Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 20 août 2012 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (22)

    Beat the Devil, un court métrage de Tony Scott

    Video-Tony-Scott-decede

    Un géant du blockbuster est mort hier. Atteint d’un cancer au cerveau inopérable, Tony Scott a choisi d’en finir le plus vite en sautant d’un pont à San Pedro, en Californie. Il avait 68 ans.

    Le réalisateur britannique à l’éternelle casquette rouge a été un des principaux architectes d’un genre de cinéma d’action hyper machiste, chauvin, manichéen, au fétichisme prononcé pour toute technologie métallique scintillante et potentiellement destructrice (artillerie, avions de combat, voitures de course, sous-marins, trains), le tout enveloppé dans une esthétique pop-bonbon issue du monde de la pub – son style versant de plus en plus dans un impressionnisme agressif à la Oliver Stone au gré de sa filmographie.

    Il a aussi réalisé quelques uns des films les plus divertissants des dernières décennies, dont The Last Boy Scout, True Romance, Crimson Tide et Unstoppable, son chant du cygne portant un titre présageant tragiquement le développement de sa tumeur.

    Une de ses oeuvres les moins connues, le court métrage Beat the Devil (2002), est aussi une de ses plus intéressantes. Tony Scott s’amuse à faire du Tony Scott, exacerbant ses maniérismes, son penchant pour l’excès, pour le spectacle chaotique. Une auto-dérision vitaminée qui déteint sur les acteurs, en particulier Gary Oldman qui, dans la peau du diable, semble nous livrer ici un condensé outrancier de tous ses personnages excentriques en carrière.

    Réalisé dans le cadre de l’omnibus The Hire, un concept marketing élaboré servant à promouvoir des voitures BMW haut de gamme via du cinéma hollywoodien, Beat the Devil met en vedette James Brown dans son propre rôle. Le roi de la soul demande à Driver (Clive Owen, le protagoniste de la série) de l’accompagner chez le diable afin de renégocier son pacte qui lui a permis d’échanger son âme pour la gloire et la richesse. Avec également Danny «Machete» Trejo et Marilyn Manson.

    > Pour voir les autres courts de la série, cliquez ici.

    > Une rétrospective de l’oeuvre de Scott signée The Playlist


    • Essayé de voir son court-métrage… je n’ai pas été capable de le finir, même si c’était de l’auto-parodie…

    • Le fait de savoir qu’il était atteint d’un cancer inopérable change la perspective. Il est sorti avec style et panache. Je respecte ca.

    • Faut croire que mourir d’un cancer du cerveau n’était pas ragoutant pour M. Scott, même s’il avait sûrement les moyens de se payer ce qu’il y a de mieux comme soins. Savoir que son cerveau se désagrège, tant qu’on le sait, et décider de mettre fin à son tourment au lieu d’attendre de ne plus rien savoir. Pas mieux gréés en termes d’aide au suicide ou d’euthanasie en Californie qu’ici. On connaît l’angoisse des gens souffrant de sclérose latérale amyotrophique, gens qui devraient aussi avoir des choix.

    • Cela ressemble beaucoup au suicide de Claude Jutra, atteint d’une maladie dégénérative au cerveau lui aussi. Là s’arrête la comparaison.

      Hunger est très bon. True Romance (sicilian niggers) et Spy Game ont leurs morceaux de bravoure. Ces derniers films, Domino, Déjà Vu et Unstoppable sont des films hollywoodiens absolument pas formatés, il y a de belles idées presque expérimentales. Scott valait mieux que sa réputation de “pire cinéaste hollywoodien”.

    • Tony Scott = Grand tâcheron et faiseur d’images, mais piètre cinéaste. L’artisan sans l’artiste.
      On ne risque pas d’assister à une rétrospective Tony Scott à la cinémathèque québécoise de sitôt.
      Comme l’a dit unholy_ghost, c’est à leur destinée tragique que s’arrêtent les similitudes entre les trajectoires d’un Scott et d’un Jutra.

