui en sort n’est qu’univers parallèle.

    • Tarantino me laisse froid dans l’ensemble, même si ces films font l’effet un peu cheap (et irremplaçable il faut l’avouer) d’un bon Sundae avec une cerise su’l top. J’en manque pas un et j’y trouve un plaisir coupable.

      Mais son immense faiblesse d’écriture (ghost dira évidemment que c’est voulu) est de projeter sa propre psyché sur tous les personnages. En littérature, c’est du pur fail. Les dialogues chez Tarantino, c’est Tarantino avec des nichons qui parle à Tarantino avec un gun. Agaçant. Ça plaît aux ados, réels et attardés.

      Sinon c’est un styliste. Kill Bill est un chouette vidéoclip. Un grand cinéaste ? Loin s’en faut.

    • Ce qui est surtout bien lorsqu’on détermine ainsi des “univers parallèles”, c’est qu’on a plus besoin de penser; tout est cuit.

    • “Madame Bovary, c’est moi” a dit l’autre.

    • Je trouve toujours amusant de voir des gens critiquer le cinéma de Tarantino pour son verbiage, son style “cool“ ou ses nombreux hommages au cinéma. Si vous voulez des réalisateurs sans identité, il y a toujours Hooper pour vous satisfaire. C’est la même chose que de critiquer Allen pour son verbiage ou Lynch pour l’aura mystérieux de ses films ou Mallick pour sa capture de la nature. Il y a suffisament de réalisateurs sans saveurs qu’on ne va pas se mettre à critiquer les réalisateurs marquants du cinéma pour les qualités qui en font des réalisateurs marquants de qualité. Tarantino, en vieillissant, a grandement amélioré sa technique, ce qui fait que IB est son oeuvre la plus accomplie et j’attend avec impatience Django. Il ne devrait pas mettre une limite à sa carrière. Sa seule limite devrait être lorsqu’il sentira qu’il n’a plus rien à dire sur le cinéma.

      Tant qu’à Death Proof, c’est du délire parfaitement maîtrisé et divertissant. C’est un peu comme les mauvais films de Allen, ils sont quand même meilleurs que la majorité des films sortis la même année.

      @strovonsky
      À part de vous répondre par “N’importe quoi!“, je ne sais pas quoi vous dire….

    • @boulga

      C’est assez courant de voir des auteurs projeter leurs propres psychés dans leurs personnages. Molière le premier. Il est toujours très présent dans ses personnages. Et c’est une bonne chose, c’est pour ca que tu vas voir une pièce de Molière. Parce que sa psyché est très présente.

      C’est la même chose pour Dosto, Céline et autres gros noms du genre. Est-ce que Céline projet sa psyché dans ses livres? C’est a peu près tout ce qu’il y a dans ses livres, sa psyché.

    • @renaud

      Bien sûr. C’est entendu. C’est de projeter la même (même pas une facette de) sur TOUS les personnages qui est agaçant. Un bon diaologue n’est pas un monologue intérieur, ni chez Molière, ni chez Céline, ni chez personne qui a du réel talent de dialoguiste.

    • “Mais son immense faiblesse d’écriture (ghost dira évidemment que c’est voulu) est de projeter sa propre psyché sur tous les personnages. En littérature, c’est du pur fail. Les dialogues chez Tarantino, c’est Tarantino avec des nichons qui parle à Tarantino avec un gun. ”

      bonne remarque; surtout vrai pour Inglorious et Kill bill.

      Les meilleurs dialogues de QT sont les dialogues de bruit de fond: quand ils sont là pour déconcentrer/stimuler le spectateur dans une scène où quelque chose de plus important se passe.

      Ex: la scène de l’ascenceur au début de pulp fiction
      Ex: la discussion sur le japon dans Jackie brown entre Fonda et De Niro, juste avant la baise
      Ex: toute la scène de la taverne dans IB

      Exemple de dialogues qui sonne faux, parce que c’est pile sur le contenu et sur le thème: la scène de ménage dans la finale de kill bill 2.

    • Je ne veux pas dire que ca sonne faux PARCE QUE c’est pile sur le thème. Je voulais dire que je constate que ca coïncide, encore une fois.

    • @boulga

      On peut ne pas aimer son style de dialogues et trouver qu’il se répète mais Tarantino a un réel talent de dialoguiste. C’est une évidence. Il y a une musique Tarantino. Musique que des dizaines de réalisateurs ont tentés de copier sans trouver les bons mots.

    • @cinematographe 11h11
      «Pas grand’chose à voir avec la Shoah, outre la scène d’ouverture»?

