Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 12 novembre 2012 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (237)

    Les goûts populaires se discutent-ils?

    ShawshankRedempt_095Pyxurz

    En lisant l’autobiographie de Roger Ebert, Life Itself – qui sera bientôt adaptée en un long métrage produit par Martin Scorsese – je suis tombé sur une réflexion très simple qui ne cesse pourtant de me démanger : «Look at a movie that a lot of people love, and you will find something profound, no matter how silly the film can be».

    Cette citation s’applique à l’éternel débat quant à la réelle valeur d’un film ayant connu un retentissant succès commercial et/ou acquis une pérennité cultutrelle. La question de la profondeur, selon Ebert, ne s’applique pas forcément à la qualité artistique des blockbusters et autres films-cultes, mais à ces variables imprévisibles qui font en sorte que le public va se ruer en masse pour les voir, ou revoir. Une savante campagne marketing peut vous mener jusqu’à un certain point, certes, mais il n’y a pas de recette magique (voir John Carter).

    La popularité des Avatar, Harry Potter, Pirates of the Caribbean et autres The Dark Knight ne permet peut-être pas d’assembler un portrait rendant justice à l’état cinématographique de notre époque (et elle a beaucoup à voir avec le simple facteur de l’accès étendu en salle et en vidéo), mais elle est garante des goûts de la majorité. Il est facile pour les cinéphiles pointus de dénigrer cette réalité, d’en faire abstraction, de trouver mille et une failles au jugement de la «masse».

    J’ai moi-même ragé contre les apôtres de merdes comme Forrest Gump, Slumdog Millionaire ou Big Daddy, me sentant parfois victime d’un épisode de Twilight Zone; condamné à vivre dans une réalité parallèle. Je percevais les louanges d’autrui envers ces films comme une forme d’abus psychologique. Mais je me suis calmé depuis. Je sais que plusieurs ne seront pas d’accord, mais l’acceptation et le respect sincère du goût populaire (mais pas forcément de tous les films populaires) est une étape cruciale vers l’harmonie personnelle. L’alternative est la misanthropie.

    Et ce n’est pas tout noir. Prenons par exemple le Top 250 d’IMDb, document démocratique par excellence de la cinéphilie mondiale (en fait, surtout occidentale), qu’on peut visualiser à travers ce récent montage épileptique gracieuseté de Keough.

    The Shawshank Redemption trône toujours en tête de la liste d’IMDb. Des théories ou explications?

    À lire aussi :

    > Aux USA, les goûts sont bleus et rouges


    • Combien de films américains sur ces 250?
      Je parie: davantage que les films français, italiens, allemands, russes et japonais mis ensemble. Pourquoi ne pas appeler ce palmarès par son nom: les 250 films qu’un public américain qui n’a aucune idée de ce qui se fait ailleurs… dont quelques-uns fait ailleurs pour se donner bonne conscience…
      Consternant.
      Depuis quand un concours de popularité devient-il la norme?
      Britney Spears vend plus de cd que Mozart, Bach et Beethoven ensemble. Est-elle meilleure que Mozart, Bach et Beethoven?

    • Il faudrait penser à réviser le titre du billet.
      La vraie question serait plutôt tout simplement :

      Les goûts se discutent-ils?

    • jaypee2 : C’est le Top 250 du public sur imdb, faites-en ce que vous voulez. Évidemment que les films américains prendront une plus grande place, ils ont plus de visibilité que le reste.

    • J’ai reviré cette question là mille fois dans ma tête (pas juste pour le cinéma) et finalement j’en suis venu à une conclusion toute personnelle:

      La valeur d’une oeuvre artistique se mesure à l’influence qu’elle aura dans le temps sur le concret, sur les actions.
      Donc, bottom line, l’influence que l’oeuvre aura sur d’autres artistes.

    • Très intéressante citation de Roger Ebert mais mon interprétation pourrait différer ou être dans le champ.

      Un film est très populaire et aimé ? Mais pourquoi ? Une question de goût ? De mise en marché ? Peut-être mais cela peut aussi se référer aux valeurs, à la culture, à l’histoire d’un peuple ou d’une civilisation.

      La profondeur n’est peut-être pas dans le film mais dans l’analyse sociologique qu’on pourrait en faire.

      Il ya la valeur artistique celle commerciale mais aussi celle sociologique ou historique.

      Pourqui le film ”Deus femmes en or” a longtemps été le film québécois ayant eu le plus de succès au box-office ?

      Pourquoi tant de femmes à travers le monde lisent des Harlequin ?

      Le film peut rester un mauvais film mais les questions sous-jacentes peuvent être profondes.

      La même chose pour une chanteuse populaire. Pourquoi les gens s’y identifient ?

      «La profondeur n’est peut-être pas dans le film mais dans l’analyse sociologique qu’on pourrait en faire.» C’est exactement ce que je voulais dire, merci. -js

    • L’explication est pourtant très simple : parce c’est la mode.

    • Les goûts populaires se discutent-ils?

      Réponse: NON. (voir la “Loi de Betteridge”)

      :)

    • Peut-être que le problème c’est justement de tenter de catégoriser un film de façon dichotomique…
      Mon expérience du cinéma populaire m’amène à croire que les films qui auront le plus de succès sont ceux qui réussiront à atteindre un certain seul de qualité. À quelques exceptions près, il faut ce seuil de qualité pour atteindre les sommets de box office, les exceptions sont très rares (Transformer? Armageddon). Sinon, les films ont beau ne pas être parfait ou à notre goût leurs qualités seront assez nombreuses pour inspirer une grande partie du public (incluant Slumbdog et Forrest Gump si on est vraiment honnête! Mais pas Sandler!).

      N.B. Par succès populaire, je n’inclus pas les succès d’un week-end dus à la mise-en-marché agressive d’un produit (films d’horreur, film de Sandler, Romcom). Ces derniers pourront avoir une grande carrière s’ils répondent au premier critère (Dawn at the dead, When Harry met Sally, ….. excusez mais je ne trouve pas de bon exemple des films de Sandler…).

    • @jaypee2
      Britney est meilleure que Mozart, Bach et Beethoven à faire ce qu’elle fait. C’est-à-dire de la pop pré-machée qui n’active aucune neurone du coté droit du cerveau. Il y a une clientèle pour ça. La moitié du monde a un QI en bas de 100. Quoique je ne suis pas convaincu qu’on puisse faire cette association.

      @keepiru
      Pour Sandler, Punch-Drunk Love peut-être ? Même si ce ne fut pas un succès populaire.

    • “Je sais que plusieurs ne seront pas d’accord, mais l’acceptation et le respect sincère du goût populaire (mais pas forcément de tous les films populaires) est une étape cruciale vers l’harmonie personnelle. L’alternative est la misanthropie.”

      Jozef, je crois que l’on suit le même cours de yoga et croissance personnelle.

    • La citation d’Hebert est intéressante mais selon moi elle ne s’applique pas à tous les films. Exemple, les Avatar, Forest Gump ou Slumdog Millionaire ne font pas parti de cette catégorie. Ce sont des bons films assez convenus qui ont connus beaucoup de succès mais qui ne sont pas spéciaux.

      Pour moi ce sont des films pour les gens qui ne sont pas cinéphiles. Ceux qui aiment aller au cinéma une fois de temps en temps pour regarder le film dont ils ont entendus parler au bureau.

      Pour Shawshank Redemption et bien j’ai l’impression que la raison pourquoi il est aussi populaire chez autant de personnes c’est que le gens ont l’impression d’écouter un grand film alors qu’en réalité c’est un film assez correct sans être exceptionnel. D’ailleurs j’ai souvent entendu des gens en parler comme de leur meilleur film à vie. Souvent ce sont les mêmes qui ont trippés sur Forrest Gump et Avatar.

      Pour la phrase d’Ebert et bien elle s’applique plus à des films du genre Fast and Furious ou Twilight. Ce genre de films assez moyens mais qui fonctionnent.

      Si Fast and Furious a créé un mouvement de société c’est parce qu’a la base il y avait quelque de chose qui marchait avec le film. Tu sortais du film la testostérone dans le plafond et tu avais le gout d’aller courser avec ton char.

      Twillight, c’est la petite histoire d’amour emo rendue de manière efficace. Ce n’est pas pour rien que toutes les adolescentes ont embarqué. Il y avait quelque chose dans ce film.

    • Merci pour ce billet et la vidéo de Keough.

      Je préfère la littérature au cinéma. Quand un film me touche je me fait souvent la réflexion suivante : Tiens ! Je relirai bien ce film.

      Je lis tous vos billets.

    • Dans la série “ce n’est pas un critère esthétique”:

      La popularité n’est pas un critère esthétique.

    • la comparaison avec la musique est un automatisme lorsqu’on parle de cinéma. Par contre je dirais que la population en générale est beaucoup plus sophistiqué en matière de musique qu’en cinéma. Pratiquement personne ne croit vraiment que Spears fait de l’excellente musique, et à défaut de bien connaitre Beethoven, tout le monde a déjà eu au moins une occasion de prendre conscience du génie de sa musique.

      En ce qui me concerne, une de mes grandes frustrations parmi les élus populaires est le dark knight rises, et après révision j’inclus aussi le dark knight (Incapable de terminer le film au second visionnement). Comme quoi on a tous besoin de thérapie.

    • *élus populaires, pléonasme

    • Forest Gump c’est une Toyota Camry. C’est fiable et sans surprise mais c’est également sans passion et sans soucis d’esthétisme. Et c’est surtout très populaire.

    • Je partage entièrement l’idée exprimée par eturgeon à 20h02.

      Les goûts sont strictement personnels qui sont compatibles avec notre personnalité et notre vécu. Et ce que l’on soit cultivé, incompétent, ignorant ou profane. Il faut faire avec malgré les opinions qui diffèrent les unes des autres.

    • Notre prof de cinéma disait que les goûts ne se discutent pas mais se développent, enfin…

      Pour décrire les blockbusters Erbert parle de ‘profondeur’. Je crois qu’un terme plus exact pourrait être ‘viscéralité’. En général, les films qui font fureur au box-office sont ceux qui carburent aux pulsion les plus primaires: instinct de survie, instinct de reproduction, besoin de protéger les siens, de défendre son clan et/ou de s’y affirmer (entres autres par des rites de passage).

    • Je crois qu’on peut facilement compartimenter. Un film a une valeur historique par son influence; une valeur populaire par son succès; une valeur thématique; une valeur formelle, etc.

      Au fond c’est simple. Certains films ont simplement une grande valeur populaire, mais échouent sur les autres tableaux. Énormément de films que j’adore ont une grande valeur formelle alors que leur thématique est très superficielle. Je suis en harmonie avec cela.

    • Shawshank Redemption, c’est :

      1- Un scénario du tonnerre (merci à Stephen King pour l’histoire)
      2- Une trame musicale solide
      3- Des acteurs de grand talent
      4- La victoire du bien contre le mal
      5- Mon film préféré

      Alexandre Ducharme
      Beloeil

    • Flms populaires de merde: Amélie Poulain, La vie est belle, La Grande Séduction, Cinéma Paradiso, Les invasions barbares, The Mission, Slumdog Millionnaire, Babel, Incendies.

      J’approuve à 100%, sauf pour The Mission, que j’ai pas vu… -js

    • ..Oui, «les goûts populaires se discutent». Ce à quoi il faut faire attention, c’est à ce que j’appelle la tentation du mépris.

      On peut aimer Lady Gaga mais on n’est pas obligé de mépriser ceux qui préfèrent Dylan. On peut aimer Bethoven mais on n’est pas obligé de mépriser ceux qui préfèrent Coeur de pirate.

      Et c’est pareil pour le cinoche, la bouffe, le vêtement, les destinations voyage, et tout le reste.

      Finalement, on est toujours le quétaine, le snob, l’épais, ou le pauvre de quelqu’un. Pas besoin d’en faire une dépression.

    • @ Jozef: Je vous supporte dans votre dégoût de Forrest Gump!

    • J’ajouterais à la liste, pèle-mêle, Braveheart, The Lord of the Ring, The Artist, les Indiana Jones, The Girl with the Dragon Tatoo (suédois), certains Harry Potter, Tron, les Rocky et Into the Wild (pas tant un franc succès populaire à l’égal d’autres, mais j’en entends trop parler autour de moi pour le passer sous silence).

    • @unholy_ghost: C’est exactement le type de langage auquel je fais référence. Est-ce que honnêtement, vous n’êtes pas capable de trouver une scène, un moment du film, de tous les films que vous avez nommé, qui n’en fait pas au moins, un film au-dessus de la moyenne… Pas capable d’admettre qu’Amélie Poulain est un film d’une qualité supérieure à la production moyenne française de l’année 2001? Sérieusement? J’admet qu’il y a certains des films de votre liste de “merde” qui sont surestimés, mais de là à dire que ce sont des “merdes”.

      Aussi j’en vois deux en particulier qui m’ont laissé froid au premier visionnement mais qui m’ont beaucoup ému après être devenu père (Vita es bella & Invasions Barbares) (ce qui rejoint les propos de Scorie).

      Je crois qu’il est important de nuancer nos propos lorsqu’on critique un film. Le critique doit rester neutre et objectif face à l’oeuvre. Il ne doit, ni ne peut, tomber dans une instrumentalisation narcissique de sa critique. Il doit juger d’un oeuvre indépendamment de ce que le dit jugement pourrait lui rapporter.

    • @la_roy: Lord of the ring, Raiders of the lost ark, sérieusement….

      Je suis curieux, allons y donc à l’inverse ce sera plus compromettant! Nommons des films populaires que l’on considère comme étant des grands films…

    • Cinema Paradiso, Into the Wild et Amélie Poulain sont peut-être des films un peu racoleurs, mais ils ont au moins le courage de ne pas dissimuler leur vacuité derrière un écran de cynisme et de pseudo-deuxième degré. En tout cas, ils me parlent toujours plus que les aventures de l’homme déguisé en chauve-souris. Quand je veux du vrai cinéma, je me tape un Kurosawa, un Bresson, un Tarkovsky ou un Bergman, mais quand je veux une belle histoire et de la belle zizique, je n’ai aucun scrupule à me taper un film comme Cinema Paradiso.

    • Pas de films de Terrence Mallick? La mince ligne rouge ou le nouveau monde absents de cette liste? Pour répondre à votre question, les goûts se discutent mais de façon civilisée sans mépris ni préjugés…

    • Voilà un article qui semble accorder enfin de la valeur aux goûts et opinions de tout le monde, mais pourtant:

      “J’ai moi-même ragé contre les apôtres de merdes comme Forrest Gump, Slumdog Millionaire ou Big Daddy, me sentant parfois victime d’un épisode de Twilight Zone; condamné à vivre dans une réalité parallèle.”

      Pourtant, vous les qualifiez de merdes, sachant très bien que beaucoup les apprécient.

      Puis:

      “Je sais que plusieurs ne seront pas d’accord, mais l’acceptation et le respect sincère du goût populaire (mais pas forcément de tous les films populaires) est une étape cruciale vers l’harmonie personnelle. L’alternative est la misanthropie.”

      Oui, bravo, mais merdes?

      Suivi d’unholy_ghost:

      “Jozef, je crois que l’on suit le même cours de yoga et croissance personnelle.”

      qui continue avec:

      “Flms populaires de merde: Amélie Poulain, La vie est belle, La Grande Séduction, Cinéma Paradiso, Les invasions barbares, The Mission, Slumdog Millionnaire, Babel, Incendies.

      J’approuve à 100%, sauf pour The Mission, que j’ai pas vu… -js”

      M’est avis que vous devriez continuer vos cours de yoga. hlynur, jon8, lecteur_curieux, keepiru, ixelles, scories, _renaud et eturgeon pourraient peut-être vous aider.

      Vraiment, dans un article qui parle de la valeur des goûts populaires, il est un peu mal avisé de traiter de merdes -rien de moins, d’ailleurs- certains de ces films, non?

