Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 4 septembre 2012 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (6)

    Terrence Malick a tourné sa propre «nuit américaine»

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    Alors que le nouveau film de Terrence Malick, To the Wonder, vient d’avoir sa première mondiale au Festival de Venise, on apprend qu’il a déjà complété le tournage de son septième long métrage, Knight of Cups. Le magazine britannique Screen Daily s’est entretenu avec les producteurs du cinéaste, Sarah Green et Nicolas Gonda, qui ont révélé que le film portera sur l’industrie du cinéma à Los Angeles.

    Voilà une prémisse intéressante et fort prometteuse. En effet, nombre de grands réalisateurs ont signé parmi leurs meilleures oeuvres en pointant l’objectif sur leur propre univers. Qu’on pense à Billy Wilder et Sunset Boulevard (1950), Vincente Minelli et The Bad and the Beautiful (1952), Jean-Luc Godard et Le Mépris (1963), Federico Fellini et 8 1/2 (1963), François Truffaut et La Nuit américaine (1973), les frères Coen et Barton Fink (1991), Robert Altman et The Player (1992) ou David Lynch et Mulholland Drive (2001).

    Knight of Cups compte dans sa distribution (prenez une bonne inspiration) Christian Bale, Natalie Portman, Cate Blanchett, Wes Bentley, Antonio Banderas, les actrices/mannequins Freida Pinto, Isabel Lucas, Teresa Palmer, Imogen Poots et Nikki Magnusson, le nouveau RoboCop Joel Kinnaman, ainsi que Barry Lyndon en personne, Ryan O’Neal!

    cups12Mais avant de trop s’emballer, rappelons-nous que Malick est notoire pour sa tendance à couper du montage final ses têtes d’affiche, comme ce fut le cas tout récemment avec Rachel Weisz, Barry Pepper, Michael Sheen et Amanda Peet dans To the Wonder

    Le titre du film fait référence à la carte de tarot Le Cavalier de Coupe, qui représente entre autres un «homme séduisant et sentimental, artistique et raffiné, aimable et intelligent, rempli de valeureux principes, constamment en quête de stimulation, un rêveur qui peut être facilement persuadé ou découragé»». Des photos du tournage sont à consulter ici.

    Pour revenir à l’entrevue de Screen Daily, les producteurs nous apprennent également que Malick commencera à tourner dans quelques semaines un autre long métrage, anciennement intitulé Lawless, qui se déroulera dans le milieu de la scène musicale au Texas. Christian Bale, Natalie Portman, Cate Blanchett et Wes Bentley seront de retour pour le nouveau projet, auquel se grefferont Ryan Gosling, Rooney Mara, Haley Bennett et peut-être même Matthew McConaughey. À noter que Knight of Cups et ce nouveau film sans titre seront situés à l’époque contemporaine et qu’ils seront montés simultanément.

    Enfin, Sarah Green et Nicolas Gonda confirment que la production du documentaire Voyage of Time, sorte d’extension en IMAX de la vignette d’une vingtaine de minutes illustrant la création de l’univers dans The Tree of Life, est bel et bien en cours. Mais étant donné l’ambition de Malick (il murît ce projet depuis «des décennies»), on ne risque pas de le voir de sitôt. En mai 2011, le Los Angeles Times avait décrit le docu ainsi : «Voyage of Time va se pencher sur les premiers signes de vie, les bactéries, les cellules pionnières, le premier amour, la conscience, l’ascension de l’humanité, la vie, la mort et la fin de l’univers». Brad Pitt et Emma Thompson ont d’ailleurs été engagés pour en assurer la narration.

    * Précision : Je ne me suis servi que du dernier segment de l’entrevue de Screen Daily pour mon post, et je vous encourage de la lire en entier, les producteurs discutant notamment des thèmes et idées clés de l’oeuvre de Malick, de son rapport à la religion, de ses méthodes de tournage peu conventionnelles ainsi que de la soudaine et fulgurante accélération de sa productivité.

    La critique divisée

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    Sans surprise, To the Wonder n’a pas fait consensus; on rapportait plus de huées que d’applaudissements dans la foule après la projection du film à la Mostra, dimanche. Première a recensé des extraits de quelques critiques (pour la plupart négatives) dans ce compte-rendu.

