Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 8 août 2012 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (22)

    Le premier film de Stanley Kubrick bientôt en vidéo

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    La maison d’édition Kino Lorber, qui se spécialise dans le cinéma international et indépendant, a annoncé lundi qu’elle mettra en vente Fear and Desire (1953) en DVD et Blu-ray le 23 octobre. Le premier long métrage de Stanley Kubrick n’est jamais paru en vidéo, et a rarement été projeté.

    D’une durée de 72 minutes, Fear and Desire est décrit comme «un film de guerre existentiel, qui suit une escouade de soldats qui ont atterri en catastrophe derrière les lignes ennemies et doivent trouver leur chemin en aval afin de rejoindre leur unité. Ce faisant, ils rencontrent une paysanne et l’attachent à un arbre, où elle est tourmentée par un soldat mentalement dérangé (joué par le futur réalisateur Paul Mazursky). Avant de s’échapper, les soldats repèrent la location de la base ennemie, et élaborent un plan pour assassiner le commandant».

    Fear-and-Desire-1

    Kubrick, qui n’avait que 24 ans lorsqu’il a réalisé Fear and Desire, a plus tard admis qu’il s’agissait pour lui d’un «exercice amateur maladroit», et s’est efforcé tout au long de sa carrière de bloquer l’accès au film, en achetant et en détruisant la plupart des copies en circulation. Et ce, malgré une réception critique relativement favorable au moment de sa sortie.

    «Les idées qu’on voulait avancer était bonnes, mais on n’avait pas l’expérience pour les appliquer dramatiquement. [...] C’était très important d’avoir cette expérience et de constater que l’on pouvait en fait faire un film avec si peu de moyens et de personnel. Cette expérience et celle qui l’a suivie, Killer’s Kiss (1955), qui était légèrement plus agréable, m’ont libéré à jamais de toute crainte en ce qui concerne les aspects techniques et logistiques d’une production», a-t-il dit en entrevue en 1971.

    Le retour des Torrance

    D’autres nouvelles sur le front kubrickien : Warner Bros. se prépare tranquillement à mettre en oeuvre un prequel au fameux film d’horreur The Shining (1980), a rapporté le Los Angeles Times il y a deux semaines.

    Le studio a réuni un trio de scénaristes afin de jeter les bases d’un récit qui se pencherait sur la vie des Torrance précédant leur arrivée au Overlook Hotel. Le projet est pour l’instant top secret, et n’est pas encore officiellement en développement.

    BK.1214.Kubrick.4

    On se demande bien sous quelle angle sera traitée cette curieuse idée. On sait que Jack Torrance est un ancien alcoolique qui a par le passé violenté son enfant, incident qui l’a incité à embrasser la sobriété (et qui aurait peut-être déclenché le don de clairvoyance de son fils, Danny). Et c’est pas mal tout. Reste aussi à voir si le nouveau film épousera le genre de l’horreur de l’original, ou penchera plutôt vers le drame psychologique. À suivre.

    Par ailleurs, Stephen King est en train d’écrire une suite à son roman du même nom, qui pourrait donner lieu à une adaptation sur grand écran. Selon le synopsis, on retrouve Danny à l’âge adulte qui trouve un emploi dans un hospice du New Hampshire et y réconforte les patients grâce à son don, avant de se voir confronté à une tribu maléfique qui se nourrit de l’esprit d’enfants. Et oui, on pourrait bien avoir droit à pas moins de deux Shining dans un avenir proche!

    À propos, voici un fascinant «collage synchronisé» de tous les zooms dans The Shining,
    monté par Ian Kramer.

    2001 en 2012

    Enfin, sur une note plus légère, voici une bande-annonce réactualisée et survitaminée de l’ultime chef d’oeuvre de Stanley Kubrick, 2001 : A Space Odyssey (1968). Un mashup hilarant bonifié d’un commentaire cinglant sur l’évolution de l’industrie, en particulier sur son aspect marketing. Via Film School Rejects.