      (Scène d’ouverture calquée sur l’ouverture du Good, Bad & Ugly de Leone : la musique, la lumière, le repas, les cadrages, le tueur qui vient exterminer une famille.)

      Et la scène d’extermination des nazis dans la salle de cinéma? Par le feu.

      Mais IB est une fantaisie…

      Jackie Brown reste mon préféré pour son équilibre. Souvent, les «morceaux de bravoure» dans des films plus moyens emportent la mise. Mais c’est parfois de l’esbroufe. QT a les défauts de ses qualités.

      On a peu parlé ici de Reservoir Dogs, un des meilleurs premiers films des 20 dernières années.

    • Cette fameuse scène d’ouverture que Tarantino a lui-même qualifié de sa meilleure, je l’ai trouvé bonne, mais imparfaite. En tout cas, loin d’être sa meilleure. En fait, la scène de la taverne lui est supérieure. Oui l’hommage à Leone; oui la présentation savoureuse du nazi gentil-mais-qu’on-sait-qu’-il-sera-pas-si-gentil-bientôt; oui le passage où il passe du francais à l’anglais est une excellente idée. Mais personnellement je trouve cette ouverture quelque peu imparfaite, parce que légèrement trop complaisante. On sent que Tarantino nous dit: “vous savez à quel point je suis capable d’écrire des dialogues qui tournet autour du pot? Voyez ce que je vais faire: le nazi va demander poliment de voir un verre de lait, justement au moment où la tension est très grave!. Et devinez quoi? Quand il aura fini, il va complimenter le fermier! Que pensez-vous de ca?”.

    • Oui, Tarantino est un bon dialoguiste, mais il est complaisant. Et cette auto-complaisance a gâché un réel talent. Il est comme un guitariste soliste qui s’écoute blower pendant 8 minutes, émerveillé par sa propre maestria…

      On parle de son meilleur film ? True Romance.

    • attention au venin, boulga, tu as l’écume à la bouche!
      ;-)

    • une chose est certaine: vous m’avez donné le goût de revisionner Jacky Brown. Je gardais un souvenir un peu gonflé de Pulp et un revisionnement récent à fait légèrement dégonfler la baloune. Possible que l’inverse arrive avec JB.

      Par contre, je trip à chacune des fois où je me tape Reservoir.

    • “Mais son immense faiblesse d’écriture (ghost dira évidemment que c’est voulu) est de projeter sa propre psyché sur tous les personnages. En littérature, c’est du pur fail. Les dialogues chez Tarantino, c’est Tarantino avec des nichons qui parle à Tarantino avec un gun. Agaçant. Ça plaît aux ados, réels et attardés.”

      Tout ça ne résiste pas à une analyse le moindrement rigoureuse. Strictement rien à voir entre la psychologie et les tics des dialogues du pervers Landa et du bon gars LaPadite (début), du fruste Aldo Raine et de la résolue et cultivée Shoshanna, entre le naïf et violent Zoller et le brillant trop confiant Hicox, etc. etc. On pourrait faire le même constat de tous les films de Quentin: quel rapport entre le sentimental Keitel et le psychopathe Madsen dans Reservoir Dogs, entre le petit con Travolta et l’illuminé L. Jackson dans Pulp Fiction, le pimp L. Jackson et le taiseux De Niro dans Jackie Brown? Rien de rien. Bref, de la bouillie pour les chats.

      Quand à l’argument ad personam des ados attardés, venant d’un adulte adepte des niaiseries archilaides de Michael Bay, je dirais que ça fait beaucoup d’ados attardés parmi les cinéphiles et meilleurs critiques de la planète, mais c’est bien possible, qui sait…

    • “On parle de son meilleur film ? True Romance.”

      À mon avis c’est parce qu’il y a Patricia Arquette qui joue la Tarantino avec des nichons…

      Pour le reste, il y a une grande scène (Walken-Hopper) et pas tellement plus.

    • @goupil

      Ché pas comment j’ai fait pour oublié l’incendie…

    • @ghost
      ”jonou” c’est bon, j’aime :-)

    • Ce qui a de tarantinesque dans ses dialogues c’est de les étirer démésurément (le cinéma américain n’aime plus la parole), de tourner autour de références populaires détournées (Madonna, Royal Cheese, etc.). Pour le reste, Tarantino parle avec beaucoup de gestes saccadés, en passant du coq à l’âne, et aucun de ses personnages ne parlent comme cela.

