Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 1 août 2012 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (87)

    Sight & Sound : Citizen Kane détrôné par Vertigo!

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    Après 50 ans au sommet de la liste la plus prestigieuse des meilleurs films de tous les temps, Citizen Kane (1941) d’Orson Welles chute à la deuxième place. Le magazine britannique Sight & Sound, qui a mené un sondage international auprès de 846 critiques et historiens en cinéma, a couronné cette année Vertigo (1958), l’extrêmement influent thriller psychologique d’Alfred Hitchcock.

    Initié en 1952, l’exercice a été renouvelé à chaque 10 ans. Le chef-d’oeuvre de Welles y a occupé la première position à partir de 1962, et a conservé son titre de justesse en 2002, battant Vertigo par seulement 4 votes. (Les résultats de 2002 sont à consulter dans mon post d’avril dernier). Le film de Hitchcock, ignoré par la critique au moment de sa sortie, a d’ailleurs connu une lente ascension vers la gloire, atteignant le Top 10 seulement en 1982, en septième position, deux ans après la mort de son réalisateur.

    En parallèle, Sight & Sound a publié un Top 10 compilé par 358 réalisateurs, dont Martin Scorsese, Quentin Tarantino, Francis Ford Coppola, Woody Allen et Mike Leigh. Pour ces derniers, c’est le sublime mélodrame familial Tokyo Story (1953) de Yasujiro Ozu qui devrait être considéré comme le meilleur film de tous les temps.

    Critiques

    Vertigo (Hitchcock, 1958)
    Citizen Kane (Welles, 1941)
    Tokyo Story (Ozu, 1953)
    La Règle du jeu (Renoir, 1939)
    Sunrise: a Song for Two Humans (Murnau, 1927)
    2001: A Space Odyssey (Kubrick, 1968)
    The Searchers (Ford, 1956)
    L’Homme à la Caméra (Dziga Vertov, 1929)
    La Passion de Jeanne d’Arc (Dreyer, 1927)
    8 ½ (Fellini, 1963)

    tokyo-story-2

    Réalisateurs

    Tokyo Story (Ozu, 1953)
    =2 2001: A Space Odyssey (Kubrick, 1968)
    =2 Citizen Kane (Welles, 1941)
    8 ½ (Fellini, 1963)
    Taxi Driver (Scorsese, 1980)
    Apocalypse Now (Coppola, 1979)
    =7 The Godfather (Coppola, 1972)
    =7 Vertigo (Hitchcock, 1958)
    Le Miroir (Tarkovsky, 1974)
    Le Voleur de bicyclette (De Sica, 1948)

    J’ai retrouvé les résultats via le Hollywood Reporter, le site de Sight & Sound étant présentement gelé, en raison d’un trop grand volume de visites (je suppose). Une fois rétabli, il sera intéressant de naviguer à travers les résultats individuels de tous les réalisateurs et critiques sondés, et de lire les nombreuses analyses passionnantes. En attendant, vous pouvez vous rendre chez The Playlist pour voir le Top 50 des critiques.

    Mse à jour : Le site est maintenant rétabli. Le Top 50 (Avec le Top 10 commenté) – 10 essais à propos de la liste, dont des superbes analyses sur des films aussi variés que Beau travail de Claire Denis, La Grande illusion de Jean Renoir, Mulholland Drive de David Lynch, dont ma préférée, sur L’avventura de Michelangelo Antonioni. – La liste de Sight & Sound commentée sur le web (incluant deux articles de Roger Ebert).

    La bande-annonce de Vertigo :

    Tokyo Story dans son intégralité :


    • Encore une fois, en regardant ces listes, je me souviens que je devrais voir Tokyo Story qui manque encore à ma culture.

      Malgré ce manque, je préfère la liste des réalisateurs à celle des critiques qui ont un amour un peu trop grand pour le cinéma muet (Ze Artist…) à mon goût. Au moins, les réalisateurs sont en mesure d’apprécier ce que le cinéma a produit depuis 44 ans, ce que la critique semble incapable de faire. Je suis peut-être trop jeune (pas tant que ça) pour les comprendre mais je ne peux m’imaginer un top 10 sans Apocalypse Now, Mulholland Dr. et The Thin red line. Et je n’aurais aucune difficulté à enlever La Passion de Jeanne D’Arc, L’homme à la caméra et The Searchers pour leur faire de la place.

      J’ai particulièrement hâte de voir les listes de Scorsese, Tarantino et Allen.

    • Choix intéressant, j’aime beaucoup Vertigo. Est-ce que c’est mieux que Citizen Kane? Ca dépend, c’est comme comparer Moby Dick et Huckleberry Finn.

      Certaines personnes préfèrent le côté philosophique de Moby Dick et d’autres le côté classique d’Huckleberry Finn. En bout de ligne les deux œuvres se valent.

      Le prochain numéro un? 2001.

    • Les films de moins de 50 ans sont rares! Ca en dit long sur le cinéma depuis. , Est-ce l’industrialisation des studios qui est responsable? sinon quoi?

    • bonjour

      lors de mon voyage au Japon il y a deux ans, moi et mon ami résidant de Yokohama à l’époque, sommes allés se recueillir à la tombe de Ozu. Un endroit très sobre et spirituel comme seul les Japonais peuvent en faire. Nous y avons laissé du sake pour le grand maître.

      Tokyo Story, quel beau film !

    • C’est le fantôme de Marker qui doit se bidonner!

      Vous faites référence à La Jetée, qui arrive au 50e rang? -js

    • D’accord avec teamstef sur le clivage entre réalisateurs et critiques.

      Je trouve que donner tout le crédit aux précurseurs et aux pères fondateurs revient à ignorer que les Coppola et les Tarkovsky sont partis de ce qui avaient été fait avant eux et qu’il est parfois plus aussi difficile d’apporter un soupçon d’innovation à un domaine déjà très riche que de partir ce peu de choses et suivre son instinct créatif comme l’ont fait les gens des années 1920 et 1930.

      Peut-être aussi que les critiques et historiens du cinéma ont tendance à mésestimer (mépriser?) le cinéma des années 1970 à aujourd’hui en raison de son côté technique plus collé au réel . Une image muette, du noir et blanc, un grain grossier de la pellicule et d’autres éléments du genre projettent inévitablement une impression d’authenticité et de magie nostalgique à laquelle les historiens sont sûrement très sensibles. Moi même, quand je regarde un vieux Chaplin ou Eisenstein, j’ai toujours l’impression de vivre un temps révolu, une expérience presque muséale entourée de prestique et de respect.

      Quant aux réalisateurs vivants et actifs, ils ont tourné récemment et ils seraient un peu de mauvaise foi de ne pas aimer le cinéma de leur propre génération.

    • @winslow et js

      Je pense que Winslow fait référence à la façon toute en nuance avec laquelle Marker évoque Vertigo dans son film Sans Soleil. À moins que je me trompe…

      Tout à fait. Je trouve juste curieux que, en plus, son film soit cité dans le Top 50… -js

    • Vertigo n’a t-il pas été tourné en partie dans le vieux Québec?

