Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 6 juin 2012 | Mise en ligne à 19h35 | Commenter Commentaires (14)

    Django Unchained : Il était une fois dans le Sud…

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    La bande-annonce du prochain Quentin Tarantino a été mise en ligne il y a quelques instants sur le site Fandango, qui a obtenu la jolie exclusivité de la part du producteur Harvey Weinstein. Django Unchained, qui prendra l’affiche le 25 décembre prochain, s’inscrit dans l’esprit du révisionnisme historique déjanté que le cinéaste a appliqué dans sa précédente oeuvre, Inglourious Basterds, dans laquelle des super-juifs sèment la terreur chez les nazis.

    Cette fois-ci, c’est un esclave récemment évadé du nom de Django (Jamie Foxx) qui fait une clef de bras à l’Histoire en partant à la traque d’un propriétaire de plantation (Leonardo DiCaprio) qui détient sa femme (Kerry Washington). Il sera accompagné dans sa mission vengeresse d’un chasseur de primes allemand incarné par le sublime Christoph Waltz, qui avait fait de l’ombre à toute la distribution de Basterds dans la peau d’un colonel SS.

    Jamie-Foxx-django-unchained-leonardo-dicaprio

    À noter par ailleurs la présence au générique de Samuel L. Jackson, Don Johnson, Bruce Dern, Tom Savini, l’acteur-culte de films de zombies, et de Franco Nero, le Django original. (Un article à lire à propos du film de 1966, publié cette semaine par le New York Times. Un autre à lire ici).

    > Mise à jour : Django est disponible dans son intégralité ici.

    Stylistiquement, Django Unchained embrasse à plein bras le western spaghetti (avec des touches tarantinesques post-modernes qui transparaissent dans la bande son, comme Johnny Cash et de la musique funk à la place d’Ennio Morricone). Tarantino a affirmé il y a deux ans vouloir faire un film en hommage au cinéma de Sergio Leone avec comme toile de fond le «péché originel» américain. Un «Southern», en ses propres termes :

    J’aimerais faire un western, mais plutôt que de le situer au Texas, faisons-le à l’époque de l’esclavage. Ce sujet, tout le monde a peur de le traiter. Il faut qu’on l’éclaire nous-mêmes. Vous pouvez faire un film sous la forme d’une leçon d’histoire gonflante sur des esclaves qui s’échappent grâce au Chemin de fer Clandestin. Ou vous pouvez faire un film excitant. En faire toute une aventure. Un western spaghetti qui se passe à cette époque.

    Moments préférés : Le sang sur les plantes de coton, le zoom sur DiCaprio, Franco Nero qui demande à Django comment il s’appelle, Christoph Waltz…

    À lire aussi :

    > Inglourious Basterds : le cinéma comme combustible


    • Ouf…

      Un mélange entre les Kill Bill et Inglorious Basterds? La musique du premier, et le montage et l’histoire du second? Le meilleur anachronisme des deux mondes? Humour, violence, vengeance et honneur — thèmes chers au cinéaste — au service d’une réalisation éclatée, d’un scénario disjoncté et d’une brochette d’acteurs irréprochable! Oui, c’est bel et bien Tarantino!

    • Tarantino est un réalisateur fascinant. On regarde son oeuvre et on se dit que ce type n’est pas normal. De fait, il semble un peu fêlé, avec son fétiche (avoué et assumé publiquement) de pieds et tout ça…Mais quel cinéaste.

      On aime ou on déteste. Pas de zone grise. Du cinéma pur.

    • Les films de Tarantino sont totalement jouissifs. Mais depuis qu’il a cédé à la flamboyance et à la surenchère référentielle, il donne libre cours à une esthétique baroque où je peine à trouver mon compte.

      À mon avis, là où le bât blesse : les personnages sont devenus trop pittoresques pour que ses dernières oeuvres puissent aspirer à un processus cathartique viable. Ils sont trop ancrés dans le cinématographique. Tarantino a beau n’avoir rien perdu de sa répartie et continuer de nous faire grâce de tirades inspirées, je préfère de loin son sens de la formule dans des films où l’intertextualité se manifeste avec plus de subtilité que dans le délire «post-moderne» qu’il entamé depuis la réalisation de Kill Bill.

