Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 15 octobre 2012 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (18)

    Round Midnight, Dexter Gordon, Martin Scorsese et synchronicité…

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    Je ne suis généralement pas très chaud à l’idée d’user de cette plateforme pour discuter de ma vie personnelle, mais il est survenu un truc aujourd’hui qui dépasse carrément l’entendement. Je dois en parler.

    Hier après-midi, en compagnie d’une amie, j’écoute un de mes disques de jazz préférés, Ballads de Dexter Gordon. La discussion vire naturellement vers le cinéma, et je lui parle de ‘Round Midnight (1986), le superbe drame musical de Bertrand Tavernier mettant en vedette Gordon dans la peau d’un saxophoniste alcoolique qui roule sa bosse dans le Paris des années 1950.

    Elle n’a jamais vu le film, et je décide de lui en montrer un extrait sur YouTube. Pendant ma recherche, je me rappelle du caméo de Martin Scorsese, qui joue un proprio de boîte de nuit véreux. Tavernier a expliqué son choix de casting en disant que, pour faciliter le transfert de son récit à New York, il cherchait une figure emblématique de la Grosse Pomme. «Martin Scorsese est New York!» s’était-il exclamé. La symbolique est d’autant plus éloquente quand on le voit dans un taxi jaune avec le panorama du centre-ville en arrière-plan…

    Alors voilà, on regarde cet extrait de cinq minutes, on s’amuse de la verbomotricité colorée du fameux cinéaste; je me rappelle d’un film que j’avais beaucoup apprécié mais que je n’ai vu qu’une fois, il y a une bonne dizaine d’années. Et auquel je n’ai pas vraiment pensé depuis. Ce matin, je fais ma ronde des sites web cinéma, et voilà que je tombe sur un post publié par The Playlist : Watch: Martin Scorsese’s Cameo In Bertrand Tavernier’s ‘Round Midnight’.

    Je crois rêver.

    Maintenant, comprenez bien le poids de cette coïncidence. The Playlist est un blog généraliste, qui publie l’écrasante majorité du temps de l’information d’actualité: projets à venir, entrevues, critiques, compte-rendus de festivals, castings, rumeurs, etc. Des extraits aléatoires de films datant d’il y a un quart de siècle, c’est plutôt exceptionnel. Et c’est exactement ce qui est arrivé avec le post en question. Sous le choc, j’ai contacté Kevin Jagernauth, le rédacteur en chef de The Playlist, et il m’a dit que l’idée lui était venue après avoir reçu un Google Alert à ce propos. «Totally random», pour reprendre ses mots.

    Il s’agit pour moi du deuxième phénomène de synchronicité le plus intense que j’ai vécu. Le premier concerne mon film préféré à vie, Andreï Roublev, survenu à l’adolescence. Je vous en parlerai peut-être un jour, si j’en ai le courage.


    • Ça n’intéressera probablement personne, mais un jour, j’ai rêvé que je lisais “Ma vie”, l’autobiographie de Carl Gustav Jung. En me levant, pris d’un immense envie de le lire, je suis allé à la librairie usagée près de chez moi et je me suis avancé au hasard dans les allées. Automatiquement, mes yeux se sont fixés sur le livre en question. Je m’étais dirigé dans la section psycho sans m’en rendre compte et complètement par hasard, je suis tombé pile sur le livre que je voulais c’est-à-dire un bouquin qui parle beaucoup, beaucoup (beaucoup) de synchronicité.

    • Moi aussi ça m’arrive très souvent. Et j’ai plusieurs exemples. Un samedi soir, je m’en allais rejoindre mes amies pour aller danser au Latulipe à la soirée années 80. Pour me mettre dans l’ambiance, je fais jouer une toune très fort dans ma chaîne stéréo, juste avant de partir de chez moi : «You spin me round» de Dead or Alive. Tout de suite après la toune, je pars ben pompée et saute dans un taxi pour me rendre au Latulipe, et dans le taxi, lorsque j’ouvre la portière, c’est «You spin me round» qui joue…très fort…et le chauffeur sourit beaucoup…
      Un autre exemple…ça s’est passé voilà deux jours…Je me lève un matin et comme très souvent je dis à mon tchum :
      «J’ai une toune dans la tête depuis 2 jours…tsé dans Amadéus, c’est la toune que Mozart joue au piano lorsqu’il visite le roi : c’est une marche que Salieri a composé pour lui et que Mozart embellit au point que ç’en est gênant…» et là je trouve l’extrait du film sur Youtube et le montre à mon tchum, ravie…la toune met de bonne humeur et me tannerai jamais, même après toutes ces années, d’entendre Tom Hulce rire façon Mozart…Et à peine une heure après, y a Rémi Girard qui parle exactement de cette scène d’Amadeus à la radio de Radio-Can…
      Hé oui, la synchronicité est partout, tout le temps….après tout, tout provient du même big-bang originel…
      :)
      Salutations M. Siroka, j’aime beaucoup vous lire
      A. Boisseau
      Mtl

    • Hier j’ai écouté Jeff, Who Lives at Home qui est justement à propos de coïncidences. Peut-être que Deepak Chopra a raison!

    • Sérieusemnt c’est possible de calculer la probabilité qu’une coïncidence survienne. J’ai déjà lu un livre là-dessus (je ne me souviens plus du titre), la probabilité que ça arrive est souvent plus haute qu’on pense. Par contre ca enlève du mystère a la vie.

