Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 30 juillet 2012 | Mise en ligne à 15h15 | Commenter Commentaires (13)

    Cloud Atlas, ou le blockbuster à l’ère de la mondialisation

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    Les Wachowski sont de retour avec un projet qui, à première vue, semble égaler, sinon surpasser en terme d’ambition leur trilogie The Matrix. Il s’agit de Cloud Atlas, film de science-fiction basé sur un roman de David Mitchell qui raconte six histoires distinctes se déroulant sur des centaines, voire des milliers d’années. Voici le synopsis officiel :

    Une histoire épique de l’humanité dans laquelle les actions et les conséquences de nos vies ont un impact sur chacun de nous à travers le passé, le présent et le futur tandis qu’une âme se transforme de meurtrier à sauveur et un acte de bonté se répercute pendant des siècles pour inspirer une révolution.

    Mitchell a vanté l’adaptation de son roman par les Wachowski en entrevue au Guardian l’année dernière :

    Il ne font pas que tenter de filmer le livre, ce qui explique les ennuis de beaucoup d’adaptations – le roman est déjà là, alors pourquoi dépenser autant d’efforts sur un livre audio avec des images? Plutôt, les réalisateurs ont réassemblé Cloud Atlas en une forme qui – doigts croisés – sera une oeuvre glorieuse, épique. Le motif de la réincarnation n’est qu’un astuce de raccordement brièvement évoquée dans le livre, mais dans le scénario il occupe le devant de la scène.

    Cloud Atlas, dont une impressionnante bande-annonce de six minutes a été mise en ligne vendredi, est une co-production germano-américaine. La majorité des fonds (autour de 100 millions $) ont été fournis par l’Allemagne et le tournage a eu lieu en bonne partie à Berlin, dans les studios de Babelsberg nouvellement rénovés, où Tarantino a tourné Inglourious Basterds. Le cinéaste allemand Tom Tykwer (Cours Lola Cours) a d’ailleurs co-réalisé le film.

    La distribution compte des têtes d’affiches issues de quatre continents, dont les Américains oscarisés Tom Hanks, Halle Berry et Susan Sarandon, les vedettes britanniques Hugh Grant, Jim Sturgess et Jim Broadbent, l’australien Hugo «Agent Smith» Weaving, ainsi que la star sud-coréenne Doona Bae, qu’on a pu voir notamment chez Park Chan-wook et Bong Joon-ho.

    On parle ici d’un blockbuster en devenir ayant une saveur résolument universelle, qui prend acte des nouvelles réalités et stratégies de distribution à l’ère de la mondialisation. La baisse de la fréquentation en salle en Amérique du Nord conjuguée à l’émergence formidable des marchés cinématographiques en Chine et dans d’autres pays encore tout récemment ignorés par les majors (Russie, Corée, etc.) a provoqué un réajustement de l’offre, comme en en a parlé ici en avril dernier. Les grosses productions hollywoodiennes songent de plus en plus à dé-américaniser leur identité, et les résultats au box-office de Cloud Atlas – qui prend l’affiche le 26 octobre et qui aura sa première mondiale au Festival de Toronto – pourraient avoir des conséquences importantes par rapport à cette tendance.

    - Voir la bande annonce en HD sur Apple.

    À lire aussi :

    > La nouvelle relativité de l’échec


    • Ok, c’est gagné, Jozef. J’ai vraiment trop hâte.

    • Hugh Grant dans un film de science-fiction, je croyais que c’était de la science-fiction.

      Son rôle est pour moi le plus intrigant du film, est de loin! Une entrevue avec Hugh Grant à MTV. Extrait :

      “It was hard not to love being the Korean slave owner,” he said. “My slaves were Korean girls who were replicants serving in a fast food restaurant a few thousand years in the future, all in tiny little uniforms, and my job is to corral them and abuse them.”

      -js

    • Film intrigant sur papier de même que visuellement, mais ça sent la baude à plein nez.
      Les Wachowski n’ont pas le talent de leurs ambitions. Espérons que je me trompe.

      Ça me fait penser. On parlait l’aut’ jour (à la lumière d’un montage que vous avez posté) de belles images frelatées.

      Je redoute que ce soit de ce dont il s’agit.
      Mais avant de poser des jugements précipités, j’irai voir ce film qui m’a l’air d’un drôle de croisement entre BABEL et BEING HUMAN.

      Regards.
      H.

