
Darren Aronofsky a mis mercredi sur Twitter une première image de la production de son nouveau film, Noah, une réinterprétation très personnelle du fameux conte biblique. Cette Arche grandeur nature annonce l’échelle épique de l’entreprise – pas de green screen ou d’effets numériques ici, on y va autant que possible pour la représentation physique et tangible, comme dans le bon vieux temps!
Le cinéaste a accompagné l’image d’un bref commentaire : «J’ai rêvé à cela depuis que j’ai 13 ans. Et maintenant c’est une réalité. Genèse 6:14.» (À propos du verset : «Fais-toi une arche de bois de gopher; tu disposeras cette arche en cellules, et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors.»)
Pour préciser, Darren Aronofsky a remporté à l’âge de 13 ans un concours de poésie organisé par les Nations Unies. Son poème racontait la fin du monde vue à travers les yeux de Noé. Il s’agit donc pour lui, à ne pas en douter, du projet le plus significatif de sa carrière. Paramount lui a offert 130 millions $ pour le mettre à exécution, c’est-à-dire dix fois la somme allouée à son dernier film, Black Swan!
Aronofsky a parlé de Noah en septembre 2008, alors qu’il travaillait sur son scénario :
C’est la fin du monde et c’est le deuxième bateau le plus connu après le Titanic. Je ne suis donc pas sûr de comprendre pourquoi aucun studio ne veut le faire… C’est un projet très cool et je crois que c’est très à propos parce qu’il aborde l’apocalypse environnementale, le plus grand thème au monde en ce qui me concerne. Noé a été le premier environnementaliste. C’est un personnage vraiment intéressant. J’espère qu’ils me laisseront le faire. Noé a été la première personne à planter des vignobles et à boire du vin et à se saouler. Tout ça est dans la Bible – c’est une des premières choses qu’il a faites lorsqu’il a atteint la terre ferme. On y retrouve un réel sens de la culpabilité du survivant. C’est un personnage sombre, complexe.

Noah est basé d’après une bande-dessinée du même nom écrite par Aronofsky et Ari Handel, et illustrée par le bédéiste québécois Niko Henrichon. L’adaptation cinématographique a été révisée par John Logan (Gladiator, The Aviator). Le premier tome est disponible en librairie. La description officielle :
Cet homme s’appelle Noé. Loin de l’image de patriarche que l’on accole au personnage de la Bible, il ressemble plutôt à un guerrier. On dirait un Mad Max sorti du fond des âges. Dans le monde de Noé, la pitié n’a pas sa place. Avec sa femme et ses trois enfants, il vit sur une terre aride et hostile, en proie à la grande sécheresse. Un univers marqué par la violence et la barbarie, livré à la sauvagerie des clans qui puisent leur raison de survivre dans la guerre et la cruauté.
Mais, Noé n’est pas comme les autres. C’est un combattant et c’est aussi un guérisseur. Il est sujet à des visions qui lui annoncent la fin prochaine de la terre, engloutie par les flots d’un déluge sans fin. Noé doit prévenir ses semblables. Si l’homme veut survivre, il lui faut mettre un terme aux souffrances infligées à la planète et “traiter le monde avec miséricorde”. Cependant, personne ne l’écoute. Le tyran Akkad, auquel Noé est allé rendre visite dans la cité de Bal-llim, l’a chassé et condamné à la fuite. Après avoir consulté son grand-père Mathusalem, Noé décide alors de rallier à sa cause les terribles Géants et d’accomplir la tâche que le Créateur lui a confiée…

Sur son site web, Henrichon décrit un peu le projet :
Ce tome 1 de Noé, pour en dire quelques mots, je dirais que c’est l’introduction d’une histoire assez déroutante. Ceux qui sont familiers avec les films d’Aronofsky ne manqueront pas de remarquer sa tendance à mettre en scène des événements ambigüs et inatendus qui, poussés à leurs extrêmes limites, changent à jamais le destin des protagonistes. Il en va de même avec notre version du mythe de Noé. Ceux qui croient que nous allons nous contenter de recycler le mythe de l’ancien testament seront peut-être déçus. On m’a dit dernièrement que ce premier tome était presque trop normal pour du Aronofsky. Bien vu! En dire davantage serait un peu gacher la surprise.