      Non, mais Hitchcock y a tourné en bonne partie I Confess (1953). -js

    • Non c’est I Confess qui est tourné à Québec.

    • Wow, vous m’épatez avec ce Tokyo Story au complet!

    • Je fait simplement référence au fait que VERTIGO était l’obsession de Marker.

      D’un article publié dans Positif:
      http://www.chrismarker.org/a-free-replay-notes-on-vertigo/

      Je n’arrive pas à trouver l’original en français mais voici la citation finale: “Obviously, this text is addressed to those who know Vertigo by heart. But do those who don’t deserve anything at all?”

    • Petite remarque, les films des années 80 et 90 de ce top 50 sont incroyablement pointus.

      SHOAH
      CLOSE-UP
      SATANTANGO
      HISTOIRES DU CINÉMA

      Je ne m’en plains pas, ce sont quatre films immenses, je suis juste surpris de les voir sur une liste comme celle-là.

      Faudrait pas être surpris, on parle de choix de critiques et historiens pointus eux-mêmes… -js

    • Vous écrivez:”ignoré par la critique”. La critique a bien changé. Comme on dit: Y’a juste les fous qui changent pas d’idée.

      Pas pour critiquer mais que reste-t-il de la critique? Je la sens un peu timide face à la machine. Au fait avez une citation, genre “Le plus beau film de toute mâ vie…” sur une affiche quelque part?

    • La Jetée cite aussi Vertigo. Que ce film soit en dernière place alors que Vertigo est en première un signe: comme si la fin recommençait au début.

    • Remarque: ce panel est mieux conservateur que celui des critiques et historiens français qui avait donné leur top 100 dans les Cahiers.

    • @ duromax : marrant car il y a quelques années j’ai fait la même chose, mais à la tombe de Kurosawa. Et par le plus grand des hasards, je me suis trouvé à me recueillir à sa tombe le jour même du 10eme anniversaire de son décès. Je dois admettre, les quelques films que j’ai vu de Ozu (incluant Tokyo Story) ne m’atteignent pas du tout. Alors que Kurosawa, dans presque toute sa période Mifune (de Drunken Angel à Red Beard), viens me chercher pas possible.

      Je trouve d’ailleurs troublant l’absence de “l’Empereur” dans ces deux listes :(

      Dans ces films il y en a que j’appuie, d’autre beaucoup moins. Mais ce qui me dépasse c’est l’amour pour The Searchers, un film que j’ai détesté du début à la fin. Je ne comprends décidément pas sa place dans le panthéon cinématographique.

    • Quatre films de Godard dans cet top 50! Et rien de Clouzot!

      Je suis déçu…

    • C’est un anathème que de décider derechef que Citizen Kane soit détrôné par Vertigo après tout ce qui fut dit, écrit ou démontré à propos de ces deux oeuvres. J’ai ces deux films en DVD, je les ai re-re-visionner sans toutefois monter dans les rideaux ou de me péter la tête sur les murs.

      Cela signifie somme toute à ce que j’ai déjà écrit ici même sur le blogue de M. Siroka, à savoir que Citizen Kane n’avait pas obternu l’oscar tant convoité. Idem pour Vertigo. Certains membres de ce lectorat avait failli me mettre six pieds sous terre pour une telle affirmation.

      Yvon Turcotte

    • Précision: Ces deux films cités n’ont pas obtenu l’oscar du meilleur film lors de leur époque réspective.

      Yvon Turcotte

    • “Précision: Ces deux films cités n’ont pas obtenu l’oscar du meilleur film lors de leur époque réspective.”

      Ça prouve quoi? Seulement qu’ils étaient trop en avance sur leur temps. La plupart des Oscars vont à des films bidons.

    • @ Jozef

      Je suis surpris parce que ce genre de liste, une compilation, élimine habituellement ces choix plus pointus au profit de trucs plus consensuels. Je suis agréablement surpris que le consensus sur les années 90 s’arrête sur Kiarostami, Tarr et Godard. C’est comme si on choisissait le HITLER de Syberberg, OUT ONE de Rivette et NUMÉRO DEUX de Godard pour représenter les années 70. Ça en dit beaucoup sur le cinéma “mainstream” de cette décennie ou sur une certaine radicalisation des positions critiques…

      @ tikobrahey

      Les Godardiens ont divisé le vote! La prochaine fois, on vote stratégique: choisissons deux films, mettons LE MÉPRIS et À BOUT DE SOUFFLE et on se retrouve avec les deux premières marches du podium!

    • @ vlrglqqf

      Je ne comprends pas bien votre propos. Personne n’a décidé “derechef” que Vertigo était “meilleur”. C’est justement le temps qui fait son oeuvre et le regard retrospectif qui change, comme pour les livres classiques ou les oeuvres musicales. Si on devait classer et juger définitivement toutes les oeuvres artistiques moins de 365 jours après leur parution…

      Vous dites que c’est un anathème de détrôner Citizen Kane, mais vous semblez dire ensuite que les deux films sont moyens de toute façon parce que vous ne vous êtes pas pété la tête sur les murs en les regardant et qu’il n’ont pas obtenu d’oscar.

      Le fait que les deux films n’aient pas obtenu d’Oscar ne veut tellement rien dire en plus. Titanic a gagné l’oscar du meilleur film et je ne vois pas en quoi c’est un argument pour dire que c’est un grand film (ou un mauvais). Je ne comprends vraiment pas votre histoire d’oscar ni votre point en général.

    • Un petit commentaire pour les fans des Griffins (Family Guy) comme moi: c’est un peu décevant mais même si je n’ai jamais vu Citizen Kane, je connais déjà la fin du film…

      Screwing the Pooch (Saison 03, épisode 13).

    • @ kurtz 10h36

      Mon point en général veut dire que les critiques écrites ou parlées ont tendance à gonfler, surclasser même les qualités ou les défauts d’une oeuvre donnée, soit à cause de mille et une raisons, d’où parfois la démesure dans le classement final. Exemple, Avatar en 3D fut louangé par une myriades de m’as-tu vu. Plus tard toutes sortes de propos malencontreux sont sortis. Personne n’a riposté de façon officielle, juste officieuse. Si bien qu’encore aujourd’hui cette coutume de parler au superlatif à propos d’Orson Welles ou de Hitchcock se perpétue dans un langage plus approprié.

      Cela ne signifie nullement que je suis un anti pur et dur juste pour garder le haut du pavé. Je veux seulement dire que je me méfie des listes d’oeuvres à tout casser. N’oubliez pas que ce n’est pas un jugement que je donne ici, c’est simplement une opinion pesonnelle.

      Fasse que le ciel ne me tombe pas sur la tête.

