Jozef Siroka

Archive, novembre 2012

Jeudi 29 novembre 2012 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (19)

L’homme derrière «Nicolas Cage»

Untitled-178

Il y a Nicolas Cage l’acteur, l’artiste, qui a offert d’excellentes interprétations sous la direction de cinéastes de talent dans des films tels Raising Arizona, Moonstruck, Wild at Heart, Leaving Las Vegas, Bringing Out the Dead, Adaptation. ou The Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans.

Il y a aussi Nicolas Cage l’entertainer, qui a diverti des masses de spectateurs dans des blockbusters comme The Rock, Con Air, Face/Off, Gone in 60 Seconds, National Treasure ou Ghost Rider. Mais qui a aussi souvent manqué son coup avec des bides ridicules qu’il vaut mieux ne pas nommer.

Enfin, il y a Nicolas Cage l’icône pop à notre époque ironique, qui fascine ou perturbe à travers ses performances (bonnes ou mauvaises) souvent extravagantes, parfois psychotiques ou même clownesques. Un résumé :

Malgré la diversité de ses rôles, Nicolas Cage demeure toujours «Nicolas Cage» : une création bizarre et incomparable qui dépasse souvent le personnage dépeint à l’écran mais qui, étonnamment, ne nuit pas à la qualité et à la crédibilité de la performance – sauf lorsqu’il est question de navets, et que notre seule jouissance du film provient de notre appréciation au second degré de «Nicolas Cage». À cet égard, il me fait penser à Klaus Kinski, à sa folie magnétique; on comprend ce qui a pu intriguer Herzog quand il l’a engagé dans le remake de Bad Lieutenant.

Pour rendre hommage à l’envoûtement populaire que provoque Nicolas Cage, le site satirique The Onion nous présente en exclusivité une entrevue avec le marionnettiste qui anime le «personnage dément». Génial.

***

Tout récemment, un mash up hilarant mis en ligne par Pleated Jeans imagine des apparitions impromptues et tout à fait à point de Nicolas Cage dans des films «classiques».

Lire les commentaires (19)  |  Commenter cet article






Mardi 27 novembre 2012 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (13)

Iron Man 3 : «Ce n’est pas un film sérieux»

tra0220v0191013r720

Le producteur de Iron Man 3 a tenté de rassurer les fans en affirmant hier à un quotidien australien que, malgré le ton lugubre de la bande-annonce, le film ne suivra pas la voie «nolanienne» du super-héros grave et réaliste. «Ce n’est pas un film sérieux, mais nous cherchons sérieusement à davantage explorer Tony. [...] Ce que vous allez voir dans Iron Man 3 ce sont des directions très uniques que nous avons entreprises», a expliqué Kevin Feige.

La bande-annonce, qui ouvre sur une légère variation de l’accablant Concerto pour violon et orchestre de Philip Glass, nous montre des images sombres d’un Tony Stark dépourvu de son caractéristique charme excentrique, détenant davantage l’allure tourmentée du nouveau Batman, le tout se terminant par la destruction de sa demeure cossue. En parallèle, on entend les menaces inquiétantes du Mandarin (Ben Kingsley), chef d’une organisation terroriste internationale et principal antagoniste dans l’univers Iron Man.

Le-Mandarin

Ce ton lourd étonne d’autant plus que Iron Man 3 est réalisé et co-écrit par Shane Black, créateur de la franchise Lethal Weapon et spécialiste de la comédie de genre. Son seul autre long métrage à titre de réalisateur, Kiss Kiss Bang Bang (2005), est une comédie d’action bourrée de méta-références, aux clins d’oeil parfois trop pesants, et mettant d’ailleurs en vedette Robert Downey Jr. L’approche irrévérencieuse et frivole de Black, qui s’accorde avec la marque de commerce d’Iron Man, a certainement contribué à séduire Marvel lorsque le studio était à la recherche d’un remplaçant à Jon Favreau, qui a piloté les deux autres chapitres de l’homme de fer.

