Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 31 mai 2012 | Mise en ligne à 2h00 | Commenter Commentaires (6)

    Le nouveau cinéma indépendant, entre Dolan et Wong Kar-wai?

    TheCanyons-High-Res_picnik

    En pré-production sur son nouveau long métrage intitulé The Canyons, Paul Schrader en a profité pour livrer une petite pensée sur l’état du cinéma indépendant via la page Facebook de son film.

    THE CANYONS. Le matériel est du Bret Easton Ellis classique. Basé sur les personnages, basé sur les dialogues, explicite en parole, si ce n’est en action. Deux pôles visuels sont en train d’émerger dans le monde du petit budget: d’un côté, Fallen Angels de Wong Kar-wai. De l’autre, Les Amours imaginaires de Xavier Dolan. Les deux styles mélangent les approches, utilisent la caméra épaule, travaillent économiquement. Les deux sont composés en opposition au faux vérité. On pourrait les distinguer en disant que Fallen Angels aspire au point de vue des personnages, tandis que Les Amours imaginaires à celui du réalisateur. Une troisième voie? De meilleurs exemples provenant du monde du petit budget? Paul S.

    Un commentaire intéressant de la part de Schrader, comme on en a l’habitude. En effet, le scénariste de Taxi Driver et de Raging Bull est un des penseurs les plus articulés issus de l’industrie, ayant écrit de nombreux essais illuminants sur le 7e art au cours des quatre dernières décennies.

    Il y a d’ailleurs quelque chose de touchant de voir le vénérable cinéaste de 65 ans, transportant un bagage d’expérience des plus respectueux, sonder le public pour des conseils sur son prochain film. (À noter qu’en plus de son travail sur papier, Schrader est un réalisateur accompli, ayant signé des oeuvres fortes et sombres sur la condition masculine, notamment Blue Collar, Mishima, Affliction et Auto Focus).

    The Canyons se présente comme une expérience foncièrement indépendante. La production, dirigée par un ancien de chez Lions Gate, Braxton Pope, est en train de lever des fonds à l’aide d’un appel au public. L’idée est de s’affranchir de toutes sortes de pressions qu’on rencontre dans les studios, de garder un contrôle créatif absolu, voire idéalisé.

    Les donateurs sérieux seront récompensés de belle manière. Par exemple, ceux qui fournissent 5000 $ auront droit à une critique de leur roman par Bret Easton Ellis, ou à une critique de leur scénario par Paul Schrader, en personne ou via Skype. Pour 10 000 $, Schrader vous enverra en plus une pince à monnaie autographiée par Robert De Niro sur le plateau de tournage de Taxi Driver (plus de détails ici, dans la colonne de droite). En date d’aujourd’hui, le projet a amassé 141 750 $, fournis par 813 donateurs.

    Basé sur un scénario original de Ellis, The Canyons se penche sur les désirs et ambitions de cinq jeunes dans la vingtaine, Christian, Ryan Tara, Gina et Lindsay, qui tentent de percer à Hollywood. La description succinte sur la page IMDb du film donne un aperçu assez clair de l’entreprise : «Youth, glamour, sex and Los Angeles, circa 2012.»

    Une audition en ligne a été lancée en mars dernier. La description de la tâche inclut de la nudité, mais la production assure qu’elle n’est pas de nature obscène. On ne sait pas encore à quelle étape le processus est rendu, ni si la star du X, James Deen, qui était pressenti pour un rôle masculin, s’est joint à l’aventure. Le tournage aura lieu du 9 au 31 juillet.

    Voici une vidéo dans laquelle Schrader, Pope et Ellis discutent de leur «projet narratif».


    • «…le scénariste de Taxi Driver et de Raging Bull est un des penseurs les plus articulés issus de l’industrie, ayant écrit de nombreux essais illuminants sur le 7e art au cours des quatre dernières décennies.»

      peut-être, sauf que c’est un américain, il doit donc avoir de l’argent et il glorifie la violence. et la violence, et les films américains avec de l’argent et des stars, c’est M-A-L!

      Sinon sont point de vue est, comme toujours fascinant. Je connais peu les films qu’il a réalisé. Je m’y mettrai bientôt.

    • Très intéressant. Et il y a quelque chose de rafraichissant avec le fait de voir des noms aussi connus choisir consciemment de mener ce genre de projet indépendant quittes à devoir organiser une campagne de levée de fonds.

      L’art qui passe avant l’égo.

    • Parlant de Dolan, j’ai vu son dernier film cette semaine, et je l’ai trouvé très intéressant et drôlement bien foutu. Les Amours imaginaires m’avaient irrité en privilégiant à l’excès la forme sur le fond; cette fois-ci on sent un équilibre beaucoup mieux réussi; s’il continue comme ça, il serait capable de nous sortir quelque chose de vraiment remarquable d’ici peu.

    • Mettre TAXI DRIVER et Xavier Dolan dans la même phrase. Hum…

      Dolan ne fait pas de cinéma indépendant. Il fait du cinéma populaire payé par l’État, comme celui de Patrick Huard. Et il se met aussi en scène, fait des montées de lait publiques, tape du pied et de la gueule, se compare stupidement à l’urgence d’offrir un pays à l’expérience francophone d’Amérique, cultive un ego aussi vide que les dialogues de Fabienne Larouche.

      Bref, rien pour appeler sa mère… et crier après.

      «cinéma populaire payé par l’État». Quel commentaire insignifiant… Dans ce cas, j’imagine que vous crachez sur absolument TOUT le cinéma non américain ou Indien? -js

    • Sur le fond Fruitloops a raison.

      Le cinema indépendant ne s’abbreuve pas aux mammelles de l’état.

      Indépendant est en principe utilisé au sens figuré, (relativement) indépendant des pressions du studio, petit budget, film personnel, etc. -js

    • @fruitloops

      Wow, c’est une des critiques les plus gratuites que j’ai lues depuis longtemps!

      S’il y a bien une chose qu’on ne peut affirmer sérieusement à propos des films de Dolan, c’est que ce sont des produits populaires! Leur appréciation est à peu près aussi polarisée que le débat sur les frais de scolarité et la loi 78 (1 personne sur 2 aime beaucoup ou adore, 1 personne sur 2 n’a pas aimé ou a carrément détesté!). Comment pouvez-vous qualifier ses films de “populaires” On est très très très loin Tremblay, Larouche et Huard autant pour le fond que pour la forme…

      Évidemment, vous avez le droit de ne pas avoir aimé ses oeuvres, et vous avez le droit (quoique ce serait très à courte vue!) d’être contre toute forme de soutien de l’État pour les oeuvres indépendantes. Mais qualifier son cinéma de populaire, c’est une exagération quasiment aussi grotesque que d’affirmer que Jean Charest n’a rien à se reprocher dans l’actuelle crise (ou devrais-je dire, les actuelles crises puisqu’on n’a plus assez de nos 10 doigts pour compter les dossiers litigieux impliquant les Libéraux… mais ne nous éloignons pas du sujet principal!).

      Sans blague, comment pouvez-vous prétendre que monsieur et madame tout le monde qui regarde Virginie et Occupation-Double en plus d’aller voir Camping Sauvage, Le sens de l’Humour et Lance & Compte “trippe” sur les films de Dolan?!?!?!?

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