Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 8 novembre 2011 | Mise en ligne à 17h45 | Commenter Commentaires (26)

    Blue Velvet : derrière la palissade…

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    «Now it’s dark» – Frank Booth

    C’est aujourd’hui que sort le Blu-ray de Blue Velvet, 25 ans et quelque deux mois après sa première mondiale, qui a eu lieu au Festival des Films du Monde, à Montréal. Je n’ai bien sûr pas eu la chance de voir le chef d’oeuvre de David Lynch à sa sortie, mais j’ai eu l’occasion d’en discuter avec certains témoins privilégiés. Et les réactions se résument toutes à : «Je n’avais jamais rien vu de tel dans ma vie».

    Avec son quatrième long-métrage (après Eraserhead, The Elephant Man et Dune), Lynch a réussi à implanter fermement toutes les caractéristiques qui définiront son oeuvre entière, et qu’on assimile généralement au concept freudien d’inquiétante étrangeté. À savoir: «une rupture dans la rationalité rassurante de la vie quotidienne».

    La fameuse scène d’ouverture de Blue Velvet synthétise ce contraste entre le «rassurant» et l’«inquiétant», qu’on retrouve constamment chez Lynch, et qui se manifeste dans la jonction de séquences ou à l’intérieur même d’une scène, d’un plan. Ci-dessus, on voit d’abord une carte postale de l’Americana de banlieue: palissade plus blanche que blanc, fleurs aux couleurs vives, pelouse bien entretenue, pompiers cordiaux, maison familiale confortable. Et puis, une soudaine rupture de ton: attaque cardiaque de l’homme retraité qui s’effondre au sol et qui, par la force des choses, découvre son environnement immédiat sous une nouvelle perspective. Entre les feuilles d’herbe parfaitement taillées se révèle quelque chose de dérangeant et de sinistre…

    Blue Velvet contient autant d’interprétations qu’il y a de cinéphiles, et je n’ai aucunement la prétention ou l’ambition de fournir ici une analyse définitive. J’aimerais cependant insister sur un élément du film qui, contrairement aux complexes délibérations sur la dynamique oedipienne entre Jeffrey (Kyle MacLachlan), Dorothy (Isabella Rossellini) et Frank (Dennis Hopper), n’est pas souvent discuté. Je parle du pouvoir de révélation du cinéma, incarné par ma réplique préférée à vie: «Now it’s dark».

    C’est le personnage sadique de Frank, interprété avec une troublante passion par Hopper, qui déclame ces mots à plusieurs reprises, tel un leitmotiv, à travers le récit. Il désire et constate cette noirceur à chaque fois qu’il s’apprête à violer Dorothy, sa prisonnière et esclave sexuelle. Dans le noir, on peut se laisser aller à nos fantasmes les plus pervers. Personne n’est là pour nous juger. Sauf lorsqu’il y a quelqu’un dissimulé dans le placard, comme c’est le cas de Jeffrey qui, même s’il est repoussé par l’horreur qui se présente devant lui, ne daigne pas détourner le regard.

    blue-velvet-2

    Cette scène, directement inspirée de Rear Window (1954) d’Alfred Hitchcock, où James Stewart passe ses journées à épier ses voisins d’en face avec des jumelles, représente à mes yeux l’ultime métaphore du spectateur installé dans une salle sombre. Comme Jeffrey, l’on est choqué par ce qui se passe devant nous. En même temps, rassurés par l’imperméabilité de l’écran – cette barrière entre deux niveaux de réalité qui se livrent pourtant un dialogue des plus intimes – on peut «jouir» sans crainte de la perversité qui s’offre à nous.

    Ce sentiment de confort n’est pas tout à fait partagé par Jeffrey, dont le monde des ténèbres et celui de sa vie de college boy sans soucis ne sont séparés que par une fébrile porte de placard. Mais on ne peut s’empêcher de s’identifier pleinement au jeune homme et à son malaise, et lorsque Frank commence à suspecter une présence et à scruter la pièce, c’est en fin de compte notre regard qu’il passe près de croiser. Et soudainement, l’on ne se sent plus en sécurité dans le noir…

    La question, provocante, que Lynch pose est celle-ci: n’y a-t-il pas un Frank qui se dissimule en chacun de nous une fois les lumières tamisées? Quelle facette de notre personnalité peut-on découvrir en fouillant creux dans notre pelouse immaculée en surface, cultivée avec soin derrière nos palissades blanches?

