Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 10 novembre 2011 | Mise en ligne à 14h10 | Commenter Commentaires (22)

    Renouveau du cinéma québécois: un débat essentiel

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    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la «Nouvelle vague québécoise» sans même jamais y avoir pensé, et plus encore! C’est ce qu’on découvre dans une lumineuse et gargantuesque table ronde initiée par les revues 24 Images et Nouvelles Vues.

    Les oeuvres des cinéastes du «renouveau» – Denis Côté, Stéphane Lafleur, Xavier Dolan, Maxime Giroux, Sophie Deraspe, Rafaël Ouellet, Henry Bernadet, Myriam Verreault, Simon Galiero – sont débattues, analysées et admirées par un panel comprenant quelques unes des plus savantes plumes de la critique cinématographique d’ici.

    Martin Bilodeau du Devoir,
 Sylvain Lavallée de Séquences
, Bruno Dequen, Philippe Gajan, Marcel Jean, et Marie-Claude Loiselle de 24 Images
, Germain Lacasse et Jean-Pierre Sirois-Trahan de Nouvelles Vues ont mené, durant deux mois, une correspondance sur le sujet. Une version partielle de la discussion a été publiée cet été dans 24 Images.

    Voici un extrait de l’introduction du directeur de Nouvelles Vues, Jean-Pierre Sirois-Trahan, au numéro consacré au «Renouveau» :

    De ce débat, je retiendrais pour ma part que, si cette mouvance s’inscrit en faux contre le cinéma des années 90 (Denis Villeneuve, Manon Briand, André Turpin et les autres) en s’éloignant d’un certain maniérisme publicitaire, elle remet aussi en question une vision assez commune du cinéma québécois qu’on pourrait appeler l’école du constat social (Bernard Émond, Louis Bélanger, Denis Chouinard, feu Pierre Falardeau, etc.). Contrairement à ce qu’a écrit Émond, il n’y a pas trop d’images dans notre cinéma. Au contraire, il y a trop de discours. Une bonne partie de notre cinéma d’auteur est engluée dans le « film à messages », les scénarios pseudo-politiques, la tyrannie du sujet, les grilles sociologisantes, ce que Godard appelle le « vouloir-dire ». Selon cette esthétique, la forme cinéma est priée de ne pas entraver la livraison d’un message, dans une visée instrumentale de maîtrise du discours sur le « réel ». Vouloir dire le monde sans renouveler la forme, par le truchement d’une mise en scène plan-plan, ce n’est jamais que répéter des idées préconçues sur le monde, sur ce qu’on croit être le réel. Le paradoxe, c’est que cela n’a rien à voir avec le degré de « réalisme » de la réalisation : certains films dits réalistes nous dessillent les yeux et nous redonnent le monde dans son étrangeté première alors que plusieurs films fantaisistes ne font que reproduire de l’imagerie, c’est-à-dire des clichés.

    La table ronde commence ici. Bonne lecture!


    • Bof.
      On devrait commencer par arrêter de donner toutes les subventions à la même p’tite clique de namis et donner la chance à ceux qui ont étudié dans le domaine.
      Les téléromans de matante et les “comédies” de joke de pet… ca va faire non?!

    • @ justanopinion

      Cela ne vous arrive-t-il pas, parfois, d’être un peu positif? Ne savez-vous pas que l’amertume systématique, les élans de jalousie et la mauvaise humeur généralisée sont le propre de ceux qui se méprisent, sont l’apanage des LOSERS?

    • @astyanax

      Sachant que sans la mamelle gouvernementale qui soutient artifiellement cet ”industrie”, tout tomberait, je comprend un peu l’opinion de justaopinion.

      Chaque contribuable paie quoi via taxes et impôt? 10-20 piasses par années pour des films Québécois qu’il ne verra peut-être jamais ?
      Je pense qu’on a notre mot à dire tant que le marché ne sera pas auto-suffisant (c’est à dire pour toujours, probablement.)

