Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 24 avril 2012 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (39)

    «Choisissez votre chef-d’œuvre»

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    Mediafilm, la principale agence de presse québécoise consacrée au cinéma (qui contribuait au défunt Guide DVD), est en train de mettre à jour son catalogue critique. Mardi prochain seront dévoilés les films dont la cote passera de 2 (Remarquable) à 1 (Chef d’oeuvre).

    Voici la définition de la Cote 1 :

    C’est le sommet de l’Everest du 7e Art. Des quelque soixante mille films évalués par Mediafilm, seuls 134 l’ont touché. Et parce que l’épreuve du temps est un critère essentiel pour juger de la place d’un film dans l’histoire du cinéma (le consensus des spécialistes en attestant), Mediafilm n’attribue jamais la cote (1) aux films âgés de moins de quinze ans. Un chef d’œuvre, c’est donc:

    > Une oeuvre pionnière dans l’histoire du cinéma sur le plan philosophique, narratif, esthétique et technique (ex. : Birth of a Nation, Citizen Kane, etc.).

    > Une œuvre-phare dans un genre cinématographique ou un mouvement artistique (ex.: Nosferatu pour l’expressionnisme allemand, Rome, ville ouverte pour le néoréalisme, Singin’ in the Rain pour la comédie musicale, À bout de souffle pour la Nouvelle Vague, etc.)

    > Une œuvre marquante d’un maître incontesté du cinéma (Vertigo d’Alfred Hitchcock, Gold Rush de Charlie Chaplin, La Grande Illusion de Jean Renoir, etc.).

    Pour l’occasion, Mediafilm sonde le public : «Lequel, parmi les 25 longs métrages en présélection, est votre chef-d’œuvre absolu?». Les répondants courent la chance de gagner un des 11 abonnements d’un an à MEDIAFILM (+).

    Pour voter, rendez-vous sur la page Facebook du concours. Voici la liste des films :

    1 – Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog (1972)
    2 – Alien de Ridley Scott (1979)
    3 – Belle de jour de Luis Bunnel (1967)
    4 – Le Tambour de Volker Schlondorff (1979)
    5 – Bonnie and Clyde de Arthur Penn (1967)
    6 – Le Boucher de Claude Chabrol (1968)
    7 – The Conversation de Francis Ford Coppola (1974)
    8 – The Deer Hunter de Michael Cimino (1978)
    9 – Deliverance de John Boorman (1972)
    10 – Doctor Zhivago de David Lean (1965)
    11 – Fanny et Alexandre de Ingmar Bergman (1982)
    12 – Fitzcarraldo de Werner Herzog (1981)
    13 – Hannah and Her Sisters de Woody Allen (1986)
    14 – Mon Oncle Antoine de Claude Jutra (1971)
    15 – Le Sacrifice de Andrei Tarkovsky (1986)
    16 – One Flew Over the Cuckoo’s Nest de Milos Forman (1975)
    17 – Les Ordres de Michel Brault (1974)
    18 – Paris, Texas de Wim Wenders (1984)
    19 – Repulsion de Roman Polanski (1965)
    20 – Rosemary’s Baby de Roman Polanski (1968)
    21 – The Shining de Stanley Kubrick (1980)
    22 – Thérèse d’Alain Cavalier (1986)
    23 – The Wild Bunch de Sam Peckinpah (1969)
    24 – A Woman Under the Influence de John Cassavetes (1974)
    25 – Zelig de Woody Allen (1983)

    Voici de très fiers candidats! Le choix n’est pas facile, et je me suis permis de segmenter l’exercice en ne prenant en compte que le 3e critère de la définition de Mediafilm. Et je crois qu’il est venu grand temps pour le cinéma de John Cassavetes d’atteindre l’Everest cinématographique.

    J’arrête donc mon choix sur A Woman Under the Influence, récit déchirant d’un mariage en phase critique. Gena Rowlands, qui incarne avec génie une femme gravement névrosée, et Peter Falk, dans la peau d’un col bleu aimant mais dépassé par les événements, livrent ici un ballet des émotions des plus crus et bouleversants. (La bande-annonce est disponible sur le site de Criterion).

    Personnalité éminemment complexe, Cassavetes est le père spirituel du cinéma indépendant. Son style de mise en scène, basé sur des techniques d’improvisation savamment calculées, a régulièrement été imité, sans jamais être égalé. Pour reprendre le titre de son chef d’oeuvre, il a été une influence majeure sur quantité de cinéastes, en particulier ceux du Nouvel Hollywood.

