Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 5 octobre 2012 | Mise en ligne à 8h00 | Commenter Commentaires (7)

    Un maître sud-coréen fait le saut à Hollywood

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    Parmi les types de projets qui m’intriguent le plus se trouvent les productions américaines tournées par des cinéastes établis à l’étranger. Les résultats sont souvent très satisfaisants. Pour prendre des exemples récents, j’ai été fasciné par le regard qu’a posé le réalisateur danois Nicolas Winding Refn sur le néo-noir avec Drive (2011), et celui de l’Australien Andrew Dominik sur le western avec The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (2007); des visions revigorantes de codes hollywoodiens qui nous permettent de les redécouvrir sous un nouveau jour.

    Ainsi, l’arrivée à Hollywood de Park Chan-wook m’intéresse au plus haut point. Le réalisateur-culte sud-coréen, qui compte un important fan club grâce à sa Trilogie de la VengeanceSympathy for Mr. Vengeance, Old Boy (Grand Prix du jury à Cannes), Sympathy for Lady Vengeance -, propose avec son premier long métrage américain, Stoker, une variation sur le thriller à la Hitchcock. Le scénariste du film, Wentworth Miller, ancienne vedette de Prison Break, a expliqué en entrevue s’être inspiré de Shadow of a Doubt (1943), un classique du maître du suspense.

    Stoker est aussi décrit comme un film d’horreur familial avec des connotations gothiques, d’où son titre, une référence à l’auteur de Dracula, Bram Stoker. Miller assure cependant qu’il n’y a pas de vampires dans son scénario, malgré les rumeurs persistantes, nourries notamment par le fait que Park a abordé le vampirisme dans son précédent effort, Thirst, Prix du jury à Cannes en 2009.

    Mettant en vedette Nicole Kidman, Mia Wasikowska et Matthew Goode, Stoker raconte la relation tendue entre une fille mélancolique, sa mère récemment endeuillée et un mystérieux oncle qui vient leur rendre visite. Park a travaillé avec une équipe entièrement américaine, mais s’est permis le luxe de conserver son directeur photo Chung-hoon Chung, son collaborateur de toujours. À noter sur le plan musical la participation de Clint Mansell, le protégé de Darren Aronofsky, qui a remplacé le fameux minimaliste Philip Glass.

    La bande-annonce de Stoker a été mise en ligne la semaine dernière. Et c’est atmosphérique à souhait! Sortie : 1er mars 2013.

    Park Chan-wook a manifestement apprécié son expérience à Hollywood puisqu’il s’est récemment engagé à y tourner deux autres films, comme je le mentionne brièvement ici. (Pour des comptes rendus plus détaillés, voir Variety ici et ici).


    • Comme maître sud-coréen faisant le passage à Hollywood, le projet de Bong Joon-ho avec Tilda Swinton est beaucoup plus intrigant, pour 2013 aussi si je ne m’abuse. (J’hésiterais quand même à qualifier Park de maître, alors que Bong est dans mon top 10 des cinéastes contemporains).

      Un maître esthète, au moins? -js

    • “À noter sur le plan musical la participation de Clint Mansell, le protégé de Steven Soderbergh qui a composé la sublime bande originale de Drive.”

      Je crois que tu confonds avec Cliff Martinez! L’excellent Clint Mansell est plutôt le protégé de Darren Aronofsky…

      Ça m’apprendra à écrire des posts à 2 heures du mat, merci! -js

    • Park Chan Wook est un des meilleurs réalisateurs actuels. Sa mise en scène et son montage ont de quoi faire la leçon aux plus grands, dont Tarantino.

    • C’est une invasion cinématographique méritée des sud-coréen, il ne faut pas oublier Kim Ji-woon qui nous présentera Last Stand, d’autant plus avec le retour de Schwarzenegger! Il demeure mon propre préféré de ce pays, surtout pour l’incroyable A Bittersweet Life.

    • de Kim Ji-Woon je n’ai vu que I saw the devil, et ca m’a beaucoup plus. Ki-duk Kim avec son 3-Iron m’a charmé. Ces réalisateurs sud-Coréens mélangent les codes des mangas avec ceux du cinéma, et l’expérience finale est très stimulante. Bravo! On aurait pu s’attendre à ce que cette vague vienne davantage du Japon, mais ce n’est pas le cas.

    • Pour ceux que cela intéresse, les Cahiers de ce mois-ci (sorti aujourd’hui même) consacrent une bonne partie de leur numéro à un autre cinéaste sud-coréen, Hong Sang-soo, profitant de la sortie française de son dernier film, In Another Country (ils trippent pas mal dessus). Ils font vraiment le tour de sa méthode et de ses films. Vraiment intriguant.

    • J’imagine la face de celui qui, étant fan de Park Chan-wook et Kim Ji-woon, se tape un Hong Sang-soo!

      Sans doute la même que celui qui, aimant les films de Winding Refn, décide d’aller voir chez cet autre danois de Dreyer…

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