    Crazy Clown Time

    À noter que le premier album de David Lynch, Crazy Clown Time, sort également aujourd’hui en boutique. On peut l’écouter dans son intégralité sur le site de NPR. Les premières critiques sont très positives : Time ; BBC.

    Un aperçu :

    Par ailleurs, Lynch est le rédac en chef musical invité cette semaine au Guardian.
    Le dossier à consulter ici.


    • Blue Velvet a été ma première expérience dans l’univers troublant de Lynch (quelques années après sa sortie) et, pour cette raison, il occupe une place spéciale dans mon esprit. À cette époque, je n’avais jamais rien vû de tel. J’avais environ 20 ans et je n’avais jamais été aussi troublé et dérouté par un film. J’aime bien votre petite analyse de cette scène. D’ailleurs, Lynch renvoie souvent le spectateur face à son rôle de voyeur. On peut penser, entre autres, à la scène de la vidéo dans “Lost highway” alors que l’on regarde le couple qui se regarde par la cassette reçue.

      Voici un lien interessant vers une analyse assez solide de Lynch et de Blue Velvet (3ième châpitre). Très interessant.

      http://www.britishfilm.org.uk/lynch/blue_velvet.html

    • Précision sémantique… vous avez réellement semé le doute dans mon esprit; dit-on OEDIPAL ou OEDIPIEN… ?? il me semble avoir entendu les deux, mais je crois que le second terme a préséance sur le premier qui sonne comme une traduction littéral de l’anglais.

      Pour ce qui est de ces coffrets anniversaires, ils constituent souvent un piège à cons… les suppléments et les restaurations qu’on leur apporte sont souvent minimes et les studios ne visent qu’à (sur)rentabiliser des classiques poussiéreux qui sont sur les tablettes depuis belle lurette. À ce sujet, il est dommage que les films de Lynch ne bénéficie pas du traitement criterion.

      C’est moi qui est confus, c’est bien «oedipien». C’est maintenant corrigé, merci. Sinon, la version Blu-ray du film comporte un docu de 1 heure sur le film et 50 minutes de scènes inédites. Un exemple ici. Pour ce qui est des transferts des films de Lynch en général, j’attends toujours le DVD en version panoramique de Lost Highway. En espérant que Criterion, justement, entende mon appel (et je ne suis certainement pas le seul). -js

    • ”À noter que le premier album de David Lynch, Crazy Clown Time, sort également aujourd’hui en boutique. On peut l’écouter dans son intégralité sur le site de NPR. ”

      Merci!

      Décidément, le gars fait ce qu’il veut dans la vie… Film sans scénario, livre, et puis un album de musique! Admirable.

      Quelqu’un ici a lu son livre ”Catching the big fish” ?

    • La preuve que Blue Velvet est une oeuvre exceptionnelle même quand on la compare aux plus grands chefs d’oeuvre, c’est que la plupart des gens en ont un souvenir très détaillé. Du velour bleu du générique à la dernière ligne de dialogue, on retient facilement plus de détails qu’en visionnant beaucoup d’autres films qui ont la cote.

      Dans le fond, nc’est un film d’horreur, un film d’horreur morale.

      Lynch devrait nous faire peur plus souvent.

    • La réaction de de vierge offensée de Roger Ebert à l’époque m’avait complètement médusé. Venant du scénariste de Russ Meyer, faut le faire!

      J’ai toujours eu de la misère à le prendre au sérieux par la suite…

      http://www.youtube.com/watch?v=_uehfL60EA4&feature=related

      Voir aussi sa critique papier:

      http://rogerebert.suntimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/19861002/PEOPLE/41216001

    • ”Lynch devrait nous faire peur plus souvent.”

      En tout cas son dernier long-métrage, Inland Empire, aussi bon soit-il, laisse un arrière-goût de peur psychologique assez intense merci. Vaut mieux être en forme avant de se taper les 3 heures qu’il dure, ou alors avoir un DVD de Bugs Bunny à visionner par la suite, question de rééquilibrer son humeur et sauver sa perception des lapins.

    • Ce qui est un peu frustrant avec un film comme Blue Velvet, c’est que la réputation qui le précède, comme pour la plupart des oeuvres cultes, en vient à lui faire ombrage. C’est souvent ce qui m’irrite avec les films de David Lynch, car bien que le monsieur compte sur sa feuille de route quelques un des meilleurs films des vingt dernières années, ceux-ci qui sont devenus malgré eux une espèce de passage obligé, une forme de rite initiatique par lequel devrait passer tout cinéphile qui se dit «sérieux».

