
Après la tempête du divorce de la décennie, l’Église de Scientologie devra faire face à une autre charge importante contre son image : The Master, long métrage très attendu inspiré librement de la vie de L. Ron Hubbard, le fondateur de la religion controversée.
Le film de Paul Thomas Anderson, qui prendra l’affiche le 12 octobre, raconte l’histoire de Lancaster Dodd (Philip Seymour Hoffman, qu’on voit dans son personnage sur la photo), un gourou charismatique qui établit un culte dans les années 1950 en Californie, et qui prend sous son aile un vagabond (Joaquin Phoenix). Plus de détails ici et ici.
Selon un article publié dimanche dans le New York Daily News, des membres influents de l’Église sont «sortis de leurs gonds» (hit the roof) en apprenant que le film insinue que «leur système de croyance n’est rien de plus que le produit de l’imagination fertile de leur leader». (Hubbard fut auteur de romans de science-fiction avant de fonder la Scientologie).
En mai dernier, Tom Cruise, le plus médiatisé des scientologues, a assisté à une projection spéciale de The Master, événement organisé par PTA. Le cinéaste de 41 ans, un ami de l’acteur-vedette (qu’il a d’ailleurs dirigé dans Magnolia), espérait ainsi prévenir un conflit avec l’Église. La stratégie ne semble pas avoir porté fruit. Cruise a admis avoir «des problèmes» avec le film.

Malgré les nombreux potins et rumeurs qui circulent à propos de The Master, peu d’infos concrètes existent par rapport au récit. Et c’est tant mieux. Il y a eu deux «bandes-annonces» qui ont été diffusées sur le web depuis le mois de mai, mais leur nature opaque n’a fait qu’accentuer le mystère, a remonté la température de l’anticipation, si une telle chose était possible.
J’ai mis en ligne et commenté la première b.-a. le 22 mai, dans laquelle on est introduit au personnage de Joaquin Phoenix. Dans son analyse, le vénérable critique britannique David Thomson, à court de mots, dit qu’on pourrait carrément «écrire un livre au sujet de ces 90 secondes».
La seconde bande-annonce, diffusée pendant mon absence, présente Lancaster Dodd, qui se décrit comme un «écrivain, docteur, physicien nucléaire et philosophe théorique» (Hubbard s’est déjà décrit de manière similaire). Hoffman, le plus fidèle allié de PTA, adopte ici l’air soigné et suave de tout bon gourou et manipulateur. Il est aussi posé et confiant que Phoenix est inarticulé et méfiant. On risque d’avoir un duel d’acteurs de très haut calibre, et non pas un one man show comme ce fut le cas dans le surestimé There Will Be Blood, du même réalisateur.
Il est difficile de ne pas s’emballer, de s’empêcher d’utiliser des termes hyperboliques, tant ce que l’on voit est parfait. Ces 180 secondes ne font évidemment pas le produit final. En même temps, pour reprendre l’argument de Thomson, les deux bandes-annonces, à mille lieues d’outils promotionnels hollywoodiens conventionnels, doivent être considérées et appréciées comme des mini-films en soi. Et, dans cette optique, on peut parler sans crainte de mini-chefs-d’oeuvres.
À lire aussi :
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vene777
9 juillet 2012
15h26
J’adore les bandes-annonces! J’attend impatiemment ce film!
piedgauche
9 juillet 2012
15h45
Ça a tous les symptômes d’un grand film.
Est-ce que le film a pris sa forme finale, où faudra-t-il le remonter pour éviter un “conflit avec l’Église”?
jeanfrancoiscouture
9 juillet 2012
16h13
J’ai une allergie aux gourous et des fois, cette allergie s’étend même aux films de gourous. Je n’ai jamais compris comment des adultes intelligents pouvaient embarquer dans des fumisteries à la «Temple solaire». Un de ces jours, il va fatalement passer à la T.V. Dépendant comment je vais «filer» ce jour là, peut-être que je vais le regarder.
hlynur
9 juillet 2012
17h15
Avec une pareille équipe, j’en connais beaucoup qui ne se feront pas prier pour boire le kool-aid.
À quand l’oscar de la meilleure bande-annonce…
stef27
9 juillet 2012
20h24
Le surestimé There Will Be Blood ???
carpediem58
9 juillet 2012
22h09
“J’ai mis en ligne et commenté la première b.-a. le 22 mai, dans laquelle on est introduit au personnage de Joaquin Phoenix. ” Un anglicisme bien maladroit que ce “on est introduit”. “on nous présente le personnage de …” est la bonne façon de le dire en français.
heinzblut57
10 juillet 2012
16h19
Voulez vous bien me dire comment c’est encore possible que des chaudrons se fassent embarquer dans les religions et les sectes, quoique les 2 sont identiques!!! Ce film va peut-être en réveiller une gang!!
Je dois vous laisser, j’ai rendez-vous avec un élohim pour un café chez Starbuck.
perchestuart
11 juillet 2012
07h50
Prédiction : Oscar pour Phoenix et pta pour réalisateur !!!!
procosom.com
11 juillet 2012
14h31
Bon retour Jozef,
Surestimé There Will Be Blood? J’ai lu votre analyse et bien qu’effectivement le duel d’acteur n’était peut-être pas aussi équilibré qu’il aurait pu l’être entre le capitaliste sauvage et le révérend, l’oeuvre dans son ensemble demeure tout de même majeure, significative et extrêmement puissante et déstabilisante.
Aucun doute que le dernier opus de PTA sera intéressant, mais je me garde tout de même une grosse réserve avant de le déclarer supérieur à There Will Be Blood que j’ai trouvé excellent!
Je ne trouve pas qu’il est surestimé seulement en raison du «duel d’acteurs». Et l’emploi de mon terme est relatif. Je ne considère pas qu’il ‘agit d’un absolu chef d’oeuvre, comme beaucoup le prétendent, mais définitivement d’un film remarquable. -js
procosom.com
12 juillet 2012
17h17
Je réitère ce que j’ai écris il y a quelques semaines : la musique y est pour beaucoup dans la “perfection” de ces 2 bandes annonce. Voyons-voir si celle-ci (la musique) sera aussi puissante, déstabilisante, pertinente et cohérente dans le long métrage.
taila
14 juillet 2012
13h10
La lumière dans le film me semble très différent de ses autres films. À moins que se soit une qualité lo res de youtube.