Si la bande-annonce n’est pas représentative du produit final, elle pose un problème d’un différent ordre. Iron Man 3 a été annoncé en grande pompe comme la première co-production sino-hollywoodienne d’une franchise multi-milliardaire. On avait incorporé au scénario un angle chinois et des scènes devaient être tournées à Pékin cet été. L’objectif était que le film outrepasse le processus de quotas annuels de long métrages étrangers, établi à 34, et qu’il s’assure de profiter du marché cinématographique chinois en pleine expansion.

Seul problème : aucun aspect relatif à la Chine (personnages, décors) n’est visible dans la bande-annonce. En fait, selon cet article du Los Angeles Times, l’équipe de tournage ne s’est jamais rendue en Chine et le scénario n’a même pas été approuvé par le monopole d’état China Film Group, qui «doute» qu’Iron Man 3 pourra se qualifier pour le statut de co-production. Marvel assure cependant que le délai s’explique en raison d’une blessure à la cheville de Robert Downey Jr., et que la production se rendra bel et bien à Pékin avant la fin de l’année. Mais j’ai bien peur que ce soit trop peu, trop tard… et des dizaines de millions $ de profits en moins. Comme le dit le directeur du Motion Picture Association China Office, interviewé par le Hollywood Reporter, les Américains sont rendus à l’étape du «processus d’apprentissage». Une histoire (compliquée) à suivre…

Iron Man 3 prendra l’affiche le 3 mai 2013.

Lire les commentaires (13)  |  Commenter cet article






Lundi 26 novembre 2012 | Mise en ligne à 17h45 | Commenter Commentaires (11)

Hommage au format académique, ou vive le gros plan carré

«Allons, M. DeMille, je suis prête pour mon gros plan!» Voilà une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Ces mots sont prononcés par Norma Desmond, une vedette au temps du muet qui a perdu de son lustre avec l’arrivée du son, dans le classique Sunset Boulevard (1950) de Billy Wilder. La scène ci-dessus nous la montre faire son grand retour à Hollywood (du moins, c’est son impression). Son visage étant le principal outil de son jeu d’actrice – et notons l’expressivité baroque de Gloria Swanson, qui fut véritablement une vedette au temps du muet – le gros plan est naturellement son allié le plus important.

Dans un bref essai publié dans le Chicago Reader, le critique Ben Sachs médite sur le langage du gros plan à travers l’évolution du format de l’image. Entre 1932 et 1952, tous les films étaient tournés dans le format académique, offrant un ratio de 1,37:1. Avec l’arrivée de la télévision, l’industrie, faisant face à une nouvelle concurrence, a commencé à produire ses films dans des formats plus larges, afin de se distinguer du «8e art», qui s’est approprié son format académique. Pour Ben Sachs, la quasi-disparition de l’«image carrée» au cinéma a eu pour effet de réduire la force de cet outil incontournable de l’acteur dans l’imagination du public.

En parlant de Paranoid Park (2007) de Gus Vans Sant, qui a été tourné dans le ratio aujourd’hui inhabituel de 1,37:1, il conclut :

La projection m’a fait réaliser que, dans les formats plus rectangulaires post-1950, les gros plans ont tendance à couper le haut et le bas des visages, ou à les rembourrer avec de l’information visuelle superflue. [...] Je n’ai aucun moyen de le prouver, mais je suspecte que [le format académique] a contribué au statut quasi-mythique que les stars occupaient à Hollywood à l’époque. Quand les gens voyaient leur visage sur un grand écran, il ne voyaient pratiquement rien d’autre. Les divers formats larges développés dans les années 1950 ont transformé le spectacle cinématographique en quelque chose de plus empirique et interactif. Les films encouragent désormais le spectateur à errer autour de l’image; il ne sont plus commandés par elle.

1345480947012Ce n’est pas fou. Et ça me rappelle le commentaire caustique de Fritz Lang dans Le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard. Le grand cinéaste allemand, qui jouait son propre rôle dans le film, et qui n’appréciait réellement pas le format panoramique, a dit de ce procédé qu’il «n’est bon qu’à filmer les enterrements ou les serpents.»

Je vous laisse avec ce très bel «essai critique» sur les gros plans signé Jim Emerson, auteur du brillant blogue scanners. (Avis aux amateurs de Mahler, montez le son!).

close-up (HD) from Jim Emerson on Vimeo.

Lire les commentaires (11)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    mars 2008
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité