Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Dimanche 17 juin 2012 | Mise en ligne à 11h45 | Commenter Commentaires (86)

    Prometheus : somptueux série B, pour le meilleur et pour le pire

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    L’expédition du Prometheus, un vaisseau spatial qui se rend à l’autre bout de l’univers dans l’espoir d’y trouver des réponses sur l’origine humaine, est décrite comme l’une des plus ambitieuses du genre jamais entreprises. Il en va de même pour le film du même nom de Ridley Scott, qui semble vouloir marquer à nouveau d’une pierre blanche le genre de l’horreur/science-fiction qu’il a fameusement établi avec son chef d’oeuvre Alien, il y a plus de trois décennies.

    Prometheus est un film sérieux et par moments grave, qui ne craint pas d’incorporer des questions existentielles à l’intérieur d’un divertissement à grand déploiement. On s’entend, Scott n’a nullement la prétention de se la jouer Kubrick, mais son odyssée de l’espace au budget extravagant vise autre chose que le simple spectacle pyrotechnique. Qu’on ait aimé ou pas le résultat final, l’on se doit d’admettre que les blockbusters estivaux visant à stimuler l’intellect sont une denrée aussi rare que désirable. Et c’est tout à l’honneur du cinéaste britannique de 74 ans. Ceci dit, l’on est aussi en droit de se demander quelle est la véritable portée du discours mythologico-philosophique de son film, qui tente de capitaliser sur l’héritage d’Alien.

    La prémisse est assez intéressante. L’archéologue Elizabeth Shaw (Noomi Rapace), une Ripley un peu plus fragile et beaucoup plus naïve, croit avoir découvert dans une grotte un message de nos créateurs, une bande d’albinos musclés qu’elle surnomme les «ingénieurs». Malgré ses convictions scientifiques, cette dernière demeure tout de même attachée à sa foi religieuse, serrant la croix autour de son cou lorsque sujette à d’intenses doutes ou épreuves. Charlie Holloway, son compagnon sentimental et professionnel, joué par un acteur sosie de Tom Hardy (moins le charisme), est un archéologue un peu plus pragmatique. Le couple de scientifiques réussit à persuader un homme d’affaires milliardaire (Guy Pearce sévèrement maquillé) d’accepter cette «invitation» cosmique pour le moins intrigante.

    Le voyage intergalactique dure deux ans. Tous les passagers à bord sont en animation suspendue, leur état surveillé par David (Michael Fassbender), un androïde dernier cri aux desseins ambivalents. Les premiers instants de Prometheus, dans lesquels David vaque à ses occupations et loisirs quotidiens – lire les rêves de Elizabeth, jouer au basket, regarder compulsivement Laurence d’Arabie – figurent parmi les plus captivants du film, et rappellent la douce poésie du début d’Alien. C’est quand sonne l’heure du réveil que ça commence à se gâter.

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    L’expédition compte une bonne douzaine de voyageurs: géologues, biologistes, médecins, pilotes, etc. À leur réveil ils semblent tous plus ou moins blasés, désireux d’en finir au plus vite avec leur contrat. Un scientifique tatoué à l’air menaçant – qui pourrait être un figurant abandonné sur la table de montage de Lockout, récent thriller de série B plutôt divertissant se déroulant dans un pénitencier spatial – annonce agressivement d’entrée de jeu qu’il ne compte pas se faire d’amis, et qu’il est là uniquement pour l’argent. Le capitaine du vaisseau, Janek (Idris Elba, de la série The Wire), a l’air le plus plaisant parmi tous les personnages secondaires, mais on aurait aimé le voir davantage développé, et non pas uniquement défini à travers des accessoires : il décore un arbre de Noël et joue une sorte d’accordéon, il est donc Authentique.

    Scott a régulièrement été accusé au cours de sa carrière d’être un cinéaste froid, à la limite sans âme (dans cette optique, il n’est pas surprenant que ce soit David le robot qui se montre le personnage le plus intéressant et nuancé de son film). Il n’est pas tant concerné par la psychologie des personnages que par leur manière de vivre dans, et de réagir à, un environnement dense et complexe comme lui seul sait les créer. À cet égard, le look de Prometheus est tout simplement splendide. Pas un détail dans le design visuel n’a été laissé au hasard. L’atmosphère angoissante et lugubre verse parfois dans le sublime; le 3D accentuant subtilement l’effet de claustrophobie. On apprécie en particulier l’insistance du cinéaste sur la fabrication de décors physiques, usant au minimum les effets numériques; le monde fantastique apparaît d’autant plus tangible, rappelant la menace organique et sexuelle qu’avait su si bien traduire le designer H.R. Giger dans la série des Alien.

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    Le qualité plastique de Prometheus est si enlevante, qu’on en vient presque à faire abstraction des très graves lacunes scénaristiques. En fait, ma première réaction lorsque j’ai quitté la salle a été de regretter la fin banalement démonstrative construite autour de révélations-chocs superflues, d’ennuyeuses courses-poursuites et d’explosions de mise. Je me suis dit que ce dénouement hollywoodien venait porter ombrage au reste du film, qui misait davantage sur l’ambiguïté, l’émerveillement, la fine évocation de mystère, le développement de thèmes matures par le biais de la science-fiction. Avec du recul, on se rend compte que Prometheus est en fait un somptueux film de série B. C’est un film d’idées, certes, rempli de scènes individuelles fascinantes, mais la structure du récit est au mieux arbitraire et les motivations de la plupart des personnages semblent fuir autant que possible tout semblant de vérisimilitude.

    Faire la liste des incongruités narratives de Prometheus serait une tâche colossale, et contiendrait de nombreux spoilers, chose dont je me suis abstenu de faire dans mon texte. D’ailleurs, une analyse satirique tout a fait jouissive des trous du scénario est disponible sur le site Digital Digging, et j’invite tous ceux qui ont vu le film à la lire. Quelques extraits pris au hasard :

    Le prétexte pour le suspense est souvent forcé, greffé maladroitement à la trame narrative.

    Ils atterrissent donc, après avoir trouvé le vaisseau extraterrestre en regardant à travers la fenêtre. Ils s’y rendent dans un véhicule tout-terrain d’apparence sécuritaire, dans lequel ils auraient tous pu s’y installer. Au lieu de cela, deux d’entre eux décident de s’y rendre avec des vélos de l’espace, parce que s’ils ne l’avaient pas fait, il n’y aurait eu aucun moyen qu’ils puissent finir séparés du groupe principal.

    Le manque flagrant de curiosité et de passion de la part des scientifiques est à mon avis le défaut le plus frustrant du film.

    L’équipe est réunie. Deux bonhommes en avant parient qu’il s’agit d’une expédition de terraformation. Apparemment ils ne savent pas pourquoi ils sont ici. On penserait qu’ils manifesteraient un peu de curiosité en faisant leurs bagages et en disant au revoir à leurs proches. Ou en embarquant dans le vaisseau spatial. Ou en entrant en animation suspendue. Mais non.

    «Où vas-tu chéri?»

    «Ha ha. Qui sait? J’imagine que je le saurais tôt ou tard. Ou pas. Peu importe.»

    «Quand est-ce que tu reviens?»

    «Ha ha. Je reviens?»

    prometheus-600x270

    Enfin, comme je disais plus haut, le film pose beaucoup de questions et fournit peu de réponses. Maintenant, et c’est là qu’il risque d’y avoir un chaud débat : parle-t-on de questions ayant une réelle valeur philosophico-intellectuelle, ou vise-t-on simplement à embrouiller le spectateur et faire passer les nombreuses énigmes pour de la profondeur? Une séance de pré-prod imaginaire entre Scott et le scénariste de Lost :

    Damon Lindelof : «On va donc avoir un vaisseau extra-terrestre accidenté, et un tas de personnes qui ne se connaissent pas, et il y aura plein de choses inexpliquées qui vont se produire, et des formes vivantes traversant les lieux à toute allure, et ce sera hyper-confus. Comme Lost, mais dans l’espace.»

