Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (68)

    Deux regards sur le passé, deux visions distinctes

    hugo_scorsese_cameo[1]

    Depuis l’annonce des nominations aux Oscars, grand cas a été fait au sujet des similitudes thématiques qu’affichaient les deux principaux compétiteurs du gala d’hier soir, The Artist et Hugo. Les deux films sont en effet des lettres d’amour au cinéma du passé et entretiennent une dualité convenablement ironique; le premier est une production française célébrant l’industrie hollywoodienne à l’ère du muet, tandis que le second est un hommage hollywoodien à un pionnier français des images en mouvement, Georges Méliès.

    Mais au-delà de ces comparaisons d’ordre cosmétique, The Artist et Hugo constituent chacun une proposition de cinéma fort différente. La comédie romantique de Michel Hazanavicius, tout aussi divertissante et originale soit-elle, ne dépasse jamais selon moi l’exercice de style. Hugo, au contraire, est une oeuvre bien plus riche, pertinente et émouvante. À mon avis le meilleur long-métrage de fiction de Martin Scorsese depuis Casino, sorti il y a 17 ans.

    Dans son excellente analyse, Adam Cook argumente que ce qui distingue fondamentalement les deux films en question est le fait que The Artist adopte le point de vue du cinéma comme commerce, vantant ses mérites principalement à travers la capacité de l’industrie à se réinventer habilement afin de survivre économiquement, tandis qu’Hugo aborde davantage le cinéma comme une forme d’art dans laquelle passé, présent et avenir s’entremêlent tendrement; un cycle aussi bien huilé et précis que les horloges qu’entretient le protagoniste de la fable, permettant de mieux illustrer et saisir la complexe condition humaine.

    Je traduis ci-dessous un long extrait, tout en vous encourageant fortement à lire l’article dans son intégralité.

    Hugo et The Artist présentent tous les deux le cinéma comme une force résiliente et soutiennent, implicitement, que la technologie modifie la structure de cette forme d’art; le cinéma va évoluer et survivre. Cependant, alors que les deux films regardent vers le futur avec optimisme, seul Hugo adhère au passé – The Artist le flatte bassement. Scorsese trouve de nouvelles façons d’exprimer un amour pour le passé du cinéma, tandis que Hazanivicius fétichise l’ancien, ce qui, dans l’univers parodique et insouciant de son film semble détaché de tout sentiment d’importance. Certes, l’objectif central de The Artist est d’être un divertissement léger. Son adoption frivole mais parfaitement astucieuse de l’esthétique du cinéma muet n’est pas une qualité négative en soi, mais la nature de son hommage est condescendante.

    Bien qu’une grande partie du récit constitue une lamentation sur la mort de l’ère du muet, il célèbre tacitement sa disparition. [...] Dès que l’ère du parlant se réconcilie avec le protagoniste, c’est comme si l’époque du muet perdait son importance, cessait d’exister. En opposition directe avec la philosophie «cyclique» du cinéma, The Artist ne voit les choses que de façon linéaire. En un sens, il voit le cinéma comme une business qui se dépouille allègrement de sa vieille peau pour une qui est plus rentable le moment venu. [...]

    Alors que The Artist est capitaliste, Hugo est spirituel. Scorsese voit l’histoire du cinéma étroitement liée à l’histoire du monde et à l’histoire personnelle; elle permet de se connecter au monde et de l’interpréter, même de nous aider à se définir existentiellement. Il s’agit peut-être de la raison pour laquelle je trouve le cinéma de Scorsese le plus émouvant d’entre tous. Sa cinéphilie, qui n’est pas sans rappeler celle de Disney, fait inextricablement partie de son identité et de sa compréhension de l’humanité […). The Artist, en contrepartie, semble coupé du monde duquel il est sensé faire partie, concerné seulement par les circonstances économiques désastreuses qui servent d’inspiration darwinienne pour un cinéma en constante quête de survie. Hazanivicius échoue à voir la responsabilité des images, et notre responsabilité envers elles.

    (Photo : caméo de Martin Scorsese dans Hugo)


    • Merci pour cette superbe analyse de Cook! Il ne fait que renforcer le point que les Oscars (et les autres galas également) se sont encore excités pour un truc totalement artificiel. D’ailleurs, en remettant les prix techniques à Hugo, on sentait la culpabilité de cette excitation pour The Artist.

      Heureusement qu’il y a le prix de scénarios original qui erre beaucoup moins souvent que les autres grands prix.

    • Bien d’accord: j’ai ronflé pendant Ze Artist; Hugo m’a mis dans tous mes états.

    • Tout est dit. Hugo est un film profondément émouvant et complexe, alors que The Artist un film muet, sans la magie qui vient avec, et dépourvu de tout second degré. Tout y est trop évident, les “gags” sont prévisibles (sauf pour le “Bang!” à la fin…) et les personnages sont, à mon sens, trop caricaturales, quoique les performances des acteurs sont incroyables. Dans Hugo, il y a cette magie qui plaît aux enfants, mais il y a aussi le fait que tout n’est pas aussi simple qu’il le paraît. L’histoire de Méliès est vraiment dramatique, heureusement elle se termine bien. Une telle histoire ne s’invente pas et c’est ce qui rend le film plus touchant et profond.