    • Au lieu d’encourager les gens à regarder des films au complet sur youtube, vous devriez les encourager à voir les films en salle! Le Cinéma du Parc présenter plusieurs classiques japonais dès le 10 août dont une rétrospective OZU dès le 20 août:
      http://www.cinemaduparc.com/prochainement.php?id=ozu#top
      TOKYO STORY y sera présenté les 21-22 août

      J’encourage pas forcément le visionnement sur YouTube, mais je trouve qu’il s’agit d’un substitut valable en dernier recours, surtout pour ceux qui n’habitent pas la métropole. Ceci dit, merci pour cette précieuse info. -js

    • @ vlrglqqf

      “Avatar en 3D fut louangé par une myriades de m’as-tu vu. Plus tard toutes sortes de propos malencontreux sont sortis. Personne n’a riposté de façon officielle, juste officieuse. Si bien qu’encore aujourd’hui cette coutume de parler au superlatif à propos d’Orson Welles ou de Hitchcock se perpétue dans un langage plus approprié. ”

      Pouvez-vous être moins clair svp??

      Les listes sont ce qu’elles sont et personne de sérieusement intéressé par le cinéma ne pense vraiment que Vertigo est maintenant “meilleur” que Citizen Kane parce qu’il a grimpé d’un rang dans un palmarès.

      Par contre, je trouve tout à fait pertinent de dire que Citizen Kane vieillit moins bien que Vertigo et que de plus en plus de critiques et de spécialistes trouvent que ce film devrait être reconnu au moins autant sinon plus que Citizen Kane.

      Il y a une différence entre se méfier des listes (ce que tout le monde fait plus ou moins et en quoi je suis assez d’accord avec vous) et dire que ça n’a pas d’allure (un anathème!) d’en faire une et de mettre un Hitchcock ou un Welles en haut…surtout quand vos arguments sur la non-pertinence des opinions des spécialistes s’appuient sur les oscars et la réception d’Avatar.

    • @ kurtz 13h22

      “Les listes sont ce qu’elles sont et personne de sérieusement intéressé par le cinéma ne pense vraiment que Vertigo est maintenant “meilleur ” que Citizen Kane parce qu’il a grimpé d’un rang dans un parmarès.”

      Alors pourquoi en parler puisqu’à peu près personne n’y croit vraiment? D’autre part M.Siroka savait que son propos attirerait les sceptiques comme vous et moi. Si une chose est + ou – crédible vaut-elle la peine qu’on en parle ou qu’on insiste? C’est ce genre de superlatif dont je parle ci-haut. M. Siroka ne fait qu’énumémer ici des listes trouvées ailleurs sur des sites spécialisés, c’est son travail après tout. Je l’admire parce que je sais qu’il n’est pas facile de trouver une rareté comme sujet de discussion.

      Bonne fin de journée à vous kurtz.

      Yvon Turcotte

    • “Si bien qu’encore aujourd’hui cette coutume de parler au superlatif à propos d’Orson Welles ou de Hitchcock se perpétue dans un langage plus approprié. ”

      Que veut dire cette phrase? Que tout le monde s’emmerde en écoutant du Welles ou du Hitchcock, mais que comme on a “l’habitude” d’en parler en bien, on perpétue la “coutume” malgré nos réserves? Franchement, il n’y a pas grand chose de plus grand au cinéma que Welles et Hitchcock et je doute que vous allez être capable de trouver quelqu’un capable d’argumenter sérieusement pour leur petitesse.

      Personne ne croit vraiment aux listes dans la mesure où lorsqu’une oeuvre d’art atteint un tel sommet, comme Vertigo ou Citizen Kane, il est impossible d’en mesurer la grandeur pour pouvoir les comparer. Les listes n’ont toujours été qu’un moyen de faire parler, de faire découvrir certains films aux cinéphiles néophytes. C’est pourquoi d’ailleurs l’aspect conservateur déçoit autant, même le plus inculte des cinéphile sait bien qu’il doit voir Citizen Kane pour mériter sa passion. Tokyo Story, déjà, ça ouvre des portes à plusieurs (et c’est tout autant incommensurable que Kane ou Vertigo).

    • Merci M. Siroka pour le lien youtube de Tokyo Story. Comme je demeure à Québec, c’est un des seuls moyens pour moi de le voir.

      Pour les fans de Hitchcock, où placeriez-vous Rear Window dans sa filmographie? C’est le seul que j’ai vu (je parle des originaux, donc je n’inclue pas le remake de psycho) et j’aimerais savoir comment se comparent les autres. Encore une fois, un dessin animé, Les Simpsons cette fois-ci, m’avait déjà vendu l’histoire…

    • J’adore Hitchcock, mais comme pour Allen, Bunuel et Kurosawa, je préfère parler de l’ensemble de son oeuvre, plutôt que d’un seul élu. C’est pourquoi je trouve toujours que ca sonne faux de choisir Vertigo comme LE film.

      Pour l’exercice du top 10 de sight & sound en tant que tel, je suis un fan, mais la liste est indéfendable malheureusement :)

    • @Jozef

      savez-vous si le site de sight & sound publie les choix individuels des voteurs? Si oui, où?

      Je m’attends à Taxi driver dans la liste de Tarantino, Bicycle Thief dans celle de Allen, et du Ozu dans celle de Ebert.

    • Remarque sur le top des réalisateurs: Le Voleur de bicyclette est le seul film, il me semble, qui ne soit pas marquant pour sa mise en scène. On croirait que ce serait un facteur primordial pour des réalisateurs. Maintenant, je me trompe peut-être.

    • Ah, j’ai le goût de m’ennuyer ce soir, je vais écouter Citizen Kane et Vertigo pour la vingtième fois…

    • Il ne faut pas voir Vertigo comme le meilleur mais comme le plus influent. Il est une influence majeure d’au moins trois autres films de la liste: La Jetée, Taxi Driver et Mulholland Drive.

    • Je note au passage que lLes Cahiers du Cinéma ont classé le magnifique Night of the Hunter en deuxième position de leur top 10 alors qu’il ne figure pas dans celui-ci.

    • Oui, cette absence de Night of the Hunter est bizarre. Est-ce que les Anglo-saxons aiment moins ce film que les francos?

    • “Night of the Hunter” figure au 63èe rang, ex-aequo avec quelques autres titres tout à fait honorables. Il y a d’ailleurs plusieurs cas d’égalité des votes à partir du 42è rang. Voici le classement de 50 à 100:
      50= City Lights, 1931 (29 votes)
      50= Ugetsu monogatari, 1953 (29 votes)
      50= La Jetée, 1962 (29 votes)
      53 – Rear Window, North By Northwest, Raging Bull – 28 votes
      56 – M, Touch of Evil, The Leopard – 26 votes
      59 – Sherlock Jr, Sansho Dayu, La Maman et la Putain, Barry Lyndon 25 votes
      63 – Modern Times, Sunset Blvd, The Night of the Hunter, Wild Strawberries, Rio Bravo, Pickpocket – 24 votes
      69 – A Man Escaped, Blade Runner, Sans Soleil, Blue Velvet – 23 votes
      73 – La Grande Illusion, Les Enfants du Paradis, The Third Man, L’eclisse, Nashville – 22 votes
      78 – Once Upon a Time in the West, Chinatown, Beau Travail – 21 votes
      81 – Magnificent Ambersons, Lawrence of Arabia, Spirit of the Beehive – 20 votes
      84 – Greed, Casablanca, Colour of Pomegrantes, The Wild Bunch, Fanny & Alexander, A Brighter Summer Day – 19 votes
      90 – Partie de campagne, A Matter of Life and Death, Aguirre, Wrath of God – 18 votes
      93 – Intolerance, Un chien andalou, Colonel Blimp, Madame de…, Seventh Seal, Imitation of Life, Touki-Bouki, A One and a Two. – 17 votes

      Amusant que le film qu’Ozu considérait comme son plus mélodramatique reste encore et toujours celui qui est le plus apprécié par les Occidentaux.

