Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 4 janvier 2012 | Mise en ligne à 2h00 | Commenter Commentaires (48)

    Le prix (élevé) du cinéma pour adultes

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    Cela aura donc pris un des meilleurs réalisateurs américains de notre époque pour faire un «bon film pour adultes». Le genre de film sérieux et ingénieux; un drame peuplé de héros ordinaires – quelque peu plus sexy et doués que la moyenne, mais foncièrement humains – teinté de mystère, d’un peu d’action et de violence, mais un drame avant tout. Le genre de «produit de qualité» que le studio system débitait régulièrement lors du dernier Âge d’Hollywood, mais qui semble aujourd’hui en voie d’extinction.

    «OK, en 1974, il y avait des centaines de drames qui étaient faits, en 2012 il y en aura 10. Quelque chose comme ça», regrette le scénariste de The Girl With de Dragon Tattoo, Steven Zaillian, qui devra probablement revoir son chiffre à la baisse en vue des prochaines années.

    Bénéficiant d’un budget plus que confortable de 100 millions $, le film de David Fincher s’est avéré une déception au box-office lors de sa première et cruciale fin de semaine d’exploitation, avec 19 millions $ de recettes. Un résultat choquant pour le studio Sony, qui croyait s’être acquitté d’un succès assuré en combinant une équipe créative de la plus haute qualité avec l’appât d’un best-seller planétaire.

    Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer?

    Helen Thompson d’indieWIRE a dressé une liste de cinq raisons qui expliqueraient pourquoi The Girl With de Dragon Tattoo n’a pas fait courir les foules. «1. Sa date de sortie – 2. Un titre peu conventionnel. – 3. L’absence de grandes vedettes. – 4. Marketing déficient. – 5. Trop cher et trop long.»

    Pour élaborer sur le point 4, Thompson précise que le studio a failli à faire une bonne promotion auprès des adultes, ceux-là même qui auraient lu le livre de Stieg Larsson. On a plutôt tenté de séduire un public plus jeune, en leur vendant un produit «sombre et transgressif». Mais peut-on sérieusement blâmer le département marketing? Depuis Star Wars, le mot d’ordre est de viser systématiquement les ados et jeunes adultes lorsqu’il est question de grosses productions.

    Le prix élevé du cinéma pour adultes n’est cependant pas que d’ordre financier. Pour mener à bien de tels projets dans les ligues majeures, l’on se doit d’hypothéquer des talents substantiels, qui autrement travailleraient à plus petite échelle sur des oeuvres plus artistiques. Fincher est peut-être un enfant du studio system (il a réalisé Alien 3 à l’âge de 29 ans), il est néanmoins devenu un spécialiste de productions hybrides; mi-commerciales, mi-personnelles, avec des budgets oscillant autour de 50 millions $.

    The Girl With de Dragon Tattoo est clairement un film de commande pour lui et, tout en admirant le résultat final, l’on ne peut s’empêcher de se demander s’il n’aurait pu conserver ses énergies pour nous offrir quelque chose de plus personnel et de conséquent. Comme le dit Dana Stevens de Slate: «Même le style élégamment macabre de Fincher ne parvient pas à détourner ce noir suédois en une méditation sur le mal et la corruption qu’il prétend être».

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    Même si The Girl With de Dragon Tattoo possède plusieurs points en commun avec Seven et Zodiac, deux films précédents (et supérieurs) de Fincher qui mettent en scène un tueur en série et une atmosphère glauque, il ne partage pas leur ambition. Je pense en particulier à Zodiac, le chef-d’oeuvre néo-néo-réaliste du cinéaste, qui se sert des éléments propres au genre pour explorer des idées intéressantes à propos de la conscience humaine: les répercussions d’une obsession psychologique, d’une psychose collective, du passage du temps, etc.

    À fins de comparaison, il n’y a qu’à évaluer les conclusions des deux films en question. Zodiac se termine avec une fin ouverte; tous les efforts menés pour démasquer le Méchant se sont avérés vains. Morale de l’histoire: la quête pour la vérité absolue en est une qui est futile, il faut accepter la part de mystère dans l’expérience humaine.

    The Girl With de Dragon Tattoo, au contraire, contient une résolution définitive puisqu’il doit suivre la recette d’une certaine formule qui incorpore les mystères à la Agatha Christie et les thrillers hollywoodiens: le Méchant, qui se conforme forcément au «Fallacy of the Talking Killer» du glossaire de Roger Ebert, déclame un trop long discours à sa potentielle victime, ce qui l’empêche d’accomplir son acte meurtrier et permet au héros d’être sauvé in extremis. S’ensuit une course poursuite à la suite de laquelle le Méchant meurt de manière brutale…

    Le poids du feu vert

    Maintenant, comprenez moi bien: je considère The Girl With de Dragon Tattoo comme un très bon film, un divertissement de qualité supérieure que je n’hésiterais pas à revoir. Et, s’il ne s’agit pas d’un chef-d’oeuvre, c’est peut-être parce qu’il n’a jamais tenté de le devenir. Comme le dit Mick LaSalle du San Francisco Chronicle dans sa critique purement élogieuse: «Parfois un film n’est pas plus important qu’il ne devrait l’être, et la satisfaction qu’il procure est entièrement due au fait qu’il est exceptionnellement bien fait – à travers son casting et sa conception, son histoire et son récit, et dans l’exécution de tous les instants.»

