
Cela aura pris 20 années au réalisateur Robert B. Weide pour convaincre Woody Allen de participer à son projet biographique. L’éternellement discret cinéaste de 75 ans a finalement plié, et s’est laissé filmer pendant 18 mois. Le résultat: Woody Allen – A Documentary, un portrait privilégié et intime d’un des artistes les plus admirés des quatre dernières décennies.
Présenté en deux parties sur la chaîne publique PBS, dimanche et lundi derniers, le documentaire de 3h30 inclut des témoignages de différentes personnalités qui l’ont côtoyé, dont Antonio Banderas, Josh Brolin, Penélope Cruz, John Cusack, Larry David, Mariel Hemingway, Scarlett Johansson, Diane Keaton, Martin Landau, Sean Penn, Chris Rock, Martin Scorsese, Mira Sorvino, Naomi Watts, Dianne Wiest et Owen Wilson.
Je n’ai malheureusement pas eu le temps de voir le film mais, si l’on se fie aux nombreuses critiques enthousiastes (Variety, The Hollywood Reporter, The Atlantic, The Boston Globe, The Los Angeles Times), cela semble être du bonbon!
J’intègre ci-dessous les 20 premières minutes de la première partie. Un lien vous conduira vers la suite.
La seconde partie est à voir ici. Enfin, Robert Weide discute ici de la production de son documentaire biographique «ultime».
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gps1
23 novembre 2011
08h43
Je suis tombé dessus par hasard dimanche et je n’est pas été capable de décrocher.
petibonum
23 novembre 2011
09h04
Mon passage préféré? Larry David qui cite Allen après avoir tourné sa première scène: «Ce n’était pas très mauvais…»
_renaud
23 novembre 2011
12h26
J’ai regardé le documentaire en entier, c’est très complet et Woody parle beaucoup mais je m’attendais a mieux.
L’affaire c’est qu’il n’y a quand même pas tant de chose a dire sur Woody. Le gars écrit et réalise un film par année depuis des dizaines d’années. C’est pas mal tout ce qu’il fait de sa vie. A part ca il joue de la clarinette, il va aux matchs des Nicks et il sort avec sa fille adoptive.
Le reste parle de ses débuts et il y a beaucoup de témoignage d’acteurs.
Et je dirais même que c’est un documentaire qui donne raison a ceux qui pensent qu’ils devraient tourner moins de films. C’est l’impression qu’on a en regardant le film, on a l’impression qu’il ne cherche pas toujours la qualité, il fait souvent des films juste pour faire des films.
Woody est auteur prolifique, un bon directeur d’acteur mais ce n’est pas un grand réalisateur.
D’ailleurs c’est décevant d’apprendre qu’il n’aimait pas Manhattan a sa sortie et que le gars responsable de la superbe cinématographie du film c’est Gordon Willis.
bohmer
23 novembre 2011
15h53
Je me demandais justement comment Michael Keaton avait jamais été casté dans un film de Woody Allen!
pierrea
23 novembre 2011
19h03
Je ne suis pas fort sur Woody Allen. Autant je l’aimais dans ma jeunesse, autant il me laisse froid aujourd’hui. La première fois que j’ai eu un malaise, c’était, vous vous en doutez, avec Interiors. J’ai essayé de voir ce film une seconde fois il y a un an et… J’ai été soulagé quand j’ai vu Stardust Memories et encore plus les films qui ont suivis. J’adore Alice, Broadway Danny Rose, Manhattan bien sûr et tellement d’autres films — c’est un scénariste de génie mais sur le plan visuel, on est parfois déçu qu’il sert et ressert les mêmes plans, les mêmes progressions, les mêmes tactiques. Mais quand ça marche, ça marche en ____.
Pour ce qui est de l’homme, laissez-moi vous dire qu’après le documentaire sur la tournée de son ensemble jazz en Europe, je sais que je ne pourrais pas le supporter.
Moi qui ai lu beaucoup de scénarios de Woody Allen, faut croire que c’est une relation d’amour/haine.
la_roy
23 novembre 2011
20h46
@_renaud, c’est comme Ferron, il publiait, publiait et il laissait le soin aux lecteurs de distinguer le médiocre de l’excellent (pour peu qu’on trouve Ferron excellent, évidemment). C’est une stratégie intéressante si on réussit, justement, à sortir plusieurs très bonnes œuvres de cette manière. Un problème, par contre, c’est le coût d’une production cinématographique.
_renaud
24 novembre 2011
13h02
@la_roy
Allen soulève la question du cout de productions des films a quelques reprises dans le documentaire. Son but a toujours été de ne pas perdre d’argent avec ses films afin de pouvoir continuer à en faire.
C’est une façon intéressante d’aborder la question monétaire au cinéma (ainsi que dans l’art en général). C’est une philosophie a laquelle plusieurs artistes auraient intérêt a adhérer.
Évidement on parle des artistes qui gagnent bien leur vie. Un artiste qui crève de faim ne peut pas se permettre de tenir ce genre de discours.
Et j’aime bien la comparaison avec Ferron (même si je n’ai pas une grande connaissance de son œuvre).
la_roy
24 novembre 2011
18h26
@_renaud
Dans le fond, je n’ai rien dit : s’il permet aux producteurs de faire de l’argent qu’ils peuvent réinvestir dans d’autres films, c’est parfait comme cela!