      C’est d’ailleurs un peu pour ça que les films de Lynch sont devenus à tort les parangons du film «fucké» fruits du labeur d’un auteur dit «marginal» et sont par le fait même souvent victimes de leur statut . À ce sujet, on n’y échappe, les premiers émois d’une cinéphile qui a connu sa genèse dans les années 90 a forcément été bercée par les films de Lynch.

      Ça me rappelle aussi le long-métrage THE SQUID AND THE WHALE où les intellos du film vont tous se taper BLUE VELVET dans un élan de panurgisme parce que c’est un film «intéressant», ni plus ni moins le film «qu’il faut voir» pour atteindre le summum de la branchitude de l’intelligentsia.

      De un, vous dites que Lynch a fait parmi les meilleurs films des dernières décennies. Et de deux, vous semblez traiter de snobinards tous ceux qui découvrent et apprécient ses films que, je rappelle, vous semblez porter en plus haute estime. Ou bien ai-je mal lu? Merci de m’éclairer. -js

    • @ jon8

      J’ai lu récemment Catching the Big Fish et j’ai trouvé que les réflexions de Lynch l’humanisaient et le rendaient accessible, toutes ésotériques et méditationnelles qu’elles puissent être!

      Dans le livre, on découvre un homme qui a trouvé sa voie artistique par la spiritualité et on ne peut que respecter son attitude ouverte face à ce qui l’entoure et à la manière d’interpréter ce qui nous arrive.

    • @ hlynur
      ”(…) espèce de passage obligé, une forme de rite initiatique par lequel devrait passer tout cinéphile qui se dit «sérieux».”

      Y a un peu de cela, non ? Sans être un rite initiatique, un cinéphile sérieux ne peut que mieux comprendre l’évolution du cinéma en s’intéressant à certains cinéastes qui ont innovés ou même transformés le 7e art.
      C’est certain qu’il y a le piège de la ”branchitude de l’intelligentsia”, de la surinterprétation et autres masturbations intellectuelles de 5 à 7 , mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain, tout de même. David Lynch fait parti du cercle restreint des inévitables, à mon avis.

      Il y a ceux qui font avancer leur art petit à petit, brique par brique, puis il y a ceux qui lui donne un majestueux coup de pied au c*l, le faisant évoluer d’un gros bond. Citizen Kane, Psycho, The good the bad and the ugly, 2001, Star Wars, Blue Velvet, Pulp Fiction, Dark Knight, etc… se sont tous des ‘game changers’ à leur façon.

    • J’étais présente à la première projection de Blue Velvet au FFM. J’avais 18 ans. C’était effectivement une expérience… hors du commun! Je me souviens tout particulièrement de la séquence d’ouverture avec ses pompiers sympatiques, la voix du crooner puis l’oreille coupée dans la pelouse. Whoa! Comme dirait l’autre: “Toto, we’re not in Kansas anymore!” Et puis c’était aussi la découverte de Laura Dern. Quelle comédienne, dans un rôle extraordinairement ingrat.
      Le FFM a eu des grandes années visionnaires, quand même, pour ceux qui l’auraient oublié ou qui en douterait aujourd’hui. Je lui dois une grande partie de mon éducation cinématographique contemporaine. Et Blue Velvet est certainement l’un des moments marquants de celle-ci.
      Claire Valade

    • @hlynur

      L’important, c’est que l’approche ne soit pas superficielle. Apprécier un film uniquement parce qu’il est consacré est aussi superficiel que d’être incapable de l’apprécier parce qu’il l’est. Dans un cas comme dans l’autre, l’appréciation ou son absence viennent de la réaction des autres. Pourquoi se priver?

      Ça me rappelle un copain mélomane qui n’arrivait pas à s’intéresser à la Neuvième de Beethoven. Il n’aimait pas les sentiers plus parcourus, de toute évidence, mais ça n’avait rien à voir avec l’oeuvre. Un jour, après une nuit particulièrement difficile, il a décidé de se rendre au travail à pied et a finalement écouté la symphonie complète. Longue marche, grande découverte. Il est venu me remercier en arrivant.

    • Désolé d’être hors-sujet ici, mais ça fait un moment que j’voulais vous demandez pourquoi vous empêchez les full-screens de vos liens youtube?

      Et comment fait-on pour les autoriser? -js

    • @jozefsiroka
      J’en conviens, ma syntaxe boiteuse semble avoir fait basculer mon commentaire dans les arcanes de l’ésotérisme.