    Voici un extrait d’un témoignage de Martin Scorsese :

    J’ai fini par la joindre au téléphone et, quand le film, Boxcar Bertha, a été terminé, j’ai montré à John un bout à bout de deux heures. Il m’a fait venir à son bureau, m’a regardé et m’a dit: «Marty, tu viens de passer un an de ta vie à fabriquer ce tas de merde. C’est un film correct, mais ne te fais pas bouffer par ce genre de cinéma – essaye de faire un film personnel». Cela faisait quelque temps que je jouais avec l’idée de devenir un metteur en scène hollywoodien de la vieille école qui réaliserait des films de genre, mais j’ai compris plus tard que l’influence des films européens sur moi avait été trop forte et que je n’avais plus le choix. Je me retrouvais un peu au milieu, position que John acceptait et qu’il m’aida à accepter. Il me demanda si j’avais un scénario que je mourais d’envie de tourner. Je lui dis : «Oui, mais il faudrait le réécrire». J’ai donc réécrit ce scénario qui devint Mean Streets. Quand j’entends l’expression «cinéaste indépendant », je pense tout de suite à John Cassavetes. Il a été sûrement le plus indépendant de tous les metteurs en scène. Il a été et reste pour moi un guide et un maître : sans son soutien et ses conseils, je ne sais pas ce que je serais devenu dans le monde du cinéma.

    Voici un documentaire issu de l’excellente collection Cinéastes de notre temps, à propos du deuxième long métrage de Cassavetes, Faces (1968).


    • J’étais persuadée que vous alliez opter pour votre “préféré”, Tarkovsky!

      Quant à moi, ce fut un choix particulièrement difficile, mais j’ai sélectionné Fanny et Alexandre, bien que je reconnaisse également l’immense impact de Cassavetes et de A Woman Under the Influence.

    • Aguirre ce sera!

    • Effectivement, c’est un très bon choix, mais je n’aime pas trop les critères ici. Si un cinéaste est un tel maître, pourquoi n’a-t-il pas déjà une oeuvre parme les chefs d’oeuvre, comme on présume que c’est le cas pour les Bergrman, Allen et Bunuel? Autrement dit, les deux premiers critères devraient suffir.

      J’espère que Bob Fosse est représenté dans le guide par au moins un chef d’oeuvre, Cabaret vaut bien Zelig ou Le Tambour, certainement Docteur Zhivago — que je n’ai jamais regardé jusqu’à la fin. Zelig, The Wild Bunch, Docteur Zhivago, peut-être même The Shining, ne sont pas pour moi de vériatables chefs d’oeuvre, Fitzcarraldo et The Conversation non plus. Même Fanny et Alexandre, trop “synthèse” pour le vieil exégète que je suis. Le reste de la liste est pour moi pratiquement incontestable, ce sont vraiment tous des chef d’oeuvre!

    • Je n’ai pas vu la moitié de ces films, donc mon vote a très peu de pertinence, mais Alien a à mon avis réinventé le genre horreur spatiale (ou suspense de science-fiction avec horreur, peu importe comment vous le nommez!).

      Ce n’est sûrement pas le meilleur du groupe, mais c’est probablement un des plus marquants… et c’est tout de même un film robuste et puissant avec son lot de mythes et de légendes urbaines!

      N.B. l’épreuve du temps est nécessaire j’en conviens, mais fixer un minimum de 15 ans, d’autant plus qu’en pratique tous les films de la liste ont au moins 26 ans d’âge, m’apparaît quelque peu exagéré. Ils auraient pu y aller avec 10 ans comme minimum… disons que ça explique pourquoi, étant petit, tous les films cotés 2 ou mieux étaient de vieux films plates pour un gosse de 8 ans! :)

      Et tant qu’à y être, pourquoi une échelle sur 7?!? Pourquoi pas 10?

      Dernier Hors Sujet : j’ignorais l’existence du film “Omerta”… curieux je suis en ce moment…

    • Tous !

      1 – Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog (1972)

    • Aguirre. Les autres (que j’ai vus) ne méritent pas le titre de chef d’oeuvre.

      Je n’ai pas vu le film de Cassavetes toutefois alors je ne veux pas être trop catégorique.