    • Pas un cancer, finalement :

      “Tony Scott’s widow Donna has told police that the famed filmmaker/TV producer did not have brain cancer, informed insiders tell Deadline. That makes erroneous this morning’s Good Morning America report that he “had inoperable brain cancer” and quoted “a source close to him”.”

      http://www.deadline.com/2012/08/tony-scott-did-not-have-brain-cancer/

    • La plupart du temps, les critiques de ses films étaient négatives. Maintenant qu’il est décédé, les journalistes le louangent… Quelle hypocrisie ! TS n’était certainement pas un grand cinéaste, tout au plus un habile ‘faiseur’. Et lâchez-moi avec “Top Gun” qui, en dehors de certaines prouesses techniques, était un ‘produit de consommation’ très moyen : aussitôt vu, aussitôt oublié. Malgré tout, mes sympathies à ses proches. Richard Gervais.

    • On peut considérer que c’était un mauvais cinéaste, pour des raisons qu’on devine idéologique, mais c’était un cinéaste inventif, même s’il filmait souvent des scénars parfois stupides. Un tâcheron ne serait pas l’idole de Tarantino. Il avait un style visuel parfaitement identifiable, singulier, et il a rénover complètement le film d’action plusieurs fois. Oublie-t-on que c’est lui qui a fait, avec True Romance, le premier film grand public “à la Tarantino” en 1993 alors que Reservoir Dogs n’étaient encore qu’un petit film de festival méconnu?

    • Top Gun aussitôt vu, aussitôt oublié? Au contraire, tout le monde se souvient de Top Gun.

    • Vous résumez mon impression, Jozef! Ça a fait pop pour moi quelque fois à travers son oeuvre que je qualifie de très inégale, pour le meilleur et pour le pire. Il a été une inspiration sûrement. Je pense ici à Éric Canuel dont j’aime bien quelques films dont les plus populaires. À trop vouloir plaire, on obtient aussi le contraire.

      Je ne savais pas qu’il était le frère de Ridley Scott et qu’il était Britannique. Il a fait le pari de l’Amérique et a connu une fin tragique.

    • “Il a fait le pari de l’Amérique et a connu une fin tragique.”

      Quel est le rapport?

    • @unholy_ghost: Je sais pas trop là! Dis de même… Un rapport avec la mort? Le rêve américain est fait d’espoir. Pourquoi a-t-il fini d’y croire?

    • C’est quand même une belle phrase chargée de poésie :)

    • Si vous voulez mon avis, le type ne s’est pas suicidé parce qu’il ne croyait plus au rêve américain…

      N’importe quel film de Scott vaut l’ensemble de l’oeuvre de Canuel.

    • Bon faut que ça rime en crime. Allez, donnez votre avis sur sa vie.

    • ?

    • Revenge avec Anthony Quinn et Kevin Costner!! Excellent film et un des meilleurs rôle de Kevin Costner. Y m’semble qu’on l’oubli souvent ce film là dans la filmographie de Tony Scott!!

    • @unholy_ghost

      «Un tâcheron ne serait pas l’idole de Tarantino»

      Probablement pas. Mais vous seriez tout à fait surpris de réaliser les cinéastes de seconde zone qui sont idolâtrés par Tarantino qui a porté aux nues des films aussi médiocres que Precious.

      Tarantino est loin d’avoir le monopole du bon goût. Mais ce qu’il a de bien, c’est qu’en bon cinéphile, il ne boude par contre jamais son plaisir.

    • “Tony Scott ne s’est pas suicidé à cause d’une tumeur” selon sa famille. L’article de TMZ n’explique pas les causes non plus. Ça y est la machine s’emballe comme seul Hollywood sait faire. Très dommage…

    • http://www.tmz.com/2012/08/21/tony-scott-death-video-shopped/

    • The Last Boyscout est un des films d’action les plus sous-estimé des années 90. Le script de Shane Black a certe aidé, mais la réalisation hyperkinétique de Scott a amené le tout à un autre niveau.

      Celui qui a fait Boyscout, Crimson Tide (un classique du genre), True Romance et Top Gun (certe pas un GRAND film, mais Top Gun a énormément marqué le cinéma des années 80) n’est certe pas Scorsese, mais piètre cinéastre? Pas sûr. Le gars avait ses forces, et savait les exploiter.

    • Pour des raisons, hum, plutôt évidentes, au Dernier des Podcasts on a été assez touchés par la mort de notre père spirituel…

      Repose en paix Tony, et salue l’ami Goose de notre part!

      http://itunes.apple.com/ca/podcast/le-dernier-des-podcasts/id502761151

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