
J’aime beaucoup certains de ses films, mais le problème avec Terry c’est qu’il a besoin d’un scénariste, désespérément. Il insiste pour surécrire jusqu’à ça aie l’air terriblement prétentieux. Terry s’implique énormément sur des plans poétiques, qui sont splendides, ce sont des peintures, chacun d’entre eux, mais il s’y perd et ses histoires deviennent diffuses. En particulier dans The New World. La première demi-heure est visuellement magique… mais ensuite le récit commence à s’égarer. J’ai été placé à des endroits différents pendant le tournage et, soudainement, mon personnage n’est plus dans la scène dans laquelle je pensais être. C’était très étrange. Tout était débalancé. Et une scène très émouvante dans laquelle je jouais devenait soudainement du bruit de fond. Je lui ai écrit une lettre. Je lui ai donné de la merde. Je ne travaillerai plus jamais pour lui.
- Christopher Plummer lors d’une table ronde organisée par Newsweek, critiquant l’approche artistique de Terrence Malick (qui fait d’ailleurs écho a celle de Sean Penn adressée en août dernier).
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ProCosom.com
26 janvier 2012
18h24
Malick est effectivement un poète et un artiste visuel, mais en tant que réalisateur et au plan écriture, je ne suis absolument pas impressionné. D’ailleurs, son dernier film m’a laissé sur mon appétit : superbe visuellement, mais une histoire somme toute [trop] simple et un montage artistique à la limite du chaotique…
lavoial
26 janvier 2012
18h30
Ces acteurs, si grands soient-ils, ne sont pas les maîtres d’oeuvre d’un film : ils sont de simples exécutants. Un peu d’humilité ne leur ferait pas de tort.
restil
26 janvier 2012
18h35
@lavoial
Et si les briqueteurs se rendent compte que la structure va s’effondrer, il ne devraient pas en aviser l’architecte tout-puissant? Je n’aime pas vraiment les acteurs, mais pour ce qui est du manque d’humilité, ça se retrouve aussi derrière la caméra. Ou avez vous besoin de voir le prochain chef-d’oeuvre d’Uwe Boll pour vous en rendre compte?
lowtech
26 janvier 2012
18h47
“I never said all actors are cattle; what I said was all actors should be treated like cattle.”
C’est Alfred qui le dit.
Max.a.
26 janvier 2012
19h17
«Je lui ai écrit une lettre. Je lui ai donné de la merde. Je ne travaillerais plus jamais pour lui.»
J’ai tendance à penser que les gens qui «donnent de la merde au autres» et qui en sont fiers ne valent pas vraiment la peine qu’on s’y attarde.
The Tree of Life déçoit surtout par l’aspect Nouvel-âgeux de sa conclusion et propose une structure dramatique (à ne pas confondre, il me semble, avec structure narrative) défaillante.
Par contre, est-ce que la narration est vraiment au centre du désir artistique de Malick? Je sais que ce que je trouve extraordinaire lors du visionnage de ces films, ce sont les sensations et les textures qu’il exprime, les sensations qu’il réussit à créer. Comment il arrive à communiquer l’intériorité humaine et ses mouvement face au monde extérieur. Je me sens très humble devant une oeuvre lorsqu’elle me semble sincère et personnelle.
astyanax
26 janvier 2012
19h24
Pas d’accord avec Christopher Plummer.
Les dérives scénaristiques de Malick et ses flous narratifs sont une composante fondamentale de la puissance de ses films. Ils sont comme des respirations sans lesquels The New World ou The Tree of Life paraîtraient trop maîtrisés et complètement aseptisés.
johnnythewolf
26 janvier 2012
19h50
@ Jozef Siroka
Je ne suis pas sûr que « donner de la merde » soit la meilleure traduction pour « give him shit ». Tant qu’à reproduire un passage vulgaire, j’aurais adopté un truc plus idiomatique, du genre « je l’ai envoyé chier ». ;)
centaure
26 janvier 2012
20h08
Les grosses déceptions face à Malick sont de part des artisans qui ont travaillés pour lui, en lui donnant corps et âme, et qui au final sont déçus de la place qu’ils occupent dans le film.
Sean Penn trouvait que l’effort qu’il avait mis dans The Tree of Life avait été ruiné dans le montage final. Adrien Brody, a également signifié la même chose. James Horner avait également critiqué l’utilisation partielle de sa trame sonore pour The New World… et là, Christopher Plummer qui se plain de ne pas apparaitre plus dans le montage final du même film.
Alex North avait ressenti la même chose face à Kubrick quand il s’aperçu que sa musique n’était nul part dans le montage finale de 2001 A Space Odyssey.