    • ”Au contraire, il y a trop de discours. Une bonne partie de notre cinéma d’auteur est engluée dans le « film à messages », les scénarios pseudo-politiques, la tyrannie du sujet, les grilles sociologisantes, ce que Godard appelle le « vouloir-dire ».”

      Tout à fait d’accord.

      J’avoue ne pas être très au fait du cinéma Québécois d’aujourd’hui, mais il me semble que certains cinéastes auraient pu tout aussi bien être écrivain ou auteur-compositeurs tant leur message prime sur le medium, devenu, lui, accessoire.

      Ajoutons à cela que nos acteurs ne sont pas toujours en mesure de faire passer le message en question de façon fluide (le joual, les sacres dramatiques et l’overacting ne sauvant pas toujours la mise)… Tu peux te ramasser avec un truc assez lourd merci.

    • @ jon8

      J’imagine que c’est peine perdue de vous expliquer l’importance pour le Québec, au plan strictement culturel, de subventionner ses artistes. Aussi vais-je tenter de vous convaincre par le seul argument que vous serez en mesure de comprendre: les «10-20 piasses» par contribuable servent à faire travailler des centaines de gens qui, n’eussent été de ces subventions, vous coûteraient de toute façon «10-20 piasses» en indemnités de chômage…

      Petite question en terminant: le «10-20 piasses» que vous avez donné il y a quelques années à Xavier Dolan pour qu’il puisse faire son J’ai tué ma mère (que peu de gens ont vu au fond), combien de millions déjà a-t-il permis de faire pleuvoir sur l’économie montréalaise au moment du tournage de Lawrence Anyways?

      Me semblait aussi…

    • @astynax
      Généralement d’accord avec votre propos mais si ma mémoire ne me joue pas des tours, nous n’avons rien donné à Xavier Dolan pour “J’ai tué ma mère”. Son projet avait été refusé par les fonctionnaires en charge et il avait financé lui-même son film, avec l’aide de ses proches.

    • @ teamstef

      La SODEC a participé au financement…

      http://fr.wikipedia.org/wiki/J’ai_tué_ma_mère

    • @ jon8

      «J’avoue ne pas être très au fait du cinéma Québécois d’aujourd’hui»

      Cela ne vous empêche pourtant pas d’avoir des opinions bien tranchées…

    • @astyanax

      :-)

      J’ai beau essayer de trouver des arguments potables parmi le déversement de sophismes, ‘pas capab.

      Sinon, eh bien oui, nous avons un système d’archives audiovisuels financé à même les deniers publics, à ne pas en douter. Dans ce cas je propose le format documentaire, plus utile pour les archéologues de l’an 10,000 qui fouilleront plus tard.

      @teamstef

      au dernières nouvelles, Dolan a payé 140k de sa poche pour débuter le tournage puis le Gouv a payé le reste.

    • “Les téléromans de matante et les “comédies” de joke de pet… ca va faire non?!”

      En quoi cela concerne les films de Côté, Ouellet, Deraspe, Lafleur qui sont cités dans l’article?

      Bof?

    • «J’ai beau essayer de trouver des arguments potables parmi le déversement de sophismes, ‘pas capab.»

      Wow…

      Dans un débat, quand vous vous sentez incapable de répondre à l’argument d’un adversaire, qualifiez celui-ci de «sophisme» et vous vous en sortirez facilement. Très facilement…

    • C’est absurde d’utiliser comme argument dissuasif les subventions de l’état. Comme disait Denys Arcand aux HEC, TOUS les cinémas nationaux de la planète sont subventionnés, à plus ou moins grande échelle, sauf aux USA et en Inde… D’ailleurs, ça ne vous tente pas de parler cinéma à la place?

    • Sommes-nous fier de notre cinéma québécois? A lire les commentaires, on dirait bien que non.

    • ”Sommes-nous fier de notre cinéma québécois?”

      Pourquoi être ”fier” ? En quoi l’orgueil chauvin est pertinent dans nos vies de cinéphile ?