    Ridley : «Lost. Mais dans l’espace. Hmmm. Lost. Mais dans l’espace. J’aime. Comment devrait-on l’intituler?»

    Damon Lindelof : «Prometheus

    Ridley : «Brillant! Mais pourquoi? Non, tout simplement brillant! En autant qu’il y ait beaucoup de dialogues informatifs punchés.»

    Damon Lindelof : «Je ne fais pas vraiment ça. J’ai tendance à y aller avec une séquence déroutante impliquant des éléments potentiellement interconnectés, qui donne l’impression d’avoir du sens, mais qui n’en a pas. De cette façon, les gens en parlent très longtemps sur internet. C’est la partie que j’aime. J’aime aussi quand les gens disent des trucs comme : «Ne le condamne pas si vite – il s’agit peut-être de la première partie de quelque chose de plus gros». Peut-être vais-je en écrire un autre, et ensuite les gens vont aussi en parler sur internet. Très longtemps. Parce que j’aime ça.»

    Les rumeurs d’une suite à Prometheus vont déjà bon train. Entrevue avec Lindelof ici.

    Comme dessert, et sur le même sujet, voici un marathon de questions posées par M. Plinkett lui-même! La vidéo a fait pas mal de buzz sur le web, même le vénérable Roger Ebert l’a mise en ligne sur son blog. Lindelof, bon joueur, assure sur Twitter qu’il peut répondre à «au moins quatre de ses questions». La critique complète de Red Letter Media est à consulter ici.

    (Affiche vintage via Cucaracha-Borracha)

    De retour le 8 juillet.


    • Le meilleur commentaire sur Prometheus (de Plinkett)

      - “My initial toughts after leaving the theatre was -Where’s the bathroom ? … And after that, I tought … : “Aaaaahhhhh” (soulagement urinaire)”

      Je vais revoir Prometheus en location. Plus d’une fois sûrement. Y’a beaucoup de choses que Scott voulait passer qui n’aboutissent à rien. Vraiment wierd, ce film.

    • Vu le budget auquel Prometheus a eu droit, l’excuse de la série B passe assez mal.

      Ça sent davantage le foutage de gueule qu’autre chose…

    • Qu’une oeuvre d’une telle ampleur, attendue depuis si longtemps, produite par une équipe aussi talentueuse des scénaristes tout aussi talentueux ainsi qu’un gigantesque budget finisse par générer un film qui, aussi esthétique soit-il, récèle autant de trous, d’invraisemblances et de questions sans réponse m’étonnera toujours. Il y aura toujours les thèses de mind-control, de messages subliminaux et de propagande dissimulée pour tenter d’expliquer ça. En tout cas, chose certaine, Holywood ne respecte plus l’intelligence de son public depuis fort longtemps déjà et c’est vraiment triste.

    • Si c’est pour finir en agace-pissage intellectuel à la Lost, c’est désolant…

    • Sur divers sites discutant de l’énigme Prometheus, on parle de l’assurance d’un Director’s Cut lors de la sortie Blu-Ray du film.

      Ce qui m’amène à être prudent concernant les anomalies narratives du récit. Surtout concernant un film avec Ridley Scott comme réalisateur. Souvenons-nous de deux productions de celui-ci qui furent reçu froidement par la critique ou même presque ignorés à leur sortie, soit Blade Runner (1982) et Kingdom of heaven (2005).
      Ceux-ci furent réédités sous des versions remontés par Ridley Scott pour un résultat NETTEMENT supérieur à la version théatrale (souvenons-nous de l’horrible narration d’Harrison Ford dans le Blade Runner original). De plus, Blade Runner a réussi à acquérir le titre de film-culte classique malgré un accouchement plutôt pénible.
      Je ne dis pas que ce sera nécessairement le cas pour Prometheus mais on parle déjà d’un rajout de 20 minutes supplémentaires pour l’édition Blu-Ray.
      Voir: http://www.fantasy.fr/articles/view/20362/prometheus-version-longue-20-minutes-de-plus

    • Certains réalisateurs n’entendent pas la cloche annonçant la retraite.

    • @ jon8

      Vu les éloges en termes de réalisation et de direction d’acteurs, le talent de Ridley Scott en tant que réalisateur n’est pas en cause; c’est davantage le script de Damon Lindelof qui est source de controverse.

    • Prometheus n’est rien d’autre qu’un prélude à Alien … qui n’ajoute qu’une anecdote à la saga déjà produite. Décevant.

    • Est-ce une nouvelle stratégie de marketing?

      On fait une première version avec plusieurs compromis pour plaire au grand public; un film juste assez bon pour que les connaisseurs regrettent ce que l’oeuvre aurait pu être. Quelque mois plus tard, on sort un ‘director’s cut’ pour satisfaire à la fois un public plus exigeant et les ambitions artistiques du réalisateur. Du coup, on vient de vendre deux films pour le prix d’un.

    • Le Führer ne semble pas avoir apprécié non plus:
      http://www.youtube.com/watch?v=X3BV2u8YWps&feature=related

    • La question qui me taraude à chaque fois que je visionne un prequel est celle de la problématique de l’anachronisme qu’implique forcément des films qui sont parfois réalisés à des années lumière d’intervalle. Entre les outils à la disposition de Ridley Scott en 1979 lorsqu’il a réalisé Alien et ceux qu’il a pu exploité pour Prometheus, il y a, vous en conviendrez, un abîme qui se traduit dans la signature visuelle desdits films forcément symptomatique des limites cinématographiques de la période donnée pendant lesquels ils furent respectivement réalisés.

      Bien sûr, Scott serait fou de ne pas exploiter à bon escient la fine pointe de la technologie auquel il a accès. Autrement dit, je ne dis pas que les artisans du XXIe siècle devraient se priver des moyens à leur disposition, mais plutôt que tous ces moyens devraient servir à reconstituer une rusticité technologique pré-alien contrairement à la flotte spatiale high tech de Prometheus qui ferait passer les vaisseaux du premier film pour une vulgaire guimbarde…

      Ce genre de détail me fait décrocher à chaque fois.

    • « On apprécie en particulier l’insistance du cinéaste sur la fabrication de décors physiques, usant au minimum les effets numériques;»Et pourtant l’on doit se parer de lunette et se taper le film dans sont entièreté en super basse luminosité pour satisfaire cette saloperie de 3D qui est elle-même «clostrophobante» pour le genre humain. Et sur le point des effets numériques, voir la Terre sur une carte extra-terrestre en 3D…Bitch, please. Extrêmement déçu.

    • Je crois que c’était une erreur de vendre ce film comme un prequel à Alien. Moi, en tout cas, ça m’a carrément induit en erreur. J’ai en effet cru à tord jusqu’à la fin qu’il s’agissait de l’histoire du crash du space jockey dans le premier alien. Ce n’est qu’en allant sur internet que j’ai finalement compris qu’il ne s’agissait pas du tout du même vaisseau, ni même de la même planète que le film de 1979.

    • Pendant le visionnement, j’ai eu l’impression que tout le film était un prélude à autre chose (et je ne parle pas de Alien). Scott pense-t-il à une trilogie? Comme s’il s’était gardé une petite gêne et qu’il n’avait pas voulu exposé tout le propos dans le film.

    • “Qu’on ait aimé ou pas le résultat final, l’on se doit d’admettre que les blockbusters estivaux visant à stimuler l’intellect sont une denrée aussi rare que désirable.”