    Le seul truc qui me tracasse se situe au niveau opérationnel, concerne la business de cette industrie avide de valeurs sûres. J’applaudis donc avec force Sony d’avoir eu le courage de démarrer une «franchise cotée R», dénuée de super-héros, de vedettes et de happy end. (Malgré les retombées au box-office en deçà des attentes, le studio a confirmé mardi qu’il allait toujours de l’avant avec la suite). Mais lorsqu’on rivalise dans un milieu à si haut risque, certains compromis sont inévitables. Employer David Fincher s’est révélé une excellent idée, mais il ne faut pas se leurrer: c’est Fincher le technicien de haut vol qu’on est allé chercher, pas le Fincher potentiellement visionnaire.

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    Dans la conjoncture économique qui prévaut à Hollywood, il y a une sorte de cercle vicieux qui se crée lorsqu’on approche le rarissime domaine du «cinéma commercial pour adultes»: on requiert un cinéaste de la plus haute qualité, tout en s’assurant qu’il soit bien dompté, qu’il ne tente pas trop d’acrobaties ou d’expérimentations, qu’il ne transgresse pas le genre qui lui a été assigné, enfin, qu’il soit au service du matériel qui a généré le projet (dans le cas à l’étude, le roman de Larsson). En deux mots: Martin Scorsese… Croyez-moi, si Fincher avait réalisé The Da Vinci Code, on en parlerait en termes aussi flatteurs qu’on le fait pour The Girl With de Dragon Tattoo.

    Dans un monde idéal ou, plus concrètement, dans les années 1960-1970, les studios retiennent les services de réalisateurs compétents pour mener à bien leurs films pour adultes. On n’a pas nécessairement besoin de la crème de la crème pour obtenir un feu vert. Pour réaliser The Manchurian Candidate, on peut très bien se passer de Stanley Kubrick: John Frankenheimer fait très bien l’affaire. Laissons tomber Francis Ford Coppola pour Papillon, Franklin J. Schaffner est disponible. Terrence Malick serait bien trop imposant pour faire All The President’s Men; Alan J. Pakula se montre bien heureux d’en prendre les rennes. Et aujourd’hui, quels sont les équivalents des Frankenheimer, Schaffner, Pakula (pour ne pas dire des Sidney Pollack, Richard Fleischer, Norman Jewison ou George Roy Hill)? Difficile à dire, puisqu’ils sont tous occupés à divertir les ados…

    Dans un monde idéal, les grands devraient s’occuper à travailler sur leur prochain grand film.


    • ”on requiert un cinéaste de la plus haute qualité, tout en s’assurant qu’il soit bien dompté, qu’il ne tente pas trop d’acrobaties ou d’expérimentations, qu’il ne transgresse pas le genre qui lui a été assigné”

      ça ne date pas d’hier ?

      Stanley Kubrick, encore peu connu à l’époque mais visiblement plein de talent, à dû se laisser ”dompter”, voire éteindre, pour faire Spartacus ? On connait la suite … Never again qu’il s’est dit.

      à quelque part, c’est de la responsabilité du réalisateur que d’accepter, ou pas, des projets qui sortent de ses ambitions personnels. Mais, bien sûr, le cinéma reste la forme d’expression artistique la plus onéreuse et, de facto, la plus liée au mercantilisme. On fait avec les règles du jeu ou on change de jeu.

    • ”Dans un monde idéal, les grands devraient s’occuper à travailler sur leur prochain grand film.”

      Tant qu’à moi, dans un monde idéal les plus grands devraient s’occuper à travailler sur des séries télé ou équivalent en plusieurs sections (trilogie, etc..). Qui de majeur à touché à ce medium, à part Von Trier et David Lynch avec son incroyable Twin Peaks ? Je rêve à un inception de Chris Nolan en version super extended de 1000 minutes… Je rêve d’un Woody Allen multi-layers dans le psyché humain, avec personnages approfondis, qui dure plusieurs épisodes… Je rêve d’un Gilliam ou Burton complètement débridé qui s’évade encore plus loin que la lune du Baron ou le fond du trou du lapin blanc… Délivrez les du long-métrage, cette prison dorée.

    • Peut-être est-ce une question de synchronicité pour The Girl Witt de Dragon Tattoo.Je n’ai pas vu ce film,mais il me semble que l’original n’est pas encore consommé entièrement que l’on a sauté sur l’occasion d’en faire un remake trop rapidement.

      J’ai regardé la trilogie trop récemment pour m’intéresser à celui-ci.Il ne faut pas oublié que c’est un film d’ambiance et on aurais dû attendre une dizaine d’années avant d’en faire un remake..

    • Dragon Tatoo n’est pas à la hauteur de Seven, Zodiac ou Social Network, mais c’est bien plus qu’un simple divertissement. On ne peut pas se fier seulement à la fin pour juger de la complexité du film (de toute façon, ce que dit le méchant pour se justifier n’est vraiment pas si simple), chaque plan est chargé de sens, et c’est un film très personnel, tous les thèmes habituels de Fincher sont présents. Ça fait trois semaines que j’ai vu ce film et j’y pense encore régulièrement. J’ai rarement vu quelqu’un partir d’un matériel de base aussi ordinaire, le suivre presque à la lettre, et aboutir sur une oeuvre aussi complexe et subtile; c’est dire la grandeur de la mise en scène.