    • Je partage l’avis de Lordcraft. Ca sent le mépris à plein nez dans ce blog que je lis très souvent d’ailleurs. Je lis les Blog de Jozef pour apprendre à mieux connaître le cinéma et tous les rouages qui le composent. Je trouve que les analyses y sont réfléchies et enrichissantes pour le “néophyte” que je suis.

      Or, lorsque je lis les commentaires associés à ce blog, je constate à chaque fois à quel point les cinéphiles semblent s’autoclasser dans une catégorie d’individus supérieurs. Une sorte de “nous détenons le savoir, le petit peuple est imbécile”. C’est insultant et fascinant à la fois de lire vos commentaires. Comme si en vous élevant au-dessus de la mêlée au niveau de la culture, ça vous permettait d’oublier le fait que vous êtes du petit monde aussi. Du petit monde aux goûts distincts et évolués.

      Pour répondre à la question, les blockbusters rejoignent une majorité de gens parce qu’ils sont divertissants. Nous le petit monde, on a une vie la plupart du temps assez rangée et routinière, on travaille du 8 à 4, on a de la misère à arriver à la fin du mois pis quand on va au cinéma, c’est pour oublier notre quotidien. C’est ce bonheur que me procure les Dark Knight, Inception, Shawshank redemption, Incendies, James Bond, Avatar et autres merdes de ce monde. J’imagine que je ne pourrai jamais atteindre votre statut d’ëtre supérieur. Hélas.

      Philippe

    • bah chacun ses goûts

      Amélie Poulain est un de mes films préférés, c’est un films avec de grandes qualités (scénario, montage, couleurs, musique). Josef semble avoir une aversion infinie pour Forrest Gump… mais est allé voir deux fois the dark knight rises en salle. Parfois les choix de chacun ne font pas de sens pour d’autres. Vous voyez c’est ca faire de la thérapie!

    • Je crois que les goûts populaires se discutent beaucoup moins que les goûts “esthétiques”

      Je veux dire: la majorité des critiques que l’on pourrait faire au cinéma populaire concerne l’absence de démarche artistique et de procédés stylistique qui ne font justement pas partie des bases sur lesquelles la popularité des films reposent. Comment discuter alors?

      On peut critiquer moralement (et souvent snober) le spectateur pour le fait qu’il ne tient pas compte de ces critères, mais critiquer un film qui ne prétend pas y avoir recours? C’est pour cela que les films que je déteste vraiment sont ceux qui prétendent à des critères esthétiques et qui ne les ont juste pas. Je préfère 100 fois Rocky à Babel, mettons.

      Il y a une grande confusion dans le cinéma et elle vient du fait que le ciné comme pur objet de divertissement est transporté par le même médium et parfois par les même acteurs que le cinéma comme objet esthétique. Parfois, il y a perméabilité entre les deux. Cette situation particulière n’existe pas en peinture par exemple, ou même en musique classique.

      Ceci est illustré par le top 250 d’IMDB. Je ne suis pas complètement d’accord que cette liste est encourageante et montre la possibilité pour des films de grande qualité d’être populaires, principalement parce que la liste est basée sur un pointage attribué par les spectateurs du film et non sur le nombre de visionnements.

      Ainsi, The Dark Knight (8.9) a été évalué par 830 000 personnes en 4 ans, ce qui en fait un film populaire. Dans la même liste, M le maudit, de Fritz Lang (8.4) a été évalué seulement 58 000 fois et il est sorti 80 ans avant Dark Knight (même si IMDB n’existait pas encore…)

      Il y a fort à parier que les gens qui ont évalué M sont des connaisseurs un peu plus spécialisés qui on jugé le film principalement pour des qualités esthétiques alors que ceux qui ont évalué Batman l’ont fait à partir de critères touchant plutôt le divertissement. On ne peut pas dire que M est un film populaire, c’est juste un film très estimé d’un public assez spécialisé.

      Faites un top 250 des films les plus souvent évalués (donc, populaires) et vous verrez une réalité beaucoup plus quétaine et mercantile que celle de la liste d’IMDB! Existe-t-il une telle liste sur IMDB? (pas le box office)

    • Hey, je commence mes cours…

    • @ lordcraft et philbc

      Je suis d’accord avec vous sur le fait que certains commentaires sont souvent méprisants ou dits sur un ton péremptoire qui ne laisse pas place à la dissidence, en apparence.

      Toutefois, dire qu’un film est une merde demeure une opinion au même titre que de dire qu’il est un chef d’oeuvre, ce qui peut être d’ailleurs encore plus frustrant pour quelqu’un qui le déteste… Amélie Poulain est selon moi une merde totale, au niveau esthétique et moral. Question divertissement, je ne sais pas, je ne l’ai pas regardé sous cet angle et je m’en fous un peu, honnêtement. Je n’attaque pas l’intelligence de ceux qui l’ont fait, par contre.

      Ainsi, l’autre côté de la médaille est le complexe d’infériorité et l’anti-intellectualisme, qui ridiculisent toute analyse dépassant le bagage cinématographique du spectateur moyen.

      Sur certains blogs ou forum, et dans certaines discussions, il y a au moins autant de ceux-là que de cinéphiles snobinards. (je ne parle pas de vous)

    • @kurtz

      d’accord sur le fait que de qualifier un film de merde représente une opinion subjective
      d’accord aussi que l’esthétique se discutent moins que les goûts populaires… par contre! je pense qu’Amélie Poulain se démarque justement par son esthétisme, ce que vous niez! C’est un film magnifique! Comme quoi…

    • Le respect des goûts populaires est une chose, mais le droit de critiquer des films qu’on juge comme étant nuls en est une autre, particulièrement si la critique vient de quelqu’un de compétent en la matière.

      Pour ce qui est des goûts populaires, philbc amène un bon point: plusieurs vont au cinéma ou regardent des émissions à la télé pour se divertir, et non pour se plonger dans une analyse du scénario, de la photographie ou même de l’histoire. On ne peut pas blâmer ces gens qui passent leur journée à courir partout et pour qui la télé est un moyen de se reposer. Apprécier des films d’auteur requiert davantage de concentration; on ne parle pas de la même façon d’écouter un film. Je crois que la majorité des gens préfèrent écouter un film de façon passive, simplement pour se détendre. Le cinéma populaire est fait pour eux.

      Ce qui me titille un peu par contre, c’est lorsqu’on prend un film avec certaines qualités indéniables, du moins selon ma perception, et qu’on en fait une merde. Forrest Gump, Amélie, c’est nettement meilleur que la très grande majorité des vraies merdes qui sortent à tous les jours. D’ailleurs j’aurais voulu demander à Kurtz quoi Amélie est une merde d’un point de vue moral???

      Les merdes de M. Siroka semblent sirupeuses à souhait. Je ne peux pas le blâmer. Les films gnangnan m’exaspèrent souvent aujourd’hui. Je me ferais descendre en tentant d’argumenter qu’Amélie reste un film supérieur à la moyenne, même s’il est léger et cucul. Fair enough, je ne suis pas une experte, mais je ne crois pas que les critiques aient le monopole du bon goût non plus.

      D’un autre côté, les tapons qui refusent de voir autre chose que du pur divertissement m’exaspèrent encore plus. Leur argument: c’est plate! Faut quand même rechercher un peu de beauté et d’art dans notre vie, alors longue vie à votre blog!

    • Le mot ‘merde’ en effet est à manipuler avec des pincettes et avec justifications (ou un lien vers explications précédentes).

    • Je pense que c’est normal que les vrais passionés soient snobs. Le temps consacré à leur passion doit rapporter et procurer une ascendance. Si on passe tant de temps à écouter des films, ce n’est pas pour rejoindre la majorité des gens, la masse. Et souvent franchement, on repousse les limites de l’analyse ou de la critique.

      Mais on ne voit pas ça qu’au cinéma. Qu’on prenne seulement les analyses dans les sports: hockey, football, etc., avec les tableaux, les dessins; il aurait dû faire ci, ça…

      Là où certains voient une passion, d’autres voient un divertissement. Les passionnés aimeraient que tous accordent autant de valeur à leur passion.

    • @ eturgeon

      “d’accord aussi que l’esthétique se discutent moins que les goûts populaires… ”

      En fait, je dis plutôt le contraire.

      Il est plus facile d’objectiver des critères complexes, basés sur des décennies d’évolution cinématographique et de films qui se référencent les uns et les autres que d’argumenter sur un j’aime/j’aime pas ou un je m’emmerde/je suis captivé.

    • @arianeg : J’endosse vos propos.

      @Kurtz : Pour moi, une merde du point de vue moral pourrait être un film de Chuck Norris où on y égorge 200 vietnamniens pour sauver 1½ américain, ces innombrables films où on combat la violence par la violence. Ou encore ces autres films qui justifient l’abdiction de nos responsabilités individuelles derrière un lyrisme esthétisant. Puis les films de propagande impérialiste se sont fait nombreux depuis Top Gun.

      Sinon, j’aimerais bien savoir ce qui fait d’Amélie Poulin un film nullisime au plan moral. De ce que je me souviens, il encourage les gens à sortir un peu de leur coquille et de leur routine pour développer un peu de sympathie pour les gens qui nous entourent. Le ton me semble en accord avec l’esthétique. Ok, des bons sentiment… but what’s wrong with that?!

    • Ce blogue pue parfois le mépris élitiste. Ça me fait penser au billet sur les insultes entre cinéastes : des gens incapables d’apprécier la différence, mais qui se targuent d’être différents. Bref, des gamines de 14 ans…

      Je suis un peu dans la même situation que philbc10 (je présume), ma culture cinématographique est probablement plus étoffée que celle de 98% de la population et j’adore ce blogue pour ses analyses pointues, mais si Jozef tient tant que cela à ne pas me compter parmi ses lecteurs et à ne s’adresser qu’à «l’élite», il n’a qu’à le dire ouvertement.

    • Sur la morale d’Amélie…

      Il faut lire cette analyse vraiment pénétrante qui dit beaucoup mieux que moi tout ce que je pense en mal de la morale de pouliche d’Amélie Poulain:

      http://www.qualiquanti.com/pdfs/ameliepoulain.pdf

      En voici un résumé, qui démontre tout le côté cliché et pesant de la morale gagna judéo-chrétienne qui se complait dans la facilité new âge.

      “1. Le récit d’une libération qui flatte l’ego, confronté aux obstacles de la vie réelle.
      2. Un mode d’emploi pour une vie plus heureuse : Le message judéo-chrétien du don de soi.
      3. La complicité : ce mode d’emploi de la vie heureuse est donné sur le ton de la confidence.
      4. Le désir régressif d’un univers irréel, enfantin et protégé.
      5. La systématisation de la pensée magique : Amélie déclenche des
      miracles.
      6. L’éloge du plaisir sensible concret, accessible à tous (le sac de lentille, casser a croûte de la crème brûlée, etc.)
      7. Une conception moderne du bonheur comme « petit bonheur ».
      8. Une identification au personnage ordinaire
      9. La poétisation de la vie quotidienne
      10. Une œuvre qui met en scène la Francité (ce qui séduit le public Français, d’autant plus fortement que le succès continue à l’étranger)”

      P.S. Je suis sûr que Paolo Coelho a adoré ce film.

    • “Je crois qu’il est important de nuancer nos propos lorsqu’on critique un film. Le critique doit rester neutre et objectif face à l’oeuvre.”

      Ce que vous voulez ce n’est pas l’objectivité, mais des euphémismes. Il aurait fallu que je dise que Amélie Poulain est un-film-avec-des-grandes-qualités-universelles-mais-je-ne-l’aime-pas-dans-ma-propre-opinion-car-mon-narcississisme-de-snob-m’empêche-de-l’apprécier-à-sa-juste-valeur, ouf.

      L’euphémisation de la société est un problème qui a son pendant dans les insultes personnelles qu’on retrouve sur le web. Or, traiter un film de merde, ce n’est pas insulter les gens qui l’ont aimé (pour de mauvaises raisons) et ses créateurs (pas forcément responsable du résultat) et c’est la fonction critique de le dire.

      Dire que c’est une merde n’est pas très argumenté, mais tout le monde ici sait que je peux le faire aisément. En vrac:

      Amélie Poulain: BD gnangnan qui cache une vision crypto-fascisante de la société
      La vie est belle: pas drôle, chantage à l’émotion, déformation de l’histoire de la Shoah qu’on ne permettrait pas à des révisionnistes
      La Grande Séduction: BD, aucun réalisme, petitesse de la nature humaine, néo-libéralisme
      Cinéma Paradiso: chromo, chantage à l’émotion
      Les invasions barbares: propagande néo-libérale filmée à la truelle comme un téléroman
      The Mission: grandiloquent et pompeux, sans intérêt
      Slumdog Millionnaire: bien-pensance et porno tiers-mondiste
      Babel: bébelle new age qui se veut faussement philosophique
      Incendies: cousu de fils blancs, film d’action sur le pathos

      Le pire c’est que la plupart de ces films jouent sur le chantage à l’émotion. Pour l’avoir expérimenté, dire qu’on n’aime pas ces films dans une soirée, c’est l’équivalent d’affirmer qu’on devrait se débarrasser des enfants handicapés… On ne peut juste PAS ne pas aimer ces films sans passer pour un monstre. Et bien moi je dis MERDE! L’émotion que vous avez eue n’est pas moins narcissique que ma détestation et on sait que l’émotion sans la réflexion peut mener à des choses criminelles. Or, la réflexion, c’est justement ce qui est impossible sur ces films intouchables.

    • @kurtz

      d’accord avec vous pour les jugements esthétiques, on disait la même chose.

    • @kurtz
      C’est drôle, mais les points soulevés me semblent plutôt positifs.

      2- Le don de soi… Comme La peste de Camus, vous voulez dire?
      4- Ce désir est exposé, mais c’est clair qu’Amélie accède au véritable bonheur lorsqu’elle décide enfin d’affronter la réalité.
      6 et 7- Le bonheur est dans les petites choses, je suis plutôt d’accord avec ça…
      8- 99% des films sont des merdes alors.
      10- On critique les américains de ne plus faire de films réellement «américains». N’est-ce pas normal et positif qu’une oeuvre culturelle reflète le milieu d’où elle provient?

    • “Est-ce que honnêtement, vous n’êtes pas capable de trouver une scène, un moment du film, de tous les films que vous avez nommé, qui n’en fait pas au moins, un film au-dessus de la moyenne…”

      Eh bien, oui, il y a toujours un truc intéressant dans chaque film, même les moins bons. J’ai appris l’existence des sot-l’y-laisse dans Amélie Poulain…

    • @kurtz et @unholy_ghost

      Sur Amélie, les critiques morales que vous avez amenées sur le film montre que vous jugez le film sur sa valeur morale justement. Sa candeur, sa naïveté, ne rejoint pas vos sensibilités. C’est exactement ce à quoi je m’attendais, et c’est bien correct. Kurtz les points que vous énumérez tiennent la route je n’ai pas de problème avec ca. Mais votre subjectivité vient du fait que vous jugez le film pour sa thématique. Croyez-vous que ceux qui aiment Amélie Poulain l’aiment parce que le film leur apporte des réponses sur la vie? Vraiment?? Ou alors est-ce peut-être parce qu’ils aiment la narration avec les 1001 anecdotes; sur le choix des couleurs, de la musique; du montage; des faux documentaires, des faux flashback. J’aime Amélie pour les mêmes raisons que j’aime Park Chan wook ou que j’aime Beethoven. C’est un plaisir pour les sens.

      Question: qui d’entre vous n’aime pas la 9e Symphonie à cause du message sur l’amitié trop gnangnan?

    • Amélie Poulain est un film d’une grande laideur. Foutre des filtres partout pour donner une vision idéalisée de Paris – qui est déjà bien assez belle dans sa crudité – est une esthétique de carte-postale, un chromo pour les touristes. Ce n’est absolument pas ce qu’est la beauté.