      Les autres films sont souvent excellents, mais leurs auteurs ont souvent fait encore mieux avec d’autres titres. Le mot de chef d’oeuvre est alors un peu exagéré.

    • “des techniques d’improvisation savamment calculées”

      N’est-ce pas contradictoire?

      Oui, tout comme «chaos orchestré», ou parti «progressiste-conservateur»… -js

    • La sous question est: Les ordres ou Mon oncle Antoine?

    • Les ordres rafc. Les ordres.

    • Pas de Metropolis ou M le maudit de Fritz Lang? Pas de Napoléon d’Abel Gance? je dois en manquer des bouts…

      Je pense que vous avez mal lu. Mediafilm met à jour son catalogue, il y a déjà 135 titres cotés 1… -js

    • Je suis très surpris que One Flew Over The Cuckoo’s Nest ne soit pas déjà coté 1. J’étais persuadé qu’il l’était. Je suis également surpris de voir Alien dans cette liste. C’est un de mes films préférés et il mérite une cote 2 mais 1, c’est un peu exagéré.

    • Les ailes du désir se trouve déjà dans les 135 titres cotés 1. J’aurais aimé y voir Bodas de sangre de Carlos Saura. Enfin.

      Je vote pour One Flew Over The Cuckoo’s Nest de Milos Forman.

    • Quelle déchirure!!!

      J’irai avec Les Ordres de Michel Brault, que j’ai revu la semaine dernière.

      Ce film a, à mon humble avis, mieux franchi le temps que Mon Oncle Antoine, par exemple. Toujours aussi pertinent qu’à l’époque, oeuvre brillante qui nous laisse tous songeur, si ce n’est que pour la performance magistrale de Jean Lapointe dans le rôle de Clairmont Boudreau…

      Mais bon, c’est également un choix idéologique, ce qui n’enlève rien pour autant au film de Claude Jutra.

      Sinon, j’y serais allé avec Alien, pour la révolution d’un cinéma d’horreur/sci-fi populaire mais réfléchi.

      Et…

      The Conversation de Coppola qui, à mon sens, est la quintessence du cinéma de l’angoisse des années 70. Il a aussi un style très européen et la musique y est fabuleuse!

      En faisant une recherche sur ce dernier film, je suis d’ailleurs tombé sur ce site qui pourrait vous intéresser, M. Siroka. Des analyses de films par-rapport aux costumes des personnages et leurs significations.

      Voici celle de The Conversation

      http://clothesonfilm.com/the-conversation-gene-hackman-raincoat/23428/

      Superbe, merci. Je blogue la dessus prochainement. -js

    • ”Le boucher” de Chabrol est mon film favoris sur la liste mais si l’abonnement m’intéressais, je voterais pour Mon oncle Antoine; si nous n’affirmons pas que nos meilleurs films sont des chef-d’oeuvres, qui le fera?

      Bon, c’est une approche qui manque certainement de rigueur critique et que je dénoncerais probablement dans un autre contexte, mais les cotes de Médiafilm sont souvent si farfelues et désuètes que l’entrée dans leur panthéon des chefs-d’oeuvres m’apparait insignifiante. Aussi bien s’en servir pour se donner un tout petit peu de fierté nationale. Puis, dépêchons-nous avant qu’Incendies devienne le deuxième film coté 1 de toute la cinématographie québécoise.

      P.S. M. Siroka, est-il possible de changer de nom d’utilisateur? Mon pseudonyme est presque identique à celui d’un autre lecteur (maxime_g, si je ne m’abuse), ce qui peut porter à confusion. Je sais que ce n’est probablement pas à vous que je devrais m’adresser mais je n’ai rien trouver sur le site qui puisse m’aider.

    • Cette liste me semble tellement années 80 (pas les films, mais le goût cinéphile des années 80), tout en étant très nord-américaine. À votre avis, si chaque pays mettait ses chefs-d’oeuvre nationaux que les Américains ne connaissent pas, comme Mon oncle antoine ici, la liste ne serait pas plus longue?