      Mais je suis presque content que ça n’ait pas marché au box-office, j’aimerais mieux que Fincher s’attaque à des scénarios plus substantiels plutôt que de perdre son temps sur cette trilogie, je doute qu’il puisse vraiment aller plus loin en réalisant les suites.

    • Bref, tout est une question d’argent? L’éternel débat : Argent vs. Art.

    • Votre article tombe à point, j’ai prévu d’aller voir ce film cet après-midi!! J’ai vu la trilogie Millenium que je qualifie de bon téléfilm, alors j’ai bien hâte de voir cette version réalisé par Fincher que je considère comme l’un des grands de notre époque!!

      @ ronnit

      Je ne crois pas que ce soit du au fait que l’original soit sortie récemment parce que de toute façon la plupart des Américains n’ont pas vu cette version.

    • Je pense qu’on fait une erreur en séparant les cinéastes entre commerciales et artistiques. Les films de Fincher sont en très grande majorité des films grand public et c’est sa passion pour le matériel qui passe le film à un autre niveau. Seven et Zodiac sont des films policiers d’abord et avant tout. La trilogie Dragon Tattoo est simplement une série mal écrite que Fincher ne pouvait complétement sauver.

    • Les arguments d’Helen Thompson sont intéressants. Par contre je ne pense pas que ce soit un problème de date de sortie, de titre ou le fait que le film soit trop long.

      Ce serait plutôt un problème lié au manque de vedette et au marketing. Un Brad Pitt dans le role principal aurait certainement augmenté la visibilité. Enlève Brad Pitt de Seven et Fight Club et ils auraient connus beaucoup moins de succès.

      Pour le marketing et bien ce n’est pas qu’il était mauvais, c’est juste que c’est un film difficilement vendable. Ce n’est pas comme Social Network. Un film sur Facebook, c’était certains que ca allait un gros hit au box office.

    • Encore une fois, on est assez difficile avec Fincher. Ce premier Millenium n’est pas aussi bon que Seven et Zodiac (quoi que il est plus rythmé que ce dernier) mais c’est plus que simplement un bon divertissement. Tintin, Mission impossible, The Descendants et Super 8 entre autres sont de bons divertissements. Le Millenium de Fincher a tout de même beaucoup plus de profondeur et d’atmosphère que ces divertissements (sans parler de la version originale). Quant à la comparaison de la fin avec celle de Zodiac, Fincher avec un livre à respecter et si vous connaissez la suite, la conclusion de ce premier tome n’est que le prélude aux drames à venir.

      Comparer du Fincher avec du Fincher est un peu injuste. Je vais citer Budd dans Kill Bill 2 lorsque le personnage de Elle lui demande si l’épée Hanzo de Kiddo est meilleur que son épée Hanzo. Budd lui explique alors que si tu veux comparer une épée Hanzo, il faut la comparer avec toutes les autres épées faites dans l’histoire de l’humanité et non pas avec une autre épée Hanzo. Alors voilà, est-ce que Dragon Tattoo est un simple bon divertissement? Si oui, il n’y a eu que pratiquement du divertissement au cinéma en 2011 puisque ce Dragon Tattoo est facilement supérieur aux Descendants, The Help, Ides of March, Moneyball et autres qui se retrouveront en nomination pour les grands prix. Je n’ai pas vû War Horse mais j’ai comme un pressentiment que je vais préférer Dragon Tattoo. Quant à The Artist, je suis maintenant pas mal certain que je serai déçu. Bien sûr qu’il y a eu quelques films supérieurs à Dragon Tattoo mais ils se comptent sur les doigts de la main.

    • @stef27 “Je ne crois pas que ce soit du au fait que l’original soit sortie récemment parce que de toute façon la plupart des Américains n’ont pas vu cette version.”

      C’est parce que les américains sont pas capable d’accepter que du bon cinéma peut être fait ailleur, ils n’écouteront jamais une version doublée ou sous-titrée, il doivent refaire le film selon la norme Hollywoodienne.

      Je n’ai pas encore vu la version américaine, mais j’ai été plus que satisfait de l’originale suédoise, alors je vais attendre que le Bluray sorte et que sont prix tombe sous les 15$ pour la voir.

      En passant, un coffret série télé de Millénium vient de sortir avec je crois 2 heures de plus que les trois films ensemble.

    • Moi je rejoints ronnit et je ne comprends pas que Mme Thompson ne mentionne pas cet élément crucial dans sa liste d’éléments expliquant le peu de succès au box office du film!

      Faire un remake à peine 2-3 ans après la sortie d’une première adaptation qui fut tout de même plus qu’acceptable mettant en vedette une actrice de premier plan qui s’est révélée à la face de la planète (Noomi Rapace!)

      Personnellement, c’était un pari raté d’avance, même avec des acteurs de premiers plans, je ne suis pas certain que ça l’aurait été beaucoup mieux! D’ailleurs, est-ce déjà arrivé d’avoir vu deux adaptations d’un roman sortir à des intervalles aussi rapides?

      Sinon, moi je veux absolument voir Pina de Wenders, ça vaut la peine, le 3D ajoute quelque chose?

    • Le titre de l’article porte un peu à confusion.

      On pourrait croire qu’il s’agit d’un article sur le prix des films XXX. :noel:
      C’est ce que j’ai cru en voyant le titre.