    • “Tout y est trop évident, les “gags” sont prévisibles (sauf pour le “Bang!” à la fin…)”

      On ne peut pas trouver plus “grand public” (donc oscar) que ce fameux bang, qui est ce qui m’a le plus irrité de ce film dont la seule originalité repose dans le recyclage du muet. Effectivement, à peu près toute la salle a ri quand le bang est apparu — et ce qui s’ensuit après — alors que c’est un gag tout ce qui a de plus prévisible et niais; on nous le présente par contre comme étant LE gag du film.

      Et que dire de la “clé” du film selon laquelle le personnage principal (G.Valentin) est un acteur Français, raison pour laquelle il n’arrive pas à survivre à l’avènement du cinéma parlant? Pas si con que ça, et pourtant on nous n’en donne aucun indice dans le film! Il me semble pourtant que cela aurait dû être souligné d’une manière ou d’une autre, plus ou moins vraisemblable, hormis le nom de famille de l’acteur…

      Sinon, chapeau à Woody Allen d’être ainsi revenu parmi les “grands”…

    • @melo_carmelo

      Je suis tout à fait d’accord et avec du recul, ça aurait été vraiment surprenant si Hazanavicius avait tué son personnage principal à la fin du film.

      The Artist fait penser à un oncle un peu amer qui nous dit dans un souper de Noël à quel point tout était mieux “dans le temps”.

      Parlant de Woody Allen, son film aussi a pour thème la nostalgie…

    • Le passé, devrais-je dire…

    • @old_man_2435
      Effectivement, la nostalgie est très présente dans Midnight in Paris et un peu comme Hugo, avec une profondeur que The Artist n’approche pas.

    • @teamstef

      Je crois que les 2 films arrivent justement à une conclusion semblable: on ne devrait pas regarder vers le passé en le regrettant où en y voyant une sorte d’Eden, mais en prenant conscience de ce qu’il nous a apporté et en y rendant hommage.

    • Bonne caomparaison des 2 films, j’ai bien aimé les 2 films mes mon coeur va pour Hugo, qui pour moi celui qui rend le plus hommage aux pionniers du cinéma,

      Encore cette année les oascars ont préférés un film d’acteurs comme l’année passé avec the Kings Sêech,selon moi la moitié des nominations méritait l’oscar du meilleur film que celui-ci

    • Le « Bang! » était un « gag » horrible. Susciter l’émotion du spectateur dans une scène d’un grand tragique (en tout cas, c’était leur volonté) et la résoudre par un quiproquo aussi imbécile que facile, c’était désolant. Ils auraient pu faire le même gag avec un petit gars qui soufflait trop sa balloune, c’est dire.

    • Je vais digresser un peu du sujet, tout en restant sur les Oscars. Je viens de voir dans votre clavardage des Oscars que vous n’aviez pas vu les courts métrages. Saviez-vous que le Cinéma du Parc a présenté les courts métrage live action et d’animation durant les 2 semaines précédant les Oscars? C’était aussi le cas l’an passé, alors avec de la chance, ce sera une habitude…

      The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore était mon choix en animation. Magnifique, tout simplement. Il est disponible sur Youtube. The Shore, par contre, classique à souhait, était un choix convenu de l’Académie. Tuba Atlantic, court métrage norvégien, était beaucoup plus original et d’intérêt. Mais trop éclaté pour une moyenne d’hommes blancs sexagénaires…

      Ça m’attriste d’avoir manqué ces projections! La prochaine fois, zaclock, n’hésitez pas à me prévenir par courriel pour ce type d’événements. Merci d’avance. Ceci dit, j’aurai toute une ration de courts à me mettre sous la dent à la mi-mars, lors du Festival à Saguenay. -js

    • J’aime pas trop cette façon d’aborder The Artist, qui convient justement mieux à une analyse de Hugo. The Artist est en effet un pastiche, un hommage, et lui reprocher sa frivolité pour moi serait comme juger une comédie parce qu’elle n’est pas assez dramatique… The Artist est avant tout un exercice de style à mon avis presque parfait, et donc difficilement comparable à Hugo, qui est un film beaucoup plus profond, accomplis et personnel, surtout dans l’optique de la carrière à Scorcese. Les deux me sont restés dans la peau pour plusieurs jours, et pour des raisons différentes.

      J’aime pas trop les mettre côte à côte, car ce sont mes deux coups de coeurs de l’année… avec Tree of Life pas loin derrière. On veut pas voir nos préférés se battrent entres eux!

    • @Jozef, suite au commentaire de zaclock

      En voici au moins trois des cinq :

      The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore : http://www.youtube.com/watch?v=Adzywe9xeIU

      Wild Life : http://www.youtube.com/watch?v=WtbkNCc0tj4&feature=related

      Dimanche : http://www.youtube.com/watch?v=rnzhizCOIBE&feature=relmfu

      Superbe, merci, je fais un post avec le premier lien ce week-end. Au plaisir -js

    • En passant ce n’est pas tout le monde qui a regardé The Artist. Merci pour le punch du Bang à la fin.

    • @_renaud, spoiler pour spoiler, vous ne manquez pas grand chose; logique un peu, vous l’auriez deviné de toute façon.