      J’ai regardé la liste et ce sont les chefs-d’oeuvre évidents, consensuels, canonisés. Il n’y a pas de chefs-d’oeuvre méconnus. Pour la suite du monde et Mon oncle antoine sont évidents, mais sont-ils meilleurs que A tout prendre, Le règne du jour, La bête lumineuse, Le chat dans le sac, Les bons débarras? Ce sont aussi des chefs-d’oeuvre. Je les préfère d’ailleurs tous à Mon oncle Antoine. À l’international, même dans les évidents, pas de Mépris, Pierrot le fou, La maman et la putain, Le genou de Claire, Ma nuit chez Maude, The Party, Barry Lyndon, Elle et lui, Philadelphia Story, La Féline, King Kong, Sherlock Jr, Gens de Dublin, Freaks, La soif du mal, Les contrebandiers de Moonfleet, Scarlett Street, Johnny Guitar, Van Gogh, Shoah, Nuit et Brouillard, Rio Bravo, À nos amours, Yi-Yi, etc. ?! Aucun film de Lubitsch, Walsh, Hawks, Rohmer, Bellochio, Oshima? Ri-di-cu-le!

      Ils ont beau dire qu’ils mettent les oeuvres phares dans chaque genre, mais très peu de documentaire, de films expérimentaux, fantastiques. Aucun film africain ou d’Amérique du sud.

      Autre chose: dans leurs descriptions de film, il n’est pas rare qu’ils mettent un spoiler, ce qui est de l’incompétence crasse.

    • Très bonne sélection Jozef en ce qui concerne le Cassavetes et j’irais même plus loin en y ajoutant Faces, film aride et brutal où il radicalisa son approche et sa technique. Howard Hawks et Masaki Kobayashi, bien qu’ils ne soient pas sur cette liste, méritent aussi à mon avis d’entrer dans le panthéon de Médiafilm. Hawks avec Bringing Up Baby et His Girl Friday, deux des plus parfaites comédies de l’âge d’or hollywoodien; et Kobayashi avec Hara-kiri, un film brillant et quasi-insoutenable et dont l’utilisation du flash-back est aussi pertinente que celle de Citizen Kane. Mais si je ne dois m’en tenir qu’à cette liste, j’opte pour The Wild Bunch, une oeuvre qui remplit parfaitement les exigences du deuxième critère. Peckinpah pose là un regard neuf sur le western, qui allait avoir autant d’impact sur les cinéastes que la démarche opératique de Leone. Il revisite les mythes fordiens avec autant de rage que celle de ses personnages lors de la fameuse séquence finale.

      Pour ce qui est du reste de la sélection, je reste perplexe devant certaines présences comme le Tambour, le Boucher, Alien, Doctor Zhivago et Mon Oncle Antoine qui, bien que très bons, ne me semblent pas dignes d’un 1, contrairement à Ran, King Kong, Barry Lindon (devant Shining à mon avis), Salvatore Giuliano, The Misfits, le Guépard, Edvard Munch. Bref, il y avait des cotés 2 bien plus évidents que ceux qu’ils ont sélectionnés à mon avis. Au moins, il n’y ont pas mis Incendies!

    • J’y vais donc pour ‘One Flew Over the Cuckoo’s Nest’, ce qui est très injuste pour ‘Paris Texas’, ‘Le Boucher’, ‘Le Tambour’, ‘Les Ordres’ … et quelques autres.

    • C’est une liste assez impressionnante. Tout d’abord je suis étonné que des films comme Aguirre, Deer Hunter et Fanny och Alexander n’aient déja pas leur côte 1. Ces trois films répondent selon moi aux critères énoncés. Bien sûr je n’ai vu que la moitié des films de cette liste donc c’est vraiment dure de juger lequel le mérite le plus.

      J’ai été surpris de voir Deliverance de John Boorman dans la liste, certes c’est un bon film mais de là à lui accorder une note de 2, il ne s’élèvera pas au rang de chef d’oeuvre selon moi. Tout comme pilac9 je placerais Barry Lyndon bien avant The Shining.

      Merci encore une fois pour cette découverte M. Siroka. Je suis un cinéphile en herbe, je viens ici pour en apprendre d’avantage et m’ouvrir à du nouveau cinéma, vous réussissez toujours à piquer ma curiosité et me faire découvrir des films. Je vais devoir m’attaquer à John Cassavetes maintenant, mais ou vais-je trouver le temps? ;)

    • Une liste excellente et bien hônnetement, entre un film coté 1 et un film cote 2, disons que je m’en fous pas mal. Tout les films que j’ai vû sur cette liste sont de très grands films alors de débattre pour un 1 ou un 2, disons que mon interêt est limité. Mais bon, pour le simple plaisirs, je choisirais probablement avec Deer Hunter aujourd’hui. Demain, ce sera peut-être Les Ordres, qui sait?