    • Par ailleurs, ce qui revient dans chaque film de Tarantino ce sont les héroïnes qui bottent des culs. Cinéma très féministe ou féminin de ce point de vue. C’est une influence clairement hawksienne: il y a toujours ces clever girls courageuses avec beaucoup d’esprit chez Hawks.

    • “Sinon c’est un styliste. Kill Bill est un chouette vidéoclip.”

      Donc tout film qui a un montage rapide est un vidéoclip? Je suis heureux d’apprendre que Eisenstein et tout le cinéma asiatique d’action sont des vidéoclips. Pour le reste, l’esthétique du long plan fixe de Tarantino, de facture très classique, ne peut pas être plus éloigné du clip.

    • Les sexploitations movies ont toujours un peu usé de ce argument pour défendre leur genre. Oui la fille se fait battre, violer, humilier avec une mis en scène spectaculaire, laisser pour morte. Mais à la fin, qui est le véritable héro? Qui est le plus puissant? inébranlable? C’est la fille. Vous voyez, le film n’est pas mysogine!

      Ces films de victimes/superhéroines sont à double tranchant, parce qu’ils confortent les créateurs et les spectacteurs dans leur convictions qu’ils ne peuvent être mysogines, et qu’ils n’aiment pas réellement la violence, car si c’était le cas, la fille ne finirait pas toute puissante. Ca me fait penser à orange mécanique. J’adore ce film pour différentes raisons, mais je n’irais pas jusqu’à dire que j’aime la violence du film parce que le vrai message du film est politique. Tarantino lui-même dénoncait cette hypocrisie chez Kubrick. C’est aussi un cliché très répandu dans la pornographie: la fille se fait forcer la main, mais ne vous en faites pas, elle finit par devenir la tigresse.

      Beaucoup de psychologie masculine à étudier là-dessous.

      Pour la défense de Tarantino, Jackie brown est l’anti-thèse de ce que je décris.

    • Kill bill un videoclip? Bah pourquoi pas, si c’était un compliment. Même débat que pour la BD.

    • Forcément, que les personnages sont ‘différents’ chez Tarantino, comme chez n’importe quel auteur. Aux antipodes, mêmes. Comme Tintin peut l’être de Haddock et Haddock de Tournesol. Pourtant, on peut copier-coller nombre des répliques des personnages de Tarantino, et même d’un film à l’autre. Impossible à faire chez Hergé.

      En outre, les personnages semblent toujours avoir un tempo d’avance, ils connaissent à l’avance ce que l’autre personnage va dire. Ça paraît juste trop que ça sort d’un seul esprit.

      Rien de rien ? Voyons donc. Ils ont tous les mêmes références culturelles, même s’ils n’ont pas le même âge.

      Le vidéoclip ne tient pas qu’au montage. Il donne une primauté (forcément) à la trame musicale. Ce n’est pas qu’un défaut en cinéma, mais à beaucoup d’égards ça peut être une béquille. Sinon c’est vrai, ses longs plans séquences sont souvent admirables.

      Les héroïnes qui bottent des culs y’a ça aussi chez Russ Meyer; ça n’en fait pas un cinéaste générationnel pour autant. L’équivalent du roman de gare noir bien torché. C’est bon, mais pas de quoi crier au génie.

    • Jackie Brown offre les personnages les plus authentiques de Tarantino. C’est là que Tarantino s’attarde le plus à la véritable psychologie de personnages, à leur faire dire des répliques qu’eux seuls peuvent dire, versus à-la godard, tout le monde peut dire la même chose.

      Ca ne veut pas dire que ce sont ses meilleurs personnages.

      Personnellement mon favori est le personnage Waltz, une des plus grandes combinaison acteur/personnage de l’histoire.

    • Eturgeon, vous avez raison, je dirais que c’est plus féminin que féministe: il s’identifie clairement aux personnages féminins. De toute façon, ce que vous dites de l’ambiguïté des personnages féminins est le fond du débat sur les riot girls: certains féministes les voient comme des figures de libération, certaines comme des figures d’aliénation à la représentation masculaine. On n’en sort pas. Certains voient Tarantino comme anti-Noirs, d’autre le contraire.

    • Boulga, encore là tu ne donnes pas d’exemples, mais ça ne résiste pas non plus à l’analyse.

    • “Le vidéoclip ne tient pas qu’au montage. Il donne une primauté (forcément) à la trame musicale. Ce n’est pas qu’un défaut en cinéma, mais à beaucoup d’égards ça peut être une béquille. Sinon c’est vrai, ses longs plans séquences sont souvent admirables.”

      Il y a un côté juke-box chez lui car il préfère la chanson au BO classique, mais ce n’est pas une influence du vidéo-clip, mais de Scorsese dans Mean Streets et de Godard (Bande à part).