    • De 59 à 63, c’est presque mon best of…

    • Rio Bravo à 63, c’est pas sérieux. Ce n’est pas Daney qui disait qu’il y a tout le cinéma classique dans ce film? En tout cas, si c’est pas lui, il aurait dû.

    • @cinematographe: oh que je deteste Rio Bravo. Surtout qu’il a été fait pour opposer l’excellent High Noon, sans doute le premier grand film Anti-Western.
      D’ailleurs je ne vois pas High Noon dans la liste, je rêve/cauchemarde?

    • Comment ne pas aimer Rio Bravo? Excellent, High Noon l’est certainement, mais entre la vision d’une communauté dissolue sauvée par l’action d’un individu convaincu et exemplaire et celle d’une humanité déchue trouvant rédemption dans la fraternité, où, de plus, chaque homme a la possibilité de se racheter soi-même par l’action, je n’ai pas de difficulté à choisir.

    • J’ai écouté le trailer de Rio Bravo et à première vue, ça m’a l’air assez nullisime. À chaque fois que je vois le nom ‘John Wayne’, j’ai en tête ‘Fight the Power’ ou encore mon prof de ciné qui se plaisait à le trasher.

      Sinon, les autres films de la la ligne 63 me semblent d’excellents choix. Reste que the Night of the Hunter aurait sans doûte du figurer un peu plus haut dans la liste. Enfin, c’est le seul film que je connaisse où quand les personnages se mettent à chanter, ça rend le film encore meilleur. Pour moi qui déteste les comédies musicales, c’est en soi un incroyable exploit.

    • Bon, on se fait un petit top dix, pour garder la forme?

    • Il y a un truc qu’on oublie: Vertigo fut à peu près invisible pendant des décennies, les copies détruites. Ça explique ça remonter.

      Cela dit, même la bande-annonce de Kane est un chef-d’oeuvre.

    • Un top 10 personnel??! Ouf, ça dépasse largement mes compétences. Je peux essayer, mais ça va me prendre disons, un peu de réflexion…

    • “Ça remonter”: my gooodnesss! Ma pire faute (ou meilleur lapsus) ici!

    • Top perso! Qui commence?

    • J’ai déjà écrit que pour certains films à voir absolument j’ai l’instinct qu’il faut pour, ie. “Habemus Papam” de Nanni Moretti hyper louangé (ne riez pas)! Je ne me fie pas du tout aux critiques écrites sur certaines oeuvres à l’affiche ou à venir. Je” sens” que c’est ce film-là que je me dois de voir. Des fois il m’arrive d’être on ne peut plus sélect mais pas snob, alors que je peux devenir aussi très populiste, je ne m’en formalise pas. De nos jours les films qu’on fabrique en série, aucun ne m’interpelle; trop d’effets spéciaux. C’est à peine si je connais que de noms certains acteurs, actrices ou réalisateurs etc. Supposons qu’on se mette en train de refaire “Intolérance”. Vous voyez ça d’ici? Pourtant Intolérance et Cie restent toujours LES références dans l’histoire du cinéma. Pour le top 10, je l’ai déjà dans le ciboulot sans subir les conclaves cinématographiques. C’est aussi simple que ça!

      Yvon Turcotte

    • Je baisse mes culottes. Top 10:

      Godfather 1&2
      2001 Space Odyssey
      Pulp fiction
      Apocalypse now
      Barry Lyndon
      Lawrence of Arabia
      Ran
      Schindler’s list
      Once upon a time in the west
      Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

      Biais peut-être en faver des films épiques. Et je suis assez fier que mes titres soient plutôt grand public. :)

    • Personnellement, je ne peux pas non plus concevoir de ne pas aimer Rio Bravo, un des films les plus chaleureux qui soit. Tout dans ce film m’émeut, de la mise en scène à hauteur d’homme de Hawks à la démarche de Wayne (personne ne marche comme John Wayne), des personnages (inoubliables Dean Martin et Walter Brennan, entre autres) aux digressions à la fois inutiles du point de vue de l’action mais indispensables pour capter l’essence des choses et des hommes (jamais le sentiment de fraternité n’aura été aussi palpable dans un film que dans la scène de My Poney, My Rifle And Me). J’adore aussi High Noon, mais Rio Bravo c’est pour moi plus que du (très) bon cinéma, c’est un film que je visite comme s’il s’agissait d’un ami, le genre qui aide à vivre.

      Et ghost, voici le mien, facile: Vertigo, Touch Of Evil, Night Of The Hunter, 2001, Searchers, Singin’ In the Rain, Sunset Boulevard, General, City Lights et Bringing Up Baby. J’ai l’air comme ça de n’aimer que du classique, hollywoodien de surcroît, ce qui n’est évidemment pas le cas mais pas tout-à-fait faux non plus. Les cinéastes actuels que j’aime le plus sont aussi les plus classiques: Todd Haynes, James Gray, les Coen, Eastwood, entre autres. Et puis, qu’y a-t-il de mieux que l’âge d’or hollywoodien?

    • J’aime quand la magie du cinéma opère dans un scénario ténu:

      Persona
      Le Fantôme de la Liberté
      Rear Window
      Night of the Hunter
      Le Miroir
      El Nave Va
      L’année Dernière à Marienbad
      Les Temps Modernes
      Voleurs de Bicyclette
      Copie Conforme

    • Pas évident, je pense que je n’ai jamais fait l’exercice auparavant, alors je sélectionne par cinéaste, c’est plus facile:

      Vertigo et Citizen Kane, je garde, j’assume ma soumission aux conclaves cinématographiques.

      Ensuite:
      His Girl Friday (ou Only Angels Have Wings? en tout cas il faut un Hawks et je préfère ces deux, parce que carygrantien, à Rio Bravo, certes plus “important”)
      Days of Heaven (mais j’hésite avec Tree of Life, je me garde une p’tite gêne parce que je ne l’ai vu qu’une seule fois)
      Johnny Guitar (quoique They Live By Night…, mais mon amour du cinéma classique a commencé avec Johnny)
      Le Sacrifice (ou Stalker? ou le Miroir? je ne sais pas comment choisir avec Tarkovsky)
      Mauvais Sang (le film que j’ai vu le plus souvent dans ma vie, pratiquement une fois par semaine pendant un an, et mon choc cinématographique adolescent le plus intense, même si aujourd’hui je l’aime de manière plus détachée)
      Tropical Malady (seul film sur cette liste que j’ai découvert “vierge” de toutes informations, avant la hype ou en tout cas ignorant de celle-ci, et quelle découverte!)
      Man Who Shot Liberty Valance (je ne pourrais mettre que des westerns dans ma liste)
      Et il faudrait un Kubrick: 2001, celui par lequel ma cinéphilie a commencé (mon premier film coté 1!) ou Shining, qui aujourd’hui est mon préféré (ou Barry Lindon, qui est probablement son meilleur, ou AI, qui combine son génie à celui d’un autre de mes cinéastes fétiches?)

