Jozef Siroka

Archive du 13 novembre 2012

Mardi 13 novembre 2012 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (11)

Side Effects de Soderbergh : Lolita sur le Valium…

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Quand on pense à «réalisateur efficace», le nom de Steven Soderbergh se doit d’être parmi les premiers à surgir en tête. Le cinéaste en pré-retraite a traité dans sa dense carrière pas mal tous les sujets, genres et styles issus du répertoire. Et il nous a rarement déçus. On l’accuse parfois de trop intellectualiser le cinéma, d’aborder froidement ses films tel un doctorant motivé à déconstruire le plus de facettes possibles du septième art, empressé d’en finir avec sa thèse. C’est peut-être vrai, mais son oeuvre est menée avec tellement de passion et d’intelligence, que je n’y vois rien de péjoratif.

Side Effects est en principe l’avant-dernier long métrage de Soderbergh, lui qui a annoncé en janvier 2011 en avoir fini avec le cinéma. (Son chant du cygne, le biopic sur Liberace Behind the Candelabra avec Michael Douglas et Matt Damon, devrait être prêt pour le prochain Festival de Cannes). Il s’est entre-temps montré caractéristiquement prolifique, avec trois excellents efforts : le film catastrophe Contagion, le thriller d’action Haywire, et le drame de danseurs nus Magic Mike, assurément une de ses plus belles réussites, tant du point de vue commercial, public et critique.

Son dernier, qui explore le phénomène de l’industrie pharmaceutique, et des antidépresseurs en particulier, raconte l’histoire d’une «jeune femme (Rooney Mara) soupçonnée d’un meurtre qui a d’effrayantes implications pour les fabricants des psychotropes qui lui sont prescrits». La bande-annonce, mise en ligne il y a deux semaines, laisse présager un suspense teinté de film noir.

Le scénariste de Side Effects, Scott Z. Burns, qui a travaillé avec Soderbergh sur The Informant et Contagion, a décrit en entrevue à Entertainment Weekly le potentiel dramatique du sujet :

Les antidépresseurs figurent parmi les médicaments les plus vendus au pays. Quand on observe nos amis, les membres de notre famille qui luttent contre la dépression, qui prennent ces pilules – et le fait que la communauté médicale ne sait pas comment ces médicaments fonctionnent, cela devient une zone qui, je crois, est mûre pour des histoires assez intéressantes.

Le scénariste ajoute que le film se veut dans la tradition des mindfucks à la Hitchcock. Il cite également comme influences Repulsion de Roman Polanski, un huis clos psycho-sexuel avec une Catherine Deneuve aux agissements inquiétants, et Lolita de Vladimir Nabokov, roman à scandale sur un romancier qui vit une liaison avec une «nymphette» de 13 ans, et qui fameusement été adapté par Stanley Kubrick. Burns précise :

C’est en quelque sorte une âme soeur et une suite à ce que Nabokov aurait pu avoir fait avec Lolita. Évidemment Rooney n’est pas aussi jeune; elle n’est pas une adolescente dans ce film. Mais je crois que lorsque les filles se sexualisent à l’adolescence et grandissent, il y a tout un lot de comportements qu’elles acquièrent qui leur permettent de manipuler le monde qui les entoure. Et elles se font largement offrir ces outils par des hommes qui cherchent à être manipulés.

Avec aussi Channing Tatum, Jude Law et Catherine Zeta-Jones. En salles le 8 février.

À lire aussi :

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