Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 9 août 2012 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (18)

    Annie Hall et Manhattan au Parc

    AnnieHall

    Les deux films les plus connus de Woody Allen seront projetés au Cinéma du Parc au cours de la prochaine semaine. Manhattan du 10 au 16 août et Annie Hall du 14 au 16 août. Voilà une belle occasion de (re)voir deux des oeuvres les plus marquantes d’une des décennies les plus marquantes de l’histoire du cinéma américain.

    Ces deux films, qui se complètent à merveille, ont redéfini le langage de la comédie romantique, et ont établi une nouvelle image du héros amoureux : apparence frêle, maladroit, pessimiste, anxieux, rempli de doutes, mais qui compense son absence de virilité superficielle par son charme, son humour et son intellect.

    Avec Annie Hall (1977), qui a mérité à Woody Allen son seul Oscar du meilleur film, le cinéaste s’est affranchi de son identité de joyeux luron adepte de comédies de situation, et a proposé un cinéma plus fouillé psychologiquement, naviguant aisément entre gags et gravité, cynisme et sincérité, très inventif d’un point de vue narratif, résolument moderne, à la fois foncièrement personnel et tout à fait accessible.

    Avec Manhattan (1979), Woody Allen a développé avec plus de précision et de complexité certains de ses thèmes chers relatifs aux relations humaines, présentant les affaires du coeur comme une lutte sans merci entre la raison et les sentiments. D’un souci esthétique rarement égalé dans sa filmographie, il offre sa plus émouvante déclaration d’amour en carrière à son éternelle maîtresse, la ville de Manhattan.

    - Plus de détails sur le site du Cinéma du Parc


    • Adriano n’a aucun intérêt à aller assister à la projection d’un DVD tout scratché. Il préfére rester chez lui, à manger des chips pis toute (pis peut-être apprécier davantage le Woody Allen sur Netflix).

      Adriano Pavao

    • Je suis un peu du même avis que le gars qui parle de lui à la 3e personne.
      À moins que le Parc n’ait de copies 35 mm (oui, ça arrive parfois) je reverrai ces deux magnifique chef d’œuvres sur ma belle grosse télé.

    • The medium is the message. Je seconde Adriano et Longueuil1993. Le cinéma a beaucoup moins de choses à dire en tant que medium qu’avant. L’expérience collective est assez nulle merci, sans parler du côté contraignant et inutilement coûteux de l’activité.

      Encore plus vrai pour le cinéma de Allen, qui à part justement Manhattan, aurait pu être tourné en numérique au grand complet sans changer grand chose à la qualité et l’intérêt des films.

      Quand ils feront une retrospective Malick ou Fellini par contre, je ne dis pas non.

      Dans un autre ordre d’idées, je suis toujours fasciné par la capacité d’Allen de faire des films d’intellectuels sans en faire des films confidentiels. Tu fais un film de dialogues un peu lourds qui parlent d’angoisses existentialo-passionnelles, mais tu mets Scarlett et Penelope dedans et hop, tu gardes ton public, aussi largué soit-il par le propos.

    • @kurtz

      Je ne sais pas si c’est voulu, mais il est quand même drôle et bien senti que vous paraphrasiez du Marshall Mcluhan alors qu’on parle d’Annie Hall.

    • kurtz, tel le personnage de Brando dans le (second) chef d’oeuvre de Coppola, + 1 pour le nick, + 100 pour le commentaire, bravo. Un grand flm Manhattan. Allen, Coppola, Scorcese, pour moi, les mousquetaires de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, avec Speilberg dans le rôle de Dartagnan. ;)

    • @ hlynur

      Ha ha! J’aimerais bien pouvoir dire que c’était voulu, mais mon cerveau a dû faire le lien sans daigner me mettre au courant et je n’avais même pas songé à cette scène, tout accaparé que j’étais par celle des homards dans la cuisine ;-)

    • “Encore plus vrai pour le cinéma de Allen, qui à part justement Manhattan, aurait pu être tourné en numérique au grand complet sans changer grand chose à la qualité et l’intérêt des films. ”

      Tous les films de Allen jusqu’à Crimes and misdemeanors au moins ont une direction photo superbe, qui tirent pleinement profit de la pellicule, certains de ses films ultérieurs itou. Il a travaillé avec de très grands directeurs photos: Gordon Willis, qui a aussi fait les Godfather et un des architectes du look 70’s à Hollywood, Sven Nykvist, qui se passe de présentation, ou plus récemment Vilmos Zsigmond (Deer Hunter, Close Encounters) et surtout Harris Savides, de loin le meilleur dop américain de l’heure (avec van Sant notamment, ou Zodiac). Manhattan, c’est de la photo show-off, on ne peut pas la manquer (dit comme ça, ça semble bête, mais j’adore le film), alors que Willis est un génie de la lumière naturelle, comme son copain Almendros (deux grosses influences de Savides d’ailleurs, Allen est très cohérent dans ses choix de collaborateurs). Bref, du Allen en numérique, ça change beaucoup. Et c’est bien pourquoi il n’y a pas de quoi se déplacer pour une rétro en dvd.