    • @ jay jay

      comme la peste de camus? non, plus comme “petit peuple, Jesus s’est sacrifié pour vous. Bienheureux les pauvres et les miséricordieux…”

      Le bonheur n’est dans les petites choses que depuis que l’individualisme consumériste a consacré la quête du bonheur individuel comme seule issue possible à la mort de Dieu.

      Les gens aiment Amélie parce que c’est un film accessible, qui montre un chemin facile à un bonheur accessible. Amélie Poulain, c’est comme aller à la messe, mais dans un bistro français.

    • Je n’ai pas le temps de le faire, mais Amélie Poulain ce n’est pas suelement une vision catho, c’est aussi raciste et ultra-conservateur, crypto-fascisant (Serge Kaganski avait montré voilà quelques années que c’était une bonne pub pour Le Pen).

    • @ ghost

      Pas juste catho, mais crypto-fasciste?

      C’est souvent la même chose!

    • Que une douzaine de pub de supermarché et autres ait recyclé l’imagerie horrible d’Amélie Poulain est bien la preuve qu’il s’agit d’une esthétique publicitaire, au service d’une message raciste, réac et catho qui ne dit pas son nom car bien caché sous une tonne de bons sentiments.

      C’est drôle que les gens voient en Amélie Pouliche une fille qui fait le bien et skippe complètement le fait qu’elle a aussi des penchants vengeresses de petits juges alors qu’elle cherche à électrocuter son voisin. Les deux côtés du catholicisme…

    • Moi j’aime Amélie Poulain parce que ça me fait me sentir bien à l’intérieur.

    • Sérieusement c’est vrai que ça fait annonce d’IGA.

    • Critique d’Amélie Poulain par Serge Kaganski: http://www.lesinrocks.com/2001/05/31/cinema/actualite-cinema/rebonds-de-serge-kaganski-paru-dans-liberation-du-31-mai-11223969/

      Je pourrais rajouter d’autres exemples.

    • Sinon, à tous ceux qui nous traitent de snobs et d’élitistes de ne pas aimer ces films, vous confondez films populaires et films populistes.

    • arf! c’est vrai j’avais pas pensé aux fascos.

      après tout qui aurait l’idée saugrenu d’accorder un quelconque intérêt cinématographique à un film qui véhicule des idées réactionnaires. Quelle idée! Les historiens du cinéma n’ont jamais fait cela.

    • Il paraît que le nouveau film qu’on ne pourra détester c’est Amour de Heneke.

    • Eturgeon, oui, on peut aimer un film réac qui est par ailleurs formellement révolutionnaire. Mais un film réac et raciste qui est une croûte immonde formellement parlant, non.

    • @unholy_ghost

      Ce qui est snob et élitiste, c’est de mépriser les gens qui aiment ces films en traitant ces derniers de merde. Vous cachez souvent votre intelligence et votre connaissance du cinéma sous une bonne dose de mépris, de jugements radicaux et de «one-liner» mordants. La paresse intellectuelle, ça c’est populiste…

    • Autres films que je déteste: Le Violon rouge, La Cité de Dieu, tout film avec Michel Côté, Patrick Huard ou Patrice Robitaille, Toto le héros, tous les films de Giuzeppe Tornatore ou de Billy August, et en général tous les films qu’aime d’amour René-Homier Roy.

    • unholy_ghost, votre critique des couleurs est votre premier commentaire sur la forme d’Amélie ( Croûte immonde n’en est pas un). Je suis certain que si vous aviez parlé du triomphe de la volonté ou de birth of a nation, vous n’auriez pas passé plusieurs paragraphes à critiquer le racisme et la propagande de ces films. Soyons honnête.

      Désolé mais bien que le choix des teintes soit critiquable (moi-même je déteste d’habitude ce look artificiel que les réalisateurs donnent à leur film ex: hugo, mais pour Amélie j’adore!), Amélie a de très nombreuses qualités formelles.

    • Ghost, c’est pas très gentil pour tout un art comme la bande-dessinée d’être comparé à AMÉLIE POULAIN…

    • Je ne vis pas pourquoi je n’aurais pas le droit de dire que c’est une merde si c’en est une (ou le crois telle). Ce langage est la réplique ad hoc à l’unanimisme dégoulinant sur le film. Je parie que toutes les personnes qui haïssent le film peuvent raconter une histoire d’un souper où il était sommé d’aimer le film sous peine de ne plus être réinvité.

      Cette euphémisation va bien avec le poujadisme rampant qui veut que toute critique soit devenu élitiste puisque tout le monde a droit à son opinion. Je le redis: je n’insulte pas les personnes qui ont aimé le film sincèrement, mais je crois que c’est pour les mauvaises raisons. Je crois également que si j’avais un magnétoscope et que je montrais les 12 plans racistes du films, tout le monde tomberait d’accord (sauf les racistes).

    • Voyez c’est déjà plus fin ainsi.

      Vous avez le droit d’appeler ca une merde… bien que je préfère la version de vous qui prends le temps de préciser sous quel angle vous évaluez le film.

    • “Ce qui est snob et élitiste, c’est de mépriser les gens qui aiment ces films en traitant ces derniers de merde.”

      Je le redis: je ne méprise personne. Je n’ai fait aucun jugement sur les personnes, contrairement à vous (”Gamine de 14 ans”).

      Par ailleurs, s’offusquer parce qu’on n’aime pas un film que vous adorez, est-ce bien sérieux? Tous les jours je lis qu’un truc que j’aime est merdique. Est-ce que je pleurniche et traite les autres d’élitistes? Non, j’assume courageusement mes choix et j’essaie d’avoir des bons arguments pour les défendre. Par exemple, j’aime autant Britney Spears que Beethoven (ce qui ne veut pas dire que je les compare) et je ne traite pas les autres de snobs parce qu’ils n’aiment pas Britney. On dirait qu’on peut dire tout le mal que l’on veut de certaines choses, mais pas d’autres. Or, à cet unanimisme, je dis MERDE! Ce n’est pas convaincant, mais ça défoule…

    • Les gens qui s’offusquent qu’on déteste LEUR film, on peut se poser des questions sur la confiance qu’elles ont en leur jugement.

    • “Vous avez le droit d’appeler ca une merde… bien que je préfère la version de vous qui prends le temps de préciser sous quel angle vous évaluez le film.”

      Il n’y aucun angle de bon pour ce film. Enfin, j’aimais bien la musique de Yann Tiersen avant le film, mais à force de l’entendre dans tous les cafés, j’en suis devenu totalement allergique.

    • Je ne comprends pas l’idée de “nuancer” une critique, de faire dans “l’objectivité”, quand on dit “Amélie n’est pas une merde, c’est supérieur au film moyen, il y a au moins une belle scène, etc.” Eh ben, oui, il y a probablement une belle scène, Jeunet sait faire des plans ingénieux, il y a des idées rigolotes, mais ça n’en demeure pas moins une merde (ce n’est vraiment pas beau par contre, sont affreux ces filtres). Même chose pour Babel: direction photo sublime, acteurs excellents, en fait Inarritu est un très bon metteur en scène, mais il est pris avec un scénario de merde.

      Un film supporte une vision du monde, c’est un point de vue, et si c’est un point de vue de merde sur le monde, peu importe s’il est bien exécuté, techniquement impeccable, ça donne un film de merde. Alors, oui, peu importe les qualités, bien réelles, que l’on peut trouver à Forrest Gump, Amélie, Incendies, Slumdog, La vie est belle (le pire de tous quant à moi), etc. (j’ai presque envie de rajouter Skyfall, et la carrière de Mendès quant à y être), ça demeure des films de merde.

      (bien sûr, ce n’est que mon opinion, et les goûts ne se discutent pas, parce que c’est tellement subjectif tout ça, et Toutte est dans toutte, alors prenez ça avec des pincettes, j’écris merde mais il faut comprendre “films que moi personnellement, dans ma subjectivité, en toute partialité, n’aime pas à un certain moment de ma vie, mais ça pourrait toujours changer, en tout cas très humblement, et avec plein de doutes, j’ose quand même affirmer, bien timidement je l’avoue, et avec une honte à peine cachée, que ce sont quelque chose comme peut-être des films de merdes, désolé pour m’avoir exprimé”)

    • “Je suis certain que si vous aviez parlé du triomphe de la volonté ou de birth of a nation, vous n’auriez pas passé plusieurs paragraphes à critiquer le racisme et la propagande de ces films. Soyons honnête.”

      Pourquoi pas? Je crois qu’on ne peut passer sous silence le contenu raciste de ces films en se concentrant seulement sur la forme révolutionnaire (contrairement à Poulain qui n’a rien de révolutionnaire, c’est une esthétique frelatée des années 40 bousté par Photoshop) sans être coupable d’occultation.

    • The Shawshawk redemption, je trouve que c’est un des film populaire qui a le mieux réussi à amener une belle profondeur à un produit de masse. La réalisation, même si elle était lêchée (et peu réaliste) réussissait à transmettre de l’émotion par l’image. Même si ça fait longtemps que je ne l’ai pas vû, j’ai en tête Tim Robbins, lavé de ses pêchés et de ceux des autres lorsqu’il réussi son évasion et que la pluie se met à tomber. Comme je disais, c’est lêché mais c’est réussi.

      Les goûts cinématographiques, comme tous les autres, c’est quelque chose qui se développe. Lorsque je devais avoir environ 12 ans, je croyais qu’Encino Man était le meilleur film de l’histoire. Puisque la majorité de la population n’a pas la passion cinématographique qui lui donnera l’envie d’en connaître plus, sa satisfaction sera atteinte bien avant celle du véritable cinéphile, qui lui aura fait un travail afin d’approffondir ses connaissances et sa compréhension du cinéma. On ne peut donc pas blâmer le cinéma populaire comme on ne peut pas blâmer un enfant de 12 ans d’adorer Encino Man (quoi que….).

      Bien sûr, il y a des merdes dans le palmarès d’IMDB mais il y a tout de même de grands films. J’y vois Godfather, Pulp fiction, Schindler’s list, Dark Knight, LOTR, Goodfellas, Se7en et City of god entre autres.

      D’ailleurs, personnellement, je pourrais probablement prendre une liste de cinéphile et y trouver plusieurs films que j’ai trouvé merdiques, perdus dans l’exercice de style ou pompeux. Je peux penser à Laurence d’Arabie, Dolce vitta, Clockwork orange, Once upon a time in America, Rouge ou Some like it hot entre autres. Je dirais donc que les goûts des cinéphiles se discutent également.

      Je fais également partie de ceux qui ont trouvé Amélie Poulain absolument inssuportable, tout comme la grande majorité des gagnants aux Oscars.

      Pour en revenir au développement des goûts (tout comme le développement du palais pour les amoureux de la nourriture), c’est facile d’aimer un Cameron mais un Malick, ça se développe. J’ai d’ailleurs passé une merveilleuse soirée hier à regardé The Thin Red line, que je n’avais pas vû depuis au moins 5 ans. En plus d’être absolument sublime, je n’en revenais pas encore du casting. Vraiment un casting masculin de rêve.

    • Oui, c’est ingénieux, comme la pub, mais de l’imagerie ce n’est pas du cinéma.

    • Sinon, je n’affirme pas gratuitement que c’est une merde. Par exemple, je trouve que Shawshawck Redemption est un petit film moyen, passablement surestimé, dont le crédit vient d’une twist de scénario qui crée la surprise, mais je n’irais jamais dire que c’est une merde. Juste un film correct que certains aiment trop. Alors que Amélie…

    • @unholy_ghost, cinematographe

      Ce que vous appelez «euphémisation», j’appelle cela de la rigueur intellectuelle. Je suis plutôt d’accord avec eturgeon, le thème d’une oeuvre (ou sa vision du monde, ou peu importe comment vous voulez définir cela) est sa fondation, mais elle n’est pas l’oeuvre.

      À l’origine, Jozef demandait dans ce billet quelle est la «réelle valeur d’un film ayant connu un retentissant succès commercial et/ou acquis une pérennité cultutrelle». Alors je pose la question : si je considère qu’un film est merdique, mais que celui-ci reçoit un formidable accueil populaire, dois-je revoir mon évaluation, remettre en question mon jugement, etc.? En d’autres mots, est-il possible que ce soit moi qui saisisse mal l’époque, la culture et/ou le monde dans lequel je vis?

    • À trop vouloir suranalyser à l’extrême et intellectualiser un débat sur l’appréciation des films, ça donne les échanges ci-dessus. Finalement, au travers de toute cette belle joute intellectuelle où l’on veut faire étalage de son érudisme à travers des phrases assassines savamment construites à coup de savants sous-entendus, il en ressort ni plus ni moins que l’image d’une bande de gosses jouant à qui peut pisser le plus loin.

      On prend une grande respiration et on relaxe… c’est seulement du cinéma après tout. :)

    • C’est drôle ce mépris envers le cinéma. On ne peut jamais réfléchir sur le cinéma car… c’est du cinéma après tout! On ne dirait jamais cela sur un blogue de musique où, de toute façon, les gens connaissent beaucoup plus leur affaire et où on n’essaie jamais de faire croire que Nickelback c’est mieux que les Beach Boys.

    • “Alors je pose la question : si je considère qu’un film est merdique, mais que celui-ci reçoit un formidable accueil populaire, dois-je revoir mon évaluation, remettre en question mon jugement, etc.?”

      Non. La popularité n’est pas un argument critique, mais un sophisme. C’est un argument ad populum.

      “En d’autres mots, est-il possible que ce soit moi qui saisisse mal l’époque, la culture et/ou le monde dans lequel je vis?”

      Est-il possible qu’on la saississe trop bien? Suffit de prendre n’importe quelle revue culturelle du passé pour comprendre qu’on s’enthousiasme pour des choses qui n’ont plus aucune valeur. Développez son sens critique n’est pas baisser ses culottes devant le succès populaire. En fait, il y a autant de grands films qui ont eu du succès que de grands films qui n’ont pas eu de succès, c’est-à-dire très peu. La popularité ou l’absence de popularité ne dit rien sur les films, dans un sens comme dans l’autre.

    • “À trop vouloir suranalyser à l’extrême et intellectualiser un débat sur l’appréciation des films, ça donne les échanges ci-dessus.”

      Il n’y a, ci-dessous, aucune analyse à l’extrême des films et si donner son opinion est une intellectualisation, alors on peut arrêter de discuter de quoi que ce soit.

      Ce pourrait-il que l’on vit dans une société anti-intellectuelle où c’est toujours un crime d’argumenter mais jamais de tout sous-intellectualiser?

    • ci-dessus*

    • @unholy ghost

      Il n’est pas question ici de mépris envers le cinéma, au contraire. Je suis moi-même un ardent cinéphile, mais il ne faut pas verser dans le fanatisme non plus, vous diriez probablement la même chose d’un amateur de hockey lambda qui se peinturlure le visage et va ensuite se mettre en spectacle à la Cage Aux Sports un soir de match pour pouvoir faire goûter à tous l’intensité de sa passion. En gros, c’est surtout parce que je préfère une discussion franche mais qui reste plaisante dans le respect des opinions d’autrui que le règlement de comptes qu’il y a lieu ici pour une poignée de films. Oui, le cinéma est un art, le Septième Art, mais l’art sert à divertir autant qu’à élever l’esprit, si on peut dire.