    • Bonjour !

      Léonardo en méchant va être magique ! De plus, on peut espérer que Waltz pourra possiblement mettre la main sur un second Oscar !

    • Bien que Waltz soit toujours aussi jouissif, je trouve qu’il se répète un peu de sa performance de Basterds. Leonardo en méchant semble être un éclair de génie, de ce qu’on voit de lui, il semble incroyable et transformé, je lui prédit l’oscar du meilleur acteur de soutien. Bien hâte à Noel!

    • Le rôle de Christopher Waltz en dandy européen chasseur de prime est peut-être une référence à deux autres rôles de Franco Nero, à savoir Sergei Kowalski le Polonais dans “Il Mercenario” et Yodlaf Peterson le Suédois dans “Companeros”. Non seulement ces deux films ont été réalisés par Sergio Corbucci, à qui l’on doit le premier “Django”, mais ils mettent également en scène un faire-valoir d’une autre ethnie.

    • .. ancien esclave devenu rebelle.

    • Clairement un des films les plus attendus [de ma part] pour l’année 2012! Je lirai et commenterai en décembre (de peur de tomber sur un spoiler quelconque entretemps :)

    • Depuis Inglourious Basterds, mes attentes envers Tarentino sont high high high, de même que celles envers M. Waltz…

      Dire que j’ai hâte est un euphémisme.

      @ sebrango94

      Considérant qu’un trailer de 2 min peut difficilement donner une idée du registre de jeu d’un acteur pour un film de 2h, je trouve que vous y allez vite pour caser Waltz dans un rôle à la basterds. Et même en se basant sur le trailer, je ne suis pas vraiment d’accord de toute façon: le Waltz de la bande annonce semble plus viril et plus introverti que celui de Basterds. Mais comme je disais, ça ne s’évalue pas comme ça sur un trailer!

    • Je n’ai pas encore vu Inglorious Basterds (allez-y, jugez-moi) mais j’ai vu Waltz dans le dernier Polanski (encore une fois, jugez-moi) et je l’aime bien cet acteur. Et ça prenait bien Tarantino pour m’intéresser à De Caprio, un acteur que je trouve surestimé par les réalisateurs.

    • Pas vu Inglorious Basterds? COME ON!!!! En plus, ca ferait toute une pièce de théatre…

      Et Tarantino, bien qu’avec quelques échecs (Death Proof…), est de loin un des meilleurs réalisateurs des 20 dernières années. Et un des plus marquant. Le nombre de références/hommages par film est assez hallucinant, même si ils sont souvent peu subtils, mais tellement rafraichissants.

      Et Django, comme ses derniers films, sera un évenement.

      HS: J’ai hâte de voir votre critique, parce que Prometheus est un film qui divise la critique. J’ai en partie aimé, mais on est loin de Alien et Blade Runner. Si on enlève le pedigree Alien et le CV de Scott, c’est un film correct, voir même bon, mais pas le film de l’été qu’on attendait.

      Mais coté visuel, wow.

    • Dommage que Django ne sorte que dans 6 mois : j’ai déjà hâte !
      Comme Tarantino fait souvent des hommages (clin d’oeil) à d’autres oeuvres dans ses films, j’essaierai de prendre le temps de visionner le Django original et peut-être même un film de zombie de l’acteur culte dont M. Siroka parle dans cet article.

      pour le H.S. de @dusk
      Merci pour ce commentaire. je m’attendais peut-être à trop de ce film : Prometheus.
      Je baisserai donc mes attentes qui étaient assez élevées (je croyais qu’il y aurait beaucoup de contenu “préquelle” à Alien … c’est plate).

    • En fait, à moins que le film flop, il y aura Prometheus 2 et 3….

    • Le blanc qui sauve le noir… J’ai hâte de voir ce qu’il en sera exactement dans le film, parce que métaphoriquement… ça se tient difficilement, même dans l’exubérance historique de Tarantino.

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