    • Je suis d’accord qu’il ne sert à rien de comparer ses films qui ont eu la malchance de se retrouver là en même temps… très dommage pour Hugo qui méritait une soirée des Oscars juste pour lui… Mais laisser tomber The Artist parce qu’on préfère la cible de Hugo que la sienne aurait été aussi dommage.. deux grands films.. analyse intéressante mais trop fermée et tendancieuse… Deux grands films à mon sens… qui ont atteint la cible et une cible des plus intéressantes en plus…

    • @old_man_2435

      «Tout est dit. Hugo est un film profondément émouvant et complexe, alors que The Artist un film muet, sans la magie qui vient avec, et dépourvu de tout second degré. Tout y est trop évident, les “gags” sont prévisibles (sauf pour le “Bang!” à la fin…) et les personnages sont, à mon sens, trop caricaturales, quoique les performances des acteurs sont incroyables.»

      –>Donc, si j’ai bien compris, vous trouvez que le cinéma muet est tombé en désuétude et que son charme n’opère plus à condition qu’il soit intégré à une démarche résolument plus contemporaine
      qui sans renier le muet saurait le réactualiser, ou lui insuffler du nouveau…

      Hazanavicius fait des pastiches… Serait-ce là pour autant une pratique purement nostalgique qui n’arriverait pas à la cheville de ce que l’oncle Marty nous propose ? Lui qui fait aussi dans le cinéma passéiste, mais dans le bon sens du terme (bien sûr !) et qui ne se penche pas sur le passé avec un esprit hégémonique ou avec une «condescendance» à posteriori, mais qui est capable de voir en ce passé les vestiges d’un héritage qui n’aurait rien d’obsolète et qui nourrirait encore le 7e art…

      Et pourtant, ne pourrions-nous pas plutôt dire que le succès de The Artist est beaucoup plus éloquent que ce qu’avance Scorsese ?
      Ne prouve-t-il pas encore, au-delà du chauvinisme d’une industrie qui célèbrerait son âge d’or (comme on glorifierait le passé à la lumière d’un déclin), que le cinéma muet persiste et que même si la passation de pouvoir vers l’ère parlante a eu lieu depuis belle lurette, la quintessence du cinéma est pérennisée dans le plaisir que l’on peut éprouver à se faire raconter une histoire avec des moyens quasi «artisanaux» ?
      Qu’il y a-t-il de rétrograde dans tout ça ?
      Le second degré du film d’Hazanavicius ne dépasserait-il pas justement la toile de l’écran de cinéma ?
      Ne serait-ce pas là une façon plus efficace de faire entendre son propos que le déploiement d’artifices que Scorsese a beau nous tendre avec tout le savoir-faire qu’on lui connaît ?

    • HS

      Erland Josephson est mort samedi.

      Je ne sais trop ce qui m’attriste le plus, sa mort elle-même ou le fait qu’au Québec seul le Devoir semble en avoir parlé. C’était pourtant un acteur immense sans lequel le cinéma d’Ingmar Bergman aurait eu un tout autre visage.

      Pour ma part, je garderai particulièrement de lui sa performance dans le Sacrifice d’Andrei Tarkovski. Son personnage d’Alexander m’a plus que bouleversé, il m’a, un peu, appris à vivre.

      Faux. J’ai mis la dépêche d’AFP en ligne hier soir, à l’accueil du site. Naturellement, les Oscars lui ont porté de l’ombre… Je recommande cependant le papier du New York Times, bien plus substantiel. -js

    • @ Jozef

      Désolé, ça m’a échappé. Je me suis couché tôt hier soir…

      On peut quand même penser que la dépêche n’est pas restée très longtemps en évidence, non?

      Pas à être désolé. Malheureusement, les Oscars ont tout aspiré sur leur passage hier… -js

    • Humm… Je suis prêt à croire que mon (manque d’) appréciation de HUGO est directement lié à mon dégoût profond de la 3D. Plusieurs fois pendant la projection, je me suis dis “tiens, ça l’air beau, ça devrait l’être encore plus en 2D.” Je suis même prêt à mettre sur le dos de cet irritant le jeux plutôt insupportable de Mlle Moretz ou encore la musique complètement insipide de Howard Shore. Mais y a un truc qui me tarabiscote et je sais que ça fait partie des conventions vieilles comme le cinéma lui-même mais tous ces britanniques qui jouent des (clichés) de français, ça me reste en travers de la gorge.

      Je vois en quoi le film est lié à l’histoire personnelle de Scorsese (son implication dans la restauration, la cinéphilie) et cela est très touchant mais je ne vois pas trop en quoi HUGO est moins coupé du monde que ZE ARTIST comme le dit Adam Cook. Enfin, je ne peux pas faire comparaison directe parce que je n’ai pas vu le film oscarisé… mais me semble que le film de Scorsese est complètement dans un univers fantasmé. Et la logique derrière cette Gare du Nord et sa faune d’anglos frenchisés est simplement capitaliste.

      Enfin… j’en suis sorti avec deux envies: ne plus jamais voir de films en 3D et voir le doc de Bromberg sur LE VOYAGE DANS LA LUNE.

      http://television.telerama.fr/television/la-seconde-naissance-du-voyage-dans-la-lune-de-melies,75605.php

    • Winslow, sauf votre respect, c’est justement la 3D qui est génial ici: voir la lune arrivé vers nous est une idée de mise en scène que n’aurait pas reniée Méliès. Moretz est formidable. Pour le reste, les acteurs brits qui jouent des frenchies, je ne vois pas le problème d’une convention classique dans une film fantastique pour enfants; le réalisme n’est pas un enjeu ici (je n’ai pas lu un français que cela a dérangé). Sinon, détail, c’est la gare Montparnasse.