      Je ne pense pas qu’une référence mythologique dans le titre et que parler vaguement de Création et de foi comptent pour de la stimulation intellectuelle. La meilleure série B aborde ce genre de questions complexes de manière toute simple, comme dans le premier Alien, où tout passait par le visuel, le seul vrai grand film de Scott. Tout le contraire ici, le film est lourd, pataud et parfois imbécile (pas que les personnages, les invraisemblances dans les comportements ne me dérangent pas trop, les incohérences thématiques beaucoup plus, surtout en SF). J’ai bien peur que de garrocher ainsi de fausses idées sans support visuel soit le nouveau moyen employé par Hollywood pour donner de la “substance” à ses films (on pense à Nolan…). Quant à moi, j’aime mieux le blockbuster “léger” qui aborde ses idées par la bande (Avengers par exemple).

    • Personnellement j’ai bien aimé. Le film n’est pas parfait (et les points de Josef font bien état de ça), par contre je ne comprend pas pourquoi les gens détestent à ce point le scénario. Il y a bien quelques coquilles que je ne mentionnerai pas pour ceux qui n’ont pas vu, mais combien de layers d’histoires un film doit-il contenir pour faire plaisir aux purs et durs? Le film à lui seul contient plus d’histoire et de bagage que les 3 premiers films d’Aliens réunis! Je crois vraiment que le temps va jouer en la faveur du film (et ses possibles suites). Les attentes étaient bien trop élevés, et il semblerait que plusieurs s’attendaient surtout à un prequel (malgré le fait que ces créateurs ont du le nier mille fois).

      Oui il y a des trucs qui agacent, comme les 2 bozos géologues (peut-on dire BAD casting?), le maquillage affreux de Guy Pierce (quelqu’un aurait pas pu dire à Ridley de regarder “Benjamin Button”? Ou “idée”: engager un vrai acteur vieux?). J’aurais bien aimé aussi retrouver le coté thriller des Aliens dans ce film, stresser un peu plus sur mon banc quoi. Mais je suis déjà curieuse de voir le 20 minutes d’extra dans la sortie Blu-Ray.

    • @philgra

      Vraiment? D’ailleurs je ne comprennais pas pourquoi il n’avaient pas respecté l’endroit de la mort du Jockey, j’étais convaincu que c’était la boucle avec le premier Alien, qui est d’ailleurs à peu près la seule chose qu’on pouvait relier à l’ancienne franchise… Je suis déçue, ils auraient dû trouver un moyen de rendre ça plus évident. On sera pas les seuls à faire ce lien.

    • J’ai trouvé le discours mythologico-philosophique plutôt agaçant. Je déteste quand un film essais de se donner de la profondeur en nous assommant avec ce genre de discours sans subtilité.

      Par contre je n’ai pas été dérangé pas les incohérences. La seule chose qui m’a dérangé c’est quand la fille recommence à courir juste après son opération. A part ca j’ai trouvé que c’était très bon.

      C’est un film qui a quand même quelques belles trouvailles. Exemple, le personnage de David est un des meilleurs personnages qu’on ait vu depuis longtemps dans un Sci-fi et visuellement c’est spectaculaire.

    • Bon ben, à en juger par les les critiques et les commentaires, la série Alien semble s’être trouvé en Prometheus son Phantom Menace. Attention, je ne suis pas un détracteur de la nouvelle trilogie Star Wars (ni un fan non plus), mais il y a quand même un parallèle à faire : dans les deux cas, un réalisateur légendaire décide de sortir un antépisode (« Prequel ») qui n’apporte finalement rien à la mythologie existante, en plus de proposer une intrigue confuse et insipide, mais en partie sauvé par le charisme d’un des comédiens (Liam Neeson, Michael Fassbender). On notera également que les deux films semblent avoir soulevé l’ire des fans, à une moindre échelle dans le cas de la franchise Alien, certes.

    • @jonnhythewolf

      Prometheus est quand même une grosse coche en haut de Phantom Menace.

      Phantom Menace était pénible a regarder tandis que Prometheus demeure un très bon film de science-fiction.

      Comme d’autres personnes l’ont mentionné, tout est en place pour une suite qui serait excellente.

    • Personnellement, je trouve qu’en 2012, les films de science fiction sont abordés avec beaucoup trop de pragmatisme. Ils sont abordés comme un film d’un autre genre. Je n’ai pas besoin de savoir qu’est-ce que la glue noire, pourquoi les Engineers nous ont créé et on voulu nous détruire. Je suis comme Shaw à la fin : je veux en savoir plus. Si Alien (1979) était sorti en 2012, il y aurait probablement eu le même genre de tollé sur certains éléments plus simplistes.

      SPOILIER
      Sinon, je trouve effectivement que l’editing est particulièrement pénible dans le segment de l’avortement de Shaw. Plusieurs éléments se combinent mal et le rythme en souffre.

      Et personnellement, le ”Try Harder” de Weyland à David, qui pousse se dernier à aller plus loin avec Holloway, est exactement le genre de ”blockbuster”. Pour moi, développer un film intelligent n’est pas d’avoir des théories à l’écran à ne plus finir pour expliquer en long et en large chaque élément.
      Par ailleurs, si plusieurs décrient le fait que l’équipe d’exploration enlève leur casque, pour moi, même si j’ai eu un moment ”dafuq” au début, avec le recul, ça a créer une espèce d’attente que ça cause la fin de tout l’équipage, alors que dans les faits, rien ne s’est produit de cette décision, et pourtant, ça a augmenter la tension du film sans que ça devienne une finalité.

      Personnellement, j’ai bien aimé le film malgré ses défauts. Et même si l’histoire n’est pas du calibre d’Hyperion en sci-fi, il y a bien pire dans les sphères sci-fi.

    • @ _renaud

      Je n’ai pas vu Prometheus, mais je n’ai jamais vraiment détesté The Phantom Menace, même que j’irais jusqu’à dire que c’est le meilleur (ou le moins pire) de la nouvelle trilogie. Et pis, The Phantom Menace, à défaut d’être du calibre de la première trilogie, reste un film de Star Wars; forcément, on est dans un registre plus léger et moins prétentieux que Prometheus, qui lui se réclame d’Alien et de Bladerunner.

      Comme le soulignait Jozef, le scénario de Prometheus, malgré l’ambition de ses auteurs, est digne d’un vieux film de science-fiction des années 50. C’est d’autant plus ironique que le premier Alien reprenait le scénario d’un vieux film de science-fiction (”Forbidden Planet”) pour en arriver avec quelque chose de beaucoup plus intelligent et moderne.

    • @johnnythewolf

      Les Star Wars moins pretentieux que Promotheus, pas vraiment. Les Star Wars se prennent generalement tres au serieux. Et je ne vois pas le probleme avec le fait que le film se reclame d’Alien et de Bladerunner, il vient du meme realisateur.

      Et le fait d’avoir un scenario des annees 50 n’est pas une faiblesse non plus. Personnellement je prefere de loins un scenario ambitieux mais avec quelques faiblesses comme celui de Prometheus qu’un scenario convenu et sans interet comme celui d’Avatar.

      Tu ecoutes Avatar et après 30 minutes tu sais exactement ce qui va se passer. Le reste du film est sans interet. Au moins Prometheus provoque des discussions et il nous a donner le gout de voir une suite.

      D’ailleurs c’est ce sur quoi on va pouvoir juger Prometheus dans le futur, la suite. Si Ridley Scott realise une suite et qu’il repond aux questions alors ce sera un film de science-fiction important. Par contre s’il fait une suite ouverte a Lost (ou tout simplement pas de suite) ca aura ete un film plus ou moins reussi.

    • La cinématographie est un chef-d’oeuvre, le scénario est une insulte à l’intelligence. Le remake de The Andromeda Strain (série TV) est dans la même veine. Mais je crois que c’est une question de génération, le “attention-deficit disorder” est un dysfonctionnement qui s’est répandu jusqu’au cinéma.

    • “D’ailleurs c’est ce sur quoi on va pouvoir juger Prometheus dans le futur, la suite. Si Ridley Scott realise une suite et qu’il repond aux questions alors ce sera un film de science-fiction important. Par contre s’il fait une suite ouverte a Lost (ou tout simplement pas de suite) ca aura ete un film plus ou moins reussi.”