    • “En outre, les personnages semblent toujours avoir un tempo d’avance, ils connaissent à l’avance ce que l’autre personnage va dire. Ça paraît juste trop que ça sort d’un seul esprit.”

      Au contraire, les personnages ne savent jamais où veut en venir celui qui raconte la longue histoire qui s’étire.

    • J’adore justement son côté juke-box. Lui et Kubrick n’avaient aucune honte à emprunter de la musique populaire. Le seul critère qui m’intéresse est de savoir si c’est la musique idéale pour une scène. Tarantino fait toujours des choix marquants. La preuve: il s’approprie souvent la chanson et la rend indissociable de son film (stuck in the middle with you, qui renvoie à singin in the rain, etc.).

    • ”La preuve: il s’approprie souvent la chanson et la rend indissociable de son film”

      L’apport de QT pour la bande sonore, voire même la musique, est quasiment aussi grand que pour le cinéma. J’entend encore des tounes/albums qui semblent avoir été créés pour être utilisés dans un film de Tarantino. De même, depuis Pulp Fiction, le paysage des bande sonore n’est plus du tout pareil. Le soundtrack de Broken Flowers est tellement d’inspiration QT que ça frise le plagiat. Et c’est un exemple parmi mille.

      De mon point de vue, le génie de Tarantino se trouve beaucoup là. Même que l’essentiel de son style est possiblement dû à ses trames sonores.

      Qui a choisi celle de NBK, au juste?

    • Aucune idée. Sûrement pas lui, puisqu’il renie le film complètement.

    • Voici les crédits:

      Music Department
      Budd Carr …. executive music producer
      Art Ford …. music consultant
      Alex Gibson …. music editor
      Carlton Kaller …. music editor
      Sylvia Nestor …. associate music supervisor
      Denise Okimoto …. assistant music editor

      Oliver Stone …. executive album producer (uncredited)

    • Jeune, j’ai tellement écouté la bande sonore de Natural Born Killer, c’est incroyable. J’ai découvert Leonard Cohen comme ça, d’ailleurs.

      Tarantino devrait peut-être terminer sa carrière en faisant un remake de NBK ou True Romance. Pour boucler la boucle.

    • Faudrait bien que je le revois, je ne l’ai vu qu’une fois début ado, et c’était avant même de savoir qui était QT et d’avoir vu un de ses films. Je me souviens uniquement que c’était violent et sadique, mais je ne peux pas dire si j’ai aimé, et je ne suis incapable de me souvenir si le scénario au bout du compte sonne comme un Tarantino. Est-ce autant un “vrai Tarantino” que True Romance est un vrai Tarantino? Malgré le fait qu’il ne le réalise pas et que le script a été réécrit?

    • Tarantino a voulu le faire avec un budget de 500,000$ dans le temps, et je crois que ça aurait été mauvais.
      Finalement, le destin a voulu que ce soit Reservoir Dogs son premier. Une bonne chose.

      Mais, oui. C’est bien plus un film de Tarantino qu’un film de Oliver Stone à mon avis. On voit un film de Stone, mais on ressent l’esprit de Tarantino de A à Z. Même si ce n’est plus le scénario de la perspective du journaliste mais du couple de tueurs.

    • Wow, j’ai manqué mon sujet de l’année!

      J’ai lu tous les commentaires, fort intéressants!

      Mes deux sous :

      J’adore Quentin Tarantino, un des réalisateurs les plus « racés » : un film de QT se reconnaît en moins de 5 minutes, parfois même depuis le générique (Gaspar Noé le coiffera-t-il dans 10 ans?) et les premières 30 secondes de la trame musicale. C’est unique! En ce sens (marque indélébile de la trame sonore), j’abonde dans le même sens que jon8

      Comme tous l’ont dit, le développement de l’intrigue et d’un crescendo par des scénarios profonds et souvent renversants fait également parti de sa signature. Avec le recul, pas loin de la moitié de mes scènes favorites à vie proviennent de films de QT ou de Fincher… et la scène de la taverne dans I.B. est clairement dans mon top 10 à vie… et évidemment, la scène de la ferme est également géniale… sans oublier la scène du milk shake dans Pulp Fiction, de la danse dans P.F., de l’overdose dans P.F., etc. etc.

      Autre point : tous les personnages de Q.T. sont mémorables, autant ses vilains [qui ont toujours quelque chose d’attirant et/ou d’attachant] que ses héros [souvent anti-héros].