    À lire aussi :

    > Stanley Kubrick, photographe
    > Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la chambre 237?
    > De: Stanley Kubrick – À: Ingmar Bergman
    > Kubrick réinventé à l’heure du web


    • .
      Un complément à cette fausse bande-annonce : celle de Orange mécanique si ça avait été un film de fesses soft
      http://youtu.be/HPH4CQBF9Cc

    • .
      Au fait, il y a de l’information sur les courts de Kubrick qui avaient aussi été annoncés par Kino (en mars) pour une sortie automnale?

    • Je crois que nous devrions respecter les volontés d’un génie. Je ne verrai pas ce film.

    • Le prequel de Shining n’est rien de plus qu’un projet pour faire du cash. Par contre le projet de Stephen King semble intéressant.

    • @jfhell

      Les génies sont parfois un peu diva et trop critique envers leurs oeuvres, ce n’est pas un manque de respect que de sortir le film. Par contre ça risque d’être décevant. Un truc pour fans purs et durs qui apprécieront le fait regarder une œuvre du jeune Kubrick.

    • L’attitude de Kubrick envers son premier film me fait penser à celle de Maître Freinhofer, le peintre perfectionniste jusqu’à l’excès dans “Le chef-d’œuvre inconnu” de Balzac.

    • J’ai déjà vu FEAR AND DESIRE (au cinéma!) et c’est vraiment très mauvais mais c’est aussi une grande leçon de cinéma. C’est un film totalement kubrickien au niveau des thèmes mais la forme n’y est pas.

      Le film est très lourdaud du côté de l’interprétation (normal pour un premier film) mais surtout au niveau de l’écriture. Le film est une espèce de grosse baudruche symbolique sur-signifiante.

    • Winslow, vous l’avez vu à la Cinémathèque? Il me semble que ce repentir de Kubrick doit être préservé, puisqu’il informe sur son désir ultérieur (ne pas sur-signifier, viser la perfection).

      Cela dit, le film est déjà visible sur YouTube pour ceuz qui ne peuvent attendre.

    • J’imagine qu’on n’est plus tenu de garder le secret étant donné que la sucession semble avoir donné son accord à la sortie DVD. Alors, oui, à la cinémathèque, il y a une quizaine d’année. Kubrick était encore vivant alors pas il n’était pas question de publiciser l’affaire. C’était une projection film-mystère. L’atmosphère était assez électrique au début, pas trop à la fin…

    • J’adore les films de Kubrick. Sauf Lolita qui, à mon avis a mal vieilli. Non pas que le film soit mauvais mais la société à trop évolué pour ce film.

      «Évolué»? Dans le sens que le film ni le livre du même nom ne seraient jamais produit/publié, du moins pas destiné au grand public, comme ce fut le cas à l’époque. Alors là, oui. Sinon, j’apprécie grandement Lolita, un film si élégant, avec le plus suave de tous les acteurs, James Mason, que je ne me lasse jamais de regarder et, surtout, d’écouter. Non mais, quelle voix! -js

    • @_renaud Les génies ont le droit d’être un peu diva et trop critique envers leurs oeuvres. S’il était vivant, le film ne sortirait pas. C’est un peu comme une dernière volonté et il faut respecter ça, à mon humble avis.

    • “L’avant” hotel pour les Torrance est intéressant dans le livre car il permet de bien expliquer les origines de la famille et plus on avance dans l’histoire, plus ça dégringole. Un film sur seulement l’avant ne me dit rien de bon, je ne suis pas trop sûr de ce qu’il y a à faire pour que ce soit un film horreur qui se tienne et rester dans la thématique du Shinning.

      Personnellement, j’ai détesté Barry Lyndon de Kubrick, pas mal le seul film que je n’ai pas aimé de sa collection. Shinning, Orange Mécanique et Dr. Strangelove sont mes favoris.