      @Jozef

      ‘’sauf les USA et l’Inde” aussi bien dire les plus gros marchés du monde… Et ”à plus ou moins grande échelle”… Ouaip. Gageons que l’échelle au Québec est suffisamment grande pour songer à mettre un ascenseur.
      Et… je crois qu’il est bien question de Cinéma, ici. On ne discute pas philatélie à ce que je sache. L’aspect financier de la forme d’art la plus dispendieuse de la planète me semble fort à propos quand on sait que le destin d’un cinéaste (et de toute l’équipe) en dépend. Ne fait pas un film qui veut. Fait un film qui a les sommes faramineuses pour le faire. Qui doit décider ?

      De toute manière, je ne conteste pas le besoin de soutenir artificiellement l’industrie (c’est le cas pour bien d’autres, et des moins ”l’fun”). Je n’ai personnellement pas trop de problème au fait de donner 100$ de taxes et d’impôt durant la vie de cinéaste d’un Xavier Dolan, mais j’ai la nausée lorsque l’on m’arrache 0.25$ pour un Elvis Gratton 3.

      @astyanax

      ”adversaire”, uh ? Voilà le problème. Il s’agit d’une discussion et non d’un combat ou d’un vulgaire match de hockey.

    • Je viens de lire le forum en diagonal, c’est intéressant. Selon moi le cinéma Québécois est à l’image du Québec, il est en transition. Il se réinvente et sa nouvelle image commence tranquillement à prendre forme.

      Premièrement on pourrait dire que l’époque des films politiques à la Falardeau est terminée. Avant pour qu’un artiste soit respecté au Québec c’était pratiquement obligatoire qu’il soit un séparatiste engagé mais cette époque est révolue.

      Je pense également qu’on a passé l’époque ou le cinéma Québécois voulait pogner à l’étranger. Les Denis Villeneuve, Girard, J-M Vallée. Ils faisaient des films très exportables.

      Présentement j’ai plutôt l’impression que les réalisateur Québécois sont dans une phase ou ils ont seulement le gout de faire du cinéma. Des passionnés de cinéma qui s’éclatent, ils ne font de la politique et ils ne veulent pas nécessairement pogner a l’étranger, ils veulent juste faire des films.

      D’une certaine façon c’est une époque qui se rapproche un peu de la belle période de l’ONF.

      Et j’aime bien la partie de la discussion ou ils parlent de cinéastes comme Godard/Gilles Groulx/Robert Morin qui ne sont pas prophètes dans le leur pays.

      Je trouve que Gilles Groulx manque cruellement de reconnaissance au Québec.

    • Ce qui est intéressant dans cette table ronde, c’est qu’elle ne débouche sur aucune réelle unanimité. L’opinion très tranchée de l’un est immédiatement nuancée par le jugement d’un autre. Pour cette raison, la lecture est assez stimulante et nous renvoie à nos propres cheminements.

    • @teamstef

      “Son projet avait été refusé par les fonctionnaires en charge et il avait financé lui-même son film, avec l’aide de ses proches.”

      Bon il y a toujours bien des limites à dire des niaiseries. J’AI TUÉ MA MÈRE a été supporté par la SODEC, de plus, comme presque tous les films québécois, il a reçu des crédits d’impôt. Il faudrait se renseigner avant de dire n’impote quoi. Les rapports annuels de la SODEC sont disponibles sur son site et ont peut facilement voir qui à eu des sous et combien. Tous les cinéastes du “renouveau” mentionnés dans l’article de Monsieur Siroka ont été supportés à un moment ou un autre de leur carrière par la SODEC. Ont n’est loin du cinéma de matante ou des blagues de pet ici. Oui certains films dit “populaires” ont été supportés par la SODEC, mais à la lecture du rapport annuel vous remarquerez que la majorité des oeuvres supportées sont des choix osées cinématographiquement valables.