      Bon, je me mouille, étant donné que cette discussion a tourné en véritable procès en bonne et due forme visant tout particulièrement Amélie Poulain. Ce n’est pas mon film préféré à vie (c’est le genre de commentaire que je déteste moi-même justement) mais je n’ai pas détesté non plus. Vos arguments sont défendables, c’est une façon de voir les choses (je vous rejoins sur l’aspect de l’esthétisme boursouflé par endroits) mais j’avoue que je m’y perds dans la partie “apologie du fascisme” de votre analyse. Oui, on parle d’un Paris de carte postale, c’était voulu dans le traitement et il me semble que Jeunet ne s’en est jamais caché. Moi j’y ai vu justement pour accentuer l’aspect satirique du récit. Mais je me questionne encore sur l’aspect fascisant… est-ce parce qu’il y a absence de certains cultures ethniques dans l’univers d’Amélie Poulain? Dans ce cas, est-ce que tous les films qui ne mettent pas en scène au moins un personnage dit “ethnique” (un mot que je trouve de plus en plus péjoratif avec le temps d’ailleurs) doit être taxé de fasciste? Il me semble que l’on commence à verser dans le “politically correct”….

      Dans les films que vous avez mentionné, il y en a a que j’ai détesté aussi, d’autres que j’ai ai apprécié, c’est une question d’interprétation. D’ailleurs j’aurais volontiers utilisé un film comme “Shakespeare In Love” comme bouc-émissaire parfait pour justifier vos propos, un bien meilleur exemple qu’Amélie Poulain selon moi…

    • Désolé, Zapfan, mais ce serait long et il faudrait analyser une douzaine de plan et je me ferais accuser d’analyse à l’extrême. Lisez déjà l’article de Kaganski, il donne plusieurs exemples et il y en a beaucoup plus.

    • “Alors je pose la question : si je considère qu’un film est merdique, mais que celui-ci reçoit un formidable accueil populaire, dois-je revoir mon évaluation, remettre en question mon jugement, etc.? En d’autres mots, est-il possible que ce soit moi qui saisisse mal l’époque, la culture et/ou le monde dans lequel je vis?”

      Ben oui c’est possible, personne ne s’en cache, mais est-ce une raison pour ne pas s’exprimer, ou pour se garder une petite gêne et utiliser “mauvais film” plutôt que “merde”, surtout si “merde” correspond plus à mon expérience du film que “mauvais”? Les goûts populaires se discutent-ils demande Jozef; à voir vos interventions, la réponse est “non”, je n’ai pas le droit de dire sincèrement ce que je pense d’un film puisque la majorité n’est pas d’accord avec moi.

      De toute façon, combien de fois moi ou ghost avons défendu ici des films populaires, que d’autres qualifiaient de merde? Spielberg, par exemple, est régulièrement descendu dans les commentaires ici, est-ce que j’ai déjà répliqué à un de ses détracteurs: tu devrais faire attention à ce que tu dis, ses films font beaucoup d’argent, tsé! Non, on argumente sur le film, on dit War of the Worlds est un chef d’oeuvre parce que… Je ne m’offusquerai pas si quelqu’un me dit que j’ai des goûts de chiotte parce que j’aime ce film, je vais plutôt essayer de comprendre son point de vue pour mieux lui répliquer le mien. Il me semble qu’une discussion devrait ressembler à ça.

      Quelle est la réelle valeur d’un film ayant connu un retentissant succès commercial et/ou acquis une pérennité cultutrelle, demandez-vous. La seule valeur évidente est sociologique, mais cinématographique, on peut en discuter, à condition qu’on nous laisse le droit de s’exprimer sans se faire rabrouer pour cause de vocabulaire trop condescendant.

    • Il ne faut pas associer popularité avec box-office. Lorsqu’on paie pour voir un film, nous ne l’avons pas encore vu!! Combien de fois avez-vous regardé un film dont vous n’avez pas apprécié? Multipliez donc ceci par l’ensemble des gens au cinéma et il est bien probable que même si Transformers 3 a récolté des millions de gens en salles, combien l’ont vraiment apprécié? La même question pour un film comme The Shawshank Redemption, le % d’appréciation est probablement beaucoup plus haut. IMDB sert un peu à ceci, d’une façon collective.

      Mais on rentre ici dans une autre débat, qui est celui du goût humain et de la loi de Sturgeon… ;)

    • Ah cette fameuse crainte de la sur-analyse, ça revient constamment. On dirait que ça rend les gens mal à l’aise. Et même si c’était le cas, même si certaines personnes sur-analysaient des films. Ça ne serait qu’une faible réplique pour toutes les fois où les gens sous-analysent des films.

    • Nous voyons ce que nous en pensons.

      Alors c’est quand j’en pense rien que ce film n’est pas mon genre!
      Soit plus de 80% de la production cinématographie!

      Amélie Poulin, La vie est belle, Ghost dog, La mince ligne rouge, Le Violon rouge, Eraser head, Alien, Manon de sources…

      Ça ne m’intéresse pas de revoir la réalité qui est trop proche de celle que je voie tout les jours.
      J’ai pas besoin du cinéma pour ça!

      Alors même si la critique adore comme pour Bergman ou Arcand, moi chus pas capabe! ZZZZZZZZZZ

    • Pourquoi venir sur des sites d’analyse de films si on ne considère le cinéma que comme un vide-cerveau?

      Pourquoi ne pas se vider le cerveau avec la télé, c’est bien plus efficace?

    • La première liste était ceux que j’aime.
      C’était pas clair!

    • Donc, re_re, un bon film est une film qui n’est pas réaliste? Comme le Septième sceau?

    • 4 bons films sur 8, vous avez la moyenne re_re…

    • Je la refais!

      Nous voyons ce que nous en pensons.

      Alors c’est quand j’en pense rien que ce film n’est pas mon genre!
      Soit plus de 80% de la production cinématographie!

      Mais je ne suis pas indifférent devant des oeuvres comme:

      Amélie Poulin, La vie est belle, Ghost dog, La mince ligne rouge, Le Violon rouge, Eraser head, Alien, Manon de sources…

      Ça ne m’intéresse pas de revoir la réalité qui est trop proche de celle que je voie tout les jours.
      J’ai pas besoin du cinéma pour ça!

      Alors même si la critique adore comme pour Bergman ou Arcand, moi chus pas capabe! ZZZZZZZZZZ

    • @cinematographe
      Je suis entièrement ouvert à la discussion et unholy_ghost a donné quelques arguments intéressants (notamment la scène où Amélie se «venge» du marchand de légume, j’ai toujours trouvé que c’était «out of character»). Sauf que le «vocabulaire trop condescendant», pour reprendre votre propos, ce n’est que de l’esbroufe destinée à intimider quiconque oserait penser différement. Mais bon, j’imagine que je ne devrais pas m’attendre à ce qu’un blogue soit un lieu où la rhétorique atteint des sommets.

    • Dans la catégorie mauvais film malgré sa popularité. J’ai été voir Skyfall (contre mon gré). Vrai que c’est un bon James Bond sauf que ça demeure un James Bond. C’est un personnage inintéressant. Daniel Craig essai bien de lui donner de la profondeur mais ça demeure une coquille vide.

      Et comme dans tout bon James Bond on n’en a rien de cirer de l’histoire. On n’embarque tout simplement pas. Oui le méchant est bon mais who cares?

      Pour moi regarder James Bond c’est a peu près comme faire du lèche vitrine chez Holt Renfrew (quoique je n’ai jamais fait de lèche vitrine mais bon, j’imagine que ce serait la même chose).

    • Intimider? Nous sommes derrière un écran, anonymes. Un peu de caractère, pardi!

    • @unholy_ghost

      Nuance!

      C’est dans les films qui sont le plus éloignés de ma réalité qu’il y a plus de chance que cette oeuvre capte mon attention.

      Oui? Non? Vous saisissez la nuance?

    • @unholy_ghost

      Nuance!

      C’est dans les films qui sont les plus éloignés de ma réalité qu’il y a plus de chance que cette oeuvre capte mon attention.

      Oui? Non? Vous saisissez la nuance?

    • Le cinéma “populaire” recèle à mes yeux autant de bons que de mauvais éléments et il en va ainsi de la musique ou de l’art en général. Personnellement, j’ai vivement apprécié “Shawsank…” pour ses dialogues, lesquels sont issus d’un talent indéniable propre à l’oeuvre de King. Evidemment, sa prose n’inspire pas nécessairement tout le monde mais je crois que dans chaque film, il y a des trucs à retirer, des choses qui nous touchent plus particulièrement que d’autres…

    • Re_re, vous vous répétez répétez toujours toujours?

    • Bergman et Arcand c’est proche de votre réalité? Vous allez vous crucifiez sur le Mont-Royal tous les week-end? Vous êtes une infirmière dont la moitié est une comédienne?

    • Je note que la plupart des arguments utilisés pour descendre tel ou tel film ne sont pas tant esthétiques et artistiques que moraux. Un film qui enlaidit la réalité passera toujours mieux au tribunal critique qu’un film qui tente de l’embellir. Les thèmes qui touchent de près ou de loin l’essence de la morale chrétienne (amour, bonté, générosité) créent une réaction allergique et disposent par conséquent d’une bien moins grande marge de manoeuvre que les films froids et cyniques. Beethoven vs Spears?? On pourrait plutôt parler d’une vision boulezéenne du cinéma.

      Ceci dit, je n’ai rien rien contre l’élitisme au cinéma. Par contre, j’aime voir s’exprimer une diversité de points de vue de toutes cultures; pas juste une vision nihiliste, froide et un brin misanthrope (vision très occidentale soit dit en passant) où un cinéaste comme Stanley Kubrick serait un intouchable.

    • “Désolé, Zapfan, mais ce serait long et il faudrait analyser une douzaine de plan et je me ferais accuser d’analyse à l’extrême.”

      C’est ce que je disais, à force de décortiquer un film à l’obsession, on en finit peut-être parfois par prendre des culs pour des visages…

    • M. Siroka,
      Puisqu’un intervenant a mentionné la télé comme exemple de vide-cerveau populiste, j’en profite pour revenir sur vos questions récentes sur la différence entre séries et films.
      Je propose l’équivalence suivante: film=nouvelle, série=roman. Même développement des personnages et de l’intrigue, même temps de lecture/visionnement.

    • Scories, si on parle du contenu moral, c’est que la plupart de ses films sont aimés pour les mêmes raisons (ce film fait du bien, etc.). Perso, je ne vois pas de grandeur formelle dans un film comme Amélie Poulain et son fond idéologique me pue au nez d’autant plus qu’il n’est pas franc mais caché. Je déteste Amélie Poulain pour sa forme ET pour son contenu. À l’inverse, je vois bien la grandeur artistique de Birth of a Nation ou Le triomphe de la volonté, mais ce genre de film-limite est rare. Sinon, certains films catho/chrétien sont parmi mes films préférés: Ordet, Europe 51, Jeanne d’Arc, Pickpocket, Un condamné à mort s’est échappé, etc; et je déteste le côté froid et glauque de films comme Shame, etc.

    • “C’est ce que je disais, à force de décortiquer un film à l’obsession, on en finit peut-être parfois par prendre des culs pour des visages…”

      Pétition de principe. Il faudrait surtout que je réécoute le film et je suis paresseux… Vous n’avez certainement pas lu l’article de Kaganski.

    • Ici c’est le thème qui me dis absolument rien.

      Les bondieuseries sont présentent au téléjournal et juste ça provoque une saturation d’intérêt. Rien d’exotique surtout dans un décor urbain que je connais que trop bien! Alors OUT! Et j’ai payé pour ça en plus!

      Une histoire de visages à deux faces genre une équivalence aussi moche comme un comédien corrompu qui se fait passé pour un politicien, là aussi c’est du banal!

      L’infirmière pourrait être une pute dans ses temps libre qui tend des pièges aux élus corrompus pour que son chum qui est un tueur à gage malhabile les exécute. Là, ça serait plus exotique! Surtout dans une scène ou elle doit soigner un patient qui est en fait une victime manquée par son chum!

    • unholy_ghost
      ”Re_re, vous vous répétez répétez toujours toujours?”

      Quand on choisis ce pseudo, y faut s,assumer!
      S’assumer!

    • unholy_ghost
      ”Re_re, vous vous répétez répétez toujours toujours?”

      Quand on choisit ce pseudo, y faut s’assumer!
      S’assumer!

    • “Vous n’avez certainement pas lu l’article de Kaganski.”

      Je ne l’ai pas lu et je n’en vois pas vraiment la nécéssité, surtout si vous basez fortement votre réflexion sur l’article de votre bon ami. Ça reviendrait à la même chose que vous relire, non ?

    • Gosh! Après vous faites l’important en faisant la leçon sur le respect des opinions d’autrui…

    • @unholy_ghost

      ”Bergman et Arcand c’est proche de votre réalité? Vous allez vous crucifiez sur le Mont-Royal tous les week-end? Vous êtes une infirmière dont la moitié est une comédienne?
      Ici c’est le thème qui me dis absolument rien.”

      Désolé, on peut pas éditer alors c’est ça que ça donne!

      Les bondieuseries sont présentent au téléjournal et juste ça provoque une saturation d’intérêt. Rien d’exotique surtout dans un décor urbain que je connais que trop bien! Alors OUT! Et j’ai payé pour ça en plus!

      Une histoire de visages à deux faces genre une équivalence aussi moche comme un comédien corrompu qui se fait passé pour un politicien, là aussi c’est du banal!

      L’infirmière pourrait être une pute dans ses temps libre qui tend des pièges aux élus corrompus pour que son chum qui est un tueur à gage malhabile les exécute. Là, ça serait plus exotique! Surtout dans une scène ou elle doit soigner un patient qui est en fait une victime manquée par son chum!

    • “Gosh! Après vous faites l’important en faisant la leçon sur le respect des opinions d’autrui…”

      Je ne fais qu’employer vos propres tactiques pour illustrer mon point de vue, et vous réagissez de la même manière que les personnes que vous pourfendez. Pensez-y…

      Quant à l’article de ce supposé Kaganski dans lequel vous ne cessez de vous draper pour vous protéger, il se peut qu’il y ait aussi un peu de paresse de mon côté, quoique que je vous trouve bien actif et surtout prolifique sur ce blogue pour vous taxer de paresseux. Ne soyez pas si dur envers vous même, allez… :)

    • Je ne suis pas le plus grand des cinephiles. Si j’aime le récit et que je trouve les acteurs charismatiques, je suis heureux.

      Mais ce débat me fait penser à la bière et l’opinion que j’ai des goût populaire…

      ‘Ma bière préféré, c’est la Molson Ex’ (Arg, c’est de la merde!)

      ‘Non, moi je ne prend mes bières qu’à la SAQ, j’aime bien la Red Stripe (’Arg, c’est de la Molson Ex du Sud!! De la merde à prix d’exportation! Et ne me partez pas sur la Stella Artois et la Heineken)

      Ahem. Mais bon. Si ça les rends heureux de boire de la piquette.

    • “Les goûts populaires se discutent-ils demande Jozef; à voir vos interventions, la réponse est “non”, je n’ai pas le droit de dire sincèrement ce que je pense d’un film puisque la majorité n’est pas d’accord avec moi.”

      Il ne faut pas mésinterpréter mes propos. Je n’ai pas de problème à ce que les cinéphiles descendent un film populaire à l’aide d’arguments qui sont corrélatifs avec toute l’étendue de leur savoir. D’ailleurs, si je n’aimais pas votre franchise, je ne lirais pas ce blog. J’apprends beaucoup en lisant vos analyses.

      Je déplore plutôt le ton et l’attitude condescendante qu’ont certains des intervenants ici envers le public majoritaire. Comme si nous étions tous des rats de laboratoire et que notre amour pour un film quelconque ne constitue que le fruit de notre imbécilité profonde. Ce n’est pas le cas de tous les bloggeurs, j’en conviens, mais certains sont beaucoup plus méprisants et arrogants que d’autres.

      Il est bien important à mon avis de distinguer les cinéphiles qui critiquent un film populaire des cinéphiles qui critiquent le public cible de ce même film populaire. Un film qui constitue une “merde” à vos yeux ne rend pas son public “inférieur” d’un point de vue intellectuel. Malheureusement, certains d’entre vous, et je repète que ce n’est qu’une minorité des intervenants, ne sont pas conscients de cette distinction si je me fie à l’arrogance de leurs propos en général.