      C’est fou comme il y a divergence de goût chez les fans de Kubrick! Au contraire, pour moi Barry Lyndon est mon préféré, à égalité avec 2001. -js

    • @ Jozef Siroka

      Je ne sais trop quoi dire. Comme je l’ai expliqué, je suis un fan de Kubrick. J’adore tous ses films, littéralement. Sauf peut-être Eyes wide shut que j’ai seulement aimé. À noter que, avant Spartacvs, je n’ai vu que Paths of glory (deux fois, excellent). Mais Lolita, j’ai arrêté au 2/3 ou un peu plus. Gros contraste avec le reste de l’oeuvre.

      La raison pourquoi je n’ai pas embarqué dans Lolita est plus une hypothèse. L’ayant revu il y a moins d’un an, A clockwork orange, même si ça commence à être un vieux film, reste très d’actualité. Mais les moeurs puritaines ont beaucoup changé. C’est d’ailleurs ce qui devait faire la force de Lolita. À l’époque, ça a dû être un coup de pied dans la fourmilière, au même titre que Clockwork orange l’a été à sa sortie. Typique de Stanley…

      J’ai préféré la version plus récente de Lolita. N’allez pas lui dire. Vous connaissez la sensibilité des artistes :)

      Je sais, il est décédé :(

    • Je seconde naturellement jfhell. On ne jongle pas avec la dernière volonté d’un type qui pond Orange Mécanique et The Shining durant la même décennie…

      J’aurais aimé qu’il réalise The Exorcist. Mais quel génie !

      R-E-S-P-E-C-T.

    • Barry Lyndon est un chef d’oeuvre. Lolita a moins d’envergure, mais est excellent et porte totalement la griffe de kubrick. Que la société soit moins puritaine que dans les années 50 ne m’importe pas plus que lorsque je regarde paths of glory et que je me dis que le militarisme mérite moins aujourd’hui d’être dénoncé qu’il ne l’était.

      Lolita et strangelove sont à 2001/lyndon/Orange ce que rashomon/throne of blood sont à Ran/Kagemusha. Si on commence par découvrir les films épiques en couleur de Kurosawa, on s’imagine que c’est suffisant comme échantillon et que c’est là tout son génie, alors qu’en réalité, comme Kubrick, il était déjà l’homme à surveiller dans les années 50.

    • 2001 A Space Odyssey : Critique d’un cinéphile amateur déçu (2012-08-09)

      Parlant de Kubrick, j’ai revu 2001 A Space Odyssey en Blu-Ray hier soir et j’ai à nouveau été déçu de ce film que la plupart des cinéphiles placent à l’intérieur de leur top 10, lorsque ce n’est pas leur top 3.

      Évidemment que certains aspects sont magistraux, tout spécialement pour l’époque (conçu/tourné/paru avant que l’homme ne mette le pied sur la lune; effets spéciaux spectaculaires et hautement réalistes, etc.), mais d’autres éléments m’apparaissent toujours quelconques, pour ne pas dire carrément faibles. Je me lance!

      Je divise le film en 4 parties :

      1) le drame évolutionnaire épique
      2) le documentaire spatial prophétique
      3) le thriller (duel homme vs machine) machiavélien et manichéiste
      4) le bad trip originel psychédélique

      Trame sonore : 10 / 10 (la musique évidemment, mais aussi le silence quand on s’attend à une explosion ou un sursaut bien sonore. Par exemple, la séquence à l’extérieur du vaisseau lorsqu’on n’entend que le bruit strident et la respiration pendant 10 minutes! Les parties 1 et 3 sont carrément sublimes tandis que la partie 4 est puissamment rendue. 2001 n’a rien à envier aux trames sonores contemporaines, même les meilleures… sans oublier qu’il est parvenu à accoler l’étiquette de « musique spatiale » à un chef d’œuvre de la musique classique, ce qui est quand même tout un tour de force!).