      Ce qui est un peu drôle sur cette liste est le critère du 15 ans d’existence. Cela nous mène en 1997 et les films le plus récents sur cette liste datent de 1986. Il me semble qu’il s’est fait du très grand cinéma entre 1986 et 1997. Sans me lancer dans de grandes recherches, je peux penser à des films comme Lost Highway, Fargo, Seven, 12 monkeys, Casino, Pulp fiction, Schindler’s list, Goodfellas, Chungking express , Nos années sauvages ,The Player ou Unforgiven qui datent de cette période et qui mériteraient d’être dans la conversation. J’ai comme l’impression, que malgré ce chiffre de 15 ans, qu’ils considèrent que c’est encore trop jeune. À moins que certains de ces films soient déjà coté 1 mais j’en doute….

    • @teamstef

      C’est vous qui avez raison. La différence entre 1 et 2, franchement …

      Ceci étant posé, vous serez sans doute content d’apprendre que ‘Goodfellas’ bénéficie déjà de la côte ’suprême’.

      Puisqu’on parle des absents, un film qui pourrait faire partie de la liste, c’est ‘Dog Day Afternoon’ du légendaire Sydney Lumet.

    • Rien que pour jean yanne,je vote “Le Boucher “mais si vous voulez connaitre ce magnifique acteur je vous conseille l’autre film du dyptique avec chabrol “que la bete meure” et un troisième film de la meme époque (début 70) avec ce fou furieux de Pialat:”nous ne vieillirons jamais ensemble”=>là c’est du trètrètrèlourd.

    • Ce 15 ans est ridicule. Un film est dès sa sortie un chef-d’oeuvre ou non. Il ne devient pas un chef-d’oeuvre; c’est un jugement immédiat qui peut ou non être confirmé par l’histoire.. Il devient peut-être un classique, mais certainement pas après 15 ans. D’une part, parce que plusieurs grands classiques ont eu une période de purgatoire beaucoup plus longue; une oeuvre admirée peut tomber en disgrâce. D’autre part, parce que les observateurs ont tendance à surestimer les oeuvres qui les ont marqué dans leurs années de jeunesse et sous-estimer les oeuvres plus anciennes et plus récentes. C’est probablement ce qui se passe avec ses nouveaux films qui me semblent les goûts de gens de 30-40 ans. Un classique devrait donc être nommé lorsque personne ne l’a vu dans sa jeunesse: 75 ans donc.

    • D’accord avec Unholy là-dessus : ne mélangeons pas chef-d’oeuvre et classique.

      Je persiste à croire qu’il faut un certain recul avant de déclarer un film chef-d’oeuvre, mais 10 ans me semble amplement suffisant (5 feraient l’affaire dans le cas d’un véritable/évidant chef-d’oeuvre) alors qu’en ce moment, le plus “jeune” de la liste date de 26 ans (1986)…

    • Répulsion de Polanski, j’en vois pas d’autres dans la liste qui mérite d’etre qualifier de chef d’oeuvre, enfin pour ceux que j’ai vu la.

    • ProCosom, les journalistes à toutes les semaines, les revues à tous les mois, tout ce beau monde à la fin de l’année, considèrent que certains films sont des chefs-d’oeuvre. Ne peut-on affirmer que Mulholland Drive ou Oncle Boonmee est un film coté 1? C’est pourtant le jugement de l’époque. Peut-être qu’ils ne deviendront pas des classiques et qu’il faudra le décoté, mais ce ne serait pas une mauvaise chose de désigner les films que l’époque considère comme des chefs-d’oeuvre.

    • Luis Bunnel?

    • Le charme discret de la bourgeoisie est coté 1, mais il faudrait ajouter (au moins) l’ange exterminateur.

      Chef-d’oeuvre immédiat? The Tree of Life, évidemment.

      Pour moi, la différence entre un classique et un chef-d’oeuvre tient surtout à l’influence et à la place proéminente que tient le premier dans l’histoire du cinéma, et pas besoin de 75 ans pour la voir (bien que ça aide). Il y a des chefs-d’oeuvre si singuliers qu’on peut difficilement leur attribuer une descendante directe, et je crois que Mediafilm tente surtout d’identifier les “classiques”, ce qui est sans doute une entreprise très conservatrice, consensuelle. On ne peut pas se tromper en disant qu’Aguirre est un chef-d’oeuvre.