      Un film ne devrait pas avoir à attendre une suite pour être déclaré réussi ou non. Il devrait être autonome et cohérent en soi, un sequel ne sert pas à combler les lacunes de son prédécesseur. De toute façon, c’est justement parce que Prometheus prétend pouvoir répondre aux grandes questions qu’il pose qu’il est agaçant, surtout que ses réponses sont pour le moins convenues (disons que ce n’est pas la première fois que l’on avance cette idée que nous avons été créé par ET, et le film ne se préoccupe pas de pousser plus loin la réflexion).

    • @TLM

      D’où diable provient l’affiche vintage qui assure la couverture de ce billet?

      C’est indiqué juste en dessous de la video. -js

    • Le problème avec plusieurs films de science-fiction, c’est qu’ils essaient de consenser l’équivalent de 3 livres de 600 pages dans un film de 120 minutes. Des films comme The Phantom Menace et Prometheus ont été critiqués être trop chargés. Il me semble qu’un réalisateur de la trempe de Ridley Scott devrait savoir que ce genre de trip là ça cadre bien avec des séries télévisées qui s’étendent sur 7 saisons, mais pas avec un film. Les meilleurs films de science-fiction sont souvent des oeuvres très dépouillées.

    • @cinematographe

      Je sais qu’un film devrait etre autonome mais bon, dans le cas de Prometheus c’est le deuxieme qui fera que le premier fait du sens (ou non).

      Les series tele ont la cote presentement et on parle souvent du fait qu’elle empruntent des facons de faire du cinema (cinematographie etc…). Est-ce que Prometheus serait l’inverse, ils empruntent des facons de faire de la tele.

      Dans ce cas-ci laisser une fin ouverte qui va nous forcer a regarder le prochain. On voit ca dans la plupart des series, la saison se termine sur un gros punch qui va se regler la saison suivante.

      Et parfois c’est la derniere emission qui fait que la serie est un success ou un echec. Lost est un bon exemple, six saisons gachees par une mauvaise fin.

    • @scories

      C’est la pensee que j’ai eu en sortant de Prometheus, ca ferait une excellente serie tele.

    • @_renaud

      “c’est le deuxieme qui fera que le premier fait du sens”

      Je vous en supplie, n’utilisez plus cet horrible anglicisme. C’est aussi insupportable que d’entendre des ongles grafigner un tableau.

    • @ _renaud

      “Les Star Wars moins pretentieux que Promotheus, pas vraiment. Les Star Wars se prennent generalement tres au sérieux”

      Peut-être les Épisodes II et III, mais l’Épisode I, avec Jar-Jar Binks, les Jedis qui agissent en parfaits égoïstes et Anakin qui fait exploser le vaisseau-mère par accident, donne davantage l’impression d’être une parodie volontaire de la première trilogie.

      Et puis, quand c’est rendu qu’il faut attendre une suite pour qu’un film se tienne… On n’a pas eu à attendre Aliens pour comprendre le scénario et les motivations des personnages dans Alien, non? L’approche de la Compagnie, d’Ash et même de l’Alien se tient parfaitement, tandis qu’on ne comprend pas trop celle de Weyland, de David, de l’Ingénieur et de la substance noire.

    • @johnnythewolf

      Vous êtes rendu au stade où vous devriez regarder le film plutôt que de continuer à argumenter. Le scénario de Prometheus se tiens et on comprend les motivations des personnages.

    • @ _renaud

      Pas d’après ce que je lis et j’entends.

    • @_renaud

      La fin ouverte ne pose pas problème, les premiers films d’une série planifiée ouvrent souvent la porte dans les derniers moments à une suite (l’annonce du Joker à la fin de Batman Begins par exemple), mais ils prennent le temps de résoudre ce qu’ils avaient entamé. De toute façon, le manque de résolution de Prometheus m’indiffère, j’aimerais mieux que des questions comme “d’où venons-nous?” demeurent à l’état de questions, mais Prometheus y donne une réponse insignifiante et surtout incohérente.

      (Spoilers!) Par exemple, la première scène nous montre ce qui est apparemment la naissance de la vie, le sacrifice d’un Ingénieur dont l’ADN se mélange à l’eau et crée la vie. Mais c’est illogique avec ce que l’on apprend par la suite, notamment que l’ADN de l’homme est identique à celui des Ingénieurs, il ne peut donc pas y avoir de “mélange”. De plus, on insiste beaucoup sur le fait que l’homme a été créé consciemment à l’image des Ingénieurs, mais encore une fois il y a illogisme, parce que cette première scène nous montre un processus de création pratiquement accidentel, en tout cas pas du tout contrôlé (à moins que les Ingénieurs contrôlent leur ADN une fois qu’ils sont dissouts?) Ou encore, Shaw se dit croyante, mais ça ne change strictement rien au film parce que sa foi n’est jamais prise en compte dans sa réaction face aux Ingénieurs, cette foi est seulement présente en mots à deux ou trois reprises pour faire lever superficiellement des idées sur science vs religion. Le film ne s’intéresse jamais à ce que cela implique pour l’homme d’avoir été créé, encore moins à ce que cela peut impliquer de différent pour un scientifique et pour un croyant. Prometheus propose un créationnisme (le premier à mourir est le biologiste!), mais n’a rien à foutre des conséquences de cette idée. Il y a bien quelque chose avec David, sa relation à ses créateurs est l’aspect le plus intéressant du film, et j’imagine que l’on voulait faire un parallèle entre David-L’homme et L’homme-Les Ingénieurs, mais la relation des hommes aux Ingénieurs est si peu travaillée qu’il est difficile d’en tirer quelque chose de consistant. Bref, ce n’est pas vingt minutes de plus ou une suite qui peuvent régler ces problèmes.

    • @cinematographe

      spoiler

      D’accord avec vous. C’est surtout ce genre de détails qui sont agaçants dans Prometheus. Et je ne pense pas non plus qu’un 20 minutes de directors cut vont changer quelque chose.

      Pour la fin ouverte et bien c’est différent d’un Batman ou autres films du genre.

      En fait Prometheus serait plus près de LOTR que de Batman. LOTR c’est une histoire divisée en trois films. Ce n’est pas trois films distincts unis pas quelques liens scénaristiques.

      Prometheus c’est un peu comme si Peter Jackson avait sorti La communauté de l’anneau en ne sachant pas s’il allait donner une suite au film (en supposant qu’il aurait écrit le scénario). D’ailleurs les films ont une fin semblable, la fin du premier LOTR c’est le début de l’aventure. Un peu comme Prometheus.

    • Juste comme ça, des films pas trop récents qui se terminent sur une fin ouverte, j’en vois deux: Back to the Future et The Empire Strikes Back.
      Y en a-t-il beaucoup d’autres???

    • À bien y penser, le plus grave défaut du film est la déconnexion entre l’action et les thématiques: (spoilers à nouveau) la meilleure scène du film, c’est la césarienne d’urgence, mais qu’est-ce qu’elle nous dit cette scène? Du point de vue de la science et de la religion, ou de l’origine de l’homme, des thèmes du film, absolument rien. C’est la seule scène qui est digne d’Alien, avec cette peur de la pénétration, le parasite, etc., mais ces thèmes ne sont pas présents dans Prometheus, on dirait une scène d’un autre film.

      J’écoutais hier soir le magnifique Island of Lost Souls, une adaptation de L’Ile du Dr Moreau datant du début des années 30, et la dernière scène est horrifiante non seulement par l’action montrée, mais aussi et surtout parce qu’elle mène la thématique développée (distinction homme-animal) à son point ultime. Pas besoin d’explication ou de symbole ici, tout est dans l’action, dans les maquillages, la direction photo, etc.

    • Depuis quand une oeuvre doit elle répondre à des questions pour se mériter l’assentiment critique? Le simple fait de les soulever dans une dynamique autre que superficielle lui assure déjà une place de choix au panthéon du septième art.