      J’espère avoir éclairci mon opinion.

      Philippe

    • Amélie suscite des passions! Mon but n’était pas de susciter un débat sur ce film, mais le commentaire de kurtz m’avait intriguée.

      @kurtz – merci de m’avoir répondue – et d’avoir résumé votre point de vue.

      Parlant de Coehlo, j’imagine que vous devez adorer Eric Emmanuel Schmitt! hihi

    • Bon, je me lance sur la vision crypto-fascisant, même si je devrais revoir le film.

      Les arguments de Kaganski:
      1) Jeunet dépeint Montmartre, mais en ripolinant toute altérité sexuelle et ethnique. C’est littéralement un Paris d’aujourd’hui mais avec la pureté des années 40. C’était mieux avant!
      2) Il n’y a pas d’immigrés dans le film alors que Montmartre et le Canal St-Martin sont des quartiers multi-ethniques. Il y a un personnage joué par un Beur, mais il s’appelle Lucien, il est désarabisé.
      3) Cet enfermement dans Montmartre est une vision villageoise du monde, réac.
      4) Il y a une blague xénophobe sur les Afghans.
      5) Les deux seules représentations sympas de l’altérité, ce sont des images d’une chanteuse de blues et d’un unijambiste noir, soit des visions exotiques, lointaines, de l’altérité.

      Mes arguments:
      1) La vision nostalgique d’un âge d’or où tout était pur, c’est la base du fascisme, même si je ne crois pas que Jeunet en soit conscient.
      2) Le Beur qui joue Lucien c’est Jamel Debbouze, la plus grande star française. Pour un raciste, Micheal Jordan ou Jackson ne sont pas vraiment Noirs. De même, les chanteurs de blues sont une vision exotique, très Oncle Tom et nostalgique du Noir qui savait alors garder sa place et nous amuser.
      3) Dans la scénette afghane, Amélie dit qu’elle ne sortirait jamais avec son amoureux s’il devait devenir comme un Afghan en ridiculisant leurs coutumes alimentaires et vestimentaires. La mention passe en un éclair.
      4) Dans une scène, Amélie rate en train pour Paris et ne peut revenir de banlieue; elle dort dans un photomaton du métro et grelotte de peur. Ellipse. On la voit sur le quai de la gare St-Lazare, elle marche vite, le dos vouté de peur; derrière elle il y a deux Blacks et un Beur qui marche en riant, ils ne prêtent aucune attention à Amélie, mais on sent que la peur de cette dernière est causée par eux. Ce sont la seule mention de l’altérité de tout le film. Ils symbolisent la peur de la banlieue multi-ethnique.
      5) Par contraste, le Paris montmartrois est lui montré comme un cocon de pure France. Comme nous l’apprenait un article à l’époque, Jeunet a nettoyé (ethniquement) grâce à l’image de synthèse ses rues: il a fait disparaître toutes pancartes et commerces arabes du film pour donner une image nostalgico-publicitaire. Sans parler qu’aucun personnage est non blanc, même le pauvre Lucien qui est le bénêt du “village”.

      Bon, il faudrait que je revois le film pour en dire plus.

    • “Je ne fais qu’employer vos propres tactiques pour illustrer mon point de vue, et vous réagissez de la même manière que les personnes que vous pourfendez. Pensez-y…”

      Çui qui le dit, çui qui l’é, c’est ça? Décidément, vous aimez bien donner des leçons…

    • On oublie peut-être dans ce débat que la réaction (véhémente) face à certains films populaires est, en bonne partie, une contre-réaction à l’accueil (violemment populaire) qui leur a été réservé. Essentiellement, c’est ce que raconte Jozef en disant percevoir “les louanges d’autrui envers ces films comme une forme d’abus psychologique”. Qui peut aujourd’hui voir (et critiquer) un film populaire sans avoir entendu la voix (et l’avis) du “peuple” qui le précède ? (cela dit, ça n’empêche plusieurs films populaires d’être atterrants à plusieurs égards).

      Et plutôt qu’”Amélie Poulain”, je soumettrais “Up in The Air” à la fureur critique ;)

    • Redisons-le, ce n’est pas parce que je dis qu’un film est une merde que j’insulte ceux qui l’aiment. On me trouve narcissique parce que je suis honnête, alors qu’il y a une bonne part de narcissisme à ne pas vouloir qu’on dise du mal d’un film qu’on aime et se sentir personnellement insulté, comme si le film était le miroir de son âme.

    • Il y a comme une déformation de la démocratie ici. Si un film est populaire, le peuple a parlé… Est-ce qu’il avait raison le peuple quand, jusque dans les années 10, on disait que l’impressionnisme c’était de la merde? Or, je passe mon temps à dire de films aimés par une minorité que c’est de la merde, comme les films de Greenaway.

    • Amélie rate son* train pour Paris

    • Je n’ai pas tout lu, mais en résumé la seule chose que je prône ce n’est pas un aplaventerisme devant le choix populaire ou de se censurer pour ne pas blesser les sensibilités; simplement d’avoir un discours le plus ciblé possible, sinon on embrouille la discussion. À quoi bon utiliser les attributs péjoratifs les plus génériques qui soient pour qualifier un film, surtout si cet attribut est en réaction à un aspect très spécifique du film qui ne résume pas l’oeuvre, et surtout si c’est pour ensuite interdire qu’on y réponde.

    • “Ce n’est pas le cas de tous les bloggeurs, j’en conviens, mais certains sont beaucoup plus méprisants et arrogants que d’autres. ”

      J’imagine que vous parlez de moi. Je n’ai insulté personne, je n’ai pris de haut personne et je ne fais que critiquer un film, ce qui est encore possible même aujourd’hui, dieu merci. Pourquoi déplore-t-on la violence présumée de dire qu’un film est de la merde, mais jamais celle de plus en plus fréquente de refuser qu’on puisse le dire. On parle souvent de la violence du fleuve, mais jamais des rives qui l’empêche de couler où bon lui semble.

    • Et dire que toute cette violence a été déchainée par Amélie. Elle qui ne voulait que le bien.

    • ‘est bonne! ;-)

    • bon débat quand même!

    • on va désamorcer un peu

    • Bien, quand on lance un petit brûlot, ça démarre souvent plus le débat que si on disait “c’est un film sur lesquels j’aurais des choses à dire, mais je ne voudrais pas peiner ceux qui ont aimé”. La vigueur d’un milieu culturel se voit justement la possibilité de la critique, même acerbe.

    • “Çui qui le dit, çui qui l’é, c’est ça?”

      Dans votre cas, ça semble une possiblité. Que vous ayez une opinion, soit, mais votre problème, c’est que vous pontifiez depuis le début, et je rejoins le point de vue de jay-jay là-dessus. Vous comprenez où je veux en venir.

      “Je n’ai insulté personne.”

      Enfin, presque. Relisez-vous. À deux reprises vous dites clairement que vous respectez l’opinion de ceux qui ont aimé Amélie Poulain mais tout en soutenant qu’ils ont aimé “pour les mauvaises raisons.” Allons, allons… j’y vois-là quand même un petit quelque chose de réducteur pour ceux qui ne partagent pas votre avis, c’est clair.

      Et puis Jeunet ou Bergman ou Spielberg ou bien Tarkovski, là n’est pas la question, c’est le principe de la chose.

    • Zapfan, au lieu de continuer à donner des leçons en me faisant des procès d’intention, pourquoi ne pas vous en tenir aux arguments sur le film. On tourne en rond avec vos petites phrases et sous-entendus et ça n’intéresse personne. À moins que vous n’avez plus rien à dire sur le film.

    • J’ajouterais que dans Amélie Poulain la forme et le fond ne font qu’un. Pourquoi le film présente-t-il une imagerie sur-esthétisante et ultra-formaliste, avec tous les trucs (couleurs chatoyantes, filtres, über-direction artistique) que la pub utilise depuis toujours, alors que les autre films de Jeunet construisait une vision sur-glauque du réel?

      Parce qu’il veut habiller des plus beaux atours sa vision idéalisée et pure d’un Paris qui ne serait qu’un fantasme du présent débarrassé de son altérité.

    • Je suis toujours surpris de constater à quel point certains vont totalement miser leur appréciation d’un film sur les intentions et les [supposés] messages diffusés par le cinéaste. En toute honnêteté, même si je rejete cette analyse d’une Amélie réact, je ne pourrais être davantage désintéressé par elle, même si elle l’était. Non seulement je suis imperméables aux films à messages, mais j’irai encore plus loin: peu de films m’ont appris quoi que ce soit sur mes opinions que j’ai dans la vie, et le cinéma est la dernière place où je regarde pour me faire convaincre ou pour m’enseigner quelque chose.

    • … excepté m’enseigner sur l’Art en soi.

    • “On tourne en rond avec vos petites phrases et sous-entendus et ça n’intéresse personne.”

      Justement, ça tournait en rond avec Amélie Poulain bien avant ma première intervention, mais bien sûr, il n’y a seulement que vos propres petites phrases et vos propres sous-entendus qui intéresse, c’est certain. Mais je vous l’accorde, il n’est jamais plaisant de se faire servir un peu de sa propre médecine.

      Pour en finir avec la pauvre Amélie, comme je disais précédemment, je suis d’accord avec une partie de votre point de vue, mais justement, je n’ai jamais considéré le film comme étant une vision réaliste du Paris contemporain, ça me semble évident que ce truc est une fantaisie. Oui il y a certains aspects discutables et teintés de maladresse, mais de là à dire que c’est une merde, ben c’est en mettre un peu épais sur les tartines. Et pourtant, en même temps, on ne s’en fait pas autant pour les bobines propagandistes de Leni Riefenstahl, comme un autre intervenant l’a mentionné ci-dessus. Mais bon, c’est votre opinion, c’est votre droit, mais pas besoin de pointer les autres pour autant. “Je considère que Amélie Poulain est une merde xénophobe, fasciste et rétrograde parce que etc. etc. etc.”, ok c’est bon. Sauf que pointer du doigt quelqu’un en disant “vous aimez pour les mauvaises raisons”, c’est là que la coupe déborde. Il n’y a seulement à dire que vous voyez les choses autrement et expliquer vos raisons sans ressentir le besoin de diminuer les avis contraires, that’s it, that’s all. C’est ça que ne vous semblez pas saisir.

      Mais bon, évidemment, je ne peux saisir toute l’étendue et la lumière de votre infinie sagesse, alors je crois que je me contenterai de retourner à mes égoûts.

      Bien à vous !

    • L’Art pour l’Art?

    • est-ce que l’Art n’est pas à côté des considérations morales, ethniques, politiquement correctes?

      bah je suis peut-être un cynique

    • “Justement, ça tournait en rond avec Amélie Poulain bien avant ma première intervention, mais bien sûr, il n’y a seulement que vos propres petites phrases et vos propres sous-entendus qui intéresse, c’est certain. Mais je vous l’accorde, il n’est jamais plaisant de se faire servir un peu de sa propre médecine.”

      Encore çui qui le dit, çui qui l’é? Bon, c’est enfantin, non?

      Si je parle “des mauvaises raisons”, c’est bien pour dire que je ne considère pas quelqu’un qui a aimé un film que je considère merdique comme étant une merde, un abruti, un con, etc. Continuez à me faire des procès d’intention, c’est amusant, même si au bout de la ligne c,est plus de vous que ça parle.

    • C’est très tôt dans l’histoire, 1935, quand Benjamin écrit qu’ « au cinéma le public ne sépare pas la Critique de la Jouissance ». Les deux réactions se contrôlent mutuellement puisque dès le départ, les réactions individuelles se transforment en phénomène de masse, comme par magie. De là la rareté ou l’impossibilité de films comme Le triomphe de la Volonté… Qu’aurait-il dit de la télé? Qu’on ne sépare pas la Critique de l’Absence?

    • Quoiqu’il en soit, nous étions plusieurs hier à jouir de nos critiques envers la Galère.

    • eturgeon, c’est une bonne question. Ce n’est pas le message qui est en cause. Je ne crois pas que Jeunet a voulu dire qu’il faut être raciste. Mais on ne peut non plus devant un plan dont le propos est raciste se dire que la photo est belle, ça me suffit. Ce serait faire l’autruche. Si le film m’apparaissait comme étant formellement intéressant, même si le message est nauséabond, je ne suis pas sûr que j’aimerais le film mais je ne pourrais nier sa grandeur formelle. Or, ce n’est pas le cas. On ne peut nier que les films de Riefensthal sont formellement originales et créatifs, mais on ne peut non plus nier que cette grandeur sert à faire mieux passer un message hideaux à moins de se boucher les yeux. Même chose pour Griffith: on ne peut nier l’ampleur de Naissance d’une nation, son utilisation révolutionnaire du montage alterné, même si le contenu est raciste.

      Tripper sur une belle image, ça ne veut rien dire. La pub en fait à la pelle. Une oeuvre d’art crée du sens et c’est lié aux liens de la forme et du fond dans un souci éthique (ce qui ne veut pas dire la morale étriquée).

    • Autre chose: on pourrait dire que les symptômes que je vois dans le film sont des détails sans importance. Or, il n’y a a jamais de détails insignifiants chez Jeunet tant c’est un cinéaste qui recherche un contrôle absolu sur son image (voyez comment les lentilles forment un triangle parfait, voyez comment il trouve une mouche hors-foyer dans Jules et Jim): aucun détail n’est gratuit.

    • @ arianeg

      De rien. Et je suis d’accord que ce débat était très bien. C’est même selon moi une condition presque obligatoire pour garder un blog de cinéma en santé.

    • Wow, Ghost & Jozef, vous me jetez à terre avec vos critiques acerbes de films convenus, mais tout de même efficaces et loin d’être horribles parfois même originaux dans leur format grand public. Forrest Gump n’est pas une merde bien que populaire, mais bon, je peux concevoir que le style ne plaise pas à tous.

      Mais le FD d’Amélie Poulin, la Grande Séduction, Babel, les Invasions Barbares et surtout Shawshank Redemption des merdes?!? Wow, j’aimerais connaître vos opinions des films que je considère comme de la merde…

      Ce qui m’impressionne toujours de la part des gens qui ont obtenu plus de 9 crédits en cinéma, c’est leur capacité à séparer tous les films en 3 catégories : les grands films (une vingtaine tout au plus), les bons films (+-500) et les merdes (des millions!).

      J’utilise plutôt des pourcentages, ce qui me permet d’être plus nuancé dans mes critiques… et d’octroyer parfois un 85% à un film que TOUTES les critiques encensent et qui pourtant ne m’a pas impressionné, et un 62% à un film que tous les diplômés en cinéma décrivent comme une [autre] merdre monumentale…

      J’ai dit que Shawshank c’est de la merde? Où ça?-js

    • Procosom, tu connais la parabole de la grenouille et du scorpion? C’est dans ma nature…

      Je ne trouve pas que Forrest Gump est une merde, perso. Il faudrait que je le revois avec la critique de Jozef en tête.

    • Amélie Poulain, j’ai pas aimé moi non plus. Une personne me l’avait suggéré quelques temps auparavant alors quand je l’ai vu à la télé, j’étais curieux de voir. Non c’est justement la morale et le ton que j’ai pas aimé. Oui j’ai trouvé cela gnangan et qu’on nous prenait pour des cons. Pas ma vision de la vie en tous les cas, pas plus que la lecture de l’horoscope quotidienne ou les discours de motivateurs positivistes.

      ——————————————

      Dans l’image qui sort du vidéo plus ahut on reconnaît ”Big” avec Tom Hanks. Fil vu plusieurs fois à la télévision mais ce n’est pas un film de cinéphiles.

      Pour le Top 250 d’IMDB, on dirait que les gens notant ont des goûts variés et parfois incongrus, on dirait aussi que c’est une cote d’amour avec moins d’égard pour la qualité artistique qui peut pareil y être.