    • Difficile. Alien a inventé le film d’horreur de science-fiction dans un lieu clos perdu au milieu de l’espace infini: c’est pas rien! Souvent imité, jamais égalé. Mais je voterai pour The Deer Hunter: portrait d’hommes ordinaires projetés au milieu de l’enfer. De Niro, Streep, Walken, Cazale… et une scène de roulette russe épouvantable!

    • « Riz Amer » (1949) de Gioseppe De Santis
      Cinéma Néo-réalisme Italien à son meilleur
      Un trio et un jeu d’acteurs renversant de
      Sylvana Mongano, Vittorio Gassman et Raf Vallone

      « Touch of Evil » (n&b, 1958) d’Orson Welles
      Une cinématographie mémorable
      Film Noir à son meilleur

      « La Dolce Vita » (n&b, 1960) de Federico Fellini.
      Palme d’Or du Festival de Cannes en 1960

      « The Miracle Worker » (n&b, 1962) d’Arthur Penn.
      L’enfance d’Helen Keller, sourde, muette et aveugle.

      « Blow Up » (1966) de Michelangelo Antonioni.
      Grand Prix du Festival de Cannes en 1967

      « Women in Love » (1969) de Ken Russell
      Un trio et un jeu d’acteurs exceptionnels
      Alan Bates + Oliver Reed + Glenda Jackson

      « Morte a Venezia » (1971) de Luchino Visconti
      Palme d’Or du Festival de Cannes en 1971
      L’interprétation renversante de Dick Bogart

      « Mauvais Sang » (1986) de Leos Carax
      Avec Juliette Bicoche

      « Damage » (1992) de Louis Malle
      Un duo d’acteurs exceptionnels
      Juliette Binoche et Jeremy Irons

      Et autres…

    • Dans ce cas Pulp Fiction ne sera jamais un chef d’oeuvre, pour moi c’est le film de sa décennie.

      Sinon dans votre liste c’est vol au-dessus d’un nid de coucou. Moi aussi il y en a que je ne comprends pas, style déliverances..

    • Personne, pas même la pluie, n’a de si petites mains.

    • @unholy_ghost

      D’accord avec vous encore sur 90%. Par exemple, pour moi, Pulp Fiction fut un chef-d’oeuvre instantané. Nul besoin d’attendre 26 ans pour le déclarer! Par contre, une attente de quelques année (5-10) est préférable je crois afin de maintenir une distanciation suffisante de la mode du jour, de la technologie du jour, de l’acteur du jour, et surtout des critiques du jour (par exemple, celles ayant encensé The Descendents!).

      Là où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est la décote : je crois que le concept de “promotion” 5-10 ans plus tard est intéressant et donne un second souffle à un film (quoiqu’un véritable chef d’oeuvre a rarement besoin d’un second souffle!), mais je ne crois pas qu’un film devrait être décoté 10-15 ans plus tard après s’être rendu compte de l’engouement exagéré de l’époque. Une période tampon de 5 ans me semble être le minimum adéquat dans ces circonstances.

      Concernant Oncle Boonmee, j’avoue être de ceux qui n’ont pas trippé! Superbe, oui; chef-d’oeuvre? À mon humble avis, non (je crois que la palme lui fut remise davantage pour l’ensemble de l’oeuvre que pour le film lui-même… et je suis contre cette pratique. Quand on regrette de ne pas avoir décerné un prix à un réalisateur, un directeur à la photographie, un acteur etc., vaut mieux lui rendre un hommage spécial ou ajouter un prix spécial à un gala plutôt que de lui décerner un prix [qu'il ne mérite pas nécessairement cette année pour une performance donnée] afin de se faire pardonner l’oubli d’il y a 15 ans…

      Et pour revenir à la liste, je persiste et signe : je n’ai pas vu la moitié de ces films, mais Alien, quoi qu’il n’est sûrement pas le meilleur film du lot, est celui qui a innové le plus en créant de toute pièce un tout nouveau genre. Je crois que son impact sur l’Histoire du cinéma est plus grand que celui des autres films en “nomination”.