      Pour le reste, Ze Artist est un exercice de style réussi, avec quelques bons gags, mais sans aucune vision du monde particulière: c’est la structure du mélodrame, une lettre d’amour à sa femme. De plus, il y a quelque chose de triste à voir que le cinéma français, pour avoir un succès anglo-saxon aujourd’hui, doit se taire (c’est l’ironie du film puisque, on l’aura deviné, Valentin est français). A l’inverse, malgré la fantaisie, Hugo dit beaucoup de chose sur le monde: l,importance de la mémoire, la relation au père, l’homme et l’univers comme automates, l’idée de réparation, l’importance de la littérature et du romanesque (l’aventure), etc.

    • @hlynur

      “–>Donc, si j’ai bien compris, vous trouvez que le cinéma muet est tombé en désuétude et que son charme n’opère plus à condition qu’il soit intégré à une démarche résolument plus contemporaine
      qui sans renier le muet saurait le réactualiser, ou lui insuffler du nouveau…”

      Oui, vous avez bien compris. Lorsque je regarde une vieille voiture des années 20, avec ses imperfections lié à l’usure et au passage du temps, à la patine, je me sens émue par une époque qui n’est pas la mienne et que je n’ai pas connue, alors que lorsque je regarde une reproduction d’une voiture des années 20 construite aujourd’hui, je peux admirer le travail de recherche et la minutie que ça a demandé que de la construire, mais ce qui fait le charme de la première, soit son “histoire” ne s’appliquera pas à la seconde. Lorsque je regarde un vieux Chaplin, il y a quelque chose dans l’image (son côté flou, feutré, fantômatique, les imperfections de la pellicule) qui fait que j’ai l’impression de voir le passé surgir, de voir un document d’archive.

      Scorsese n’essait pas d’imiter le passer, mais bien de créer quelque chose de nouveau dans lequel le passé peut revivre et guider le présent.

    • Pour le “retour du muet”, je suis pour. Il y a tellement de films qui auraient intérêt à l’être, leur valeur en serait rehaussée de façon exponentielle!!! :^)))

      La liste est si longue que je ne sais pas par quel film commencer…

    • @ winslow

      Je partageais un peu votre point de vue sur le 3D, jusqu’à ce que je vois le Pina de Wim Wenders. L’avez-vous vu? Vous devriez! On en sort avec la forte conviction que le film perdra beaucoup de sa pertinence lors de sa sortie en DVD et, donc, en version 2D.

      Wenders nous fait très bien comprendre que la danse est autant question de volume et d’espace que de mouvement. Comme c’est aussi le cas du cinéma, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas y utiliser intelligemment le 3D.

    • Le 3D d’Hugo est génial en théorie, mais dérangeant en pratique. Dès qu’il y a trop de mouvement (c’est-à-dire 90% du film), l’image devient floue. J’essaie d’être émerveillé par un train qui déraille (il sort de l’écran!), mais je n’y vois que dalle. Le film, alors, ne tient plus à grand chose, il nous reste qu’à essayer d’imaginer ce qu’il serait avec un 3D réussi.

      Que la technologie ne soit pas au point, je veux bien, mais la pauvreté des effets spéciaux type stop-motion était poétique; la pauvreté actuelle du 3D donne mal à la tête.

    • La preuve que la 3D m’a distrait: je me suis trompé de gare!

      La 3D d’HUGO est peut-être géniale pour trois plans mais désagréable pendant deux heures. Je suis complètement en accord avec ce que Ciné en dit. Je vais sans doute redonner une chance au film de Scorsese en 2D à la maison, on verra si mes irritants resteront.

      Sinon, je n’ai pas vu PINA mais on m’en a dit du bien côté tridimensionnel. Je pense effectivement que le procédé peut-être intéressant pour ce genre de projet (et celui de Herzog) mais pour ce qui est de la fiction classique, je suis plus convaincu du contraire.

    • Tout est dans l’oeil de l’observateur dit-on. Pour ma part, j’ai apprécié les deux films pour des raisons fort différentes. Cela dit, je m’interroge concernant la technologie du film de Scorcese puisque j’ai éprouvé des maux de tête à sa sortie. Etrange car si j’enlève les lunettes durant la projection, je perçois chez “Hugo” un relief(effet 3D) saisissant alors que dans “Avatar” par exemple on ne distingue que peu de différences avec ou sans lunettes. Est-ce que cela peut-être une indication de la qualité du 3D ?

    • Détesté Hugo, le Tintin de Scorsese. En 2h, impossible de trouver une scène qui arrive à la cheville de n’importe quel extrait de 30 secondes de goodfellas. C’est le film le plus triste de sa carrière. Je suis certain qu’il ne l’a même pas réalisé; il a donné un contrat à 20 techniciens du C.G. et voilà.

      The artist n’était pas brillant non plus.

    • Ciné et Winslow, le confort du 3D varie beaucoup selon les individus. C’est la même chose avec la caméra portée: j’ai un ami qui vomit après deux minutes de film. Moi j’ai trouvé Hugo très clair, pas de problèmes, mais il est vrai que j’étais dans une super salle.