      Back to the Future, j’embarquais dans ce divertissement mais comment lui donner une note de 8.5 et donner 8.3 à Full Metal Jacket et Unforgiven ?

      Où est le Karate Kid si on prend Back to the Future ?

      Les goûts, les goûts, il faut aussi voir ce qui est offert à la télé… Les films plus cinéphiles sont souvent présentés à Télé-Québec ou encore à Radio-Canada en toute fin de soirée. Ou bien les classiques d’Hollywood, je les regardais le dimanche après-midi sur PBS.

    • Pour ”Le triomphe de la volonté” bien que ne l’ayant pas regardé au complet, oui c’est un film de propagande mais avec mes yeux d’aujourd’hui cela est une formidable dénonciation de la manière dont s’y prenait ce régime pour laver les cerveaux, promettre des choses au peuple, lui mentir, l’acheter.

      Beaucoup d’Allemands sont donc eux aussi des victimes de ce régime.

    • Oui, les cotes de IMDB c’est n’importe quoi, vraiment.

      À la limite, les goûts ne se discutent pas, mais encore faut-il qu’il y ait goût. On ne peut avoir développer son goût si on n’a pas lu sur le sujet, avoir été formé à la discussion sur le cinéma, avoir vu une quantité (1000) de films considérés comme un chef-d’oeuvre pour pouvoir avoir un point de comparaison. Or il n’y a plus d’éducation au cinéma. Personne ne va me convaincre que Shawshawck Redemption est le plus grand chef-d’oeuvre du cinéma. Même pas dans les 1000 premiers.

    • @unholy_ghost
      À la limite, les goûts ne se discutent pas, mais encore faut-il qu’il y ait goût.

      On peut transposer ça dans un autre domaine dans lequel, il est question de goûts.

      Comme se demander si la pizza peut être considérer comme une réalisation importante dans le domaine de la cuisine? Et si celui qui invente la pizza aux ananas est un avant-gardiste?

      Si la pizza peut être comparée à une recette sophistiquée avec un titre long comme le bras?

      Et là, je n’ai même pas abordé les questions métaphysiques qui pourraient être liées à la poutine ou le pâte chinois!

      Ça me fait penser aux discussions souvent que j’ai souvent avec un collège qui sont stériles car chacun ne bouge pas de son point de vue, à propos du peintre très coté dans le milieu, Baselitz . Mon argument est que c’est une peinture de singe avec un vocabulaire visuel prévisible comme une recette de pizza justement et son point de vue est que c’est un peintre qui fait un art thérapeutique pour faire jaillir l’impulsion primaire animale de l’humain…bla,bla,bla…zzzzzzzzzzz!

      On s’en sort pas!
      C’est toujours pareil!

      Et là quand il voit que je m’amuse trop à le faire pomper sur son peintre, il m’envoie sa torpille:”HG Giger, c’est de la merde!”

      Et quand on recherche un terrain d’entente, c’est le livre d’art sur Picasso! Mais là, ce n’était que théorique car ça repart de nouveau car pour moi, beaucoup d’oeuvres de Picasso ne valent pas plus qu’une recette de pizza exécutées pour la xième fois, réalisée avec les pieds en se curant les oreilles!

    • « Il n’y a plus d’éducation au cinéma ». Il y en a déjà eu une?

    • je prendrais les 1000 et je mettrais des 100

    • je dis ca en toute modestie, car bien que je regarde 200 à 250 films par année, je ne crois pas avoir 1000 films en banque que je pourrais conseiller fortement à n’importe qui :)

    • “je prendrais les 1000 et je mettrais des 100″

      ?

      “« Il n’y a plus d’éducation au cinéma ». Il y en a déjà eu une?”

      Oui. Il y avait une douzaine de cinémas de répertoire à Montréal avant les années 80, de grands films à Radio-Canada, des ciné-clubs dans les collège depuis les années 40, deux grands festivals de films qui marchaient…

    • je disais simplement que pour m’approprier votre texte je remplacerais les 1000 par des 100. Shawshank n’est pas dans mon top 100, et j’aurais de la difficulté à fournir une liste de 1000 chef d’oeuvres.

    • …et y avait-il aussi plus de littérature cinématographique ?

    • Oui, certainement. En librairie, je tombe constamment sur des dossiers fait par le Ministère X et l’association y sur des films ou des cinéastes machin. Genre: comment parler de ce film dans votre ciné-club. Tout cela n’existe plus.

    • Eturgeon, c’est simple, commencez par voir la liste du top 200 des Cahiers et le top 200 de Sight and Sound. Ensuite, prenez chaque cinéaste comme Ford, Steinberg ou Hawks et ajouter le 10 chef-d’oeuvre qui ne sont pas dans la liste, vous êtes déjà à 1500 films. Ensuite ajouter le chef-d’oeuvre des cinéastes moins connus, ceux de chaque pays, les Criterion, les films de l’année des revues importantes, vous êtes déjà à 4000 chef-d’oeuvre. Quand vous allez être rendu à 10 000 heures de visionnement, là vous pourrez dire que vous avez un goût éduqué.

    • faut que je jete un coup d’oeil au top 200 de sight and sound. Ce soir j’ai vu Scarlet Empress, excellent!

      sinon j’ai touché déjà pas mal à tous les gros noms du cinéma (ce soir je touchais à Steinberg pour la 1ere fois), certains de fond en comble, mais je suis à des kilomètres d’avoir vu 4000 films.

    • Scarlet Empress, sublime, simplement sublime. Comparez ça à Shawshawck…

      Le plus important est peut-être de lire parallèlement les grands critiques: Bazin, Truffaut, Daney, etc.

    • @ Jozef

      “J’ai dit que Shawshank c’est de la merde? Où ça?-js”

      J’ai mis les commentaires de Unholy_ghost et votre réaction à son commentaire dans le même paquet. Après vérification plus attentive, les commentaires de ghost concernant Shawshank sont venus dans un commentaire subséquent et n’étaient pas aussi acerbes (quoique négatifs) que ceux formulés à l’endroit de Babel, Forrest Gump, Amélie Poulain, etc.

      Mes excuses pour la confusion… mais ma critique demeure concernant les films susmentionnés : considérer Forrest Gump, Babel ou La vie est belle n’importe où entre faible et très bon, ça me va; on peut d’une manière ou d’une autre – selon notre perspective, notre état d’âme au moment du visionnement et la diversité des films visionnés dans notre vie – y trouver plusieurs forces et plusieurs faiblesses. Mais les considérer comme une merde m’apparaît encore pire comme jugement que quelqu’un qui le considérerait comme un chef d’oeuvre.

      Si Babel et Amélie Poulain sont des merdes, alors comment classer tous les films 100 fois plus merdiques qui envahissent les écrans chaque année?!?

      Si Amélie P. est une merde simplement à cause de sa photographie “sur-esthétisante et ultra-formaliste” pour citer Ghost, comment peut-on alors considérer Drive, la Matrice (le 1er évidemment), Fight Club ou les Dark Knight comme de très bons films? Hormis l’intrigue et le propos, si on se concentre uniquement sur l’esthétique, il me semble que l’écart entre ces films n’est pas si grand pour justifier un tel écart dans les critiques.

      Si j’avais un mot pour décrire Amélie Poulain et la sensibilité de Jeunet en général, ce serait «préciosité», genre de truc capable de me rendre malade ne serait-ce qu’en petites doses. Inutile de dire que le film en question m’a fait subir une overdose. -js

    • “Si Babel et Amélie Poulain sont des merdes, alors comment classer tous les films 100 fois plus merdiques qui envahissent les écrans chaque année?!?”

      Des sous-merdes…

    • @ arianeg

      Je suis d’accord à 100% avec vos propos

      @ ghost

      Il y a toute une marge entre affirmer qu’on n’a pas aimé un film et dire que c’est une merde! Si vous n’êtes pas en mesure de voir la différence, je questionne sérieusement votre jugement.

      @ jay_jay 13 novembre 10:03

      “Vous cachez souvent votre intelligence et votre connaissance du cinéma sous une bonne dose de mépris, de jugements radicaux et de «one-liner» mordants. La paresse intellectuelle, ça c’est populiste…”

      Je n’aurais pas su mieux dire!

    • @ghost

      “Des sous-merdes…”

      Ça confirme ce que je croyais : jugements et «one-liner» radicaux pour attirer l’attention.

      Je n’ai peut-être pas toute la sagesse des plus sages des grands sages, mais j’ai appris à apprivoiser le gris depuis quelques années plutôt que de m’enfermer dans une dynamique binaire où tout n’est que superbe ou merdique!

      Dans la réalité, la plupart des films ont une teinte grisatre plus ou moins foncée selon nos goûts, nos critères esthétiques et notre connaissance de l’art… très rares sont les blancs purs et les noirs abyssaux.

    • “Mais les considérer comme une merde m’apparaît encore pire comme jugement que quelqu’un qui le considérerait comme un chef d’oeuvre.”

      bonne remarque

      “Si Amélie P. est une merde simplement à cause de sa photographie “sur-esthétisante et ultra-formaliste” pour citer Ghost, comment peut-on alors considérer Drive, la Matrice (le 1er évidemment), Fight Club ou les Dark Knight comme de très bons films? Hormis l’intrigue et le propos, si on se concentre uniquement sur l’esthétique, il me semble que l’écart entre ces films n’est pas si grand pour justifier un tel écart dans les critiques.”

      C’est ce que je pense aussi. Et que dire de Hugo ?

    • L’important pour une éducation cinéphilique est surtout pour moi (et c’est sous-entendu chez ghost) d’emprunter une ligne directrice qui suit nos visionnements, que ce soit un genre, un cinéaste, une époque précise, un acteur… et d’en mener de front quelques-unes. Un papillonnage encadré.
      L’esprit de synthèse, la fulgurance, l’assurance, peuvent passer à la lecture pour des raccourcis, pour de la radicalité ou pour d’autre maux; ici, le problème semble être l’interprétation dans la lecture.

    • Peut-être que notre perception sur l’esthétique est simplement un peu biaisé par notre perception sur les émotions et les idées véhiculées dans le film. J’ai trouvé que Hugo était un film d’enfant niais, qui tentait de plaire aux critiques en utilisant l’astuce la plus typique et surréavaluée des faux grands films: faire un film sur les films. Du coup, les yeux bleus hypersaturés de hugo, les images de synthèse, les effets d’animation, tout m’a écoeuré.

    • @ghost

      Merci pour votre commentaire de 14h02 (et merci à kurtz aussi pour avoir étayé ses arguments/impressions).

      Ceci dit, si je me fis à vos propos, la plupart des films ont une connotation crypto-fascisante et/ou peuvent être interprétés comme anti noirs/juifs/gays/gros/chauves/nerds/riches. Comment avez-vous trouvé Snatch? Fight Club? Irréversible? Scarface? Lord of war? Star Wars?

      Point de vue esthétique, comment avez-vous trouvé Moulin Rouge? Drive? The Matrix?

      Point de vue cheeziness, comment avez-vous trouvé Dogday Afternoon? Le Jour de la Marmotte?

      Concernant Amélie, il y avait tellement d’éléments intéressants (ne serait-ce que la direction, la superbe musique – trop jouée il est vrai, mais pas plus que Britney) que je vois mal comment on peut conclure qu’il s’agit d’une merde et qu’aucun de ces éléments ne fut suffisamment positif pour au moins compenser en partie les éléments qu’on a détesté (photographie, propos fascisant camouflés, etc.).

    • Hugo est un beau film. Oui il est esthétisant, féerique, mais c’est le sujet du film (Méliès quand même) et c’est le genre dans lequel il s’inscrit, le film fantaisiste pour enfant. C’est par ailleurs un film qui dit beaucoup de chose sur le monde et sur le cinéma, ainsi que sur son créateur. Amélie Poulain se veut beaucoup plus réaliste et ce n’est pas un film pour enfant. Si je trouve que c’est un film merdique c’est que pour moi ses immenses défauts (je déteste presque tout dans le film) ne compensent pas ses petites qualités qui me permettrait d’ajouter un peu de gris. Or, un jugement esthétique n’est pas une aquarelle et je ne mélange pas le blanc et le noir pour donner un jugement dont l’objectivité s’apparente chez vous avec la grisaille. D’habitude, on aime un film ou le déteste, ou alors on est plutôt indifférent.

      Ce qui fait que pour moi Amélie Pouliche est une merde, c’est que ce que les autres considèrent comme étant des qualités (la photo, la direction artistique, les joliesses du scénar) sont pour moi au service d’un immense mensonge: embellir Paris pour convaincre qu’il faut adhérer à cette vision catho à la Mère Théresa où toute altérité est gommée. Et si je suis si véhément et péremptoire, c’est qu’il s’agit d’un film qu’il est absolument interdit de détester.

    • “C’est par ailleurs un film qui dit beaucoup de chose sur le monde et sur le cinéma, ainsi que sur son créateur.”

      les bons “films sur les films” à mes yeux ne sont pas ceux qui essaient de m’apprendre des choses que je pourrais de toute façon lire dans les livres. Ce sont ceux qui sont exaltant et lyriques, comme nuit américaine, 8 et demi.

      À choisir entre le visage émerveillé d’hugo et de la filletet qui regarde un film de Méliès, et Amélie qui se retourne vers la caméra pour dire: “lorsque je suis dans une salle de cinéma, j’aime bien regarder les visages des gens”, c’est pas difficile à choisir lequel réussit à me faire rêver.

    • Ce n’est pas parce qu’il y a un film dans le film dans Hugo, je ne m’en souviens pas d’ailleurs, mais bien par ce qu’il dit sur la transmission, le goût de la culture, la reconnaissance, les maîtres, la préservation des archives (on connaît le travail de Scorsese) et le goût pour un cinéma de la fantaisie chez lui depuis une dizaine d’années.

    • @eturgeon 14:25

      “À choisir entre le visage émerveillé d’hugo et de la filletet qui regarde un film de Méliès, et Amélie qui se retourne vers la caméra pour dire: “lorsque je suis dans une salle de cinéma, j’aime bien regarder les visages des gens”, c’est pas difficile à choisir lequel réussit à me faire rêver.”

      J’adore!!!

    • Ok je concède que le ton féérique est approprié entre Hugo et son sujet.

      Ce que je reproche au film est son manque d’imagination. L’atmosphère féérique aurait pu être beaucoup plus innovatrice. Là le film ressemble juste aux centaines d’autres, qui eux ont eu la malchance de ne pas traiter d’un sujet aussi estimé. Contre exemple: Miyazaki.

    • Il y a quand même plusieurs choses belles dans le film. Un bon film très émouvant ou moyen selon les goûts.

    • “À choisir entre le visage émerveillé d’hugo et de la filletet qui regarde un film de Méliès, et Amélie qui se retourne vers la caméra pour dire: “lorsque je suis dans une salle de cinéma, j’aime bien regarder les visages des gens”, c’est pas difficile à choisir lequel réussit à me faire rêver.”

      Bien pour moi, c’est le contraire: le cinéma c’est la croyance, l’émerveillement, pas faire les petits malins. De toute façon, c’est faux parce que Hugo est auto-réflexif, il nous renvoie constamment à notre état de spectateur malgré la féerie, alors que Poulain nous plonge dans le mensonge et la non-critique (le manque de distance que les gens ont avec le film le prouve).

    • Si on parle de jugement esthétique au sens philosophique, cela peut être tout un mandat…

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Esth%c3%a9tique

    • “il nous renvoie constamment à notre état de spectateur malgré la féerie, alors que Poulain nous plonge dans le mensonge et la non-critique”

      notre divergence d’opinion vient encore simplement du fait qu’on n’accorde pas la même importance aux mêmes choses, et dans votre cas l’idéologie prend beaucoup de place simplement. Vous savez sûrement déjà à quel point plusieurs qualifient Spielberg de manipulateur, de défendeur de la droite, voire de fasciste, de gars qui nous conforte dans nos opinions. Gilliam étant le plus aggressif de ses détracteurs. Personnellement je trouve toujours qu’on accorde trop de crédit politique aux cinéastes.