    • Je ne comprends pas l’énoncé suivant:

      « (…) les grosses productions hollywoodiennes songent de plus en plus à dé-américaniser leur identité»

      Alors que vous indiquez au préalable:

      «(…) la majorité des fonds (autour de 100 millions $) ont été fournis par l’Allemagne»

      De plus, si les Wachowski pensaient sérieusement à désaméricaniser leur film, pourquoi faire appel à deux têtes affiches chéries du star system américain dans les personnes de Tom Hanks et Halle Berry?

      On peut faire un film qui emploie peu les codes culturels américains avec des superstars hollywoodiennes. Ce n’est pas incompatible. Le but est de plaire au plus grand nombre possible, et quoi de plus rassurant que la bouille de Tom Hanks. Et je sais que Cloud Atlas n’est pas un film hollywoodien à proprement parler (quoiqu’il est distribué par Warner Bros.), mais je dis seulement que sa performance sera scrutée de près par Hollywood. Je vous propose de lire mon texte en hyperlien, pour plus de perspective. -js

    • @js

      «On peut faire un film qui emploie peu les codes culturels américains avec des superstars hollywoodiennes. Ce n’est pas incompatible. Le but est de plaire au plus grand nombre possible, et quoi de plus rassurant que la bouille de Tom Hanks.»

      D’accord. Dans ce cas, je serais plutôt tenté de dire que l’on a peut-être plutôt voulu insuffler un zest de culture américaine à une oeuvre qui ne l’était foncièrement pas. Non?

    • La bouille de Tom Hanks dans un film n’a, hélas pour moi, rien de rassurant au contraire. Hanks n’est plus capable depuis des années de s’effacer au profit du personnage qu’il interprète. S’il s’agit d’un gage de succès au box-office, sa présence n’en demeure pas moins une bêtise de casting!

    • Suis-je le seul à penser que ça risque d’être une épouvantable bouillie ésotérico-mystique neuneu?

      “Tout est lié à tout”. Wow! C’est beaucoup trop profond pour moi. Un peu plus et ça me ferait réfléchir la cervelle. Les Wachowski sont à la philosophie filmée ce que Guy Corneau est à la psychologie écrite.

      Par contre, intéressante analyse sur la “désaméricanisation” des films hollywoodiens. Et excellente citation de Hugh Grant pour qui j’ai le plus grand respect.

    • @badabhoum

      C’est mon avis également, tout est en place pour un gros fail. Des acteurs has-been, des réalisateurs qui veulent faire quelque d’ambitieux et profond. Ca pourrait être un Southland Tales.

    • Les Wachowski ont été tout simplement génial avec le premier Matrix, qui était un excellent film d’action avec une profondeur philosophique que l’on voit très rarement. Par contre, les 2 autres et leur Speed Racer (malgré certaines qualités) étaient loin du génie du premier Matrix.

      Cours Lola cours était superbe! Et je suis de ceux qui ont aimé Perfume également.

      La combinaison des 2 frères et de Tykwer pourrait donner un superbe résultat. Par contre, je partage la même inquiétude que certains. Voudront-ils en mettre trop et ainsi rendre le film lourd et ennuyant. Le génie du premier Matrix était que tout le contexte philosophique était parfaitement intégré à l’action. Ce film semble vouloir être épique mais je me souviens que Waterworld devait aussi être épique.

    • HS (mais pas tant que ça tant il nous a aidé à apprivoiser le futur)

      Chris. Marker est décédé à 91 ans. L’amant des chats au parcours exemplaire nous laisse avec une filmographie magnifique. C’est SANS SOLEIL dans le lecteur ce soir. Encore.

    • Tom Tykwern a fait la version cinématographique du livre “Le parfum, histoire d’un mertrier”. Dedans, il y avait Dustin Hoffman. Dans ce cas, on a “un peu américanisé” un film allemand. Mais à la fin, on s’en tape. La question est: Le film, il est bon ou pas? Perso, j’avais bien aimé le film, même si quelques racourcis avaient été faits. Le livre nous faisait véritablement “sentir la puanteur de l’époque”. Le film nous faisait “sentir l’odeur des victimes”. Belle job, en vérité…

    • Comme plusieurs l’ont dit, je crois qu’il n’y aura pas de juste milieu : ce sera soit très bon, soit minable!

      Je me crois les doigts pour qu’on ait droit à un mélange du Violon Rouge/Babel, Star Wars, Matrix, 5e Élément et le battement d’aîle d’un papillon…

    • J’ose espérer que les Wachowski auront appris de leurs erreurs passées. Scrapper le potentiel de l’univers Matrix avec les risibles 2 & 3 est difficilement pardonnable. Une mythologie digne de Star Trek/Star Wars a été tuée dans l’oeuf par ces deux là et je ne m’attend plus à rien de leur part.

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