    • j’aime l’idée d’y aller par réalisateur favoris.

      Bunuel: Le charme discret de la bourgeoisie (ou l’ange exterminateur)
      Allen: Annie Hall (ou Manhattan)
      Fellini: Huit et demie
      Hitchcock: Vertigo
      Welles: Kane
      Coppola: Godfather
      Bergman: persona
      Kubrick: 2001
      Tarantino: Pulp fiction
      Kurosawa: Ran (ou tant d’autres)
      Spielberg: Schindler’s list
      PTA: Boogie nights
      Resnais: Hiroshima mon amour
      Godard: Pierrot le fou
      Truffaut: Jules et Jim
      Bertolucci: 1900

      bon après tout, c’est pas plus facile. Impossible de s’arrêter, et encore plus difficile d’en choisir que 10.

    • Et si je pars de ma prmière liste, je peux ajouter les autres films que je ne me lasse jamais de revoir:

      Rear Window
      Les Temps Modernes

      Citizen Kane
      Apocalypse Now
      Trois Couleurs : Bleu – Blanc – Rouge
      Brazil
      La Planète Sauvage
      The Big Lebowski
      Amadeus
      Baraka

    • par thème:

      le plus émouvant: the sweat hereafter
      meilleure comédie sentimentale: Hannah and her sisters
      meilleure adaptation de shakespeare: throne of blood
      meilleur buddy movie: Big Lebowski
      meilleur film d’horreur: shining
      meilleur film-pièce de théatre: who’s afraid of Virginia woolf?
      meilleur film noir: night of the hunter
      meilleur film d’action: kill bill
      meilleur film d’animation: spirited away
      le plus vieux film que j’aime vicéralement: Metropolis et M
      le plus récent-meilleur film: le prophète

    • Throne of Blood : J’ai le dvd en attente dans ma collection. Ça me motive.
      On oublie trop souvent Kurosawa.

      Tiens, une autre catégorie:
      Film pour lequel je ne m’attendais à rien et qui m’a le plus remué : Dreams (Kurosawa)

    • Beaucoup aimé aussi la mise en scène de Dreams. Aussi, les couleurs.

      Catégorie film que j’ai adoré, et que la critique a méprisé: I.A.

    • .
      Allons-y.

      1- 2001
      2- Citizen Kane
      3- Vertigo

      Les 4 à 9 se valent tous :

      Mulholland Dr.
      Blow Up
      Zelig
      The Man Who Shot Liberty Valance
      Sherlock Jr.
      The Shining

      Pas un long métrage, mais… :
      10- Pas de deux

    • tiens! histoire de s’humilier un peu:

      Film important que je n’ai pas apprécié: le voleur de bicyclettes
      Film quétaine que j’aime: The sound of music
      Le film des années 30 que je pourrais revoir encore et encore: Gone with the wind
      Film que j’ai trouvé juste “correct” lors du premier visionnement: Raging bull

      :)

    • Top 20

      Vertigo
      2001
      L’impératrice rouge
      La nuit du chasseur
      Citizen Kane
      Le mépris
      Pour la suite du monde
      La règle du jeu
      Un condamné à mort s’est échappé
      Van Gogh
      An Affair to Remember ou Awful Truth
      Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)
      Sherlock Jr
      Nuit et brouillard
      La Guerre des mondes
      À bout souffle
      À tout prendre
      Mulholland Drive
      Philadelphia Story
      Les parapluies de Cherbourg

      Pas de Scarlet Street (ou de Lang tout court)? -js

    • C’était dans l’ordre (l’ordre d’aujourd’hui).

    • “The Scarlet Empress” est sur ma todo depuis un moment…

    • La remontée à la source de sa cinéphilie par cinematographe m’a fait repenser à la mienne, de ces premiers émois qui font comprendre que quelque chose d’important est en train de se passer. Je peux aisément situer ma découverte des grandes oeuvres du cinéma lorsque je suis tombé par hasard sur un petit livre paru vers la fin des années 90 (je dirais 97), alors que j’avais 18 ans, 100 films à voir en vidéo d’André Roy. À sa lecture, je me suis dit tiens voyons voir ce que ça donne 2001, Hiroshima mon amour, Goodfellas… À chaque fois, j’étais soufflé. Ces films m’obsédaient. Pour la première fois de ma vie, je ne faisais pas que voir des films mais je pensais au cinéma. Évidemment, je me suis accroché les pieds sur certains films: India song de Duras, Allemagne année 90 neuf zéro de Godard, mais peu importe… La machine était lancée. Mais le film de cette période qui m’a le plus entré sous la peau, si l’on peut dire, c’est l’Ami américain de Wim Wenders. J’ai vu ce film un nombre incalculable de fois, essayant de percer le mystère de sa beauté, et à chaque fois j’étais pris d’une étrange émotion. Alors, suite à ce moment de nostalgie, je m’empresse de faire de l’Ami américain le 11e film de mon top 10.

    • L’impératrice rouge est une splendeur absolue, le genre de films qu’on préfère à chaque nouvelle écoute.

    • J’ai de plus en plus hâte de le voir

    • Difficile de faire un top 10 perso, tant il est amené à changer à tout moment. J’hésite entre dresser un palmarès de ce qui a été le plus important dans ma vie, même si aujourd’hui certains films me laissent plus indifférents, ce que j’ai fait plus haut, ou un palmarès de ce qui m’est le plus important actuellement (ce qui donnerait probablement un top 10 uniquement américain considérant mes préoccupations du moment).

      Et puis le fait d’avoir vu un film en salle, au moins une fois, ça fait tout une différence, je me rends compte qu’il s’agit aussi pour la plupart d’un palmarès de mes plus belles expériences en salles obscures, devant pellicule, dans des conditions optimales (la Cinémathèque!)

    • Il y a quelques années, j’étais tombé sur un Dictionnaire de littérature à l’usage des snobs. Dans une perspective pince-sans-rire, hissant à l’acmé de la littérature les seconds couteaux pour mieux cracher sur les œuvres-monuments (L’Étranger, L’Amant, The Old Man and the Sea, On the Road, L’Écume des jours, La Nausée, etc.), l’auteur donnait à connaître nombre d’écrivains qui ne figurent jamais dans les tops 50 et qui méritent pourtant d’être connus.