    • André Breton parlait de “hasards objectifs”; de manifestations de la Nécessité.

    • Si vous êtes fasciné par ce genre de coïncidences je vous conseille de lire ‘Je croyais que mon père était Dieu’ : 172 histoires supposément vraies, choisies par Paul Auster, toutes plus hallucinantes les unes que les autres.

    • Oui, Deepak a raison!

    • merde je viens de terminer Cité de verre de Paul Auster…

    • Ce qui serait surprenant, c’est que ce genre de coïncidences n’arrivent jamais. Lire un peu plus de Martin Gardner vous ferait du bien, M. Sikora.

      Pas sûr de comprendre votre message. Parce que ce type de phénomènes se produisent souvent, on ne devrait pas s’en étonner? En parler? Et en passant je vais très bien, merci de vos soucis… -js

    • Je ne sais pas comment il y a d’épisodes de la vieille série Star Trek (vous pourrez calculers vos propres probabilités), mais il y a quelques années, vers 2h AM, il passait 1 épisode par soir (c’était l’été) à une chaine anglaise (p-e ABC, je ne suis pas sûr). Quel est le tout premier épisode que mon petit frère et moi voyons? Celui ayant inspiré l’épisode de South Park avec les animaux venant du monde parallèle démoniaque, où le seul personnage qui est bon dans l’autre univers est Spock. Un spock ayant une moustache, tout comme celle de Cartman, qui, venant de l’autre univers, est le seul à être bon.

      Liens youtube pour ceux qui ne sont pas trop des habitués de ces séries:
      South park (extrait de spooky fish episode) http://www.youtube.com/watch?v=lnUX7pe5INU
      Star Trek (début de mirror mirror episode) http://www.youtube.com/watch?v=I9xN0Ol5vZQ (2min30s pour le Spock au goatee)

    • Pour répondre à votre question, non, on ne devrait pas parler de tels événements, pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont pas plus de signification ou de conséquences qu’une histoire de chien écrasé.
      Ceci étant dit, vous pouvez, si le coeur vous en dit, transformer votre blogue, excellent par ailleurs, en chronique pop nouvelle age. Je vous recommanderais alors fortement la lecture de Paolo Coehlo, ou de la prophétie des Andes…
      Respectueusement,

    • Eh ben! Il y a une dizaine de jours, j’ai emprunté plusieurs films à la bibliothèque de mon quartier, dont Round Midnight, que je connaissais de nom, mais je j’ai choisi plutôt au hasard. Il trône toujours dans mon salon, je pense que maintenant je vais devoir l’écouter!

    • Ben voyons !! Je n’ai vraiment pas votre chance. Mais si j’ai écouté du Dexys Midnight Runners hier, est-ce que je me rattrape ??

    • C’est sans fin ce genre de chose. Hier soir je feuillette le Journal de Californie d’Edgar Morin et je tombe sur un passage à propos de l’Évènement-hasard (randomness). Une idée fondamentale du xxème selon lui. Refoulée par le sociologues, elle est au coeur de la biologie, des origines des mutations, de la microbiotique… mais aussi au coeur des arts nouveaux: collage, surréalisme, impro, performance…. Le hasard excite le génie! pour Morin.

    • moi, c’est toujours malheureux.
      je loue un film et deux jours après il passe a la télévision….
      je m’achète un livre et deux jours après je le trouve en spécial,,,

      Zut et rezut

    • Ahh les phénomènes de synchronicité! J’adore quand ça arrive; je remarque que ce genre de chose arrive surtout avec des gens avec lesquels on est proche, comme si le “tissu” énergétique des idées flottaient autour de nous et qu’on finit par puiser dans la même énergie. Mais pour votre truc, c’est vraiment génial; on dirait parfois que certaines idées cherche à se faire “voir/entendre” et que certains gens, à un moment précis, capturent cette inspiration du moment. Personnellement j’aimerais entendre votre autre histoire si jamais vous désirez la partager, et que les gens sceptique ici fasse preuve d’un peu d’ouverture; c’est votre blogue, vous avez bien le droit de partager des expériences personelle, surtout si ça implique le cinéma!

    • @kino57

      Chopra n’a pas raison. D’ailleurs ce qu’il fait n’a rien de nouveau, il utilise des phénomènes de la nature incompris des gens pour extrapoler toutes sortes de théories.

      Dans son cas c’est la physique quantique sauf qu’a l’époque les gens faisaient la même chose avec les éclipses solaires et autres phénomènes du genre.

    • The British actor Anthony Hopkins had a very odd coincidence prior to commencing work on a film he was making:

      •The film in question was ‘The Girl From Petrovka’. After being offered the script, the actor decided he would like to buy a copy of the book to read and began searching through London book shops. Unfortunately none of them had the book in stock. While waiting to board the underground for home, he surprisingly found a copy of this book, left lying on a bench at the station. On opening it the margins were covered in red ink where a previous owner had scribbled comments. About two years later filming was due to start in Vienna and it was here that Hopkins met the book’s author, George Feifer. When discussing his book with the actor, Feifer mentioned how he had given a loan of his book to a friend but this friend had lost the copy. The author was a bit annoyed since it contained many notes in the margins that he had made. Anthony Hopkins quickly went to his belongings and retreaved the book he had found two years earlier and handed it to the author. The actor and Feifer were shocked when the book that had been found two years earlier proved to be the author’s own copy.

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