      Et à constater les passions que suscitent ce film (notamment sur ce blog), je pense que Prometheus, sans avoir la profondeur cosmogonique d’un The Tree of life, mérite amplement son blason de grand film et ce beaucoup plus qu’un blockbuster à la Nolan.

    • Je ne sais pas si ce commentaire s’adressait à moi, hlynur, mais j’ai dit à plusieurs reprises que le problème ne tient pas à ces questions irrésolues, plutôt à l’insignifiance des réponses (je dirais aussi que les questions sont mal posées en partant). On peut parler aussi longuement des bons que des mauvais films…

    • pour les comparaisons avec Star Wars

      si Georges Lucas avait réalisé Prometheus, tous ici dirait que ce film est un navet

    • Georges Lucas devrait s’en tenir à faire des films de Muppets.

    • Le plus intéressant article qui m’a été donné à lire sur Prometheus. Une glose brillante peut-être un peu tirée par les cheveux, mais qui n’a rien de tarabiscotée. À lire. Du moins, si vous avez une quinzaine de minutes à lui consacrer:

      http://cavalorn.livejournal.com/584135.html?utm_medium=referral&utm_source=pulsenews

    • @hlynur

      Tres interessant comme texte, ca donne une autre perspective au film. Definitivement un flm a voir plus d’une fois. Et definitivement un film important.

    • @_renaud

      Je dois bien avouer que sa lecture m’a bluffée et m’a tout aussi donné envie de revoir le film à l’aune de ces observations.

    • SPOILER

      Je viens de me fader ce Prometheus et Ridley Scott a réussi à faire le plus mauvais film de la série Alien, ce n’est pas peu dire. Même le troisième, raté, me semble plus original dans mon souvenir flou. Même le Jeunet, cinéaste que je déteste cordialement, m’a laissé de meilleurs souvenirs. Il y avait des scènes extraordinaires (Ripley face à ses clones, la scène finale avec le bébé, etc.), peut-être les plus dérangeantes de la série.

      Ici, rien de rien, même pas de suspense, sinon des ficelles. Et puis, misère, c’est un préquel d’Alien, pas un ostie de film de zombies en Islande!!! Sérieux, des zombies! Sans parler des personnages d’Avatar albinos tout droit sortis d’un film de skinheads!

      En résumé: pilotage automatique, acteurs sans intérêt, histoire pauvrette avec morale chrétienne qui ferait plier de rire Kubrick sur les épaules duquel Scott semble lui chercher des noises (même entame du récit sur une découverte d’artefacts extraterrestres, le vieillard sorti de la fin de 2001), citations à gogo par le scénariste incontinent de Lost (même Star Wars est cité dans une scène risible). Les scènes avec des êtres humains semblent ne pas intéresser Scott qui s’en remet au département des effets spéciaux pour générer un peu de spectaculaire à la fin.

      En fait, le seul intérêt du film est de supposer que ce robot cinéphile sans émotions et chichiteux n’est que l’alter ego du cinéaste, froid et prétentieux. N’est-ce pas d’ailleurs lui qui insémine Alien (le film, la créature) dans le corps (du film Prometheus/de l’héroïne) pour la seule scène véritablement intéressante du film? On se dit alors que le film explicite assez bien le grand problème des images de synthèse: alors que le premier Alien fonctionnait essentiellement sur les grands ressorts des films d’horreur que sont l’obscurité, le flou, les matières ombreuses, l’invisible en un mot qu’il renouvelait par le visqueux, le crasseux et la vapeur, les films récents ne peuvent plus sortir de leur obligation de montrer entièrement leurs coûteuses images de synthèse, détruisant ce qui est le propre du cinéma. Le cinéma n’est pas l’art du visible, ce qui serait plutôt le propre du visuel, mais l’art de l’invisible, des fantômes.

      Ce film prouve encore, si besoin est depuis Alien et Blade Runner (ses deux seuls grands films nés de la conjugaison de talents), que Scott n’est qu’un publicitaire sans véritable vision du monde, un mercenaire sans états d’âme. D’ailleurs, le débarquement sur la planète désertique ne se démarque en rien d’une pub de 4×4. Ou plutôt, il faudrait plutôt parler de la mise en scène comme direction artistique, réduite entièrement à la direction artistique. Les messages soit-disant philosophiques du films ne sont que des concepts, pas au sens de la philosophie, mais au sens publicitaire du film. C’est des mots pour impressionner ceux qui n’ont jamais ouvert un livre de philo. Non seulement loin de 2001 de ce point de vue, mais Prometheus est même très loin de Contact et Abyss, autres rejetons plutôt dignes de l’opus magnum de Kubrick. Quelle est la différence entre un concept philosophique et publicitaire. C’est précisément là où la philo est proche du cinéma et vice-versa. Une idée philosophique c’est de l’invisible, alors qu’un concept pub c’est du visible, de l’audio-visuel.

      Vraiment ce film est une erreur.

      PS: Et puis, quelqu’un peut m’expliquer l’anecdotique Naomi Rapace? Après deux films, je ne vois toujours pas son intérêt minimal selon les 14 critères que j’ai à mon service.

    • SPOILER

      Je viens de me fader ce Prometheus et Ridley Scott a réussi à faire le plus mauvais film de la série Alien, ce n’est pas peu dire. Même le troisième, raté, me semble plus original dans mon souvenir flou. Même le Jeunet, cinéaste que je déteste cordialement, m’a laissé de meilleurs souvenirs. Il y avait des scènes extraordinaires (Ripley face à ses clones, la scène finale avec le bébé, etc.), peut-être les plus dérangeantes de la série.

      Ici, rien de rien, même pas de suspense, sinon des ficelles faciles. Et puis, misère, c’est un préquel d’Alien, pas un ostie de film de zombies en Islande!!! Sérieux, des zombies! Sans parler des personnages d’Avatar albinos tout droit sortis d’un film de skinheads!

      En résumé: pilotage automatique, acteurs sans intérêt, citations à gogo par le scénariste incontinent de Lost (même Star Wars est cité dans une scène risible), histoire pauvrette avec morale chrétienne qui ferait plier de rire Kubrick sur les épaules duquel Scott semble lui chercher des noises (même entame du récit sur une découverte d’artefacts extraterrestres, le vieillard sorti de la fin de 2001). Les scènes avec des êtres humains semblent ne pas intéresser Scott qui s’en remet au département des effets spéciaux pour générer un peu d’émotion et de spectaculaire à la fin.

      En fait, le seul intérêt du film est de supposer que ce robot cinéphile sans émotions et chichiteux n’est que l’alter ego du cinéaste, froid et prétentieux. N’est-ce pas d’ailleurs lui qui insémine Alien (le premier film, la créature) dans le corps (du film Prometheus/de l’héroïne) pour ce qui serait, dit-on, la seule scène véritablement intéressante du film? On sait que la peur de la grossesse était déjà le thème caché d’Alien, thème rendu explicite ici. On se dit alors que le film démontre assez bien le grand problème des images de synthèse au cinéma: alors que le premier Alien fonctionnait essentiellement sur les grands ressorts des films d’horreur que sont le hors-champ, l’obscurité, le flou, les matières ombreuses, en un mot l’invisible qu’il renouvelait par le visqueux, le crasseux et la vapeur organique, les films récents ne peuvent plus sortir de leur obligation de montrer entièrement leurs coûteuses images de synthèse, détruisant ce qui est le propre du cinéma. Le cinéma n’est pas l’art du visible, ce qui serait plutôt le propre du visuel, mais l’art de l’invisible, des fantômes.