      Alors, sur ce modèle, je me tape un petit top 10 (donc un top 9) des films pour les « snobs cinéphiles » (du moins, le crois-je, vous êtes autorisés à me corriger et à en ajouter) :
      Traité de bave et d’éternité – Isidore Isou
      Un homme qui dort – Bernard Queysanne et Georges Perec
      Sånger från andra våningen [Chansons du deuxième étage] – Roy Andersson
      A Zed & Two Noughts – Peter Greenaway
      La dialectique peut-elle casser des briques? – René Viénet
      Angst – Zbigniew Rybczyński
      Carne – Gaspard Noé
      C’est arrivé près de chez vous – Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde
      The Belly of an Architect – Peter Greenaway
      Very Nice, Very Nice – Arthur Lipsett, pour finir avec au moins un court.

    • Tout ce qu’il y a de plus honnête comme liste. Agréablement surpris de voir Satantango et Jeanne Dielman, 2 films qui sortent totalement du lot, à côté de Singin’ in the Rain et Some Like it Hot. Est-ce dire que nous allons peut-être voir Tsai Ming-Liang, Weerasethakul ou Claire Denis en 2022? Mais il y a quelques oublis, dont un criminel : Luis Bunuel! Un Chien Andalou svp! Où Le Charme Discret de la Bourgeoisie, L’Ange Exterminateur… L’Année Dernière à Marienbad, Le Samourai ou Madame De.. aurait très bien pu se glisser dans le top également, tout comme le Décalogue. Et la prochaine fois, critiques, votez stratégique pour donner la première place à À Bout de Souffle!

    • Scarlet Street serait probablement dans mon top 20 la semaine prochaine… Faut pas trop réfléchir quand on fait ce genre de liste…

    • “ce qui donnerait probablement un top 10 uniquement américain considérant mes préoccupations du moment”

      Ce n’est pas très raisonnable…

    • Pour moi un top c’est un moyen terme entre les films les plus importants de l’histoire du cinéma et ses goûts personnels.

    • la_roy 05h56

      J’adore votre trouvaille “snobs cinéphiles”! Les conclaves cinématographiques en sont pleins. Hier j’ai mentionné la chose en douceur pour ne pas heurter les âmes sensibles. Nous sommes donc deux vous et moi à officialiser ce trait de caractère artistique particulier de ce groûpe encore plus particulier; ce sont des intouchables. Ce Gotha, pas assez contesté à mon goût est souvent malhabile à marier Philosophie et Ego. Habitués qu’ils sont à ergoter au superlatif, ils coupent automatiquement le siflet à tous et celles qui ne pensent pas comme eux. C’est fort dommage. Merci pour la trouvaille “snobs cinéphiles”. Je vous rejoins à 100%! Vertigo et Citizen Kane? Ils ne font pas partie de mes priorités en ce moment.

      Bonne journée.

      Yvon Turcotte

    • la_roy

      Un moment donné, Voyage au bout de la nuit c’est mieux que les seconds couteaux… Par contre, L’écume des jours, L’amant, Le vieil homme et la mer, ce ne sont pas de la viande à top 50.

    • “Je vous rejoins à 100%! Vertigo et Citizen Kane? Ils ne font pas partie de mes priorités en ce moment.”

      Vous confondez goût et importance. Et si le sujet même de ces deux films vous étaient interdit?

    • J’ai fait l’exercice une fois il y a environ quinze ans et cela a cimenté mon top 6. Très difficile de m’extirper de là parce que je ne pense plus du tout en ces termes (les classements). Voici donc seize films:

      Le mépris
      Amarcord
      Ma nuit chez Maud
      Faces
      Vertigo
      The Magnificent Ambersons

      The Phantom of the Paradise
      Eraserhead
      Sunrise
      Imitation of Life
      2001
      Idiotern
      Il conformista
      Route One / USA

      Bonus court-métrage: Le sang des bêtes / La jetée

    • “Pour moi un top c’est un moyen terme entre les films les plus importants de l’histoire du cinéma et ses goûts personnels.”

      j’ajouterais surtout, il faut que ce soit un film viscéral pour vous. Citizen Kane est d’une virtuosité exceptionnelle, plus importante que son influence en fait. Mais il m’est impossible pour moi de le placer dans un top 10 personnel, parce que ce film n’est pas transcendant pour moi, il n’a transformé ma vision du cinéma, comme 2001. Tant mieux pour ceux qui ressentent cela pour ce film. Mais sinon, je trouve beaucoup plus intéressant d’obtenir des top 10 personnels, plutôt que simplement un rappel du concensus historique des cinéphiles. Tenez, un exemple à suivre: :)

      Quentin Tarantino
      The Good, The Bad & The Ugly (1966, dir. Sergio Leone)
      Apocalypse Now (1979, dir. Francis Ford Coppola)
      The Bad News Bears (1976, dir. Michael Ritchie)
      Carrie (1976, dir. Brian DePalma)
      Dazed And Confused (1993, dir. Richard Linklater)
      The Great Escape (1963, dir. John Sturges)
      His Girl Friday (1940, dir. Howard Hawks)
      Jaws (1975, dir. Steven Spielberg)
      Pretty Maids All In A Row (1971, dir. Roger Vadim)
      Rolling Thunder (1977, dir. John Flynn)
      Sorcerer (1977, dir. William Friedkin)
      Taxi Driver (1976, dir. Martin Scorsese)

    • @M. Turcotte (& @unholy_ghost)
      Vous me rejoignez à 100% sur des termes que vous avez inversés : les snobs cinéphiles seraient ceux qui préfèreraient les seconds couteaux, surtout les obscurs, les précurseurs et les fous, par snobisme de l’accord général autour de certaines œuvres, d’autant plus si elles sont populaires. Ensuite, le snob cinéphile peut s’exclamer dans le cercle d’une soirée mondaine : « Quoi! Vous ne connaissez rien du chef-d’œuvre d’Isou? Ç’a fait scandale à Cannes! Les gens arrachaient les sièges pour les tirer à l’écran. Il y en a même un qui cherchait Isou “pour lui faire la peau, à ce gâcheur de pellicule”. » (Le snob cinéphile n’aurait pas peur d’exagérer devant des néophytes.)

      unholy_host pointe LA distinction importante à faire sans l’avoir appliqué précisément à ce « concept », il s’agit d’une affaire de goût et non d’une compréhension « holistique » de l’importance d’une œuvre. Un snob cinéphile pourrait toujours écarter cet aspect du revers de la main pour mieux poser, mais, un minimum intelligent, il devrait connaître ce fait pour lui-même.

      J’ai voulu utiliser ce terme principalement pour toucher à des réalisateurs moins connus, un iota plus délirants, en-dessous du radar des listes habituelles. Ça ne m’empêche pas d’aimer Vertigo et Citizen Kane, par exemple.

    • Moi aussi quand on me dit Elvis, je dis que The Train Keep a-rooling de Johnny Burnette c’est mieux que toutes les chanson d’Elvis, mais à la fin, faut pas déconner, Elvis c’est plus grand. Ça dépend de la question. Si on dit: quels sont les romans les plus importants du 20 siècle, il faut nécessairement dire La recherche du temps perdu, Voyage au bout de la nuit, L’homme sans qualités. Après, ils peuvent ne pas nous toucher. Si la question est: quels sont vos romans préférés, là les seconds couteaux, etc. sont les bienvenus. Après, dire que tel roman inconnu c’est mieux que la Recherche, c’est peut-être bien snob mais ce n’est pas sérieux. Ce qui est ridicule c’est de vouloir absolument que la Recherche ne soit pas pas un des plus grands romans du siècle parce qu’il nous touche pas, ou pire, parce qu’on y pige que dalle.