    • Quant au films d’adulte, disons qu’on a tout de même été assez bien servi en 2011. Est-ce qu’on peut vraiment se plaindre d’avoir vû ces films qui me viennent en tête (pas tous des chefs d’oeuvre mais de la bonne qualité)?
      - Dragon Tattoo
      - Carnage (pas encore vû mais c’est du Polanski)
      - Tinker, tailor, soldier, spy
      - Shame
      - A dangerous method

      - The artist (quoi que….trop de “hype” artificiel)
      - The Descendants
      - Melancholia
      - The Tree of life
      - J. Edgar
      - The Rum diary
      - Margin Call
      - Beginners
      - La peau que j’habite
      - The Ides of March
      - Drive
      - Contagion
      - The debt
      - The devil’s double
      - Crazy stupid love
      - Another earth
      - Midnight in Paris
      - The Conspirator
      - The Lincoln lawyer
      - The adjustment bureau

    • j avais deja vu la trilogie millenium et je suis aller voir the girl with the golden tatoo et j ai bien aimer ce film et le recommende a tout le monde,il ne faut pas comparer les deux films car ils sont fait de maniere differente,et Noomi Rapace est tres difficile a remplacer pour ce rolle.

    • Je n’avais malheureusement pas vu “Zodiac” et vous en dévoilez la fin :(

      Quand le paragraphe commence par «À fins de comparaison, il n’y a qu’à évaluer les conclusions des deux films en question.», ça fonctionne en partie comme un avertissement… -js

    • C’est amusant, les gens vont au cinéma, payent environ $10.00 et s’attendent à être flabergasté par une expérience dépassant le Nirvana à chaque fois…

      N’est-il pas un peu utopique d’espérer aller voir un film en salle par semaine et de toujours découvrir une création exceptionelle? Si les chefs d’oeuvre étaient 13 à la douzaine, ils n’auraient plus valeur de chef d’oeuvre.

      Si chaque fois que Fincher signe un film, ce film devient l’oeuvre d’une vie, est-ce qu’on est pas un peu en train de sombrer dans l’enflure verbale?

      Avez-vous lu mon post jusqu’à la fin? -js

    • @littleviking26

      je suis allé voir Pina ce week-end et j’ai bien aimé…quoi que c’est très hermétique par endroit, rien n’est expliqué, je ne connaissais pas la chorégraphe en question alors beaucoup de place fut laissé à mon imagination tout de même. Le rendu final est très bien en 3D…le film peut perdre de son effet sans 3D je pense. C’est un beau film d’art.

      Sinon, j’ai regardé le documentaire Capturing The Friedmans hier, je le recommande à tous…paru en 2003.

      Finalement, mon intérêt envers Millenium est nul, mais j’aime bien Fincher.

    • richais : Zodiac est basé sur un fait vécu d’un tueur en série qui n’a jamais été retrouvé. Vous n’avez qu’à regarder sur wikipedia. Ce n’est pas dévoiler la fin, c’est un cas célèbre. C’est comme dire que le bateau coule à la fin du Titanic, ce n’est pas vraiment ce que j’appelle “spoiler un “film”.

    • Très bonne analyse Jozef. Je suis d’accord avec tout ce que vous dites, sauf votre titre.

      Non, je ne pensais pas que c’était un article sur les films XXX – à part si Sasha était dedans ;-) !

      Votre article sous-entend que les “adultes” forment une catégorie de spectateurs, par opposition aux jeunes. Il faudrait faire la nuance entre public et spectateurs. C’est vrai que le cinéma comme activité de loisir est une activité assez typée (enfants, ados, couples, etc.), mais le film en tant qu’oeuvre ou que divertissement vise un public beaucoup éclectique que ce que son marketing de salle laisser supposer. (DVD, location, etc.)

      Les “adultes” de type “sérieux et ingénieux” qui regardent des films “d’ados” sont pas mal plus nombreux qu’on pense. Parlez-en à mes amies de 32 ans ntello qui trippent sur Twilight…

      C’est un peu ça aussi le problème: comment demander à un studio d’investir des millions dans un film dont le public cible est difficilement identifiable et rejoignable, dans un contexte où les films (et les réalisateurs) sont de plus en plus spécialisés et associés à un genre précis?

      Je pense que le Golden Age ne reviendra pas avant un bout. Les scénarios des “Grands” vont se distancer de plus en plus de ce que les studios recherchent.

    • Ce ne sont pas vos attentes ni votre commentaire qui m’amuse Jozef, mais les attentes et les commentaires du publics (les gens).

    • Vous dites : “Dans la conjoncture économique qui prévaut à Hollywood, il y a une sorte de cercle vicieux qui se crée lorsqu’on approche le rarissime domaine du «cinéma commercial pour adultes»: on requiert un cinéaste de la plus haute qualité, tout en s’assurant qu’il soit bien dompté, qu’il ne tente pas trop d’acrobaties ou d’expérimentations, qu’il ne transgresse pas le genre qui lui a été assigné, enfin, qu’il soit au service du matériel qui a généré le projet (dans le cas à l’étude, le roman de Larsson). En deux mots: Martin Scorsese…”

      Excusez-moi l’emprunt, mais ca mérite un gros WTF. Vos deux mots auraient dû être Ron Howard, surtout compte tenu de l’exemple choisi (The Da Vinci Code), et que Scorsese n’est jamais purement au service du matériel qui a généré le projet. Hugo et Shutter Island, pour ne nommer que ses 2 plus récents films commerciaux, touchent tous les deux à des sujets extrêmement proches des intérêts de Scorsese, et selon des codes cinématographiques très loin des modes actuelles. Hugo est un des meilleurs films de l’année, d’ailleurs, et une des productions les plus personnelles d’Hollywood en 2012.