      Ce film prouve encore, si besoin est depuis Alien et Blade Runner (ses deux seuls grands films nés de la conjugaison de talents), que Scott n’est qu’un publicitaire sans véritable vision du monde, un mercenaire sans états d’âme. D’ailleurs, le débarquement sur la planète désertique ne se démarque en rien d’une pub de 4×4. Ou plutôt, il faudrait plutôt parler de la mise en scène comme direction artistique, réduite entièrement à la direction artistique. Les messages soi-disant philosophiques du films ne sont que des concepts, pas au sens de la philosophie, mais au sens publicitaire du terme. C’est des signalétiques pour impressionner ceux qui n’ont jamais ouvert un livre de philo. Non seulement très loin de 2001 de ce point de vue, mais Prometheus est encore loin de Contact et Abyss, autres rejetons plutôt dignes du magnum opus de Kubrick. Quelle est la différence entre un concept philosophique et publicitaire? C’est précisément là où la philo est proche du cinéma et vice-versa. Une idée philosophique c’est de l’invisible puisque pensée, alors qu’un concept pub c’est du visible, de l’audiovisuel. C’est ce danger que font courir les remédiations visuelles d’aujourd’hui (télévision, jeux vidéo, web, images de synthèse), pression énorme pour rendre visible ce qui, au cinéma, n’est qu’invisible en mouvement. On se dit que c’est aussi ce qui a toujours été le problème des adaptations: comme la littérature est par définition de l’invisible (mots sur la page, idées, psychologie, ambivalences), les cinéastes ont une trop forte pression médiatique pour rendre visible les mots, alors qu’il s’agit surtout de leur redonner leur charge d’invisible.

      Vraiment ce film est une erreur.

      P.-S. Et puis, quelqu’un peut m’expliquer l’anecdotique Naomi Rapace? Après deux films, je ne vois toujours pas son intérêt minimal selon les 14 critères que j’ai à mon service.

    • somptueuse série B

    • http://www.youtube.com/watch?v=yFYmv6t_Xyg&feature=g-u-u

    • @_renaud et hlynur

      Ce texte nous dit simplement que le film nous sert la morale chrétienne en remplaçant Dieu et Jésus par des Aliens, en quoi cela en fait-il un “film important”? Il faut plus qu’une série de références mythologiques, aussi cohérentes soit-elles, pour faire un bon film, un film s’exprime par ses propres images, pas par des emprunts plaqués qu’il ne sait pas incorporer à ses propres matériaux.

      De toute façon, pourquoi une race supérieure si obsédée par le sacrifice de soi pour le bien de la communauté, envoyant sur Terre un émissaire pour nous apprendre l’amour de notre prochain, seraient prêt à accomplir un génocide dès que quelques humains ne sont pas à la hauteur de leurs standards? Jésus n’aurait pas approuvé.

      Et un film présentant des personnages aussi vides, indifférenciés les uns des autres, n’a aucunement le droit de parler de l’humanité.

    • Je viens de voir aussi De rouille et d’os. Beauf et risible. Par moments abjecte.

    • Alien 3 a été réalisé par un David Fincher constamment malmené par ses producteurs. La version longue, quoique imparfaite (les qualités sonore et vidéo des scènes restaurées laissent à désirer), améliore considérablement le film. À voir!

    • @cinematographe

      Vous affirmez qu’il faut plus qu’une serie de references mythologiques pour faire un bon film. Effectivement, et Prometheus contient beaucoup plus qu’une serie de references mythologiques.

      @ghost

      Je ne pense pas que Scott ait voulu jouer dans les plates-bandes de Kubrick pas plus qu’il visait le grand concept philosohpique. On est plutot dans le sci-fi traditionnel qui aborde ce genre de question sans jamais y aller a fond. Toujours en gardant une certaine distance.

    • “On est plutot dans le sci-fi traditionnel qui aborde ce genre de question sans jamais y aller a fond. Toujours en gardant une certaine distance.”

      On ne lit pas la même sci-fi…

      Plus qu’une série de références? Qu’est-ce qu’elles nous disent par elles-mêmes les images de Prometheus alors?

    • C’est clair qu’il visait les plates-bandes de Kubrick, il y a tellement de références à 2001. Mais quand tu n’a pas de vraie vision du monde, tu ne peux avoir la profondeur qui ferait de tes images une pensée profonde sur les choses. Alors tu ne ressasses que des clichées (d’où venons-nous, etc.).

    • Des références, oui. Par contre on n’est pas en ligne directe avec 2001 comme l’était Abyss ou Contact. On est ailleurs.

      Et c’est peut-être un des problèmes de Prometheus. Les gens sont un peu déstabilisés. Ceux qui attendaient Aliens sont déçus et ceux qui regardent du côté de 2001 sont forcément déçus.

    • On n’est pas en ligne directe avec 2001? Des extra-terrestres guident le développement de l’humanité, ils nous envoient un signal pour les rejoindre, la première scène remonte aux origines de l’homme, le centre du film est occupé par un androïde/ordinateur sociopathe qui n’est pas très gentil avec les hommes, le tout se termine sur un enfant de l’espace, sans oublier les emprunts visuels, du vieillard dans sa chambre blanche au design des vaisseaux (consultez le blogue de Jim Emerson, scanners, il a mis côte à côte plusieurs images des deux films). Prometheus pose les mêmes questions de l’origine de l’homme et de l’usage de la technologie, c’est bien plus que des références, Scott essaie clairement de relire 2001 avec son propre film, mais il en rejoue la structure en remplaçant les images de Kubrick par une série de clichés sans intérêt (même sa direction artistique n’a rien d’original, elle est dérivée d’Alien, mais il en a dépouillé tout ce qui en faisait la force).

    • @cinematographe

      Je considère quand même que ce sont des références, on est pas du tout dans le même esprit. 2001 c’est complètement autre chose.

    • Oui, autre chose, ça c’est certain, c’est toute la différence entre un grand film de cinéma et un petit récit audio-visuel.

    • ‘petit récit audio-visuel’

      Vous etes bien loin du compte.

    • @_renaud

      Ok, si je suis loin du compte, éclairez-moi. Franchement, depuis le début de la discussion, vous ne faites que me dire (et à ghost) que j’ai tort, mais il n’y a pas l’ombre d’un argument dans vos répliques, je me sens dans un sketch de Monty Python… Je ne demande qu’à être convaincu, j’aurais préféré que ce Prometheus face honneur à Alien plutôt que me retrouver devant des jolies images creuses. Alors, je relance ma question, qu’est-ce qu’elles nous disent de si important les images de Prometheus?

    • Ou plutôt: que pensent-elles ces images, et comment le font-elles?

    • @cinematographe

      Que pensent les images de Prometheus? Aucune idée, je n’ai pas atteint ce niveau métaphysique dans ma réflexion.

      Par contre la première heure du film est spectaculaire, un des grands moments de science-fiction que j’ai pu voir sur grand écran depuis longtemps (surtout que c’était un écran IMAX 3D). Par la suite le film perd un peu souffle et il n’atteint pas les sommets qu’Alien avaient atteint mais il contient suffisamment d’éléments intéressants pour en faire un film important et satisfaisant.

      En gros je dirais que c’est un film qui a laissé le cinéphile en moi un peu sur son appétit mais le geek amateur de science-fiction a été entièrement satisfait.

    • Pas besoin de mesurer “Prometheus” à ses prédecesseurs pour juger de sa pauvreté ! Au-delà de toute comparaison, le film (son scénario, d’abord et avant tout) reste ridicule à de multiples égards. Distrayant, au mieux (et encore).

    • @_renaud & cinematographe

      Allez régler ça autour de margaritas. Deux cinéphiles sur une terrasse sur Laurier. La belle vie…

    • Cher Renaud, ce que vous avez aimé de la première heure, c’est précisément la direction artistique. Impressionnante, froide, design, comme toute pub de char qui se respecte. Comme un film des seventies genre Moon, mais en neuf, une odeur de plastique de char neu’…

      Pour le reste, il n’y a rien à comprendre à ce film.

    • Probablement ghost, mais j’imagine que mes connaissances cinématographique ne sont pas assez grandes pour discusser a votre niveau. Je vous laisse entre vous messieurs.