L’équipe de HitFlix a mis la main sur le scénario, et cache difficilement son enthousiasme dans ce post. On parle d’un film «violent, bizarre et terrifiant», mais surtout «sincère» et «sérieux». On fait également mention de personnages nommés Watchers, «des anges de 11 pieds avec six bras et sans ailes. Ils ont une présence majeure dans le scénario, et ils sont fascinants».
C’est Russell Crowe qui assure le rôle-titre. Anthony Hopkins s’est joint au casting cette semaine; il incarnera Mathusalem, le grand-père de Noé, qui mourut une semaine avant le Déluge, à l’âge de 969 ans. On retrouve également Jennifer Connelly, dans la peau de Naameh, l’épouse de Noé, ainsi que Emma Watson, Saoirse Ronan et Ray Winstone. Le tournage a débuté ce mois-ci à New York et en Islande. Le film devrait prendre l’affiche le 28 mars 2014.

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bertrandtoupin
13 juillet 2012
13h27
Ça ne peut qu’être bon!
Quoique que j’avais été un peu déçu par The Fountain.
procosom.com
13 juillet 2012
14h09
Tout simplement Wow! C’est le dernier article que je lis sur le sujet avant de voir le film; je veux conserver la surprise intacte autant que possible. Un croisement entre The Road, WaterWorld (ce qu’il aurait dû être!) & Ante-Christ?!? J’ai [re]vu Requiem for a Dream cette semaine et viens de me louer The Fountain & Pi… l’attente sera longue!
N.B. Est-ce que Connely est à Aronofsky ce que Thurman est à Tarantino, i.e. sa muse?
Complètement H.S. : j’ai vu Beasts of the Southern Wild (Benh Zeitlin – 2012) hier soir à l’Excentris : tout simplement superbement authentique & poignant! Pour les curieux, allez voir sur IMDB et lisez (dans la section “Trivia”) l’histoire de l’acteur principal Dwight Henry (Wink). Incroyable!!! Quant on dit dans la vie que tout est affaire de persévérance, chance & timing…
http://www.imdb.com/title/tt2125435/trivia
elisef
13 juillet 2012
15h44
C’est un des films que j’anticipe le plus! À lire les bribes qui ressort sur le film, il est clair que l’inspiration ne vient pas tant de la bible; plusieurs anciens livres et manuscrits religieux existent et mettent en relief des histoires beaucoup plus fantastiques que ce que la religion catholique à décider de “retenir”. Une des oeuvres les plus fascinantes est le livre d’Enoch sans aucun doute. Enoch est le père de Mathusaleh, et donc l’arrière grand-père de Noé.
On y décrit un monde où les anges déchus se reproduisent avec les femmes et corrompent les hommes, où les hommes vivent jusqu’à mille ans sans problème (selon les écrits, ce n’est qu’avec les millénaires que l’homme serait devenu de plus en plus “mortel”). Dieu décide de faire voyager Enoch à travers son royaume pour que celui-ci écrive des livres à la mémoire de Dieu, en échange de quoi celui-ci pourra ensuite aller vivre éternellement dans son royaume. Ce qu’on y décrit ressemble drôlement à du “voyage astral”, et complètement en marge de ce que la religion enseigne aujourd’hui. Aronosky semble s’en être inspiré pour son film, et c’est tant mieux.
J’ai toujours un peu rêvé à un film basé sur cette histoire, et si le film “Noah” s’avère un succès, on verra sans doute défiler un lot de films à caractère religieux et mythique sur nos écrans dans les prochaines années.
theodore_wilbur_graaf
14 juillet 2012
15h09
J’étais énormément stimulé par la lecture de cet article intéressant sur un projet qui semblait promettre une mini-révolution à Hollywood. En voyant la liste des acteurs pressentis pour les rôles principaux, je viens rapidement de déchanter.
scories
14 juillet 2012
16h01
@theodore : Votre pseudo rend impossible la lecture du début de votre texte.
Ceci dit, il n’est plus possible de voir Hollywood produire des films artistiques à grand déploiement sans l’apport de grosses vedettes. Leur présence ne signifie pas que le films soit moins bon, c’est juste une condition ’sine qua non’.
Russell Crowe a la présence et la carrure pour incarner un personnage aussi épique. Il y en a pas beaucoup d’autres. Liam Neeson était aussi pressenti. À part ça, le casting c’est souvent très secondaire à la direction que reçoivent les acteurs de la part du réal. -js
joe_bleau
15 juillet 2012
11h55
Il aurait pu recycler l’arche du film avec Steve Carrel. C’eût été écologique, ça aussi…