      Effets spéciaux : 9 / 10 par rapport à aujourd’hui (c’est tout de même incroyable!); 11/10 pour l’époque (le réalisme et l’éloquence des mouvements et du non-verbal des « chimpanzés » dans la partie 1 est prodigieux; le soin rigoureux et maladif accordé au réalisme et à l’authenticité est stupéfiant dans l’espace et sur le vaisseau; la construction « réelle » de la grande roue reproduisant artificiellement la gravité est ahurissante; la représentation futuriste, tout spécialement les vaisseaux, est superbement réaliste et impressionnante, clairement le précurseur de Star Wars. A++ sur toute la ligne; un changement de paradigme certain).

      Mise en scène et rythme : 8,5 / 10 (Vrai que le rythme est fascinant pour faire écho à l’infini de l’univers et de l’espace-temps, mais certains scènes étaient tout de même un peu longues. Avec le recul, il s’agit clairement d’un film de 75 minutes qu’on a doublé en durée afin de reproduire ce sentiment de solitude et d’immensément grand. Ingénieux, mais pas nécessairement agréable sur toute la ligne. Génial cependant pour les parties 1 et 3)

      Thématique : 8 / 10 (la thématique de l’exploration spatiale n’était pas originale en soi à l’époque surtout que la course à la conquête de l’espace a été lancée à peu près au même moment. C’est vraiment le traitement du sujet qui fait la force du film, tout spécialement le réalisme des parties 2 et 3 qui tranche de manière drastique et irréversible avec le traitement très série B des films de science fiction qui l’ont précédé.)

      Intrigue : 7 / 10 (il y a en fait 2 intrigues bien distinctes dans ce film si on simplifie le tout : le duel homme/machine de la partie 3 – un précurseur des Terminator et Matrix de ce monde – et l’intrigue du monolithe, de la vie extra-terrestre et du sens de l’univers/évolution. Si la première fut traitée avec brio pour l’époque, il faut avouer qu’elle paraît très simpliste et télégraphiée avec les standards d’aujourd’hui, tout spécialement étant donné l’acharnement à clamer que la série HAL est infaillible, donnant clairement le ton à la suite des choses. Concernant la seconde intrigue, je ne partage absolument pas l’enthousiasme de plusieurs cinéphiles : la fin du film m’apparait bâclée et ne répond aucunement aux questions que tous se posent tout au long du film. Je ne parle même pas d’expliquer ou non le fonctionnement du monolithe ou la présence de la vie extra-terrestre/divine; je parle simplement de l’absence totale de logique et de réponses convenables dans la 4e partie, notamment pourquoi le survivant – à l’intérieur du vaisseau à la fin de la partie 3 – se retrouve soudainement dans le pod? Comment est-il entré en contact avec le monolithe pour « accélérer » son évolution (imagé par le vieillissement)? Est-il sur Jupiter ou non? Il manque carrément 30 minutes d’explication pour faire le pont entre la partie 3 et la partie 4. En fait, il manque une partie au complet. D’ailleurs, sur tout le matériel d’analyse et d’entrevue disponible à postériori, tous s’entendent pour dire que Kubrick aurait eu besoin d’une année et de 25% plus de budget, mais que la réalité l’a rattrapé et qu’il a dû fournir une version inachevée de son odyssée de l’espace. Ensuite, la question que tous se posent mais dont l’absence de réponse est moins problématique : que signifie le bébé en boule : la réincarnation, l’évolution accélérée après avoir été en contact avec le monolithe, la vie éternelle de l’âme, etc. Si l’absence de réponse à la dernière question revêt un caractère mystique et intéressant, l’absence totale de lien entre la partie 3 et la partie 4 est déstabilisante et décevante!)
      Traitement : 7 / 10 (plusieurs critiques ont détruit le film Contact car celui-ci minimisait le caractère universel de la mission, les Japonais et les Russes étant alors relégués comme partenaires de 2e ordre alors que les États-Unis tout puissant étaient les grands artisans du programme. On peut/doit formuler la même critique à l’endroit de 2001 : le film avec ses Pan-Am, Howard Johnson et drapeaux américains omniprésents est très américano-centrique et si on critique les œuvres similaires contemporaines sur cet aspect, on se doit de faire de même avec les chefs-d’œuvre passés. Par contre, le film n’est pas tombé dans le piège de l’explication mystique simpliste ni dans un traitement trop judéo-chrétien de l’évolution notamment dans la partie 4; c’est évidemment très positif avec le recul et rend plus intemporel l’œuvre finale).