    • @old_man

      Vous dites mieux que je ne puis la différence entre les deux films. Son “histoire” c’est l’aura du passé.

      J’ajoute un truc: dans un film muet, il y a toujours de l’étrangeté: des procédés cinéma oubliés aujourd’hui, un comportement humain qui n’a plus cours, des objets oubliés. Voir un film muet, c’est allé à la rencontre d’un monde oublié. Dans The Artist, il n’y a que du connu: la voiture de Sunset Boulevard, la danse de Fred Astaire, etc. Il n’y a jamais d’étrangeté, seulement la nostalgie de films archiconnus.

    • Je voulais dire: l’histoire de la voiture de 1920, c’est l’aura…

    • “Etrange car si j’enlève les lunettes durant la projection, je perçois chez “Hugo” un relief(effet 3D) saisissant alors que dans “Avatar” par exemple on ne distingue que peu de différences avec ou sans lunettes.”

      Ça dépend surtout du moment où vous enlevez les lunettes. Certains plans sont en profondeurs, d’autres presque pas.

    • “Détesté Hugo, le Tintin de Scorsese. En 2h, impossible de trouver une scène qui arrive à la cheville de n’importe quel extrait de 30 secondes de goodfellas.”

      Aucun rapport entre les films, comparaison sans intérêt.

    • “Que la technologie ne soit pas au point, je veux bien, mais la pauvreté des effets spéciaux type stop-motion était poétique; la pauvreté actuelle du 3D donne mal à la tête.”

      Tu parles de l’animation 3D (image de synthèse en volume) ou de stéréoscopie (3D avec lunettes)? Pcqu’il n’y a pas beaucoup de rapport entre stop-motion et stéréoscopie.

    • Pina en 3D a son intérêt pour les chorégraphies de groupe. Les solos et les duos auraient gagné à ne pas en avoir (mais ça ne fonctionne pas nécessairement comme ça). Wim Wenders a été malhabile par bouts, avec des dossiers de chaises laissés à l’avant-plan (donc, en 3D, tout près de nous), comme s’il avait oublié qu’il filmait en 3D, et avec des interprètes qui passent trop près de la caméra trop rapidement, ce qui, à la projection au Clap du moins, rendait le mouvement très flou, presque décomposé.

      Quant à l’idée qu’il ne trouvait pas d’autres moyens de filmer la danse autrement que par le 3D… Il y a des contre-exemples prouvant que le 2D est fort efficace (Amelia, Pas de deux, pour prendre des exemples québécois).

    • Pas de deux en 3D, c’eut été magnifique.

    • Non, il n’y a pas de rapport entre stop-motion et stéréoscopie, je voulais seulement dire qu’il est plus facile de passer outre les défauts d’une technologie quand elle ne provoque pas de mal physique.

      Le mal de tête, peut-être pas tout le monde, mais l’image floue? C’était le cas dans tous les films en 3D que j’ai vus, dès qu’il y a du mouvement rapide, l’image perd en résolution. Sauf Tintin en fait, peut-être que l’animation rend le procédé plus facile à maîtriser.

    • “Aucun rapport entre les films, comparaison sans intérêt.”

      La comparaison est au niveau du traitement. Le sujet n’a aucune importance, ni les thèmes qui les transcendent. Rien n’excuse les dialogues stupides, le acting maniéré, les longues séquences d’actions prétexte au 3D, la poursuite suspendu dans le vide qui évoque un film muet mais qui en soit n’a rien pour fasciner. Arrêtez-vous à étudier les scènes plutôt qu’à vous complaire dans des méta réflexions sur le l’amour du cinéma. Lisez un livre plutôt. Nuit américaine est un bon exemple de bon film sur le cinéma. Cherchez de ce côté là.

    • eturgeon, avez-vous remarqué que c’est un film pour enfant et non un film réaliste sur la mafia?

      En fait, c’est la grande beauté du film: comme Méliès ce n’est qu’un film pour enfants et c’est merveilleux.

    • @unholy_ghost

      Je suis d’accord avec vous, c’est un film pour enfant.
      Mais pour l’amour de Dieu, pourquoi faut-il absolument que les films pour enfants soient si peu inspiré, spécialement lorsque celui qui aux pilotes est le grand scorsese! Pourquoi Miyazaki de son côté, avec des histoires parfois encore davantage pour les plus jeunes, réussit à incorporer des éléments qui fascinent les plus vieux? Sérieusement, je suis parti avec des bonnes intentions avec ce Hugo, et j’étais à la recherche d’une scène qui allait m’émerveiller, me fasciner. À part les moments où on en apprend sur Méliès, je m’ennuyais.

    • Et bien moi le film m’a émerveillé, que dire de plus.

    • @ eturgeon et unholy_ghost

      Si je peux me permettre d’intervenir, je préciserai qu’il s’agit d’un film sur le sentiment d’émerveillement propre à l’enfance. Le moment le plus émouvant du film survient au tout début, lorsqu’on est introduit à Hugo qui regarde le monde qui se présente à ses yeux à travers une ouverture dans le mur; comme Scorsese lorsqu’il était un enfant malade confiné à sa chambre et qui regardait passivement à travers le miroir l’action du quartier de Little italy à laquelle il ne pouvait prendre part, Hugo «met en scène» ce qu’il voit à travers son objectif improvisé, il crée son propre film, permet d’inscrire son empreinte sur un monde hors de sa portée grâce à sa propre vision.