    • @cinematographe

      Je définirais plutôt un classique comme une oeuvre qui s’est inscrite dans l’inconscient collectif, chef-d’oeuvre ou pas. Casablanca, Gone With The Wind ou Breakfast At Tiffany’s sont des classiques au même titre que Star Wars et E.T. indépendamment de leur valeur artistique, statut que pourront difficilement acquérir Le Silence de Bergman, Paysage dans le brouillard d’Angelopoulos ou Satantango de Bela Tarr par exemple. J’avoue pour ma part que j’apprécie assez le système Médiafilm (en partie en raison de la place qu’il a occupé dans l’élaboration de ma cinéphilie) et je ne le trouve pas si consensuel que ça. Bien sûr, beaucoup de cotes sont évidentes (Citizen Kane et Vertigo à 1 mettons) mais plusieurs sont assez audacieuses et éclairées (L’Ami américain, Perceval le Gallois, Et vogue le navire à 2). Il est vrai que ces dernières années, mon attachement s’est effrité quelque peu (Amélie Poulain et Incendies à 2 et Inception comparé à du Bunuel!?!). Ce n’est pas trop non plus un grand espace d’analyse mais pour ce qui est de projeter un portrait d’ensemble du cinéma mondial, l’entreprise me semble plus que pertinente.

    • Je trouve One flew over a cuckoo’s nest un peu surestimé. C’est bon mais pas un chef-d’oeuvre au sens où Mediafilm veut l’entendre.

    • Classique VS chef-d’œuvre. La grosse différence c’est qu’un chef-d’œuvre se doit d’être techniquement et artistiquement irréprochable. Ou disons de très au haut niveau.

      Ce qui n’est pas le cas d’un classique. Certains classiques peuvent parfois être faibles à certains niveaux. Exemple, Cuckoo’s Nest. C’est un classique mais ce n’est pas un chef d’œuvre du cinéma.

      J’ai réécouté Vertigo dernièrement. C’est un chef d’œuvre. Tout est parfaitement maitrisé et impeccable.

    • Pour ceux qui s’intéressent à ALIEN, je vous conseille de jetter un coup d’oeil à PLANET OF THE VAMPIRES de Mario Bava. C’est un film d’horreur de 1965 qui se déroule… dans l’espace! Et la parenté avec ALIEN ne s’arrête pas là.

      http://filmconnoisseur.blogspot.ca/2011/03/mario-bavas-planet-of-vampires-1965.html

      Pas le meilleur du Maestro, pas mal moins épeurant que le film du roi de la patate (merci Astyanax!) mais les combinaisons spatiales en cuir sont… mamma mia… d’un autre monde!

    • @Procosom.com “Alien, quoi qu’il n’est sûrement pas le meilleur film du lot, est celui qui a innové le plus en créant de toute pièce un tout nouveau genre. Je crois que son impact sur l’Histoire du cinéma est plus grand que celui des autres films en “nomination”.” ALIEN, c’est du Roger Corman à gros budget ! On peut même lire dans la section TRIVIA de imbd que Corman était à l’époque le seul producteur intéressé à produire le scénario et que 20th Century Fox ne voulait rien savoir de ce script de série B (FORTEMENT inspiré, en passant, de PLANET OF THE VAMPIRES de Bava, comme le mentionne Winslow, et de IT THE TERROR FROM BEYOND SPACE), alors pour le “chef-d’oeuvre”, on repassera …

    • @twolaneblacktop

      Je n’ai pas vu les 2 films dont vous parlez, mais il y a une différence entre imaginer un bon scénario et bien le rendre à l’écran. C’est un peu comme si vous disiez que Nintendo n’a aucunement innové avec Super Mario Bros car d’autre jeux de type scrolling de gauche à droite avaient été produits quelques années plus tôt. Alien est complet en soi et n’a pas (ou très peu) de faiblesses sur toutes les facettes; ce n’est pas simplement un bon concept.

      Vous avez piqué ma curiosité; je vais tenter de les dénicher quelque part pour la comparaison…

    • Choisir, c’est renoncer. J’ai opté pour Shining de Stanley Kubrick. Un incontournable de l’horreur, qui pourtant ne respecte pas totalement les règles du genre. Très souvent dans les Top 10 des meilleurs films d’horreur.
      http://blogs.indiewire.com/theplaylist/time-out-name-the-exorcist-greatest-horror-movie-ever-read-top-10-lists-from-guillermo-del-toro-drew-goddard-ti-west-more-20120413

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