    • Dire qu’on regarde les visages de gens, c’est du niveau de Philippe Delerm et ses petits plaisir mesquins. La première gorgée de bière. Je préfère les deux potaches qui en avaient une parodie: Le première gorgée de sperme.

    • Hugo est un bon film et mais il rate un peu sa cible. Les parents apprécient la qualité du film sans vraiment y prendre plaisir tandis que les jeunes demeurent assez indifférents.

      C’est le genre de film que tu fais écouter a un enfant pour le mettre en contact avec du cinéma de qualité mais il ne trippera pas vraiment sur le film.

    • eturgeon, je n’accorde pas non plus de crédit à l’idéologie, contrairement à ce que vous pensez. Si Jeunet était vraiment fasciste (ce que je ne crois pas, je précise) mais que son film était vraiment humainement intéressant et formellement original, débouchant sur une vision complexe du réel, je n’aurais pas de problème. Or, je trouve que sa forme est laide, frelatée, publicitaire et elle cache un message simpliste qui a des côtés pas vraiment ragoutants. Bref, une merde.

    • @_renaud

      c’est en effet un autre problème évident avec le film

    • unholy_ghost

      13 novembre 2012
      10h28

      “Les gens qui s’offusquent qu’on déteste LEUR film, on peut se poser des questions sur la confiance qu’elles ont en leur jugement.”

      Punaise ! Je viens de lire tous les commentaires ici et je suis … vieux je crois.
      Mais pas encore tout à fait “con”… :)

      Le commentaire ci-dessus veut tout dire et son contraire. C’est souvent le cas. Non pas seulement pour cet intervenant mais souvent pour beaucoup d’entre nous.
      On dit oui. On dit non. On dit …. peut-être. On dit souvent ce que “l’autre” veut entendre.

      Remettre en question son jugement dites-vous.
      Quelle bonne idée !

    • Renaud, les enfants d’aujourd’hui sont tellement bombardés d’images rapides et abrutissantes que, vous ferez le test, même E.T. leur paraît aujourd’hui d’une ennui mortel.

    • Pour Amélie Poulain, moi, sa philosophie de vie me fait penser à une certaine animatrice québécoise qui donnait au suivant…

    • @ghost

      Pour E.T. je n’aurais pas de difficulté à comprendre les enfants. Je trouvais ça moi-même assez ennuyeux quand j’étais jeune. Disons que j’aimais pas mal plus Star Wars.

    • @ghost

      “les enfants d’aujourd’hui sont tellement bombardés d’images rapides et abrutissantes”

      D’accord avec vous à 100% sur ce point!

    • Mon gars de 4 ans a pas mal aimé E.T., mais faut dire qu’il n’a pas été (trop) bombardé. Il est habitué au rythme lent des premiers Disney, et je préfère lui présenter Keaton ou Chaplin à Dora et Diego (mais il préfère nettement ces merdes télévisuelles, qui se placent une coche au-dessus d’Amélie, des presque-totalement-de-la-merde, pour la nuance).

    • @Cinematographe

      “…mais il préfère nettement ces merdes télévisuelles, qui se placent une coche au-dessus d’Amélie”

      Vous me brisez le coeur! :)

    • Star Wars c’est le film pour ados (les Star Wars enfantins sont les moins bons, name it). ET est pour les enfants en bas âge. Mise en scène formidable et histoire très complexe.

    • @cinematrophe

      Ne soyez pas trop lourd avec les trucs que vous faites écouter à votre fils. Ça pourrait le dégouter du cinéma et le pousser à s’inscrire en droit.

    • @ghost

      J’ai découvert E.T. et Star Wars environ en même temps et E.T. ne m’avais pas fait un grand effet. Et pour être franc je dirais que c’est le cas de la plupart des films de Spielberg. C’est un grand cinéaste mais il a un côté vanille qui fait que ses films manquent souvent de punch.

      J’aime bien A.I., War of the Worlds et Minority Report mais le reste de Spielberg me laisse plutôt indifférent. Par contre j’ai hâte de voir son Lincoln (même si je trouve ça agassant de savoir que le film est déjà consacré avant sa sortie).

    • Keaton c’est lourd?!? Je pensais Antonioni demain, mais je vais faire une transition par Bresson, pour ne pas trop le brusquer (et le familiariser avec mon identité virtuelle). Après, peut-être que je le laisserai écouter du Pixar.

    • Tous les films de Spielberg sont consacrés avant leur sortie, c’est le propre d’un grand auteur.

      Mes prédictions pour Lincoln: grand film selon ce que j’ai glané rapidement dans les critiques, parce que Spi’ utilise une figure paternelle responsable, qui éprouve de la culpabilité face à la guerre civile qu’il a “présidé”, qui tente de retenir son fils qui veut aller dans l’armée (miroir d’une scène clé de War of the Worlds), et bien sûr qui veut abolir l’esclavage (ce qui donnera une nouvelle occasion de corriger les excès spectacularisant de Color Purple et Amistad). Chez Spielberg, papa responsable ou apprenant à l’être = grand film.

    • @unholy_ghost : Vous me rappelez les vedettes de films de kung fu qui se battent à 12 contre un. Respect!! ;)

      About Amélie Poulin : Comme vous semblez l’avoir souligné, nul ne peut réellement savoir ce que Jeunet avait en tête en réalisant ce film. Personellement, je crois que les débats qui en ont suivi tiennent davantage de la récupération politique qu’autre chose. S’il fallait tenir une vision comptable pour évaluer ce que devrait être une représentation correcte des communautés culturelles, l’accusation de fascisme devrait aussi s’appliquer pour plusieurs réalisateurs québécois. Ce qui fait le plus de dommage aux communautés culturelles, c’est avant tout leur représentation stéréotypée : racaille, faire-valoir, bête de sexe… À cet égard, Amélie ne fait pas pire que la moyenne et détient même un alibi justificatif dans ce contexte de représentation nostalgique d’une certaine France (pas si idéalisée que ça soit dit en passant si l’on tient compte que la majorité des personnages, francs et blancs, sont assez cinglés merci). Ma conjointe qui est à la fois française, mi-africaine et diplômée en sociologie me confirme qu’elle n’a pas été du tout choquée par ce film. Enfin, je ne dis pas que c’est un film majeur, mais je crois que les accusation de fascisme sont disproportionnées.

      Ceci dit, je reconnais que dans le genre France nostalgique, Le Havre de Kaurismaki est un film nettement supérieur …et qui ne laisse pas planer de doûtes quant à ses intentions anti-racistes.

    • @cinematographe

      Je ne disais pas ca pour Keaton en particulier, c’était juste une petite blague en passant. Pour Lincoln et bien je pense également que ca va être un grand Spielberg.

    • “@unholy_ghost : Vous me rappelez les vedettes de films de kung fu qui se battent à 12 contre un. Respect!! ;)”

      Hahaha! J’ai demandé à ma copine si ça la dérangeait que je suis le vilain du blogue. Elle m’a répondu qu’elle aimait bien que je sois un bad-ass qui sème la terreur et la désolation et qu’elle trouve même ça excitant… ;-)

    • Oui, mais le doute est là, non? En fait, dans Amélie Poulain, c’est l’accumulation de signe négatifs liés à l’altérité et comment aussi les scènes les pires passent rapidement, comme si on voulait cacher la chose. Une représentation nostalgique du passé, je veux bien, même si je n’aime pas cela. Mais une représentation nostalgique du présent, il y a un problème: on ne peut vouloir d’une France pure aujourd’hui car c’est impossible. Qu’est-ce qu’on dirait si on représentait le Bronx à New York mais en gommant tous les Noirs? Ce n’est pas fasciste, mais fascisant, oui.

    • En fait, Amélie Poulain, c’est le Paris popu transformé en Disneyland où l’on aurait nettoyé ceux qui font tache: les Noirs et les Arabes. Or, l’âge d’or n’a jamais existé: dans les années 40, il y avait aussi des indésirables nommés les Italiens, les Portuguais et surtout les Juifs dont fait partie l’acteur principal du film, Kassovitz. On pourrait remonter jusqu’aux Gaulois qui n’avaient rien des ancêtres des Français, les Francs. La pureté n’existe pas.

    • @scories

      sans rien enlever à ghost, j’avais plutôt l’impression qu’il y avait davantage une coalition anti-Amélie assez forte, versus des individus modérément passionnés pour le film. Je suis sans doute le seul qui ait affirmé adorer le film, c’est tout dire.

      Par contre en terme de quantité de messages, Ghost est dur à battre! à croire qu’il ne dort pas! :)

    • En fait, je crois que Jeunet voulait attirer tous les publics de la planète avec sa vision touristique d’une France de pacotille, ce rêve Eurodisney sur lequel fantasme les Américains et les Japonais. Du coup il devait faire disparaître la France réel et ses immigrants pour que sa publicité sur la francité fonctionne. Un peu de racisme latent par-dessus ça, qui vient peut-être du scénariste, et vous avez un film réac crypto-fascisant même si le cinéaste n’est pas fasciste.

    • “Une représentation nostalgique du passé, je veux bien, même si je n’aime pas cela. Mais une représentation nostalgique du présent, il y a un problème: on ne peut vouloir d’une France pure aujourd’hui car c’est impossible”

      jugement idéologique, je le redis. Il faut dépassez ce stade. On n’est pas obligé de s’empêcher d’inventer des mondes farfelus et irréels sous prétexte qu’il y a des problèmes de banlieues en France. De toute façon on croit toujours voir du réact lorsque la nostalgie avantage la classe au pouvoir. Vous savez que je considère avoir aussi le droit de faire des blagues sur les noirs?

    • vous savez ce qui est plus déprimant et inutile qu’un film de propagande raciste? un film de propagande progressiste. Les films de Costa-Gavras ne sont pas bon en soi parce qu’il dénonce les abus de l’idéologisme. Ils sont d’abord de bons films parce que Costa-Gravas est un bon raconteur.

      La prochaine fois que je vois casse-noisette au théatre, ne vous surprenez pas si je monte sur scène pour stopper cette pièce bourgeoise, réactionnaire, qui entretient des valeurs d’une société dépassée! Non mais! À croire que les gens ne suivent cette pièce depuis un siècle que pour le balet et la musique!!!

    • Eturgeon, je le redis, Amélie Poulain n’est pas un monde irréel, c’est le Paris que je connais bien, mais nettoyé. Un Bronx sans Noirs. On ne parle pas ici d’un monde irréel comme Brigadoon.

      Je ne suis pas politiquement correct. Il y a des blague sur les Noirs qui sont pas racistes. On peut faire une blague si on contrebalance. Mais dans Amélie Poulain, c’est l’accumulation de détails qui fait problème.

      Par ailleurs, la base de mon jugement c’est que le film est laid, publicitaire. L’aspect idéologique vient du fait que les gens disent que c’est un film au propos qui fait du bien. Je dis merde, c’est laid et le propos est raciste.

      Par ailleurs, si le racisme ne vous dérange pas dans la mesure où il y a une belle image publicitaire, c’est votre propre biais idéologique.

    • eturgeon, vous savez, j’ai lu dernièrement Bagatelle pour un massacre de Céline. Style absolument époustouflant et brûlot d’un antisémitisme monstruex. Je sais que c’est l’écriture d’un grand écrivain, mais je ne me cache pas non plus que Bagatelle a déchaîné la haine. Un peu de lucidité, ce n’est pas de goûter les insultes et les appels au massacre comme si c’était des pierreries qui n’étaient pas adresser à quelqu’un. J’y vois aussi un grand délire de paranoïaque. Mais j’ai quand même l’honnêteté de dire que c’est magnifiquement écrit, comme le Triomphe de la volonté c’est magnifiquement filmé.

      Je suis d’accord avec vous: c’est la forme qui prime dan le jugement esthétique, mais on ne peut réduire cette forme à un jeu gratuit. Analyser une forme c’est voir comment elle fait sens en s’articulant avec un contenu. Mieux, comment elle formalise le contenu.

    • Encore là, si Amélie Poulain était une grande mise en scène plutôt qu’une mise en imagerie, je ne dirais pas que ce n’est pas raciste. Je dirais c’est raciste MAIS artistiquement révolutionnaire, comme Bith of the Nation.

    • “Eturgeon, je le redis, Amélie Poulain n’est pas un monde irréel, c’est le Paris que je connais bien, mais nettoyé. Un Bronx sans Noirs. On ne parle pas ici d’un monde irréel comme Brigadoon.

      Je ne suis pas politiquement correct. Il y a des blague sur les Noirs qui sont pas racistes. On peut faire une blague si on contrebalance. Mais dans Amélie Poulain, c’est l’accumulation de détails qui fait problème.”

      je me fie sur vous sur le nombre de détails, j’avoue ne pas tous les voir.

      “Par ailleurs, la base de mon jugement c’est que le film est laid, publicitaire. L’aspect idéologique vient du fait que les gens disent que c’est un film au propos qui fait du bien. Je dis merde, c’est laid et le propos est raciste.”

      que le film soit laid ou beau, on ne sera pas d’accord là-dessus. Par contre, pour le “propos qui fait du bien” je peux comprendre que plus les gens disent du bien d’une chose qu’on voit en mal, plus notre aversion prend de l’ampleur. J’ai la même réaction pour plusieurs films. Fair enough.

      “Par ailleurs, si le racisme ne vous dérange pas dans la mesure où il y a une belle image publicitaire, c’est votre propre biais idéologique.”

      Je n’occulte pas totalement les messages et ce qu’il y a à lire entre les lignes dans les films, je m’exprimais de façon extrême pour essayer de promouvoir un idéal artistique que je prône qui est au-dessus de la politique. On nuance jamais suffisamment.

    • “Analyser une forme c’est voir comment elle fait sens en s’articulant avec un contenu. Mieux, comment elle formalise le contenu.”

      d’accord avec ca

    • Vous vous, on peut être d’accord…

    • Ben… quand même juste pour mentionner qu’un Monmartre imaginaire sera toujours plus blanc qu’un Bronx imaginaire. Et pour y avoir passé une bonne semaine, je dirais que Montmartre n’est pas plus multiculturel que Mtl. Par conséquent Amélie Poulin n’est pas plus fascisant qu’Un Crabe dans la Tête. C’est le contexte socio-politique de la france qui a crée cette controverse. Je dois donc faire comme eturgeon et me rallier aux 12 autres samuraïs qui vous combattent ghost!!!

    • Scories, il y a des vendeurs immigrants partout dans mon montmartre, des épiciers arabes, des ouvriers noirs qui prennent leur café dans chaque café, etc. Barbès est à deux pas et c’est le quartier le plus multiethnique de Paris, Pigalle, etc. Même chose pour le Canal St-Martin. Jeunet a fait disparaître à la palette numérique toutes enseignes ethniques de ses plans: nettoyage. À ceci s’ajoute d’autres plans, c’est un tout acccumulé.

    • @ghost : Barbès est en effet très multiculturel, mais c’est juste en bas de la butte.

      Sinon, il y a un autre groupe d’individus que Jeunet a effacé de son film; les touristes! Il n’y en a pas dans son Montmartre imaginaire. À cet égard, c’est un peu comme l’inverse de Playtime de Tati.

      Enfin, je crois comprendre que Jeunet a tenté de se racheter sur cette question avec son plus récent film ‘Micmacs’ et son personnage africain particulièrement érudit (personnage qui sort du stéréotype cinématographique pour s’approcher un peu plus de la réalité).