      Conclusion objective : malgré les moments forts du film et le traitement irréprochable aux niveaux sonore et effets-spéciaux, je ne vois tout simplement pas comment on peut octroyer une note supérieure à 8,5 sur 10 – dans le meilleur des cas 9 sur 10 – à 2001 et ce même en considérant l’apport immense à l’Histoire du cinéma. La fin est bâclée et peu importe son caractère évasif – ce qui n’est ni positif ni négatif, mais simplement un choix du cinéaste qui confère avec le recul un aspect intemporel et mythique au film – le pont entre la partie 3 et la partie 4 est extrêmement faible pour ne pas dire inexistant. Uniquement pour cet aspect, on se doit de retrancher au moins un point et ce même si on considère tout le reste parfait (ce qui n’est pas mon cas!).

      Conclusion subjective : non seulement la fin est bâclée, mais en plus elle est très typique de l’époque expérimentale/psychédélique propre aux Baby boomers les plus bohèmes/rebelles. D’ailleurs, très peu parmi ceux qui disent avoir été influencés par ce film (et non Kubrick en général) ont moins de 50 ans. Les projections en salle ont d’ailleurs passé à un doigt d’être arrêtées prématurément par manque d’intérêt; n’eut été d’un « fétichisme » naissant à l’égard de cette œuvre de la part d’une poignée de jeunes artistes et/ou adeptes du LSD, le film n’aurait jamais connu une si grande vénération! Personnellement, je préfère l’époque Roger Waters à celle de Syd Barrett lorsque j’écoute du Pink Floyd; j’imagine que cela se traduit dans mon appréciation du cinéma!

      De plus, je reviens sur l’aspect très générationnel de ce succès : comme l’ont mentionné les personnes interviewées sur de nombreux suppléments/entrevues, les générations X et Y ont une fixation sur l’immensément-petit alors que la génération Y semblait avoir une fixation sur l’immensément-grand. D’ailleurs, la question de la recherche spatiale n’est-elle pas quasiment absente de l’actualité depuis 20-25 ans? Si j’avais vu ce film il y a 40 ans, sûrement que mon appréciation eut été différente, mais l’intrigue somme toute assez simple [selon les standards de 2012] de la partie 3 et le traitement très psychédélique et approximatif des parties 4a [totalement absente] et 4b [décevante] me laissent tout simplement sur ma faim – pour ne pas dire enragé de ce coït cérébral et visuel inachevée – chaque fois que je regarde 2001! 6,5 / 10 est ma note personnelle finale en tenant compte que j’ai vu ce film pour la première fois en 1996 (alors âgé de 19 ans).
      Bref, 2001 doit faire partie du Top 10 de tous les temps concernant les films les plus influents – peut-être même du Top 3 – mais il est clairement exclu de mon Top 100 de mes films préférés : Trop contemplatif, trop évasif, mais surtout bâclé à partir du 2/3.

      N.B. désolé du post extrêmement long, je tenais simplement à partager mes déceptions par rapport à une œuvre quasi-universellement acclamée… et susciter je l’espère quelques réactions hargneuses :)

    • Je me permet une réflexion sur l’importance des thèmes et de l’actualité dans l’évaluation d’une oeuvre. Mon opinion est que c’est toujours surévalué. Et Kubrick est un cas intéressant où le pouvoir des images et du son sont à mon avis beaucoup plus à souligner que la thématique/critique sociale. D’ailleurs, Kubrick a toujours eu un regard très cynique et détaché de la société, qui m’a toujours semblé quelque peu méprisant. Comme quoi, la société est un carré de sable, et les humains des insectes drôles à observer avec une loupe.