    • Des amis vont voir le film ce soir. Cette phrase: “En fait, le seul intérêt du film est de supposer que ce robot cinéphile sans émotions et chichiteux n’est que l’alter ego du cinéaste, froid et prétentieux”, vient de me convaincre de les accompagner!

    • Planet of the Vampyr restera-t-il le meilleur de la série Alien…?

      _renaud, de grâce, n’abdiquez pas pour des questions de connaissances supposées ou réelles…

    • _renaud, il n’y a pas de niveau de discussion inégal, il n’y a qu’une discussion, à laquelle nous participons tous à notre façon. Le but n’est pas de gagner un argument, mais d’approfondir ensemble notre appréciation d’une oeuvre, bonne ou mauvaise, ce n’est pas important. En art, il n’y a rien de plus précieux que le dialogue. En somme, si je vous demande votre opinion, c’est qu’elle m’importe.

      Pour ma part, le geek amateur de science-fiction a été autant déçu que le cinéphile, parce que la science-fiction et le fantastique sont des genres qui reposent avant tout sur des idées, mais Prometheus me parait stérile. Spectaculaire, certes, mais superficiel et surtout incohérent (ce qui pour moi est le pire défaut en sci-fi)

      rafc, bien hâte de lire vos commentaires. Ne vous inquiétez pas pour Bava, ce n’est pas Scott qui va lui ravir sa place.

    • Renaud, vous êtes très loin d’être un con, alors ne faites pas semblant d’en être un. Il n’y a pas d’amour véritable sans la possibilité d’en parler, ne serait-ce qu’avec les mots les plus simples du monde. Le problème ici ce n’est pas la complexité de nos idées que le fait que vous faites des pétitions de principe. En quoi la première heure est extraordinaire?

    • Une lecture très intéressante d’un blogue que j’aime beaucoup:

      http://nilesfilmfiles.blogspot.ca/2012/06/building-better-worlds-hyperreal.html

      L’angle de la technologie et du cinéma est aussi ce qui m’avait le plus allumé, avec cette scène au début où David lit les rêves de Shaw comme s’il s’agissait d’un film, comme si Scott répondait à la question de Dick qu’il a adapté avec Blade Runner, Do Androids Dream of Electric Sheep?, non ils lisent les rêves des autres. Et le 3D est bien utilisé avec ces projections en 3D à l’intérieur du film, l’hologramme de Weyland par exemple, qui s’avance en 3D devant les personnages comme devant le spectateur.

      Un petit extrait pour ghost:
      “Is the marvelous technology displayed in Prometheus also a warning? Scott, like other filmmakers (Scorsese, Mann, Wenders, Bertolucci, and of course Cameron), beams positively about 3D, but the captain (director) of the ship is overridden by the automatic drive for profit that motivates Miss Vickers. Why did humankind make androids, and why do filmmakers use 3D or computer generated imagery? Because we can, as Holloway says to David after the android inquires why humans made him. This is the fear of 3D and digital filmmaking: the raptors from Steven Spielberg’s Jurassic Park have gotten out of hand, and eaten all the real people (and places) in the park. The holograms are running the show.”

      Mais je n’y crois pas, car contrairement à Spielberg, Scott semble se ranger du côté de l’illusion (comme Cameron dans Avatar), sa caméra est bien plus proche de la destruction des Ingénieurs et du Alien final, qu’il ne filme pas comme une menace, mais comme une promesse.

    • La mode geek, prometheus… ATTENTION SPOIL:

      la science fi la vrai était écrite par des hommes de science, c’était dans une autre époque…

      en 2089… un vaisseau traverse une galaxie … ok … c’est le scéanario de 79…

      Avec des biologistes qui ont probablement eu (acheté) leurs gros diplômes dans des universités américaines -comme ca se fait déjà si bien-, arrivent sur une une planète avec preuve d’une vie et en deux minutes ils enlèvent les casques, par ce que l’atmosphère est respirable…

      il y a une mission vers Mars, en prépartion depuis… le siècle dernier… je pense que Ridley aurait pu s’informer un minimum sur les quelques problématiques: il aurait ainsi permis à son film d’ête science-fiction et non pas paranormal.

      bref, quand je vois leurs tests ADN effectués en 1 seconde, la technologie vertigineuse du groupe, et qu’on a au milieu de tout cela une fille infertile intraitable??. Avec des chercheurs qui respirent de l’air inconnu, qui vont et viennent dans le vaisseau mère sans quarantaines avec la ferme intention de revenir sur terre.

      Asimov revient.

    • Dans l’ensemble tout a déjà été dit; mais je m’étonne qu’en 2098, le monde soit encore darwinnien ! hé ben. Les incohérences du scénario m’ont agacé aussi, surtout les rapports de David avec l’équipage. On lui signifie qu’il n’a pas d’esprit, c’est pourtant lui qui est circonspect, patient, rusé, qui fait usage de dissimulation, de mimétisme… mais rien ne semble aboutir à quelque visions que ce soit, exceptées celles d’un sous-faust ou d’une shylock. L’aspect visuel le plus intéressant, le pointillisme des images oniriques, ne sert qu’un rouage superflu du scénario. Dommage, puisque cette courte scène vaut tous les cgi du film. Bonne scène de césarienne, j’aime le design des combinaisons et le petit gag sexuel lors de la mort du biologiste.
      La scène du zombie (!) serait-elle présente que pour le clin d’oeil à Bava? Sinon, expliquez moi le ressort.
      Le titre aurait pu être Épiméthéus, tellement il semble réfléchi à la manière d’un calque, la boite semble être ouverte pour d’autres maux… oui une erreur malheureuse, j’aurais du aller au imax.
      Finalement, le chemin en voiture vers la banque nous a fournie une SF beaucoup plus riche puisque Soon over Babaluma résonnait à plein tube dans le ghetto; CAN sont encore dans le futur….

    • J’ai un commentaire pris dans les limbes depuis ce matin, j’imagine que Jozef est loin de son clavier et que cyberpresse n’accepte pas que l’on écrive le nom de famille de Philip K…

    • …Tristes limbes.

      Quelqu’un d’autre a trouvé la constellation originelle d’une horreur incalculable?

    • @maxg

      @scories

      George Lucas est un grand réalisateur ! Des six films qu’il a réalisé, seul the phamtom menace est moyen. Les 5 autres sont sublimes !

      Ils faut un savoir faire évident pour créer une scène aussi géniale que celle du l’opéra/théâtre dans the revenge of the sith !

    • C’est seulement moi ou il y a ici un groupe semblable au “comic book guy” des Simpsons?

      “Worst alien prequel ever!”, genre…

      C’est un très bon film de SF. Ok, on n’a rien ré-inventé. Normal, c’est le précurseur des films de slashers-monstres-extra-terrestres lui-même qui a fait le film. On ne se ré-invente pas.

      On nous a montré des images très National Geographic, une histoire pas plus bête que les autres, qui, quoi qu’on en dise avaient AUSSI des trous énormes côté scénario, des personnages ok.

      Un gros 7.5 sur 10, comme les films précédents. Ni plus, ni moins. Il faut avoir parfois la capacité de mettre son cerveau à off.

      Il faut dire que les attentes étaient très (trop?) élevées…

    • On ne sort pas facilement des limbes, je recopie mon message qui me nargue depuis hier avec ses attentes de modération, en retirant le nom infâme:

      Une lecture très intéressante d’un blogue que j’aime beaucoup:

      http://nilesfilmfiles.blogspot.ca/2012/06/building-better-worlds-hyperreal.html

      L’angle de la technologie et du cinéma est aussi ce qui m’avait le plus allumé, avec cette scène au début où David lit les rêves de Shaw comme s’il s’agissait d’un film, comme si Scott répondait à la question de Philip K. *&$! qu’il a adapté avec Blade Runner, Do Androids Dream of Electric Sheep?, non ils lisent les rêves des autres. Et le 3D est bien utilisé avec ces projections en 3D à l’intérieur du film, l’hologramme de Weyland par exemple, qui s’avance en 3D devant les personnages comme devant le spectateur.