    • @Siroka

      Je comprends que présenté comme cela, ca a plus de résonnance.

      Mais n’êtes-vous pas d’accord que l’Art se passe d’explication? Regardez les 3 premières minutes de raging bull. Même si c’est déjà évident qu’il s’agit d’un boxer, je n’ai pas besoin de tout un contexte pour apprécier ce que je vois, et même être touché. Un seul plan, 3 minutes, et je suis déjà touché.

      Je sais que je mélange encore les genres, mais c’est que pour moi il n’y a pas de mur.

    • @unholy ghost

      Les “plans” peuvent effectivement induire en erreur la perception mais je fais référence à plusieurs minutes sans lunettes et à des intervalles étalés sur plusieurs plans donc, je continue à me questionner puisque “Hugo” est le seul film pour lequel j’ai éprouvé un tel malaise. Cela dit, rien à voir avec mon état physique puisque je me sentais en pleine possession de mes moyens. Rien à voir non plus avec la durée puisqu’Avatar va au delà des 120 minutes. Conclusion possible, existerait-il effectivement un 3D à rabais et si oui comment être sur de le reconnaître par rapport à un 3D disons plus “performant” ?

    • “Mais n’êtes-vous pas d’accord que l’Art se passe d’explication?”

      Non. Et si vous le pensez vraiment, qu’est-ce que vous faites sur un blogue de cinéma?

    • @cinematographe

      d’accord, pour vous je vais reformuler: l’art doit s’auto-suffir.

    • Je peux décortiquer de long en large pourquoi je trouve que telle scène est puissante et révelle ceci ou cela sur la psychologie d’un personnage, expliquer les sub-text, les métaphores, etc. Mais le bon film va se passer de mes explications. Ce que je veux dire c’est que non seulement ca doit être self-explanatory (pas pour autant évident), mais il faut en plus que ce soit intéressant, fascinant. L’Art qui se contente d’évoquer sans fasciner est inutile.

    • Ben dans ce cas, pas besoin de connaître la bio de Scorsese (je ne la connaissais pas) pour comprendre qu’il y a une mise en abyme du cinéma dans Hugo. Un petit gars vivant isolé dans une gare qui voit se dérouler par un trou dans le mur ou toutes sortes d’ouverture des scènes muettes typiques du cinéma des premiers temps, c’est très auto-suffisant.

    • Jean Dujardin doit s’excuser pour avoir juré dans la Langue de Molière.
      Comme quoi les Américains le préfèrent quand il se tait.

    • @cinematographe

      Je faisais référence à l’exemple précis de @Siroka, parce que je lui répondais. Je ne dis pas que le film est impénétrable. Ce que je dis c’est que le film est pauvre dans la mise en scène et dans le scénario. Maintenant, ca ne nous empêche pas d’apprécier la belle déclaration d’amour pour le cinéma. Mais ca, c’est indépendant du film.

    • Voyons, comment la “belle déclaration d’amour” peut-elle être indépendante du film? Elle ne passerait pas cette déclaration si la mise en scène était pauvre, et elle ne serait certainement pas “belle”.

    • @cinematographe

      Je me suis mal exprimé. La déclaration d’amour ou n’importe quel thème n’est pas indépendant de la mise en scène: elle en est dépendante pour fonctionner totalement. Je suis d’accord avec vous.

      Ce que je dis c’est que PARCE QUE la mise en scène est générique, le message ne me touche pas. Et parce que rien des mécanismes cinématographiques n’aident en ce sens, le message se passe du film, et vice-versa. J’aurais pu lire le scénario, ou assister au pitch de pré-production de Scorsese, et je n’aurais rien manqué.

    • Si vous trouvez Scorsese et Spielberg génériques, deux des cinéastes hollywoodiens les plus personnels, au style et aux thèmes immédiatement reconnaissables, je pense qu’il vous faudrait reconsidérer votre notion du mot “générique”.

      D’ailleurs, la comparaison Tintin et Hugo est fort pertinente (je n’y avais pas encore pensé, merci pour l’intuition): deux films sur l’émerveillement, deux cinéastes réfléchissant la place de l’artifice dans leur propre cinéma, avec au centre la même relation père-fils: un fils adoptif doit apprendre au père à réinvestir un passé qu’il préfère oublier (Haddock qui doit se souvenir de son ancêtre pour briser la lignée des Haddock irresponsables, Méliès qui doit cesser de nier son métier de cinéaste), avec bien sûr la culpabilité du père.

    • L’automate, aussi, est dans Tintin, puisque ce Tintin ressemble étrangement au Gigolo Joe de A.I., alors on se retrouve avec la même figure d’automate-cinéma générateur d’émerveillement.

    • J’aime spielberg pour ce qu’il a fait par le passé. Idem pour Scorsese.

      Ceci dit, il faut être capable d’admettre que les réalisateurs changent. Hugo et Tintin: 2 films de techniciens.

    • @cinematographe

      “L’automate, aussi, est dans Tintin, puisque ce Tintin ressemble étrangement au Gigolo Joe de A.I., alors on se retrouve avec la même figure d’automate-cinéma générateur d’émerveillement.”