      J’espère presque que c’est une faute de frappe.

      On a déjà eu une très agréable discussion à ce sujet Guillaume. Et pour ce qui est de Ron Howard, l’exemple ne tient pas la route parce qu’il n’a jamais eu a compromettre ses capacités artistiques, qui sont de fait inexistantes. À propos de Scorsese, vous pouvez (re)lire mon analyse de sa période DiCaprio, dans laquelle je précise mon point de vue. -js

    • ” Pour le marketing et bien ce n’est pas qu’il était mauvais, c’est juste que c’est un film difficilement vendable. Ce n’est pas comme Social Network. Un film sur Facebook, c’était certains que ca allait un gros hit au box office”

      Le livre a néanmoins été un méga succèes mondial…

      Le téléfilm américain était très bon; iln’y avait aucun besoin d’aller faire cette superproduction. Ce qui me fait plaisir intérieurement ;-)

      Un ‘’spoiler alert” pour Zodiac aurait été apprécié…

      À propos de Zodiac, merci de méditer sur le commentaire de venne777. D’ailleurs, j’indique en début du paragraphe que je m’apprête à discuter de la fin des deux films. Pardon si je respecte trop l’intelligence de mes lecteurs… -js

    • ahahaha:
      “Et pour ce qui est de Ron Howard, l’exemple ne tient pas la route parce qu’il n’a jamais eu a compromettre ses capacités artistiques, qui sont de fait inexistantes.”
      Commentaire très drôle, mais peut-être un peu “dur”!! J’avais bien aimé son film Frost/Nixon de 2008. Le reste de sa filmographie laisse en effet à désirer.
      Pour revenir à Scorsese (qui est un de mes réalisateurs préférés), il est absolument vrai que sa période Dicaprio est beaucoup moins intéressante que ses périodes précédentes. Shutter Island est raté, The Aviator est un bon film mais sans plus, et Gangs of NY est très moyen (à part DD Lewis qui est formidable). Par contre, bien qu’il n’approche pas ses prédécesseurs (e.g. Mean Streets ou GoodFellas), The Departed reste un excellent film: la réalisation est impeccable et le rythme est hallucinant. Le film original, Infernal Affairs est vraiment bon aussi.

      Je pense qu’on ne doit pas tomber dans le jeu des comparaisons trop rapidement entre les films de Scorsese; sa période Dicaprio n’est absolument pas comparable avec la période DeNiro parce que Scorsese ne voulait surement pas l’a recréée… Il voulait probablement essayer autre chose. The Departed est certainement meilleur que 95% des films sortis la même année (i.e. 2006).

      Finalement, on ne doit pas non plus s’attendre, à chaque film, à revoir le Scorsese de Taxi Driver, Raging Bull ou GoodFellas. Hugo est un film génial qui n’a absolument rien à voir avec les vieux films de Scorsese. Son documentaire No Direction Home sur Dylan est incroyable, qui dure 4h et rempli de suppléments vraiment intéressants… et fait en 2005.

      * Autre ordre d’idée: bien que je n’ai pas vu tous les films de 2011, Hugo figure(ra) certainement dans mon Top-10; mais quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi Tinker Tailor Soldier Spy figure nul part (ou presque) dans les meilleurs films de l’année?

      Excellente question. En ce qui me concerne, TTSS figure dans mon Top 1 de 2011! J’attends sa sortie DVD avant d’en faire une critique en bonne est due forme. Pour des raisons de sous-titres et de disponibilité (il a très peu été vu en salle en Amérique du Nord). Sinon, le film n’est pas tout à fait absent des listes. Il figure sur celle des critiques de Londres, ainsi que sur nombre de Tops 10 de blogueurs… -js

    • Dans un monde idéal, les cinéastes devraient respecter l’intelligence de leur public. J’aime bien la phrase de Kieslowski que je me contenterai de paraphraser : ‘Ne jamais sur-estimer la culture du public, mais ne jamais sous-estimer son intelligence.’

      Ce principe devrait s’appliquer autant dans les films pour adultes que les films pour enfants. Mais trop souvent c’est exactement le contraire qui se produit. Comme le public a tendance à confondre intelligence et culture, les cinéastes mulitpliant souvent les références; Ça flatte le public dans le sens du poil et ça lui fait croire que ce qu’il regarde est du divertissement intelligent. Et ça peut nous faire oublier qu’on nous présente des scénarios incohérents et des dialogues ridicules. Suis-je hors sujet?

    • Excellent texte; votre blogue est devenu un incontournable!

      N.B. Je me suis bidonné pendant une heure en lisant le glossaire de Roger Ebert!

    • @lepoete

      Je viens tout juste de voir Girls With The Dragon Tattoo et croyez moi vous seriez plus que satisfait de la version de Fincher et ce dès le formidable générique d’ouverture qui vaut à lui seul le quart du prix du billet. Que dire également de la trame sonore, formidable!!!!

    • @teamstef

      D’accord sur toute la ligne, sauf pour 2 titres :

      Spy Game était loin d’être mauvais; au contraire, j’ai bien aimé! Léger, mais très bien ficelé et divertissant.

