
(pour voir l’image en meilleure résolution, cliquez ici)
En faisant de la lecture de rattrapage, je suis tombé sur cette fascinante photo qui accompagne un article de David Denby (oui, ce même David Denby) paru dans le New Yorker en mai 2009. Avec deux livres récemment parus à l’appui, le critique y défend l’héritage du cinéaste Victor Fleming, qui a été relégué dans l’ombre par la politique des auteurs; le notoire courant intellectuel préférant nettement ses contemporains tels Otto Preminger, John Ford, Howard Hawks ou Ernst Lubitsch, dotés d’une approche plus «artistique».
Mais revenons au sujet qui nous intéresse: cette photo aux allures d’une peinture baroque de Rembrandt ou de Georges de La Tour, qui capte une atmosphère angoissante à travers une mise en scène faussement banale. On se trouve sur le plateau de tournage de Gone With the Wind (1939), alors que Fleming vient d’être engagé en catastrophe pour secourir une production en déroute (il venait de s’acquitter d’une tâche semblable quelques semaines plus tôt avec The Wizard of Oz).
On remarque que tous les hommes présents (à l’exception du cinéaste) braquent leur regard sur une Vivien Leigh stoïque, au profil à la plastique parfaite, qui semble retenir du mieux qu’elle peut une émotion incandescente (à moins que ce ne soit son corset qui l’indispose). Mais que dénote-t-on à travers ces regards intenses?
Les techniciens à l’arrière plan semblent observer, non sans une certaine amertume, un univers qui leur est interdit. Leigh ne leur est pas plus accessible en personne qu’elle ne le serait sur grand écran. Clark Gable, quant à lui, semble un peu plus médusé: quel tour de mon très large chapeau de séducteur devrais-je sortir afin de pouvoir goûter à ses charmes? Il y a là un mélange de tension sexuelle et de sourde hostilité absolument captivant.
Comme on dit, une image vaut mille mots. Lesquels seraient les plus justes?










daniel69
12 janvier 2012
06h40
Bonjour M. Siroka,
Voici une partie du message qui s’est affiché lorsque j’ai voulu agrandir la photo:
«Access Denied
The owner of this website (www.museumofcinema.com) does not allow hotlinking to that resource (/wp-content/uploads/2010/10/gone-behind-1280-1.png). (Ref. 1011)»
Ce n’est pas gentil pour une personne de mon âge de m’empêcher d’agrandir la photo… ;-)
joe_bleau
12 janvier 2012
06h45
Taratata! L’image marche pas!
Aux 2 derniers, essayez plus d’une fois, ou de copier-coller l’adresse! -js
molecule39
12 janvier 2012
06h59
En copiant l’URL, ça fonctionne.
Ils semblent tous s’attendre à ce qu’elle explose de colère d’une seconde à l’autre…
gl000001
12 janvier 2012
08h31
Les deux gars debout semblent douter d’elle avec leur regard de coté. Surtout celui au chapeau noir qui resemble à Lee Van Cleef.
Elle semble un peu étonnée.
C’est Clark Gable qui semble stoïque. Très neutre comme expression.
Le gars aux papiers regarde sans voir. Perdu dans ses explications.
“une image vaut mille mots. Lesquels seraient les plus justes?”
A mon avis, le mot qui représente tou ça est “doute”.
Le nouveau est là pour faire changer les choses. L’actrice principale n’est pas sure de comprendre ce qu’il veut. Les techniciens doutent qu’elle soit capable de faire ce que le nouveau veut.
Et Clark Gable doute du film. Il ne veut pas être supplanté par Vivian Leigh.
pierobi
12 janvier 2012
08h37
D’accord avec @molecule39. Mme Leigh était bipolaire et réputée pour ses sautes d’humeur intempestives. Ils ont plutôt l’air de se demander quand cette magnifique créature se transformera en harpie et Victor Fleming donne l’impression de faire oeuvre de diplomatie. Gable semble plutôt se dire: « Va-t-il vaincre la bête?» et guette tous signes de contrariété dans le visage de la belle.Ce que font les deux techniciens avec moins de flegme.
Fleming était un grand gestionnaire de crise je crois.
Je pense plus à Norman Rockwell qu’à Georges de la tour quand je vois cette image…
justeenpassant
12 janvier 2012
08h57
Magnifique!
vlrglqqf
12 janvier 2012
11h11
Il ne faut pas tomber dans le piège de l’interprétation.
Je suis un fan de GWTW, j’ai lu tout ce qui a été écrit sur sa fabrication, de la recherche hystérique pour une Scarlett O’Hara idéale aux potins plus ou moins créés de toutes pièces, histoires ou légendes, publicité oblige vs la naïveté du grand public. L’Amérique avait un grand besoin de rêver après le crash de 1929.