      Vous intellectualisez au lieu de ressentir l’expérience. Posez-vous la question: en quoi le fait d’avoir filmé ces 1500 plans qui ont couté des millions, avec toutes ces accrobaties, ces explosions, ces angles de caméra tape à l’oeil, ont apporté quoi que ce soit à ce thème que vous intellectualisez. Cessez de vous distancer du film lui-même.

    • Qui vous a dit que je n’ai ressenti en regardant Tintin? Le thème que j’intellectualise provient très précisément de l’aspect tape-à-l’oeil, du mouvement constant, du 3D, de la porosité des frontières dans ce film, du plaisir immense et de l’émerveillement que m’a suscité ce film.

    • On ne ressent /percoit simplement pas les mêmes choses, c’est correct aussi. J’aurais peur du jour où l’art créerait de l’unanimité.

    • Je n’ai encore vu ni Hugo, ni Tintin, mais dans le sillon de eturgeon, je crains le pire : film d’action hyper-solide techniquement parlant, mais qui me laissera émotionnellement vide comme quand je mange un plat sans herbes ni épices : je n’ai plus faim, mais je ne suis pas rassasié!

      Sinon, j’ai vu Contagion hier et j’ai bien aimé; Super 8 ne m’a pas séduit par contre. Au menu ce soir : Blue Velvet et si je ne suis pas trop fatigué, je veux revoir Cherry Blossom…

      @_renaud

      100% d’accord : SVP, avant de révéler un punch ou la fin d’un film, un petit “Attention: Spoiler” serait apprécié!

    • Une petite question, monsieur Siroka, quand vous dites : “proposition de cinéma”, c’est une expression de vous ou c’est un clin d’œil à un autre critique de cinéma ? J’étais curieux de savoir qui était le fameux “critique de cinéma favori” dont un certain chroniqueur parlait ce lundi… (Et apparemment je suis le seul lecteur de votre blogue à avoir remarqué votre allusion.)

      Pouvez vous préciser? -js

    • Foglia, lundi matin, avait publié une chronique (”Les rats des champs”), où il disait à propos d’Une Séparation : “ce n’est plus un film, c’est presque, comme dit un de mes critiques préférés, c’est presque «une proposition cinématographique» et ça, une proposition cinématographique, ça ne rime pas tellement avec Oscar.” Et j’ai lu votre billet tout de suite après, où il était question d’une “proposition de cinéma fort différente”. Je me demandais si Foglia parlait de vous ou si c’était une coincidence.

    • Je n’ai pas vu Hugo mais j’ai vu ”The Artist” que j’ai trouvé très bon. Et attachant aussi par la performance des deux acteurs principaux dans les rôles de George Valentin et Peppy Miller.

      ”The Artist adopte le point de vue du cinéma comme commerce, vantant ses mérites principalement à travers la capacité de l’industrie à se réinventer habilement afin de survivre économiquement”

      Ce n’est pas nécessairement faux mais pas tout à fait vrai, c’est le destin de George Valentin qui nous intéresse. Et qui est acteur d’abord puis quand il se décide de faire le producteur et cinéaste se casse la gueule.

      Cook semble faire une analyse sociologique du film alors qu’on s’intéresse d’abord au destin de Valentin.

      Très beau numéro d’acteur de Jean Dujardin et très belle révélation pour Bérénice Bejo.

      Si on rend hommage à un cinéaste ce n’est pas comme rendre hommage à un acteur du cinéma-muet mais surtout pour son côté ”performer”, sa manière de danser, de bouger, l’humour, la présence…

      J’ai un peu l’impression que Cook analyse le film sur un angle qu’il n’est pas.

    • Tout de même c’est un pastiche The Artist et des variations sur des thèmes connus. C’est quand même le destin de Valentin qui importe plus que l’hommage au cinéma et une analyse sociologie ou historique de celui-ci.

      Bien sûr, il y a un hommage en même temps dans la manière de pasticher.

      J’ai aussi vu un autre film dans la même journée Roméo 11, peut-être plus sensible et portant plus à la réflexion.

      Quand même beaucoup de charisme pour Dujardin et Bérénice Bejo. Et pour le capitalisme et l’histoire de Hollywood cela va pas avec ?

      J’ai bien aimé John Goodman aussi comme capitaliste dans le récit.

    • The Artist, Ghost, n’est pas un véritable film muet.

      Que de la nostalgie ? Un pastiche, un clin d’oeil. Tout de même, toute une performance des deux acteurs.

      Et que voulez-vous cela me touche pareil et j’embarque même si c’est du connu comme le chien qui vient sauver la vie de son maître.

      Martin Bilodeau dans Le Devoir donne trois étoiles et demie aux deux films.

      Et pour la nostalgie, il conclut plus lui que c’est Hugo qui l’est. Par contre, cela ne veut pas dire que vous avez la même définiton de nostalgie.

    • George Valentin est Français ? Pas sûr.

      Par ailleurs, il me fait pas tellement penser à Buster Keaton ou autres grands du muet. Son nom m’évoque plutôt Rudolph Valentino. Son physique ? Il me fait un peu penser à un mélange de Clark Gable et de Vincent Price, la classe quoi.