Le problème de l’idée de ne permettre qu’aux artistes de continuer (je ne dis pas que c’est exactement votre position, je pense surtout à Sun News (l’entrevue de Margie Gillis), aux droitistes économiques profonds), c’est qu’au Canada, par exemple, presque toute la littérature, la danse, le théâtre, les arts visuels et le cinéma ne sont pas rentables… Si on dit qu’on ne veut rien savoir que la vaste majorité des artistes canadiens puisse avoir des chances de développer leur art, d’accord; sinon, l’idéologie et les faits se contredisent inévitablement. Peut-on demander à ce moment-là aux artistes d’arrêter de demander des subventions s’ils ne peuvent être rentable?…
la_roy
24 novembre 2011
18h33
(Désolé, ma dernière phrase est particulièrement inélégante.)
unholy_ghost
24 novembre 2011
19h59
“il sort avec sa fille adoptive”
C’est un détail, mais ce n’est pas sa fille adoptive.
unholy_ghost
24 novembre 2011
20h03
“Woody est auteur prolifique, un bon directeur d’acteur mais ce n’est pas un grand réalisateur. D’ailleurs c’est décevant d’apprendre qu’il n’aimait pas Manhattan a sa sortie et que le gars responsable de la superbe cinématographie du film c’est Gordon Willis.”
Un auteur qui n’aime pas son grand film à sa sortie, c’est plutôt fréquent. Par ailleurs, qu’un cinéaste ne soit pas responsable de la cinématographie, je ne vois pas le problème. C’est aussi très fréquent. Par ailleurs, je ne suis pas d’accord, Woody est un grand réalisateur et s’il change de style à chaque film et imite d’autres cinéastes, c’est justement l’originalité de son style, cinéaste-caméléon, cinéaste Zelig.
unholy_ghost
24 novembre 2011
20h20
Soon-Yi Prévin, comme son nom l’indique, est la fille adoptive d’André Prévin.
_renaud
24 novembre 2011
22h16
@ghost
Je sais bien mais c’est juste que pour moi Manhattan est LE chef d’oeuvre de Woody Allen. J’avais hate d’entendre ce qu’il avait a dire a propos du film et finalement il en parle plutôt tièdement.
Et en plus on apprend que ce n’est pas son chef d’oeuvre, c’est le chef d’oeuvre de Gordon Willis.
La force de Manhattan c’est la cinématographie. D’ailleurs quand on compare avec la cinématographie des autres films de films de Woody ca n’a rien a voir, c’est un grosse en haut de ce qu’il fait habituellement.
Enlève la superbe cinématographie de Manhattan et ca devient un film de woody Allen assez moyen.
_renaud
24 novembre 2011
22h17
une grosse coche en haut ^
unholy_ghost
24 novembre 2011
23h22
“Enlève la superbe cinématographie de Manhattan et ca devient un film de woody Allen assez moyen.”
Pas d’accord, vraiment pas. De toute façon, qui a choisi le DOP? Je trouve justement que Manhattan est un peu trop surestimé, notamment en raison de la photo un peu trop joli.
_renaud
25 novembre 2011
08h14
‘Je trouve justement que Manhattan est un peu trop surestimé, notamment en raison de la photo un peu trop joli.’
Quel mauvais argument. Sérieusement. C’est une chose de vouloir contredire quelqu’un juste pour le fun de le contredire mais faut quand même arriver avec des arguments solides.
blowupyes
25 novembre 2011
08h47
Je suis grand amateur de Woody Allen, mais j’ai honte d’admettre ne pas comprendre l’engouement pour Manhattan. Le film est charmant, évidemment; je l’apprécie. Mais sans plus. À mes yeux il ne se compare pas aux Woody que j’adore et, barrant la cinématographie, je ne vois pas à quels niveaux il se compare. J’ai d’ailleurs le même problème avec son The Purple Rose of Cairo chéri.
Faut croire que je préfère mon Woody plus pétillant!
cinematographe
25 novembre 2011
09h29
“D’ailleurs quand on compare avec la cinématographie des autres films de films de Woody ca n’a rien a voir, c’est un grosse en haut de ce qu’il fait habituellement.”
Pas du tout, presque tous les films de Woody sont superbement photographiés. Willis a aussi travaillé sur Annie Hall, Interiors, Zelig, Stardust Memories, etc. Après, Allen a troqué Willis pour Nykvist. Disons qu’il n’y perdait pas au change. Aujourd’hui, il passe de Zsigmond à Savides (le meilleur dop présentement). En outre, la photo de Manhattan est exactement l’opposé de ce pour quoi Willis est célèbre: c’est un maître de la lumière naturelle, douce et raffinée, son travail est tout en subtilité, loin du spectacle tape-à-l’oeil de Manhattan. Il est à Woody Allen ce qu’Almendros est à Rohmer.
Manhattan est aussi mon Woody préféré, la photo y est exquise, mais elle n’est pas mieux que dans ses autres films. Elle se fait plus remarquer, c’est tout (et ce n’est pas nécessairement une qualité).
unholy_ghost
25 novembre 2011
15h03
“Quel mauvais argument. Sérieusement. C’est une chose de vouloir contredire quelqu’un juste pour le fun de le contredire mais faut quand même arriver avec des arguments solides.”
On se calme Renaud. J’ai toujours trouvé que Manhattan n’était pas le Pinacle de Woody. C’est un chef-d’oeuvre trop évident qui crie à chaque plan qu’il est un chef-d’oeuvre. Un peu trop charmant, cute, avec sa photo qu’on a envie de mettre en poster à chaque plan. Je préfère beaucoup d’autres Woody, plus trash et désenchanté (Hannah, Maris et femmes, Deconstructing Harry, Zelig, Annie Hall, Crime et Délits, Whatever Works). Après, vous avez raison, pour motiver cela il faudrait que je revois le film. Désolé.
unholy_ghost
25 novembre 2011
21h09
Mais c’est un immense film, pas de doute.