      Knight and Day était loin d’être un bon film, mais on ne peut pas dire que ce n’était pas divertissant; pratiquement tous les clichés y ont été intégrés, mais de manière tantôt subtile, tantôt comique tellement c’était exagéré. Honnêtement, je m’attendais à un énorme navet et j’ai été agréablement surpris; faut le voir avant tout comme une comédie plutôt que comme un film d’action/suspense/espionage.

      En passant, plus que quelques jours pour s’inscrire dans ma ligue de hockey cosom pour la saison Hiver 2012. Arbitres, gym double en bois franc et une tonne de stats! Veuillez écrire à info@procosom.com pour plus de détails. Les équipes complètes de même que les joueurs inscrits sur une base individuelle sont les bienvenus; ça fera passer l’hiver plus vite!!!

      En ce qui concerne the Unborn, j’avoue m’être attendu à un film correct, voire bon (genre the Ring), mais j’ai tellement été déçu; Oldman doit effectivement avoir honte!!!

    • @_renaud 4 janvier 2012 09h55 : “Enlève Brad Pitt de Seven et Fight Club et ils auraient connus beaucoup moins de succès.”

      Fight Club a été un désastre de Box Office lors de sa sortie en salle. Comme quoi même la présence de deux gros noms (Pitt et Norton) ne garantit pas toujours le succès.

      C’est devenu un film culte depuis et les ventes de DVD ont été bonnes, mais reste qu’au départ le film a fait 37 millions dans le marché domestique sur un coût de production de 63 millions, sans les coûts de marketing.

    • Votre réflexion est belle Jozef. Pour madame Thompson, cela est intéressant aussi mais j’ai quelques petits doutes sur ces compétences disons au niveau business. Comme malheureusement, j’ai des doutes encore plus gros sur l’amour du cinéma par la business de cette industrie comme elle est dirigée de nos jours.

      Cerner les raisons pour lesquelles un film marche ou non ce n’est pas si facile que cela. Quand même, c’est bien de réfléchir. Pour plus de réussite, il faudrait sans revenir à une autre époque réussir à établir plus de ponts entre l’artistique et le commercial et malheureusement, il semble que les deux ce sont souvent dénigrés souvent à tort parfois avec raison.

      Les grands réalisateurs sont des visionnaires mais les grands dirigeants d’entreprises ou de studios ont pu l’être eux aussi à des époques ou dans d’autres milieux. Vision d’affaires et vision artistique n’ont pas à être incompatibles. C’est normal, quand même, que sur certains projets un ait gagné sur l’autre. Mais est-ce un réel succès dans ce temps là ? Cela dépend des objectifs qui étaient visés.

      Il y a des cinéphiles ou des critiques qui prennent cela très à coeur, on dirait et même presque personnellement. Mais est-ce que l’industrie va vous écouter ? Un public vous lire, certes mais.

      Il faut des intellos ou praticiens avec un côté intello à l’interne à la fois commerciaux et ayant une
      sensibilité artistique. Certes il faut laisser les artistes travailler mais pendant l’âge d’or du cinéma, les patrons s’en mêlaient-ils pas un peu plus mais en faisant triompher cette vision artistique qui en même temps devenait visionnaire commercialement ?

    • Enfin, depuis le temps que j’en rêvais, une chronique sur les films pour adultes!

      Oups… ce n’est pas ce que je pensais.

    • unholy_ghost 4 janvier 2012 23h07 : “Oups… ce n’est pas ce que je pensais.”

      On s’est un peu tous fait avoir! Jozef a eu un titre pas mal inspiré pour attirer les curieux.

    • Plutôt d’accord avec les échanges bigarrés auquel le billet a donné lieu.
      À une exception près. Le commentaire suivant me taraude:

      «Pour mener à bien de tels projets dans les ligues majeures, l’on se doit d’hypothéquer des talents substantiels, qui autrement travailleraient à plus petite échelle sur des oeuvres plus artistiques.»

      Appliquer ce constat au dernier film de David Fincher — voire à son oeuvre — me semble être une assertion on ne peut plus questionnable.

      Combien d’œuvres éminemment personnelles Fincher a-t-il réellement tourné au cours des dernières années ? Si Fincher ne travaillait pas à Hollywood, travaillerait-il réellement sur des projets personnels loin de l’establishment hollywoodien? Notons que Fincher est à ce sujet probablement l’un des rares cinéaste qui a de toute façon suffisamment d’argent (et ipso facto de crédibilité et d’autorité) pour être en mesure de réconcilier ses velléités visionnaires et personnelles aux impératifs économiques hollywoodiens si c’est en fait ce qu’il souhaitait vraiment. Bon, il y a quand même Fight Club et Zodiac vous me direz, mais il s’agit là de deux films sur dix…

      Rappelons de surcroît que Fincher œuvre règle générale dans le cinéma de genre (policier et variantes, science-fiction, etc.), créneau auquel il parvient certes à insuffler une certaine originalité par son talent de créateur d’ambiances et un style visuel hérité des nombreuses années à rouler sa bosse dans la réalisation de publicités, mais où les touches personnelles éparses et parcimonieuses qui y émanent font en sorte que résultat demeure quasi toujours, tel que vous le soulignez d’ailleurs, suffisamment rassembleur pour se mériter le sceau «approved by Hollywood».

      Les thématiques abordées dans ses films (à quelque exceptions près) demeurent donc logiquement bien superficielles, et même si abordées avec une signature et un savoir-faire fincheresque, celles-ci s’inscrivent plus souvent qu’autrement dans la sphère du divertissement hollywoodien de qualité à défaut de témoigner d’une démarche d’auteur.