      Par ailleurs, il y a un aviateur roumain du nom de George Valentin Bibescu.

      http://earlyaviators.com/ebibescu.htm

      S’il avait été Français, nous n’aurions pas écrit Georges, plutôt ?

      The Artist, parle plutôt d’une star, d’une icône de l’époque du muet et il rend hommage aux stars de cette époque là, plutôt qu’à la complexité psychologique, des grands films muets. C’est le monde de George Valentin qui s’effondre. Il faut adopter une approche plus individualisée que sur l’ensemble du cinéma.

      On dit The Artist mais c’est plus Une Star , une icône… Ou encore une définition à l’américaine d’un artiste. Bien sûr, avec tous les prix remportés on image qu’il était aussi un grand artiste mais on va pas explorer cela. C’est plus un hommage aux stars et à la classe de cette époque. En plus du destin d’un homme.

    • “The Artist, Ghost, n’est pas un véritable film muet.”

      Il faudrait l;e dire aux Américains, je crois qu’ils ont compris le contraire…

      Il est français. Je ne sais pas si tu as déjà mis les pieds en France mais un chien sur quatre est celui du film. Il a ôté le S pour américaniser son nom, c’est tout.

    • Le rêve américain c’est pas un peu cela aussi ? Des immigrants venus de partout à l’époque et devenant des vedettes ou bâtisseurs ?

      De plus Uggie, le chien avait déjà beaucoup tourné dans des films de Disney pour enfants. Quoi de plus américain que Disney ?

      http://en.wikipedia.org/wiki/Uggie

      Pour moi, c’est un hommage à cette époque et ces stars là et des clins d’oeil au cinéma muet mais sans que cela soit joué de cette manière.

      C’est certain que cela n’a pas la portée de Charlie Chaplin.

      Pour les Américains, j’ose croire qu’ils ont aimé que des Français rendent hommage à ce patrimoine.

      Puis, la Statue de la Liberté n’a-t-elle pas été offerte par la France aux États-Unis ?

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Statue_de_la_Libert%C3%A9

      ————

      De toute manière, ce n’est pas important, je voulais juste dire en revenant de ma journée au cinéma dimanche que moi j’avais trouvé ce film très bon. Quoiqu’il aurait été possible que je n’accroche pas, j’ai fini par accroché malgré les 20 minutes de pub de départ et ensuite le court-métrage non annoncé…

      Pour un film tu embarques ou pas. Pour le reste, quand l’industrie veut donner toutes les récompenses à un film je trouve que c’est plus une décision d’industrie que de vouloir vraiment récompenser les meilleurs. Ce film, je crois mérite vraiment d’avoir des récompenses et nominations mais d’autres auraient pu en gagner aussi.

      Tout ce que je sais, c’est que j’ai accroché alors que toi non.

      Puis que je n’ai pas la même vision du film qu’Adam Cook et par conséquent Jozef aussi. J’ai l’impression que son analyse passe plutôt à côté de l’essence du film alors que celles de Marc-André Lussier ou de Martin Bilodeau ressemblent plus à celle que je fais moi.

      http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/critiques/critique-cinema/16221-ithe-artisti-le-silence-est-dor.html

      ”Il émane ainsi de The Artist une sincérité irrésistible. Et un amour indéfectible du cinéma.”

      ”ce film délicieusement anachronique emprunte les allures d’une expérience ludique”

      Puis Hollywood ce ne sont pas notamment des juifs qui ont aidé à bâtir le rêve américain ? Et coïncidence ou pas. Michel Hazanavicius est un Français né au sein d’une famille juive.

      Si j’avais vu Hugo, peut-être que je l’aurais aimé mieux aussi. Je ne sais pas. Les deux jouaient pas mal à la même heure.

      C’est alors plutôt Roméo Onze que je suis allé voir comme second film. Un film bien différent, beau et sensible. Quoique moi, j’ai préféré The Artist. Question de mood ?

    • Pas vu Hugo mais à lire plus haut moi je trouve plus que The Artist aborde le cinéma du point de vue d’acteurs et non de celui d’un cinéaste. D’un acteur, d’une star confrontée à son destin. Et son monde qui s’écroule.

      Et que voulez-vous, moi aussi je suis plus impressionné par un réalisateur du nom de Scorsese que de ce que je connaissais jusqu’à maintenant de Hazanavicius. Je trouve son travail tout de même très bien. Et c’est la performance des acteurs qui m’a d’abord soufflée ou charmée. D’origine française et joué par un Français si vous voulez mais cela reste profondément américain ou plutôt une incarnation du rêve américain et des stars et icônes de cette grande époque.

      Je suis nostalgique ? Ou bien je ne fais que constater ? Les stars étaient des vraies stars dans ce temps là. Pas comme aujourd’hui où des stars veulent ressembler à monsieur, madame tout le monde.

      Les films muets pouvaient être plus profonds que cela. Faire de la critique sociale, avoir une grande complexité psychologique. De l’étrange, du bizarre et tout ?

      Et on ne voit pas si c’est le cas ou non pour ce qu’a fait George Valentin ? Effectivement, c’est plus la star qu’on voit avec tous les trucs du métier, la prestance, le charisme et tout cela.

      Ce qui est souvent la définition américaine de l’artiste. Qui pour eux entertainer et performer vont avec ”artiste” , le plus souvent alors que pour moi c’est différent.

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