      Sinon, Citizen Kane, Vertigo, c’est bien des films totalement délirants.

    • Tous les grands films sont l’histoire d’une Folie.

    • « Moi aussi quand on me dit Elvis, je dis que The Train Keep a-rooling de Johnny Burnette c’est mieux que toutes les chanson d’Elvis, mais à la fin, faut pas déconner, Elvis c’est plus grand. » Vous avez compris le principe. Alors que là : « Ce qui est ridicule c’est de vouloir absolument que la Recherche ne soit pas pas un des plus grands romans du siècle parce qu’il nous touche pas, ou pire, parce qu’on y pige que dalle. », pas vraiment.

      À « œuvres-monuments », j’aurais dû ajouter le qualificatif, même approximatif, de « populaire ». Sinon, lisez l’introduction de l’ouvrage, vous verrez plus exactement ce que l’auteur voulait dire par le snobisme littéraire.

      *

      À délirant, délirant et demi :

      Traité de bave et d’éternité : dissociation de l’image et de l’histoire sonore. Intégration au centre de sa structure cyclique d’un poème de la dernière des avant-gardes littéraires, fondée sur la sonorité plutôt que le mot.
      Un homme qui dort : pas un seul mot diégétique, narration de bout en bout à la deuxième du singulier.
      Sånger från andra våningen [Chansons du deuxième étage] : saynètes sans lien narratif rigide.
      A Zed & Two Noughts : semi-oucipien; base une multitude de plan sur la façon de faire de Rembrand, passe l’alphabet dans l’ordre, bref, accumule les détails étranges ― on pourrait penser aussi à Vertigo sur celle-là.
      La Dialectique peut-elle casser des briques? : doublage d’un film d’arts martiaux chinois pour en faire une fable d’extrême-gauche (situationniste).
      Angst : Welles n’a rien à envier des contre-plongées dans Angst, mais le dernier pousse à bout le procédé dans la suite des plongées/contre-plongées pour raconter sans expliquer l’histoire d’un meurtrier. Moins délirant que d’autres; plus suivi.
      Et les autres sont moins délirants du point de vue de la forme.

      En fait de délire, C K et Vertigo, vous avouerez, ne sont pas dans la même catégorie que ceux que j’ai nommés. Je ne sous-entends pas qu’il y ait une hiérarchie là, le décalage n’est pas le même, simplement.

    • la_roy 11h35

      En effet suite à une réflexion intense, mon point de vue aurait été plus crédible si j’étais parti de l’expression “cinéphiles snobs” au lieu de” snobs cinéphiles” comme telle qu’elle est proposée dans votre propos. C’est ce que l’on appelle se battre pour l’amour des mots.

      Yvon Turcotte

    • C’est comparer des pommes et des oranges. Faites un top 50 des films expérimentaux et on en reparle. D’ailleurs, dans la section expérimental, vos films ne feraient même pas le top sauf Lipsett et Perec, très en dessous de Richter, Brakhage ou Debord.

    • Greenaway, ça intéresse encore quelqu’un?

    • @ la_roy

      C’est drôle, je viens d’acheter le dernier Cahiers et ils parlent justement de ANGST dans la section Cinéma retrouvé, pour souligner une sortie DVD sous le titre de SCHIZOPHRENIA. Je vais faire mon ultra-snob mais ANGST est un film de Gerald Kargl. Zbig en fait était le chef op’ et monteur.

      Et le film absolument terrifiant. Un des trucs les plus dérangeants que j’ai vu de ma vie.

    • @unholy_ghost
      « C’est comparer des pommes et des oranges. » Tout à fait d’accord. Je me demande même pourquoi vous les aviez comparés plus haut, à 11h57…!

      « Greenaway, ça intéresse encore quelqu’un? » Ça m’intéresse, oui. Je ne pouvais pas, malheureusement, m’y intéresser lorsque les gens s’y intéressaient (le « encore » laisse penser que ç’a déjà été le cas), n’ayant qu’un an lorsque The Cook, the Thief, His Wife & Her Lover fut sorti en salle, pardonnez-moi.

      Vous êtes très très sûr de votre goût n’est-ce pas? Au fond, sans comprendre ce que j’avançais ― idée pas si bien exprimée, il faut le dire : j’adaptais et j’ébauchais à mesure ―, vous êtes un grand snob (au sens habituel). J’aime bien vous lire, mais vous êtes « rude » dans une discussion.

      @winslow
      Merci!

    • On peut comparer C’est arrivé près de chez vous avec Citizen Kane, même si c’est franchement cocasse, mais les films expérimentaux, comme les dessins animés, c’est un autre type de films, tellement basés sur d’autres présupposés (dont l’iconoclastie).

      Rude Boy

    • Parlant de Kubrick, j’ai revu 2001 A Space Odyssey en Blu-Ray hier soir et j’ai à nouveau été déçu de ce film que la plupart des cinéphiles placent à l’intérieur de leur top 10, lorsque ce n’est pas leur top 3.

      Évidemment que certains aspects sont magistraux, tout spécialement pour l’époque (conçu/tourné/paru avant que l’homme ne mette le pied sur la lune; effets spéciaux spectaculaires et hautement réalistes, etc.), mais d’autres éléments m’apparaissent toujours quelconques, pour ne pas dire carrément faibles. Je me lance!

      Je divise le film en 4 parties :

      1) le drame évolutionnaire épique
      2) le documentaire spatial prophétique
      3) le thriller (duel homme vs machine) machiavélien et manichéiste
      4) le bad trip originel psychédélique

      Trame sonore : 10 / 10 (la musique évidemment, mais aussi le silence quand on s’attend à une explosion ou un sursaut bien sonore. Par exemple, la séquence à l’extérieur du vaisseau lorsqu’on n’entend que le bruit strident et la respiration pendant 10 minutes! Les parties 1 et 3 sont carrément sublimes tandis que la partie 4 est puissamment rendue. 2001 n’a rien à envier aux trames sonores contemporaines, même les meilleures… sans oublier qu’il est parvenu à accoler l’étiquette de « musique spatiale » à un chef d’œuvre de la musique classique, ce qui est quand même tout un tour de force!).

      Effets spéciaux : 9 / 10 par rapport à aujourd’hui (c’est tout de même incroyable!); 11/10 pour l’époque (le réalisme et l’éloquence des mouvements et du non-verbal des « chimpanzés » dans la partie 1 est prodigieux; le soin rigoureux et maladif accordé au réalisme et à l’authenticité est stupéfiant dans l’espace et sur le vaisseau; la construction « réelle » de la grande roue reproduisant artificiellement la gravité est ahurissante; la représentation futuriste, tout spécialement les vaisseaux, est superbement réaliste et impressionnante, clairement le précurseur de Star Wars. A++ sur toute la ligne; un changement de paradigme certain).