      Je voulais simplement mettre de l’avant la façon dont certains cinéphiles semblent porter aveuglément aux nues des cinéastes en ne s’appuyant a priori que sur la place qu’ils occupent au panthéon des légendes du 7e art; ce qui m’horripile au plus haut point. Même si je revendique mon indépendance d’esprit, je n’aime pas me faire dire quoi aimer et quoi admirer. Les raisons d’aimer ou de détester un film sont certes parfois futiles, j’en conviens, mais il est plutôt rare de croiser un spectateur qui soit capable de vous dire à brûle-pourpoint tout de go les réelles raisons qui font robinsonner son coeur pour un cinéaste X.

      À ce sujet, nos goûts cinéphiliques sont d’ailleurs bien malgré-nous infléchis par des critères canoniques qui nous échappent ou sur lesquels nous semblons de moins en moins exercer un réel contrôle.

      Pas plus loin qu’ici, le circuit des salles d’arts et d’essais de montréal (à l’exception de la production locale de films québécois que ces salles diffusent) prend pour valeur étalon les diktats qui lui sont imposés par les autorités que constituent les quatre festivals de film les plus prestigieux de la planète cinéma (sundance, venise, berlin, cannes et cie) qui nous imposent, même si pour la plupart du temps avec beaucoup de goût, la cuvée de notre année cinématographique.

      Et ça n’a rien à voir avec le péréclitement de montréal en tant qu’ancienne plaque tournante du cinéma au canada, mais si vous avez eu la chance d’aimer du Cristian Mungiu, ça n’a jamais été exclusivement à cause de votre indépendance d’esprit.

      On peut aimer, louanger ou élever Lynch, il n’en demeure pas moins que si vous l’avez aimer, à quelque part, c’est parce qu’un grand Manitou l’a érigé au statut de prophète.

      Par exemple, auriez-vous réellement l’impression d’avoir assister à un moment épiphanique lors du visionnement de Blue Velvet si le FFM, dans ses années de «vaches grasses», ne l’aurait pas plébiscité? Il y a fort à parier que non, parce que l’on ne vous en aurait même pas donner la chance: le film aurait probablement été relégué aux oubliettes bien avant son arrivée dans un cinéma près de chez vous, et vous auriez (qui sait?) plutôt louanger le travail d’un John Doe qui aurait quant à lui trouver grâce aux yeux des programmateurs de gotha festivalesque….

      Bon, je m’embourbe et devient incohérent.
      peace out.

    • ”Apprécier un film uniquement parce qu’il est consacré est aussi superficiel que d’être incapable de l’apprécier parce qu’il l’est.”

      Voilà qui est bien dit, Pierrea.

    • @hlynur

      ”il n’en demeure pas moins que si vous l’avez aimer, à quelque part, c’est parce qu’un grand Manitou l’a érigé au statut de prophète.”

      N’êtes vous pas en train de confondre Cause et Effet ?

      Je peux comprendre qu’un ”grand manitou” (source médiatique d’influence) puisse créer un hype artificiel et non-mérité (ou si peu) mais l’épreuve du temps fini toujours par séparer le bon grain de l’ivraie.

      Même le surfait dû à l’ancienneté ou le pattern du ”premier à l’avoir fait” fini par se faire ramener sur terre lorsque exagéré.

      Les gens sont influençables, mais pas stupides.

    • Je ne dis pas que les gens aiment LYNCH ou un tel parce qu’on a cherché à les influencer ou à les brainwasher, mais lorsqu’on favorise la diffusion du cinéma de X au détriment du cinéma d’un autre réalisateur en invoquant les gouts d’un groupuscule d’une dizaine de personnes (ce qui constitue généralement le nombre d’individus composant un jury), on en vient forcément à filtrer le contenu auquel le grand public aura éventuellement accès et ce de telle sorte que même les cinéastes les plus célébrés, aussi talentueux soit-ils, (et surtout lorsque tributaires d’un «hype» de festival ) jouissent d’un «laissez-passer» par rapport à d’autres trajectoires de cinéaste tout aussi méritoires.

    • ”le premier album de David Lynch, Crazy Clown Time”

      Je donne mon vote +1
      Bon album qui risque de jouer en loop dans ma bagnole.

    • Lynch est mon cinéaste favori et je le porte très loin au dessus des autres. Il ne fait pas juste “des bons films”. Ses films sont des essais sur le cinéma lui-même, sa plasticité, ses codes esthétiques, ses formules. C’est un génie.