Vivian Leigh avait encore toute sa tête à cette époque-là. Tous les money makers du cinéma lui tournaient autour, d’où sa méfiance ou ses caprices à prendre des décisions. Des actrices comme Ingrid Bergman refusaient de se laisser usiner en série, sauf les Rita Hayworth, Ava Gardner et cie. Le milieu du cinéma était on ne plus plus versatile après la chute du muet. A l’avènement du parlant, on avait du mal à trouver des acteurs et actrices qui avait la voix et le physique de l’emploi. Une révolution importante dans l’histoire du cinéma.
daniel69
12 janvier 2012
11h18
Quand je lis les commentaires, j’ai tendance à écrire: «Une image vaut mille interprétations.»… :-)
Et puis, vous avez réussi à agrandir? -js
richais
12 janvier 2012
11h42
Je suis un fan fini de GWTW. Mes amis rient de moi quand je dis que ce film fait partie de mon Top 10 à vie ! Ils ne peuvent comprendre qu’un cinéphile passionné puisse tripper sur une oeuvre aussi kitsch. Ce qui les fait encore plus rigoler à mon sujet ? J’ADORE le cinéma muet. Et vous, Josef, êtes-vous également un fan de ‘vieilleries’ cinématographiques ? MERCI pour cette magnifique photo que j’installe immédiatement comme fond d’écran sur mon ordi :)
Tout à fait, je m’assure toujours de me louer un «vieux» à chaque fois que je passe à la Boîte Noire. Justement, hier je faisais référence à Captains Courageous du même Fleming. Ce soir je me prépare à regarder Gun Crazy; je suis particulièrement amateur de films noir. -js
coucou57
12 janvier 2012
12h18
la photo est floue en bas à droite, au niveau du pied gauche de l’homme qui parle à l’actrice. C’est comme si on avait retouché la photo pour en retirer quelque chose. N’empêche, Vivien est belle…très belle
_renaud
12 janvier 2012
12h23
C’est comme si Dorothy avait atterri dans un film de Lynch plutôt qu’au pays d’Oz.
lecteur_curieux
12 janvier 2012
13h35
Comme j’ai eu access denied à ma première tentative… Je me suis rendu plutôt directement sur leur site :
http://www.museumofcinema.com/2010/10/03/rare-vivien-leigh-clark-gable/
Ils nous parlent que tous sauf Fleming : ” seems to be giving Vivien Leigh the stink eye. ” Cela se traduit comment ?
Pour l’interprétation des regards ? Pas sûr. Je trouve plutôt que les deux gars derrière, un main dans les poches et l’autre bras croisés manifestent plutôt de l’impatience pas mal plus que du désir. Pour Clark Gable, son pied ne pointe même pas vers elle… Son regard est un peu paternaliste, je dirais et avec un brin d’affection, il se croit supérieur à elle. Un peu plus patient que les techniciens. Gable se trouve beau et pense que c’est lui la grande vedette et non elle. L’autre homme avec le chapeau peu foncé, semble donné des instructions à Vivien Leigh . Qui lui semble lui dire : ”m’avez-vous bien compris ? ”. Ce dernier étant à l’écoute de Fleming à côté de lui.
C’est cet homme que Vivien Leigh regarde… Pour ce qui a trait au désir, il semble qu’il soit plutôt présent dans les yeux du cinéphile que dans cette scène.
lecteur_curieux
12 janvier 2012
13h41
Une photo avec George Cukor à la direction :
http://www.museumofcinema.com/2011/05/08/rare-gone-with-the-wind-behind-the-scenes-still/
aisselle
12 janvier 2012
13h49
je ne peux m’empecher de voir Vivian assise sur une toilette, conçu pour être efficace durant le tournage, et que les 5 hommes réagissent différement.
comme quoi, je rejoints daniel69 sur les milles interprétations.
daniel69
12 janvier 2012
13h49
M. Siroka, j’ai réussi à agrandir la photo grâce à votre truc. J’ai malheureusement oublié de vous en remercier. Mes excuses… :-)
Des excuses c’est un peu trop fort! D’ailleurs, pour les intéressés, on retrouve plein de photos d’archives de tournages sur leur site. – js
.Agent005.
12 janvier 2012
14h36
Certaines photos de cette époque sont tout simplement exceptionnelles en raison de la photogénie et des plans.
Je me souviens d’une photo de Marlon Brando prise dans les années 30 par son père. On jurerait qu’il jouait un rôle.
daniel69
12 janvier 2012
18h21
Je ne crois pas que des excuses de ma part, ce soit trop fort, M. Siroka, pour la simple raison que c’est si facile d’écrire «Merci!», cinq lettres et un point d’exclamation… ;-)
ProCosom.com
12 janvier 2012
18h27
2 mots : tension [sexuelle, effectivement!] et machisme.