      Mes préférés : Pulp Fiction, évidemment, et Kill Bill 1 & 2. J’ai beaucoup aimé tous les autres également; j’ai préféré Bullet Proof à Jackie Brown, B.P. ayant au moins le mérite d’être différent des autres et, de l’aveu même de Q.T. dans les suppléments DVD, le film de cascades de voitures qu’il avait toujours rêvé de tourner… et j’ai trouvé Kurt R. vraiment bon dans son rôle de vieux mononc maniaque… et j’ai encore une fois adoré les dialogues. Bref, un bijou de simili série B bien que ce ne soit habituellement pas du tout mon genre de film!

      De plus, pour la première fois en plusieurs années, je suis d’accord avec tous les commentaires de Ghost sur ce billet (sauf pour son film préféré de Q.T.; évidemment que son choix peu orthodoxe ne me surprend guère)! 

      Bien hâte à Django… et Kill Bill 3!

    • Vous voyez, Procosom, vous ne pouvez pas être complètement mauvais…

    • @procosom : Ho le beau lapsus, c’est Death Proof et non Bullet Proof. Allez en paix!

    • @ Ghost

      Juste assez “mauvais” pour considérer Jackie Brown le “pire” film de Q.T., quoique très bien!

      Techniquement c’est peut-être son plus accompli (meilleur que Pulp Fiction et Kill Bill, vraiment?!?), mais on ne vibre tout simplement pas ni face à l’intrigue qui n’est ni viscérale ni exceptionnelle, ni face au désarroi des personnages (quoique très bien joués tout en nuance par certains), ni face au casting/jeu de certains acteurs (Bridget?!? SVP… Pam, OK sans plus!).

      Aussi, comme l’ont dit certains, si l’ordre avait été inversé entre P.F. et J.B., peut-être que ce dernier eut été plus apprécié… mais après un chef d’oeuvre comme Pulp Fiction? Aucune chance…

    • @ hxlsux

      Oups! Ça m’apprendra à rédiger entre 2 dossiers sur la job… :)

    • Bien d’accord avec @procosom!
      Jackie reste un film de qualité mais il n’y a rien de bien vibrant, c’est intéressant mais ça le lève pas.
      Je ne comprend pas les gens qui méprisent Tarantino parce qu’il est référentiel dans son travail, c’est sa marque de commerce! C’est ce qui le distingue des réalisateurs de son époque, c’est l’intégration d’hommages au 7e art dans ses films, autant dans le montage, que le choix musical, et j’en passe. J’en convient, l’intrigue de Kill Bill est plutôt mince mais c’est justement pour laisser la place à tout le ‘mess’ de références et d’autoréférences qu’il contient, c’est ça le trip Kill Bill!

      Tarantino c’est définitivement un grand qui aura marqué l’histoire du cinéma. Django m’attend.

    • Perso je n’ai aucun problème avec le fait qu’il soit référenciel. C’est au contraire ce que j’aime. Tout le monde n’a pas la même définition de ce qu’est une “référence de bon goût”. Les deux seuls films avec lesquels j’ai des problèmes avec le “ton” de certaines références sont kill bill 2 et Inglorious basterds. Mais dans tous les cas, ce n’est pas du mépris. Ca demeure supérieur à à peu près tout ce qui sort d’hollywood.

    • “mais on ne vibre tout simplement pas ni face à l’intrigue qui n’est ni viscérale ni exceptionnelle, ni face au désarroi des personnages (quoique très bien joués tout en nuance par certains), ni face au casting/jeu de certains acteurs (Bridget?!? SVP… Pam, OK sans plus!).”

      le synopsis n’a rien d’exceptionnel, je suis d’accord. Par contre l’intrigue est excellente lorsqu’on s’intéresse à la psychologie des personnages. Aucun autre film de Tarantino ne s’attarde autant à la psychologie des personnages à chaque scène. On pourrait presque dire que toutes les scènes du film servent à définir de plus en plus chaque personnages. Contrairement à Pulp/reservoir/kill bill (qui m’exaltent davantage moi aussi), Jackie est totalement un film de personnages. J’adore personnellement Bridget Fonda, elle est parfaitement castée. Tarantino est capable de sortir le meilleur de chaque acteur. Je le crois lorsqu’il disait vouloir caster Britney spears. De niro avec son rôle de minable offre une performance mémorable, surtout lorsqu’il est confronté à Fonda. Foster et Grier sont aussi excellents.

    • @ eturgeon

      Vrai que De Niro était excellent dans son rôle de “minable”; on ressentait vraiment sa petitesse et sa lâcheté. Parfaitement bien joué!

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