      Je n’irais pas jusqu’à dire que Fincher est un tâcheron, bien loin de là. Mais peut-on toutefois considérer un réalisateur qui a consacré plus de la moitié de sa filmographie à des œuvres aux visées avant tout commerciales comme un «artiste» qui met en veilleuse sont intégrité créatrice pour tourner des films plutôt dénués d’intérêt le temps d’encaisser son chèque ?

      Fincher est multimillionnaire aujourd’hui. S’il était plus indépendant d’esprit (parce qu’il est de toute évidence indépendant de fortune), le cinéaste en lui ne se gênerait pas pour se lancer inconditionnellement dans des initiatives plus téméraires.

      Ma citation préférée en matière de cinéma est celle d’Andrei Tarkovski qui, avec sa proverbiale intransigeance, nous livre la maxime suivante (qui surplombe d’ailleurs mon écran de PC) :

      «Celui qui trahit une seule fois ses principes perd la pureté de sa relation avec la vie. C’est pourquoi le cinéaste qui dit faire un film de transition, comme pour accumuler des forces en vue de pouvoir enfin réaliser le film de ses rêves, trompe. Pire, il triche avec lui-même, et il ne fera jamais son film.»

      Ce qui m’amène à dire que Fincher est avant tout un styliste qui possède un incroyable talent pour mettre en images la vision que lui proposent les scénaristes auxquels il s’associe. Mais, à mon avis, il ne mérite pas le blason de grand cinéaste qu’on s’évertue à lui accoler.

      Si Fincher fait pour la plupart du temps des films relativement consensuels (mis à part le très nihiliste et subversif Fight Club ou encore Zodiac qui déconstruisait un par un les clichés du thriller), c’est parce qu’il se trouve simplement que le monsieur préconise un style de cinéma qui s’accommode bien des intérêts hollywoodiens. Voilà tout. N’allez pas croire qu’il vire sa conscience à chaque fois qu’il tourne un film à Hollywood.

      J’aimerais élaborer. La volonté y est, mais l’esprit n’y est plus. Dodo time.

    • @hlynur

      Si Fincher n’est pas un auteur, il n’y a pas d’auteur à Hollywood. Il n’a fait que des films personnels, plus ou moins réussis peut-être, mais il n’y a rien d’éparse.

      Paranoïa comme état-type de l’individu moderne, mise en scène de soi (souvent violente) pour tenter de se faire voir dans une société où l’apparence sociale est tout, relation sociale dépeinte comme domination de l’autre, épistémologie de l’individu dans un monde de faux, numérique, l’importance de la caméra et de l’image dans toutes ces questions, il n’y a absolument rien de superficiel.

      Ce n’est pas parce qu’on fait des films de genre, suffisamment rassembleurs, que ceux-ci sont dépourvus de conscience.

    • Fincher est un auteur, c’est clair.

    • Unholy_ghost a raison. Cinéma pour adulte? Voilà que je confonds le cinéma pour adulte et le cinéma XXX! Le premier me semble purement intellectuel alors que le second fait secréter les fluides intimes… Les deux peuvent aussi se confondre l’un contre l’autre ou pour être plus exact l’un dans l’autre. C’est pas clair!

    • Fincher est certainement un auteur mais il semble parfois opter pour la facilité quand vient le temps de choisir ses projets.

      Ca ne veut pas dire que ses films sont moins bons ou moins complexes mais ce serait bien qu’un réalisateur dans son genre fasse autre chose que des remakes de films récents.

    • Je prends la liberté d’ajouter un tout nouveau concept au glossaire de Roger Ebert : La CPPBA ou Corrélation Parfaitement Proportionnelle des Bandes Annonces

      J’aime bien prêter mes films à mon cousin ou mon frère en échange de quelques-uns des leurs; ça coûte moins cher globalement, ça change le style de film de manière drastique et ça fait parfois du bien de regarder un film correct (voire faible!), mais divertissant et rempli d’action (mon cousin est plutôt du type films d’ados). Sauf qu’hier soir, je me suis tappé clairement un lauréat parmi mon top 10 à vie des films les plus merdiques : Wanted avec Angelina Joli. Incroyablement mauvais!!!

      Mais le pire, c’est qu’en regardant les 4 bandes annonces, j’étais absolument certain que le film serait au mieux médiocre, fort probablement exécrable. Habituellement, le concept du CPPBA ne trompe pas : si vous n’aimez pas les bandes-annonces accompagnant votre long-métrage en format DVD/Blu-Ray, vous n’aimerez pas le long-métrage lui-même!!! Pour plus de détails ou pour vous inscrire à la prochaine saison de hockey cosom, écrivez-moi à info@procosom.com!

    • Faire un aussi grand film à partir d’un roman aussi médiocre, je ne trouve pas cela si facile.

    • Ce n’est pas ca le point.

    • Médiocre, c’est vite dit. Un bon roman dans son style.

    • Oui, ghost, ce n’est pas si pire, mais ça demeure léger et futile, ce qui n’est pas le cas du film.

      Et pour renaud, non je ne trouve pas cela si facile de s’attaquer à un deuxième remake d’un roman récent à grand succès. Il faut s’approprier le matériel de l’écrivain et se distancer de la première adaptation, ce qui n’est pas évident. Fincher a choisi ce projet parce qu’il voyait comment exploiter ses thèmes usuels à travers le roman de Larson, ce n’est pas plus facile ou moins pertinent que d’écrire un scénario original. C’est le résultat qui compte, non?