    • Mais Jeunet n’est pas tenu de représenter la réalité, pour l’amour ! Il a tourné une fiction fictive (sic). Il le souligne d’ailleurs à gros traits dans le titre (euh, fabuleux ?), à travers ses filtres de contes, ses lutins et ses hommes de verre, ce Montmartre tout à fait imaginaire, atemporel, et sans doute par de multiples d’autres détails typiquement « merveilleux » (et mignonnets et écoeuramment léchés) dont je ne me rappelle plus. C’est un peu un non-sens de juger une fable sur le critère de sa fidélité au réel.

    • Il y a par contre “la grosse touriste québécoise” qui se suicide en sautant du haut de Notre-Dame. C’est un gag dans le film. Une québécoise, grosse, who cares?

      Un jour que je parlais du film, un type m’a dit que c’était sa tante la québécoise, un fait divers. Pour eux c’était une tragédie. Se suicider en vacances.

    • Tout compte fait Jozef, les goûts populaires semblent bel et bien se discuter, et même aisément.

      Il faut attendre les générations suivantes pour voir si le classique récent est accepté comme tel; pour passer de l’instantané sociologique (IMBD) à la saine décantation (Sight…Cahier…).

    • Amélie n’est pas une fable (bien qu’on qualifie son destin de fabuleux), ni même un conte; on reste “réellement” forcé vers le réel en tant que spectateur du film.

    • @rafc :

      Pas d’accord : Amélie est une fable moderne, c’est très clair dans mon esprit (mais libre à vous de croire le contraire évidemment!)

      @ eturgeon :

      “sans rien enlever à ghost, j’avais plutôt l’impression qu’il y avait davantage une coalition anti-Amélie assez forte, versus des individus modérément passionnés pour le film. Je suis sans doute le seul qui ait affirmé adorer le film, c’est tout dire.”

      Vous n’êtes pas le seul, je le dis haut et fort : j’ai adoré Amélie. Pas dans mon top 10 loin de là, mais clairement dans mon top 100 et possiblement dans mon top 50.

    • @procosom.com

      content de voir que je ne suis pas le seul naïf!
      En réalité je me fais un fierté d’avoir inclu un film aussi populaire et candide aux côtés des chef d’oeuvres austères qui composent la liste de mes meilleurs films. Ca prend pas beaucoup de guts pour affirmer adorer 2001 space odyssey!

    • 2001, mon film préféré!

    • ;-)

      avec Lyndon, les 2 kubricks qui sont dans ton top 10 ever. 2 films extraooooordinairement impossible à faire partager de nos jours tellement ils sont trop lent pour les standards actuels.

    • Le diverstissement c’est de la masturbation, c’est-à-dire une perte de temps. Tout le monde perd son temps mais personne ne peut en être fier.. L’expression ”mettre la switch à off” (batman) signifie d’interrompre sa recherche de la vérité, le désir de s’améliorer. Les goûts ne sont pas discutables mais la qualité d’une oeuvre l’est. La plupart des gens ne connaissent pas vraiment les Beatles.

      J’écris juste ça parce que mon film préféré est aussi 2001..

    • Pour ma part, j’ai déjà mentionné à plusieurs reprises que je n’avais pas aimé 2001 autant que je l’aurais dû selon les critiques . Un peu à cause de son aspect contemplatif, mais surtout à cause de la fin “botchée” (je suis très sévère ici je le sais, sachant très bien que la réalité – délais imposés par le studio, budget, etc. – n’est pas aussi simple).

      Bref, oui oui je m’assume, j’ai préféré Amélie (Top 50) à 2001 (pas dans mon top 100).

      Mes Kubrick préférés : A Clockwork Orange & Full Metal Jacket, avec mention plus qu’honorable à The Shining.

      Attendez, je veux être bien certain que j’ai compris : vous imputez la fin soi-disant «botchée» à des contraintes de production?? L’aspect contemplatif est un défaut?? J’ai dû me retenir pour ne pas tomber de ma chaise. Cet argument est tellement disjoncté, que je ne saurai par où commencer. Mais je reste zen, c’est ma nouvelle résolution. -js

    • “Un peu à cause de son aspect contemplatif, mais surtout à cause de la fin “botchée” (je suis très sévère ici je le sais, sachant très bien que la réalité – délais imposés par le studio, budget, etc. – n’est pas aussi simple).”

      ?! Vous êtes tout simplement à côté de la track, dans le champ, mon cher cosom.

    • vous savez, Pauline Kael se moquait de Kubrick et à ce que je sache elle n’aimait aucun de ses films.

    • @procosom.com

      pour 2001, je vous partagerai mon amour de la finale en ces mots:

      si Dieu m’apparaissait en vision, et qu’il me disait qu’il avait besoin de communiquer à la race humaine quelque chose qui n’est pas verbalisable parce que ca dépasse l’homme, mais qui doit donner un aperçu à l’homme de ce qu’est l’infini et les secrets de l’univers, je répondrais: il faut demander à Kubrick, car 2001 est le plus près de ce que l’homme a réussi à maginer en images et en son pour approcher cet infini.

      :)

    • @Jozef & Ghost

      Clarification #1 : 2001 est un bon film, mais ce n’est pas un chef-d’oeuvre à mes yeux.

      Clarification #2 : le rythme n’est pas un défaut, au contraire; c’est parfaitement adapté au film pour générer cette ambiance, cet aura d’infiniment grand… n’empêche que je trouve certaines séquences de la portion #2 un peu longues.

      Clarification #3 (fin botchée) : pas la toute fin (les dernières minutes/secondes du film) que je trouve sublime et tout à fait adéquate dans les circonstances, mais plutôt la dernière demi-heure. Selon tout ce que j’ai lu, le studio pressait S.K., ce qui l’a possiblement forcé à raccourcir la dernière portion du film dont l’histoire demeure un peu flou pour se concentrer sur l’intrigue de la portion #3 et la puissance visuelle de la portion #4. Le film aurait dû compter une bonne demi-heure de plus pour expliquer davantage l’intrigue.

      Attention SPOILER : Plus précisément, pourquoi le survivant – à l’intérieur du vaisseau à la fin de la partie 3 – se retrouve soudainement dans le pod? Comment est-il entré en contact avec le monolithe pour « accélérer » son évolution (imagé par le vieillissement)? Est-il sur Jupiter ou non? Il manque carrément 30 minutes d’explication pour faire le pont entre la partie 3 et la partie 4 du film. C’est ce que je veux dire par “botché”. Imaginez Pulp Fiction sans l’intrigue de la montre en or; le reste du film demeure excellent, mais il manquerait une portion importante qui nuirait à la compréhension de l’intrigue. Même constat ici : on doit comprendre comment/quand/combien de temps plus tard/pourquoi le survivant vit ce qu’on voit dans les 15 dernières minutes.

      Pour demeurer zen, je vous recommande la lecture de ma critique complète; vous ne serez pas d’accord et c’est correct, mais au moins vous comprendrez ce que je veux dire, serez probablement ébranlé, mais demeurerez tout de même bien en place sur votre chaise : http://www.procosom.com/blogue/Critique-de-Film-2001-A-Space-Odyssey

      @eturgeon

      D’accord avec votre commentaire : “2001 est le plus près de ce que l’homme a réussi à maginer en images et en son pour approcher cet infini”

    • Il y a en effet un trou gigantesque dans le scénario, et ceux qui ont lu le livre me disent tous que le film est flou dans la finale, et que personne ne peut comprendre ce qui se passe à cause de ca. Je le donne.

      Mais en ce qui me concerne, de façon cohérente avec tout ce que j’ai dit dans ce thread, mon cerveau s’est mis en mode “forme”, “suggestion”, “métaphore” tout le long du film, particulièrement à la finale. Un cas excellent qui justifie ma prise de position habituelle que la forme a beaucoup plus d’importance que le contenu et le thème, et la forme peut même étouffer le contenu. En fait “étouffer” serait inexact comme mot, parce qu’en fait cette forme donne tellement de force à ce que Kubrick veut nous suggérer avec le thème de son film. Le contenu est bien en vie.

    • Procosom, j’ai lu votre critique et vraiment, je le dis sans malice, je trouve qu’elle est complètement absurde. Déjà de chipoter et de réduire tout à des stats. Genre les effets spéciaux sont 9/10 par rapport à aujourd’hui? Leonard de Vinci c’est 7/10 par rapport à un peintre du dimanche aujourd’hui… Totalement absurde. Et puis, la prod aurait empêcher de Kubrick, blablabla. Il est clair que Kubrick voulait que son film soit plus suggestif que conclusif peu importe si c’est les studios qui l’ont poussé à prendre cette décision finale. N’importe quel film a cette pression. Par ailleurs, le problème se situe au niveau d’une définition de la signification, notamment du concept Dieu. Pour un herméneute juif, on ne peut même le nommer, encore le mettre en stats. Toute définition est une réduction de l’infini au fini. C’est ce que montre Kubrick.

      Pour ce qui est du trou, ça s’appelle une ellipse. Après nous avoir montrer comment il a réussi à entrer dans le vaisseau, une scène aussi compliquée pour nous montrer comment retourner au pod aurait été plate et anti-climax. N’oubliez pas qu’il a maintenant le contrôle du vaisseau, ce qui n’était pas le cas quand Hal était vivant. Et puis, Dieu/extra-terrestre peut tout, c’est bien connu.

    • encore moins* le mettre en stats

    • J’accepte la correction de trou par ellipse, le mot est plus juste

      le contenu demeure inintelligible, c’était là le point que je concédais.

    • L’idée c’est que Dieu (ou l’Univers et son origine) est un Mystère. On ne déflore pas un mystère.

    • oui je disais que le contenu était inintelligible; pas que cela constitue un mauvais choix, au contraire.

    • @ghost

      Pour moi, ça demeure un mélange des 2 : une ellipse (c’eut été “anti-climax”) et un trou dans le scénario (on ignore si ça se passe 1 heure plus tard, 1 jour plus tard ou 100 ans plus tard; on ignore s’il est sur Jupiter ou non, etc.).

      D’accord que Dieu/les E.T./l’Infiniment Grand ont pris possession de son pod/corps/âme à un certain point vers la fin, mais la ligne directrice du scénario a clairement été coupée tout juste avant et je ne peux tout simplement pas – avec mon esprit très cartésien – considérer ce trou/ellipse comme un simple choix scénaristique sans conséquence. Du fait, je n’ai pas apprécié 2001 autant que je l’aurais dû à ce flou scénaristique et ce manque de cohésion survenu avant la conclusion philosophique/métaphorique.

      Merci d’avoir lu ma critique, c’est apprécié. Pour les stats, c’est une déformation professionnelle :) Blague à part, je crois qu’on peut analyser un film en évaluant chacun de ses aspects tout en prenant soin de les replacer dans leur contexte historique et en soulignant au passage leur caractère innovateur. Sans nécessairement fonder notre appréciation globale strictement sur la somme de ces évaluations de variables, on peut au moins la lier jusqu’à un certain point.

    • “D’accord que Dieu/les E.T./l’Infiniment Grand ont pris possession de son pod/corps/âme à un certain point vers la fin, mais la ligne directrice du scénario a clairement été coupée tout juste avant et je ne peux tout simplement pas – avec mon esprit très cartésien – considérer ce trou/ellipse comme un simple choix scénaristique sans conséquence”

      c’est subjectif mais moi cette coupure, cette accélération soudaine dans le récit, ce changement de perspective pour nous amener au niveau des planètes plutôt que de rester au niveau de l’intrigue, ca a déclenché dans mon cerveau le même genre de réaction que lors de la transition au 3/4 du film Mulholland drive. Ca m’a déstabilisé, mais dans le bon sens. Comme je dis c’est subjectif.

    • Dans ce cas, peut-être qu’il faudrait se tourner vers un autre type d’analyse pour déterminer la raison pour laquelle certaine personnes vénèrent 2001 alors que d’autres le jugent plutôt sévèrement.

      Premier test : qui est gaucher sur ce blogue? :)

      N.B. For the records, je suis droitier!

    • moi je suis gaucher!!!

      remarque: étant moi-même assez cartésien (je suis programmeur analyste), je suis aussi inconsciemment toujours en quête d’une méthode pour faire converger l’analyse du cinéma vers quelque chose d’objectif qui se quantifie! À défaut par contre d’être capable d’y mettre des chiffres, on peut converger autrement: par la nuance.

    • Procosom, c’est pourtant très simple. Il a vaincu son semblable, cet ordi qui était devenu humain, comme le singe du début devient hominidé en tuant son semblable. Il sort ensuite avec son Pod examiner un monolithe géant qui tourne autour de Jupiter et auquel le premier, celui de la Lune, avait envoyé un message. Il s’approche et ce monolithe est une Porte intergalactique qui l’envoie dans un tunnel spatiotemporel. Il traverse la galaxie par ce tunnel plus vite que la vitesse de la lumière (en ce sens, le temps n’existe plus). Il aboutit sur la planète des Extraterrestres, tellement avancés sur notre civilisation qu’ils ne sont plus que des énergies divines. Une nébuleuse en forme de synapse laisse supposer que tout l’univers ne serait qu’un gros cerveau divin. Les dieux le font arriver dans une réalité virtuelle en forme de chambre Louis XV (pour ne pas l’effrayer et lui donner des repaires). Dans cette chambre, il se verra vieillir rapidement et deviendra lui-même un surhomme divin, démontrant que pour achever sa transformation, il doit renaître en foetus astral. Il repasse ensuite la porte des étoiles pour retourner vers la Terre de laquelle il devient un satellite, histoire d’amener la paix entre les ennemis (Russes et Américains du début du film), image contrastant avec le premier plan d’un satellite-bombe nucléaire. Il regarde finalement les spectateurs comme pour leur demander de se transformer aussi malgré leur cartésianisme…

    • haha! bon résumé Ghost

    • par contre ce n’est ni simple, ni nécessaire pour apprécier

    • Quand on a un type aussi méticuleux que Kubrick, si jamais on ne comprend pas, il faut se dire que ce n’est pas lui le problème mais nous et qu’il faut revoir le film, lire le bouquin (trop explicatif justement et plus faiblard) et des critiques.

    • @ghost

      Superbe résumé, j’adore la fin “se transformer aussi malgré leur cartésianisme…” :)

      Seul problème : vous avez probablement regardé le film 4-5 fois en plus de lire sur le sujet avant de tout comprendre (et l’avez probablement regardé 25 fois par la suite), alors que je considère qu’au 2e visionnement – 3e tout au plus – l’intrigue de tout film devrait s’avérer claire bien qu’on puisse par la suite découvrir différents détails/perspectives qui étaient jusque là passés inaperçu. Au-delà du 3e visionnement, cela devient du “fétichisme” artistique et moins de 0,1% de la population a le temps, la capacité et le désir d’investir des dizaines d’heures afin de comprendre ce qu’un réalisateur/scénariste avait réellement en tête, comment le tout a été interprété par les critiques et les milieux artistique et scientifique et quelles influences cette oeuvre pourrait avoir/a eu sur le 7e art.

      Ma conclusion sur le sujet (bien qu’on y reviendra dans 2-3 mois j’en suis certain!) : 2001 est assurément l’un des films les plus influents de l’Histoire du cinéma, mais c’est aussi un film très complexe et atypique [réellement accessible qu'aux initiés] qui aurait grandement bénéficié d’une clarification de l’intrigue au 3/4 du film (sans pour autant sombrer dans le piège du “mainstream”).

      En passant, j’adore ce blogue et son dynamisme! Le jour où Cyberpresse devient payant, je meurs…

    • Procosom, merci pour le compliment. Même si j’ai ajouté des détails compris à la 25 fois, l’essentiel me semble facile à comprendre dès la première fois. Par ailleurs, je trouve que l’explication aurait affaibli le film dans la mesure où le spectateur doit lui aussi se transformer (les plans de la fin sont presque tous en plans subjectifs) et donc qu’il doit aussi être désorienté, effrayé. Je crois sincèrement que votre blocage vient de fait que vous vouliez tout comprendre du premier coup rationnellement. Or, il faut s’agenouiller devant le mystère.

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