      -Orange mécanique: constat navrant d’une société futuriste où les jeunes ne respectent plus rien? Je dirais qu’en réalité Kubrick est beaucoup plus intéressé à flasher visuellement qu’à condamner son personnage ou à le défendre. Ultimement, c’est l’état qui est pointé du doigt. Mais au bout du compte, qui s’en préoccupe? qui reste marqué par le message de l’orange mécanique? Personnellement je pense davantage à Beethoven et à l’orgie dans les nuages qu’à une leçon sur les danger de l’endoctrinement.

      -2001: méditation sur l’évolution de l’humanité? Certes. Mais tellement appuyé formellement.

      -lolita: dénonciation du puritanisme? Non. Exploration de fantasme, fascination, mystères, jeux.

      -Full metal jacket: le film de guerre que Kubrick voulait totalement neutre, non un film anti-guerre.

      Je crois que le point que j’essaie de défendre est que lorsqu’on fait l’apologie d’une oeuvre en mettant de l’avant le thème et la forme comme un instrument, on croit faire la chose logique mais en réalité on sous estime toujours la forme en la plaçant 2e.

    • @procosom.com

      En tant que fan absolu de 2001, permettez-moi de vous dire ceci:

      Je suis d’accord avec à peu près tout ce que vous énoncez. Vos arguments sont équilibrés et défendables. Y compris qu’il est logique de critiquer les trous dans la dernière partie du film.
      Ce film n’est pas le seul à suggérer davantage qu’il n’explique. Et pourtant, aucun film ne m’a « suggéré » à ce point.

      Voilà, en plus court, une phrase qui résume mon feeling et mon adoration pour ce film.

    • For the record, j’ai vu 2001 autour de 13-14 ans la première fois, sans savoir ce que c’était, un après-midi où j’étais désoeuvré sur le divan du salon de mes parents.

      À la fin du film, j’étais un peu assommé, un peu ennuyé, et un peu illuminé.

    • @eturgeon

      Très intéressant vos commentaires.

      Pour ma part, ce que je retiens de Kubrick en général et de2001 & Orange Mécanique en particulier, c’est sa crainte de voir l’Homme (i.e. l’État), mégalomane et se croyant omniscient, courir à sa perte (folie ou extinction selon le film) mené par son désir de modeler/contrôler les esprits et/ou de refouler. C’était un thème particulièrement présent dans Orange mécanique évidemment, mais aussi très présent dans 2001 (HAL est la création ultime, parfaite) et FMJ. Shining est également éloquent.

      Une chose est certaine : les oeuvres de Kubrick ne laissent pas indifférent!

      Pour revenir sur l’immensément petit et le désir de contrôle absolu, un film que j’ai particulièrement apprécié, c’est Gattaca, autant pour le propos que pour la forme (couleurs et rythme, mais également la musique).

      N.B. La première fois que j’ai vu 2001, c’était sur une petite télé sans système de son; l’expérience sensorielle n’est pas comparable. Ceci dit, je ressens à chaque fois la même frustration par rapport à la 4e partie incomplète peu importe les conditions dans lesquelles je regarde le film.

    • J’admet que Gattaca est un des rares films que j’admire autant pour la forme que pour le contenu éthique.

    • @ procosom.com

      C’est intéressant ce que tu dis dans ton analyse des films de Kubrick. Il y a probablement une part de vérité.

      Ce qui me fait rire est que, quoi que je connais peu Stanley en tant que réalisateur, je sais qu’il n’était pas apprécié de tous. Je ne pense pas que j’aurais aimé travaillé avec lui. Le genre à connaitre tout sur tout. En fait, je ne serais pas surpris qu’il devait être justement ça, contrôlant. Je sais que Nicholson ne l’a pas beaucoup apprécié. Même si ça ne paraît pas dans Shining puisque le résultat est là…

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