      Mise en scène et rythme : 8,5 / 10 (Vrai que le rythme est fascinant pour faire écho à l’infini de l’univers et de l’espace-temps, mais certains scènes étaient tout de même un peu longues. Avec le recul, il s’agit clairement d’un film de 75 minutes qu’on a doublé en durée afin de reproduire ce sentiment de solitude et d’immensément grand. Ingénieux, mais pas nécessairement agréable sur toute la ligne. Génial cependant pour les parties 1 et 3)

      Thématique : 8 / 10 (la thématique de l’exploration spatiale n’était pas originale en soi à l’époque surtout que la course à la conquête de l’espace a été lancée à peu près au même moment. C’est vraiment le traitement du sujet qui fait la force du film, tout spécialement le réalisme des parties 2 et 3 qui tranche de manière drastique et irréversible avec le traitement très série B des films de science fiction qui l’ont précédé.)

      Intrigue : 7 / 10 (il y a en fait 2 intrigues bien distinctes dans ce film si on simplifie le tout : le duel homme/machine de la partie 3 – un précurseur des Terminator et Matrix de ce monde – et l’intrigue du monolithe, de la vie extra-terrestre et du sens de l’univers/évolution. Si la première fut traitée avec brio pour l’époque, il faut avouer qu’elle paraît très simpliste et télégraphiée avec les standards d’aujourd’hui, tout spécialement étant donné l’acharnement à clamer que la série HAL est infaillible, donnant clairement le ton à la suite des choses. Concernant la seconde intrigue, je ne partage absolument pas l’enthousiasme de plusieurs cinéphiles : la fin du film m’apparait bâclée et ne répond aucunement aux questions que tous se posent tout au long du film. Je ne parle même pas d’expliquer ou non le fonctionnement du monolithe ou la présence de la vie extra-terrestre/divine; je parle simplement de l’absence totale de logique et de réponses convenables dans la 4e partie, notamment pourquoi le survivant – à l’intérieur du vaisseau à la fin de la partie 3 – se retrouve soudainement dans le pod? Comment est-il entré en contact avec le monolithe pour « accélérer » son évolution (imagé par le vieillissement)? Est-il sur Jupiter ou non? Il manque carrément 30 minutes d’explication pour faire le pont entre la partie 3 et la partie 4. En fait, il manque une partie au complet. D’ailleurs, sur tout le matériel d’analyse et d’entrevue disponible à postériori, tous s’entendent pour dire que Kubrick aurait eu besoin d’une année et de 25% plus de budget, mais que la réalité l’a rattrapé et qu’il a dû fournir une version inachevée de son odyssée de l’espace. Ensuite, la question que tous se posent mais dont l’absence de réponse est moins problématique : que signifie le bébé en boule : la réincarnation, l’évolution accélérée après avoir été en contact avec le monolithe, la vie éternelle de l’âme, etc. Si l’absence de réponse à la dernière question revêt un caractère mystique et intéressant, l’absence totale de lien entre la partie 3 et la partie 4 est déstabilisante et décevante!)
      Traitement : 7 / 10 (plusieurs critiques ont détruit le film Contact car celui-ci minimisait le caractère universel de la mission, les Japonais et les Russes étant alors relégués comme partenaires de 2e ordre alors que les États-Unis tout puissant étaient les grands artisans du programme. On peut/doit formuler la même critique à l’endroit de 2001 : le film avec ses Pan-Am, Howard Johnson et drapeaux américains omniprésents est très américano-centrique et si on critique les œuvres similaires contemporaines sur cet aspect, on se doit de faire de même avec les chefs-d’œuvre passés. Par contre, le film n’est pas tombé dans le piège de l’explication mystique simpliste ni dans un traitement trop judéo-chrétien de l’évolution notamment dans la partie 4; c’est évidemment très positif avec le recul et rend plus intemporel l’œuvre finale).

      Conclusion objective : malgré les moments forts du film et le traitement irréprochable aux niveaux sonore et effets-spéciaux, je ne vois tout simplement pas comment on peut octroyer une note supérieure à 8,5 sur 10 – dans le meilleur des cas 9 sur 10 – à 2001 et ce même en considérant l’apport immense à l’Histoire du cinéma. La fin est bâclée et peu importe son caractère évasif – ce qui n’est ni positif ni négatif, mais simplement un choix du cinéaste qui confère avec le recul un aspect intemporel et mythique au film – le pont entre la partie 3 et la partie 4 est extrêmement faible pour ne pas dire inexistant. Uniquement pour cet aspect, on se doit de retrancher au moins un point et ce même si on considère tout le reste parfait (ce qui n’est pas mon cas!).

      Conclusion subjective : non seulement la fin est bâclée, mais en plus elle est très typique de l’époque expérimentale/psychédélique propre aux Baby boomers les plus bohèmes/rebelles. D’ailleurs, très peu parmi ceux qui disent avoir été influencés par ce film (et non Kubrick en général) ont moins de 50 ans. Les projections en salle ont d’ailleurs passé à un doigt d’être arrêtées prématurément par manque d’intérêt; n’eut été d’un « fétichisme » naissant à l’égard de cette œuvre de la part d’une poignée de jeunes artistes et/ou adeptes du LSD, le film n’aurait jamais connu une si grande vénération! Personnellement, je préfère l’époque Roger Waters à celle de Syd Barrett lorsque j’écoute du Pink Floyd; j’imagine que cela se traduit dans mon appréciation du cinéma!

      De plus, je reviens sur l’aspect très générationnel de ce succès : comme l’ont mentionné les personnes interviewées sur de nombreux suppléments/entrevues, les générations X et Y ont une fixation sur l’immensément-petit alors que la génération Y semblait avoir une fixation sur l’immensément-grand. D’ailleurs, la question de la recherche spatiale n’est-elle pas quasiment absente de l’actualité depuis 20-25 ans? Si j’avais vu ce film il y a 40 ans, sûrement que mon appréciation eut été différente, mais l’intrigue somme toute assez simple [selon les standards de 2012] de la partie 3 et le traitement très psychédélique et approximatif des parties 4a [totalement absente] et 4b [décevante] me laissent tout simplement sur ma faim – pour ne pas dire enragé de ce coït cérébral et visuel inachevée – chaque fois que je regarde 2001! 6,5 / 10 est ma note personnelle finale en tenant compte que j’ai vu ce film pour la première fois en 1996 (alors âgé de 19 ans).
      Bref, 2001 doit faire partie du Top 10 de tous les temps concernant les films les plus influents – peut-être même du Top 3 – mais il est clairement exclu de mon Top 100 de mes films préférés : Trop contemplatif, trop évasif, mais surtout bâclé à partir du 2/3.

      N.B. désolé du post extrêmement long, je tenais simplement à partager mes déceptions par rapport à une œuvre quasi-universellement acclamée… et susciter je l’espère quelques réactions hargneuses :)

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