    • Très bien envoyer. Moi-même je me suis questionné sur l’image québécois, après avoir vu Marécages de Guy Édmond. Un film correct avec des acteurs corrects. Mais j’ai eu ce sentiment que c’était un film de plus qui est ‘intimiste, singulier, marginal sans être complètement marginal et minimaliste’. Une blessure passée non-dite, l’homosexualité refoulé ET l’homosexualité de la grand-mère, une tragédie non-prémédité, etc. Je trouve que ça fait carré de sable, rien n’existe en dehors. Est-ce pour des raisons esthétique? Ça vient lourd. A-t-on accouché d’une film sauce minimaliste québécoise?

    • Règle général, le cinéma québécois est mauvais, un copié collé cheapette des block-no-lusters américains, avec un petit pourcentage de cinéma d’auteur plutôt dépressif et victimisant (sans doute relié à l’indifférence crasse, complaisante et hors foyer des Québécois sur leur question identitaire).

      Bien sûr, il y a quelques perles : CONGORAMA, ELLE VEUT LE CHAOS, GAZ BAR, MON ONCLE ANTOINE, LA GRANDE SÉDUCTION (pas original, mais sympathique), le cinéma de Bernard Emond, l’univers de Robert Morin, etc…

      Et du toc : le cinéma clippé de Jean-Marc Vallée, le pathos de Villeneuve. Le nombril de Dolan. Les soaps de Forcier (loin de la posésie de L’EAU CHAUDE, L’EAU FRETTE dans une autre vie), les comédies faciles de nos très (trop) nombreux comiques adorés.

      Bref, 80 pour cent des films québécois mériterait la direction bouche dégoût. Mais c’est sans doute valable pour toutes les cinématographies dites mondiales, y compris américaine.

      Un objectif louable serait de bonifier le ratio de notre cinématographie subventionnée. Parce qu’elle est subventionnée, elle devrait être normalement MEILLEURE, avec des producteurs intelligents, cultivés et exigeants, des scénaristes rigoureux qui écrivent mieux que Fabienne Larouche, des réalisateurs-trices qui font pas de la radio ou des clips.

      Bref, apprendre à faires des bon films avec des budgets modestes (les frères Coen), des bonnes séries télés (LE DÉCALOGUE, ou à peu près tout depuis une dizaine d’année chez les Américains, DEADWOOD, SIX PIEDS SOUS TERRE, THE WIRE…).

      Payer des formations aux fonctionnaires de la SODEC et de Téléfilm à la BBC ou chez HBO. Bref, apprendre sérieusement à produire et à ÉCRIRE des films.

      Tout le reste, on l’a : équipes techniques, argent et public.

    • @fruitloops

      wohoh! et on me trouve sévère avec le cinoche d’ici!

      Effectivement il y a du mauvais dans tous les marchés de la planète. Par contre il y a du *mauvais* qui fait succès, commercialement. Donc condamné à survivre.

      Un achat c’est aussi un vote. Si vous mettez votre petit 10$ sur Avatar au lieu du cinéma d’auteur, vous ne faites que nourrir une grosse machine au détriment de la plus petite.

    • Jon8, je parlais de cinéma, pas de pop corn.

      AVATAR & cie n’auront jamais de problème dans une salle de cinéma, sauf s’ils sont vraiment TROP plattes..

    • … et je sais pas trop ce que nos très chers fonctionnaires foutent sur le payroll du pays, mais hier je lisais que le port de Montréal était LE port d’entrée des cartels de la drogue pour l’Amérique du Nord, avec la famille Matticks en prime dans le décor.

      Il y a quelques années HBO a réussi à produire une série brillante sur une obscure ville portuaire américaine (THE WIRE) dans un contexte beaucoup moins viandeux que celui décrit plus haut. Une série ou long métrage qui ne verra sans doute jamais le jour. Et pourtant un Luc Dionne qui avait déjà pondu une bonne série du genre (OMERTA), a été payé pour sortir du placard l’insipidité pathologique AURORE L’ENFANT MARYR 2.

      Allez chercher à comprendre…

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