      Un petit extrait pour ghost:
      “Is the marvelous technology displayed in Prometheus also a warning? Scott, like other filmmakers (Scorsese, Mann, Wenders, Bertolucci, and of course Cameron), beams positively about 3D, but the captain (director) of the ship is overridden by the automatic drive for profit that motivates Miss Vickers. Why did humankind make androids, and why do filmmakers use 3D or computer generated imagery? Because we can, as Holloway says to David after the android inquires why humans made him. This is the fear of 3D and digital filmmaking: the raptors from Steven Spielberg’s Jurassic Park have gotten out of hand, and eaten all the real people (and places) in the park. The holograms are running the show.”

      Mais je n’y crois pas, car contrairement à Spielberg, Scott semble se ranger du côté de l’illusion (comme Cameron dans Avatar), sa caméra est bien plus proche de la destruction des Ingénieurs et du Alien final, qu’il ne filme pas comme une menace, mais comme une promesse.

    • C’est pas comme s’il était à ON le reste du temps…

    • La mode geek, prometheus… ATTENTION SPOIL:

      la science fi la vrai était écrite par des hommes de science, c’était dans une autre époque…

      en 2089… un vaisseau traverse une galaxie … ok … c’est le scéanario de 79…

      Avec des biologistes qui ont probablement eu (acheté) leurs gros diplômes dans des universités américaines -comme ca se fait déjà si bien-, arrivent sur une une planète avec preuve d’une vie et en deux minutes ils enlèvent les casques, par ce que l’atmosphère est respirable…

      il y a une mission vers Mars, en prépartion depuis… le siècle dernier… je pense que Ridley aurait pu s’informer un minimum sur les quelques problématiques: il aurait ainsi permis à son film d’ête science-fiction et non pas paranormal.

      bref, quand je vois leurs tests ADN effectués en 1 seconde, la technologie vertigineuse du groupe, et qu’on a au milieu de tout cela une fille infertile intraitable??. Avec des chercheurs qui respirent de l’air inconnu, qui vont et viennent dans le vaisseau mère sans quarantaines avec la ferme intention de revenir sur terre.

      Asimov revient.

    • @perchestuart

      je m’adressait à ceux qui adulent Ridley Scott mais qui détestent Georges Lucas

      si Lucas avait fait prometheus de facon identique à Scott, ces memes critiques auraient détesté le film

    • Il y a quand même une question importante: pourquoi presque aucun cinéaste des années 80 n’a tenu ses promesses?

    • La dernière fois que j’ai vu des personnages aussi épais, c’était dans Dumb and Dumber. Non, mais! Quel était le but du biologiste avec le proto-serpent? L’apprivoiser comme dans le Petit Prince? Le flatter? Qui a eu l’idée de faire lever les bras aux membres de l’équipage dans ce qui aurait dû être le moment le plus dramatique du film? Quel créateur peut faire faire un geste aussi désinvolte (pour ne pas dire idiot et juvénile)? Vraiment, Lindelof est un scénariste grandement surestimé (c’est un euphémisme) et Scott n’est pas tellement plus brillant d’avoir accepter un scénario aussi léger. Il y avait plein d’idées intéressantes qui auraient pu en faire l’un des films de SF les plus marquants des 10 dernières années. Ces personnages, qui auraient dus être des scientifiques extrêmement rigoureux, ressemblaient bien plus à des collégiens américains se rendant à un Spring Break dans les Keys. Dommage, une belle chance de ratée.

    • @ghost

      Tant qu’à moi, Ridley Scott a amplement tenu ses promesses. Quant aux autres, ils ne sont pas nombreux mais ils sont là et, surout, ils ne sont pas négligeables dans l’histoire cinématographique.

      Joel Coen a plus que dépassé ses promesses.

      On peut en dire autant de Lynch. Je sais qu’il a fait des courts-métrages avant les années 80 mais c’est Eraserhead qui nous a montré ses promesses et on parle de la fin des années 70.

      Je peux penser à Cronenberg qui, même s’il a commencé dans les années 70, ce sont les années 80 qui nous ont montrées ses promesses et ils les a tenu.

      Ensuite, on ne peut oublier Tim Burton qui a amplement tenu ses promesses.

      Pourquoi pas Cameron? Ils nous a montré ses promesses dans les années 80 et ils les a aussi tenu, qu’on aime ou pas le style.

      Je pense aussi à Oliver Stone qui a tenu certaines de ses promesses des années 80 mais il y a eu beaucoup d’erreurs de parcours. Son Savages semble très interessant.

      Spike Lee est également dans le même type de situation que Stone. Il a tenu certaines certaines promesses des années 80.

      Jim Jarmush a maintenu une belle cadence au niveau de la qualité de son oeuvre.

      Voilà, je sais que ce n’est pas nécessairement aussi excitant que certaines décennies précédentes mais il faut se rappeler que les années 80 ont été marquées par le gros cinéma d’action (que Stalone nous ramène).

    • Du côté des critiques satiriques de film je ne saurais trop vous conseiller le blog français Un Odieux Connard. Très bien rédigé et structuré, les commentaires sont souvent aussi savoureux que les textes.

      Son ‘’spoil” de Prometheus ici: http://odieuxconnard.wordpress.com/2012/06/03/promethee-use-et-abuse/ Evidemment les critiques de films sont a prendre avec un grain de sel car le but de ceux-ci est de faire ressortir les failles du scénario et non d’exprimer son appréciation du film en général.

    • Merci Jozef pour le lien; excellente analyse et j’ai bien aimé lire les commentaires.

      Je suis assez d’accord avec le consensus (attention : SPOILERS) :

      1) Plus grande déception : un faux prequel (qui m’a vendu l’idée que le mystère du space jockey serait résolue ou du moins analysée en profondeur)

      2) D’accord avec Bromo : certains personnages étaient assez épais, surtout pour des scientifiques supposés être à la fine pointe! Je cite son excellent exemple : « Non, mais! Quel était le but du biologiste avec le proto-serpent? L’apprivoiser comme dans le Petit Prince? Le flatter? » et encore une excellente : « Ces personnages, qui auraient dus être des scientifiques extrêmement rigoureux, ressemblaient bien plus à des collégiens américains se rendant à un Spring Break dans les Keys. »

      3) Excellente analyse de Ghost : un peu trop tranchée comme d’habitude car le film – même sans aucune référence à Alien – demeure quand même un film de science fiction plus que potable, mais surabondance de questions sans réponse et pire, de questions aux réponses simplistes. Aussi, beaucoup de buzz words/concepts garrochés pour prétendre à une profondeur qui n’est que superficielle. Ceci dit, quelques bonne questions/répliques ont été faites, notamment la fameuse question de David (et le parallèle plausible avec la relation Hommes/Ingénieurs) : « Pourquoi m’avez-vous créé?

      4) Non non et non : Prometheus est un film faible, moyen ou bon selon votre humeur et vos attentes, mais Phantom menace était pourrit! Aussi, Prometheus – quoique imparfait – est de très loin plus poussé point de vue mythologie/philosophie que Avatar malgré l’absence de dragons volants!

      5) D’accord avec Cinematographe, et ça m’a d’ailleurs frappé dès le début puisque je l’ai revu récemment : la ressemblance avec 2001 pour David et le vieillard est consternante!

      6) Certaines scènes demeurent très solide et/ou divertissantes (la césarienne notamment, et la réplique du « Are you a robot? »), mais d’autres sont télégraphiées, invraisemblables ou simplement dignes d’un film d’ados.

      7) Un casting quelque peu décevant

      Bref, plus de déceptions que d’heureuses surprises, mais si c’est le prologue à une trilogie, alors d’accord je donne la chance au coureur; si c’est un supposé prequel final, alors quelle déception pour un fan de Alien!

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