Tous ces gens sont blessés dans leur égo, et probablement avec raison, mais à un moment donné, les gens doivent savoir que Terrence Malick construit surtout ses films au moment du montage. Si le final cut de Malick ne leur est pas favorable alors, ils sont déçus et frustrés. Voilà, Malick a une manière très peu orthodoxe de faire du cinéma, ils n’aura pas fini de décevoir bien du monde, je crois.
frank68
26 janvier 2012
21h46
Malick est le réalisateur le plus over-rated … Il a un talent mais ne se rend pas accessible pour 5 sous … ce qui fait tripper les critiques
xenon
26 janvier 2012
22h07
T. Malick, un autre candidat à l’académie des surestimés? ;-)
(ceux qui connaissent Manhattan, de Woody Allen, savent à quelle scène je songe).
Allez, je rigole; je ne connais rien à la filmographie de Malick.
pierrea
26 janvier 2012
22h25
Plummer n’est pas le premier acteur à se plaindre des présumés excès d’un réalisateur fétiche. Dans ce cas-ci, il a sûrement de quoi se plaindre, mais la solution qu’il propose est fort probablement illusoire. Malick ne serait pas Malick si un autre scénariste s’en mèlait. Cependant, je crois que Malick a besoin de recul et d’un peu de fantaisie et de légèreté. Même les plus grands ont pris congé de leur piedestal le temps d’un film ou deux, pour se dégourdir des projets philosphiquement ambitieux. À un moment donné, même les maîtres peuvent en faire trop. Le fait que tous leur répètent qu’ils sont des génies y est pour quelque chose. Son prochain film semble avoir un thèmatique moins vaste, c’est déjà bon signe.
johnnythewolf
27 janvier 2012
08h50
En même temps, vous savez ce qu’on dit : les génies ne sont jamais reconnus de leur vivant! :-P
philgra
27 janvier 2012
09h46
Je suis curieux de savoir si un gars comme David Lynch a aussi eu droit à ce genre de critique par ses acteurs. Certains de ses films sont en effet tellement étranges que c’est à se demander comment les acteurs peuvent se préparer à jouer certaines scènes. Je pense entre autres à Lost Highway et Inland Empire, deux films qui m’ont personnellement laissé fort perplexe.
elisef
27 janvier 2012
09h50
Malick a une façon bien a lui de travailler, qui va complètement à l’encontre du standard. Je pense qu’un acteur ou autre artisan qui décide de travailler avec lui doit accepter de s’abandonner complètement, de lui faire confiance aveuglément. Évidemment, c’est pas facile à faire ou même à accepter. Je peux totalement comprendre les réactions parfois négatives envers Malick, il est très polarisant. Personnellement j’aime son travail justement car il est tellement différent des autres!
Je peux parfaitement voir des acteurs comme Brad Pitt et Christian Bale (un vrai method actor) lui laisser libre court et se laisser porter par ses inspirations du moment. J’ai l’impression que Lars Von Trier doit exiger ce même genre de truc de ces acteurs, malgré que son approche est complètement différente.
teamstef
27 janvier 2012
11h08
@philgra
Je n’ai jamais lû de critiques d’acteurs envers Lynch. En fait, ce que je sais de Lynch me montre qu’il aime les acteurs et il dialogue beaucoup avec eux afin de trouver le bon ton et il l’est met ensuite en valeur de façon magistrale, contrairement à Malick qui met beaucoup moins d’emphase sur la mise en valeur des personnages.
cinematographe
27 janvier 2012
11h49
Malick est formidable pour diriger des acteurs, les gamins de Tree of Life sont incroyables. Mais il ne travaille pas avec des “personnages” au sens strict du terme, il est pas mal plus proche du modèle bressonnien, alors quant à moi, si Plummer avait déjà vu des films de Malick, il aurait dû savoir à quoi s’en tenir: se donner à fond pour une scène très émouvante, ça ne me semble pas très malickien en partant. Peut-être que Malick n’a pas été assez clair dans ses directives sur le plateau, mais lui envoyer de la merde parce qu’une scène est devenue du bruit de fond, c’est n’importe quoi. S’il fallait qu’un acteur se plaigne à chaque fois qu’une scène est coupée au montage…
winslow
27 janvier 2012
12h15
Me semble avoir déjà lu quelque part que Bill Pullman avait détesté et le tournage et le résultat final de LOST HIGHWAY. Mais je n’arrive pas à le retrouver sur le web. Enfin. Preuve de plus, s’il en est, qu’on ne doit pas se fier aux acteurs pour juger de la qualité d’un film…
scories
27 janvier 2012
14h05
“J’ai été placé à des endroits différents pendant le tournage et, soudainement, mon personnage n’est plus dans la scène dans laquelle je pensais être. ”
Voilà sans doûte le coeur du problème; son égo d’acteur a été froissé. Le fils de Mallick ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des films d’acteurs. Les films de Lynch non plus d’ailleurs.
hlynur
27 janvier 2012
14h11
«(…) mais une histoire somme toute [trop] simple et un montage artistique à la limite du chaotique… »
Il est bien vrai que l’histoire de l’Humanité est une histoire bien trop simple…
Il faut croire que Malick est devenu poussif avec les années.