      La rétro Malick a déjà été fait au Parc d’ailleurs, en pellicule par miracle, mais leur copie de Days of Heaven était rouge en ost**, c’était presque criminel. Enfin, ça m’avait permis de me concentrer sur autre chose et de découvrir pleinement la beauté de son montage.

    • @cinematographe

      À moins d’une faute d’inattention, il me semble encore plus récemment avoir vu Darius Khondji au générique de son dernier film.

    • HORS-SUJET
      J’ai vu en avant-première, gracieuseté Volkswagen, le dernier Bourne. Beaucoup d’action filmée souvent de trop près. Et encore moins d’intrigue que dans les autres.
      Une chance que c’était gratuit !!

    • @ cinématographe

      C’est drôle, je pensais justement à Crime and Misdemeanors comme un exemple d’un film qui n’a pas attiré mon regard côté photo. Mais vous avez l’air de mieux connaître Woody que moi alors je ne sais pas trop… J’ai trouvé que c’était une film au grain terne, au regard classique un peu convenu (il est à la caméra d’ Allen ce que Eyes Wide Shut est à celle de Kubrick), mais un grand film côté scénario, bien sûr.

    • Dilemme… Aller voir au cinéma deux films que j’ai déjà chez moi et dont je suis un fan fini mais que je n’ai jamais visionné sur grand écran?… Ça fait une belle sortie en effet, sauf que…

    • J’adore les films de Woody Allen. Son fameux Radio Days est un de ses meilleurs. Je ne sais pas si on peut appeler ça un petit défaut (c’est peut-être une grande qualité pour ce genre de films intimistes new yorkais), mais les films de Woody Allen sont très bavards, toutes versions confondus. Les dialogues sont drus et serrés, ils se disent très vite aussi, et parfois il est quasiment impossible de suivre l’histoire au fur et à mesure. Puis-je avoir une autre opinion là-dessus?

      Excusez-moi avec mes gros sabots.

      Yvon Turcotte

    • @kurtz

      À vrai dire, ça fait longtemps que j’ai vu Crimes and Mesdemeanors, je me suis fié au fait que Nykvist était à la photo, et son travail sur Another Woman était remarquable (faut dire que Woody faisait alors son Bergman, Nykvist était en terrain connu). Ça me surprendrait quand même que le grain soit si terne. Woody utilise surtout des dop qui sont maître dans la lumière naturelle, des éclairages tout en douceur, très nuancés, que l’on ne remarque pas trop au premier abord, mais qui se révèle pleinement si on y porte attention (Willis surtout, c’est moins vrai pour Nykvist). Un peu comme Rohmer, pour qui l’attention au lieu et à la lumière est essentiel, même si on retient de lui surtout ses scénarios. Je ne pense pas que ce soit aussi important pour Woody, mais quand on va chercher quelqu’un comme Nykvist, Willis ou Savides, on doit quand même se préoccuper un peu de l’image.

    • @ cinématographe

      Ouin, là c’est moi qui sais plus trop si la dernière fois, j’ai vu une version, DVD, 35 mm ou carrément VHS de Crime and Misdemeanors.

      Bref, les qualités de copies changent tellement de choses qu’on va finir comme les audiophiles à Alain Brunet qui parlent des heures du % d’or ou de platine dans les fils de haut-parleurs!

      Je caricature un peu pour rire, mais je ne suis vraiment pas assez technicien pour me lancer dans tout ça!

    • Mais plus sérieusement, je ne suis toujours pas convaincu que la photo de Allen est ce qui fait la différence entre lui et les autres. Faudrait le comparer avec des cinéastes plus axés sur la photo que le scénario et on pourrait voir la différence j’imagine.

    • C’est certain qu’on ne se souviendra pas de Allen pour sa photo, son cinéma passe avant tout par le scénario, je ne dis pas le contraire, mais ses images ne sont pas accessoires pour autant, comme le laissait entendre votre phrase que j’ai citée plus haut.

      Question rétrospective au Parc, il y en a une plus importante à souligner il me semble: à partir d’aujourd’hui, les 3 parties de la Condition Humaine de Kobayashi, en 35 mm cette fois. Bon, les salles du Parc ne sont pas le meilleur endroit pour se taper 9h de cinéma, mes fesses se plaignent juste à y penser, mais c’est un grand chef d’oeuvre dont le souffle épique (et à la photo superbe, il n’y aura pas de débat pour celui-là!) qui s’apprécie mieux sur un (relativement) grand écran que chez soi.

    • Kurtz, on voit que vous n’y connaissez rien! Peu importe le fil, il faut surtout le frotter avec de l’huile de cobra à monocle (ou mieux, mais plus rare, de cobra cracheur noir) pour avoir un rendu audiophile.

    • Et pour le rendu cinéphile, il faut le frotter avec l’humeur vitrée d’un oeil de crotale fascinateur!
      Merci pour vos listes à tous. On y attrape toujours une perle ombragée, comme Route one/usa par exemple.

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