    • Une analyse critique sur la trilogie Millenium à lire sur le site du New Yorker.

    • @cinematographe
      «Il faut s’approprier le matériel de l’écrivain et se distancer de la première adaptation, ce qui n’est pas évident.»

      A-t-on vu le même film? Question de perception me direz-vous…
      Mais la version de Fincher ne me semble pas réellement prendre de sérieuses distances ni avec le long-métrage suédois ni avec le roman ici rendu on ne peut plus fidèlement.

      THE GWTDT est un bon film, certes, mais un film qui est ultimement le simple produit de l’impérialisme chauviniste américain qui nous sert un copie/coller insipide de ce que les suédois ont réussi à faire aussi bien avec dix dois moins de budget… Si tous les moyens à la disposition de Fincher auraient pu accorder une réelle plus-value à cette nouvelle adaptation, je ne m’indignerais pas de m’être fait servir une copie conforme par ailleurs inutilement explicative et didactique dans son épilogue tarabiscoté.

    • @hlynur
      Personnellement, j’ai vraiment trouvé, et c’est effectivement rare, que votre “impérialisme chauviniste amércicain” nous a servi un bien meilleur produit que les suédois. La trilogie suédoise n’avait aucune empreinte cinématographique et n’était qu’un long télé-film alors que le style finchérien nous amène dans un atmosphère plus glauque, ce qui était l’intention des bouquins. En plus Ronney Mara fait un très bon travail…pas aussi bon que Rapace mais tout de même très bon!

    • @hlynur

      Tous les thèmes que j’ai noté plus haut sont dans le film de Fincher, mais pas dans les livres de Larsson. Le scénario suit pratiquement à la lettre le livre, mais il faut voir la mise en scène (les lieux par exemple: le méchant inconnu mais à la vue de tous au sommet de sa colline dans une maison en verre vs le nazi connu de tous, renfermé dans sa maison arborant fièrement des symboles nazis), l’utilisation du champ contrechamp (jamais banal chez Fincher, les reaction shot ne servent pas à souligner l’importance d’une information, mais à nous distancer du discours de celui qui parle en faisant réagir de façon particulière la personne qui nous écoute), la récurrence de certaines figures de son oeuvre (Salander la geek informatique asociale qui n’est pas loin de Zuckerberg, interprétée d’ailleurs par l’actrice qui était l’antithèse de ce Zuckerberg, un casting loin d’être innocent) et les changements apportés par le jeu des acteurs (Craig est beaucoup plus passif et dépassé que dans le livre, il ne fout rien dans le film, et il agit différemment dépendant quels personnages sont présents). Bref, le film de Fincher n’a rien à voir avec les livres. Ce n’est pas un film sur les hommes qui n’aiment pas les femmes, mais un film sur les relations sociales dans une société contemporaine obsédée par l’image, et sur le numérique supplantant l’ancien monde analogique.

    • @teamstef
      J’ai quand même trouvé que Mikael Blomkvist parlait un anglais impeccable. Trouvez-pas? Faut croire que les suédois recoivent des cours d’anglais intensif dès leur plus jeune âge.

      Ne me méprenez pas. Le film de Fincher est très bien, mais compte tenu des moyens qu’il avait à sa disposition, il est tout simplement déplorable que son génie ait été édulcoré et sous-exploité pour finalement rendre un film somme toute consensuel dans la mesure où la griffe Fincher n’y trouve tout simplement pas son compte et ce en dépit de tout le potentiel (et de la lattitude) qu’elle avait pour se valoriser dans sa plus pure expression.

      Ce qui m’amène à me questionner, tout comme l’auteur de ce billet : à quoi bon faire appel à un réalisateur de l’acabit de Fincher si c’est pour galvauder son talent de la sorte? Le spectateur, prédisposé aux oeuvres plus personnelles du cinéaste, en ressortira forcément lésé de voir son «génie» sous-employé d’autant plus que la proposition originelle des romans de Larsson semblait le terrain de jeu idéal pour que Fincher nous invite à une danse aussi macabre que celle qu’il nous avait offerte dans Se7en. Bref, j’ai comme le sentiment non pas d’avoit été convié à un pétard mouillé, mais plutôt à un coït interrompu surtout après avoir visionné le 1er teaser sur fond de la musique de Led Zeppelin qui m’avait littéralement donné la chair de poule.

      Le film est peut-être glauque, mais c’est un glauque formaté qu’aurait pu à la rigueur nous servir un quidam faisant ses premières armes à hollywood…
      Le brio de Fincher n’opère pas. Est-ce vraiment parce qu’il n’avait pas les coudées franches?

    • “Pardon si je respecte trop l’intelligence de mes lecteurs… -js”

      Et si c’était vous qui étiez supérieurement intelligent, c’est une possibilité qu’on ne peut écarter et dans ce cas, le SPOILER ALERT en majuscule gras en sous-titre prend tout son sens…

    • the Girl with a dragon tatoo a quand même fait 230 millions dans le monde. C’est pas si pire que ça pour un petit film. l’original avait un budget de 13 et fait 100$ dans le monde. Ça reste un remake dont les gens qui avait lu le livre avaient probablement vu les films même si ceux-ci étaient européen d’origine. La faute du marketing pas certains. Daniel Craig autre que 007 n’a pas tenu un grand film sur ses épaules.

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