      Quand Blue Velvet est sorti, je l’admirais déjà à cause d’Elephant Man et Dunes, mais ce film avait quelque chose de fascinant, comme revenir à l’époque du film de “banlieue” (Halloween, E.T., Nightmare On Elm Street, etc..), mais nous amener dans des dédales imprévisibles et grotesques à souhait. Cela dit, Lynch n’était pas “le cinéaste cool de l’heure” quand Blue Velvet est sorti. Il s’agitssait d’un bon film, et c’est tout. Je n’avais aucune idée qu’il poursuivrait dans une esthétique semblable pour encore 20 ans (et je n’avais jamais vu ni entendu parler d’Eraserhead). C’est quand Wild At Heart est sorti que Lynch est devenu un mythe, à mon avis.
      Les gens ont beau s’être affolé quand Pulp Fiction a gagner sa palme en 1994, je ne pense qu’un film ait été plus marquant pour moi dans les années 90 que Wild At Heart. 10 fois plus cool et 10 fois à l’avance sur Tarantino, mais pourtant.. non, çà n’a pas eu le même succès. On a vite relégué Lynch dans le champs des artistes pour snobinards. Go figure.

      Je pense que Lynch a eu sa horde de fans finis (incluant moi), mais qu’il a encore beaucoup de détracteurs et de gens qui ridiculisent son style. Je ne vois pas pourtant en quoi les films de Lynch seraient moins bons que la réputation qui les précèdent. Vous aimez ou vous n’aimez pas, c’est tout. Je ne regarde pas un Hitchcock en me disant “ah… c’est platte que çà soit si connu, c’est comme pas aussi bon que çà pourrait être”. J’avoue avoir été surpris récemment en revoyant Mildred Pierce et d’avoir trouvé çà moins bon que lorsque je l’ai vu dans les années 80 (déjà un vieux film). Je commence à trouver grands certains acteurs hollywoods classiques moins bons, car leurs jeux est trop théâtral et forcé, alors qu’avant ces idées m’aurait semblées impensables.

    • Un paragraphe de votre texte se termine par “ne peut s’empêcher de détourner le regard”. Je crois que vous dites là le contraire de ce que vous pensiez. J’ai tort? Sinon, merci pour cette riche analyse qui donne envie de revoir ce grand film.

      En effet! Je viens d’effectuer le changement, merci. -js

    • On ne peut jamais oublier Blue Velvet lorsqu’on l’a vu. J’ai eu la chance de m’y plonger, moi aussi, le temps de quelques pages d’analyse et ce fut vraiment un moment de pur délectation. On se délecte de l’étrange et du bizarre. Pourquoi aller au cinéma sinon que de voir sans être vu, de s’incruster dans la vie de quelqu’un d’autre qui vit “quelque chose” alors que nous, nous n’avons droit qu’au quotidien plate et livide. Il y a quelque chose de fascinant à votre l’être humain dans ses coins les plus sombres, quelque chose de fascinant à se rendre compte que nous ne voulons pas, effectivement, détourner le regard…

    • @bohmer – Si vous n’utilisez pas déjà cette voie de contournement, en cliquant sur le logo YouTube dans la vidéo, elle devrait s’ouvrir dans la même ou une nouvelle fenêtre/onglet (selon la configuration de votre fureteur) et où le plein écran sera disponible.

    • ”There is trouble ’til the robins come…”

      Ma scène préférée de ce film extraordinaire :

      http://www.youtube.com/watch?v=YEL0X9Gx770

    • Dans une entrevue, Lynch disait «JE REVENDIQUE LE DROIT À L’ABSTRAIT AU CINÉMA.» Pour moi, c’est la clé de son oeuvre, surtout à partir de Blue Velvet. Tout n’a pas à être cartésien.

      Pour ma part, je préfère Twin Peaks, même si ça s’est mal terminé.

    • Twin Peaks ne s’est pas si mal terminé !! Faut voir Twin Peaks Fire Walk With Me (très sous évalué) pour boucler le tout.

    • @infernalcomedy
      En fait, la série télé Twin Peaks s’est mal terminée parce que David Lynch s’en est désintéressé pendant la deuxième saison.
      Le film était bien (dans le genre “prequel”) mais comme vous dites, sous-évalué et peu vu. On lui avait reproché à l’époque son hermétisme pour quiconque ne connaissait pas la série télé mais c’est toujours ces critiques qui sont adressées à Lynch.

    • Le film TP Fire Walk with Me vient en effet boucler la boucle et agit (dans une certaine mesure) comme un sequel en plus du prequel.

      Je prendrais une autre série de DL dans le style de Twin Peaks n’importe quand!

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