    Pour l’instant, ce sont les médias britanniques qui se montrent les plus enthousiastes envers To the Wonder, The Daily Telegraph et The Guardian lui accordant chacun 4 étoiles (sur 5), quoique Screen Daily n’est aucunement convaincu.

    Du côté des deux principales publications américaines de l’industrie, Variety s’est montré ambivalent tandis que The Hollywood Reporter a carrément détesté. Le blogue de référence aux États-Unis, The Playlist, a quant à lui bien aimé, avec une note de A-.

    La première mondiale de To the Wonder aura lieu le 10 septembre au Festival de Toronto. La date de sortie nord-américaine n’a pas encore été annoncée.


    • Kaganski des Inrocks n’est pas tendre.

    • s’ils peuvent être en salle assez longtemps pour que je me sente dans le ‘move’ pour les regarder, ça sera génial.

      j’aime bien le: ‘’soit le message silencieux de Malick vous prend aux tripes, et vous êtes conquis. Soit pas”
      pour Tree of life, j’avais été aspiré et le film était passé trop vite. (malgré le connard avec son cellulaire dans la salle qui me faisait rager)

    • Qu’ils aiment ou pas, il semblerait qu’aucun critique n’aie quoique ce soit d’intéressant à dire sur ce film, il s’agit pratiquement, mot pour mot, des mêmes critiques/éloges entendus après Tree of Life à Cannes. Aucun texte ne s’engage dans le film, on se contente de mentionner vaguement des mots comme mystique et amour, sans essayer de comprendre ce que Malick peut avoir à dire sur le mysticisme ou l’amour. Même si le film est parfaitement raté, je suis persuadé qu’il y a beaucoup à dire sur ce ratage, on ne parle pas d’un film de Ron Howard là…

      D’ailleurs, aparté, je ne comprends pas l’intérêt des critiques durant les festivals, c’est toujours d’une parfaite insignifiance, et pour cause: qui a le temps de pondre ces compte-rendus à une vitesse folle entre les 4-5 projections du jour? Comment peut-on réfléchir à Malick (ou quantité d’autres cinéastes aussi singuliers) quand on n’a pas le temps de s’y arrêter avant de se taper d’autres images, peut-être aussi complexes?

      On verra bien.

    • Wow! Trois Malick à l’horizon, il y a de quoi se frotter les mains de contentement. Et pour ce qui est des critiques, il s’agit pour la plupart de pures généralités d’où ne ressort qu’une certaine frustration face à leur incapacité à penser le film. On énumère ce qui est censé être des défauts (et même des marques d’incompétence) : sous utilisation des acteurs (Ben Affleck reste au bord du cadre (!!!) tandis que Rachel McAdams n’arrive qu’à la moitié du film), personnages à peine esquissés, dialogues réduits (Ben Affleck qui aurait moins de dix répliques), lenteur (associée au vide et à l’ennui), caractère spirituel ou mystique (considéré comme insupportable par la plupart des critiques sous prétexte qu’eux n’en sont pas), narration diluée, bref, des généralités jamais vraiment approfondies qui pourraient s’appliquer à n’importe quel film de Malick (ou à Meek’s Cutoff, autre grand film tassé dans le coin par incompétence critique). En ce qui me concerne, s’il y a du n’importe quoi, c’est bien plus sous leur plume que dans le travail de Malick.

    • @cinematographe

      D’accord avec votre message. Tarantino a déjà affirmé que pour discuter de manière intelligente d’un film il fallait l’avoir regardé au moins deux fois.

      C’est vrai pour la plupart des films qui ont un peu de substance. Et c’est particulièrement vrai pour un Malick.

    • D’accord avec Tarantino : 2 visionnements est un minimum, surtout pour les films complexes et/ou qui sortent des sentiers battus.

      Parlant de Tarantino, j’ai revu Death Proof (après Planet Terror; je n’ai pas pu m’empêcher de de me dire “OK je vais me coucher après cette scène… non, après celle-ci…”. Y’a pas à dire, Death Proof est accrocheur), mais cette fois sur le DVD double feature de Grindhouse. Plusieurs scènes ont été coupées; je suis bien content d’avoir vu la “version complète”.

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